Diabolique Barbara Abel

© Fabienne Cressens

On pensait Barbara Abel redevenue «gentille» depuis ses derniers livres, «Le bonheur sur ordonnance» et  «La brûlure du chocolat» (quoi qu’elle n’y épargne pas ses héroïnes pour autant… mais dans un autre genre!). La voilà pourtant qui signe ici son grand retour au polar avec –sans trop en dire pour ne pas gâcher le suspense- un conflit de voisinage…

Vous vous entendez bien avec vos voisins?

«(rires) Mais très, très bien ! C’est vrai que j’ai déjà eu quelques heurts avec mes voisins. Ce n’était pas très grave. Je vis en copropriété et il y a eu une période où cela ne s’est pas bien passé avec l’un des voisins. Mais c’est vrai que c’est super désagréable parce que l’on est très proche et donc on se sent un peu en danger dans une intimité qui devrait être rassurante. Le domicile, c’est vraiment la tanière, l’endroit où l’on peut se réfugier et quand les voisins directs sont ‘menaçants’, cela donne une tension perpétuelle. Le statut de voisin, c’est un truc très particulier parce que ce n’est pas des amis, ce n’est pas la famille. En même temps, ce sont des gens que l’on croise tous les jours, qui partagent une sorte d’intimité avec nous. Et j’aime bien le thème du voisinage. Je trouve cela un thème très riche.»

Ce livre marque votre retour au roman noir.

«L’idée de ce livre m’est venue il y a au moins quatre ou cinq ans. Pour plein de raisons, j’avais envie de me détacher un petit peu du polar. J’ai écrit les deux comédies, ‘Le bonheur sur ordonnance’ et ‘La brûlure du chocolat’. Et puis voilà, je crois que j’ai assouvi mon petit fantasme de ce côté-là et le polar me rappelait de plus en plus. J’ai ressorti cette idée de mes tiroirs. Une idée que l’on trouve très bonne quatre ans auparavant et qui tient toujours la route quatre ans après, on se dit qu’il y a un truc à faire avec!»

Quel genre de mère êtes-vous?

«Avec mon premier enfant, quand il était tout petit, j’étais une mère hypra-angoissée. J’étais le genre de mère à me lever trois fois au milieu de la nuit pour voir si mon enfant respirait toujours. Cela s’est beaucoup amélioré avec mon second enfant. Je suis beaucoup moins angoissée avec elle. Peut-être aussi parce que je me dis que je ne m’en suis pas trop mal sortie avec le premier. J’ai pris confiance en moi. Il faudrait plutôt demander cela à mes enfants. Mon fils trouve que je suis une mère ch… comme il dit, plutôt gonflante, casse-pieds. Ma fille, elle, a quatre ans, donc elle est toujours très en symbiose avec moi. Je crois que je suis une mère exigeante quand même.»

Et vous expérimentez vos angoisses de mère dans ce livre?

«Peut-être par rapport aux accidents domestiques. C’est un truc qui me fait peur. Au point d’ailleurs que quand j’ai eu l’idée de cette histoire, je n’étais pas sûre de vouloir la développer parce que je me disais que c’était un petit peu jouer avec le feu. Une petite superstition. Je suis plutôt à me dire qu’il faut faire attention au genre d’histoire qu’on manipule. Sinon, par rapport aux voisins, je nous sens assez forts, mon compagnon et moi, pour défendre nos enfants envers les intrus nocifs qui pourraient se présenter!»

Vous connaissiez la fin de l’histoire dès le départ?

«Cette histoire ne tenait que grâce à la fin. Si la fin avait été autre, je pense que l’histoire aurait été assez banale. Il fallait cette fin-là. Je ne veux pas trop en dire pour ne pas gâcher le suspense! Mais il n’y a rien à faire: je pense que dans une histoire, la fin est un des points les plus importants. Sur un livre de 300 pages, on peut adorer l’histoire sur 290 pages, puis être déçu par les dix dernières, on dira que le livre n’est pas terrible. Donc oui, je savais la fin.»

On pourrait croire que vous nous aviez concocté des gentils petits interludes avec les carnets de santé, mais non, ce n’était pas innocent non plus.

«C’est une idée de mon éditrice, qui voulait qu’on ajoute un petit indice, qui est disons un petit plus pour justifier l’action d’un des personnages.»

Et les mots d’enfants?

«Là en revanche, tous les mots d’enfants sont des mots de mes enfants. Je n’ai pas eu à puiser très loin puisque je les note. J’en ai des pages et des pages entières!»

Vous vous êtes inspirée de personnes que vous connaissez pour vos personnages?

«Non. Heureusement! Ils n’existent que dans mon imagination. Toute ressemblance, nanana… fortuite! (rires

Votre livre pourrait être adapté au cinéma?

«Cela ferait un super film je trouve, en plus à petit budget puisqu’il y a deux maisons, quatre acteurs principaux, dont deux très beaux rôles féminins. Tout repose sur la tension psychologique entre les personnages. Donc, oui, cela pourrait donner un super film pour le cinéma. Cela pourrait même être une pièce de théâtre avec quelques aménagements. A bon entendeur, salut!»

Vous avez d’autres projets en cours?

«Je vais bientôt me mettre au prochain roman, qui sera aussi un thriller. Je ne dis rien du tout, mais cela va être génial!»

Christelle

En quelques lignes

Voilà le genre de livre qui vous pousse à lire tout en marchant dans la rue plus vous approchez de la fin! Diabolique, la Bruxelloise nous plonge d’emblée dans une dispute entre deux voisines avant de nous projeter sept ans plus tôt et de dérouler le fil de l’histoire. “Ce qui sépare l’amitié de la haine? Parfois, une simple haie de jardin…” nous dit la quatrième de couverture. Et de fait: d’un côté de cette haie vivent Laetitia et David. De l’autre, Tiphaine et Sylvain. De voisins, ils deviennent progressivement les meilleurs amis. Leurs fils sont comme des frères l’un pour l’autre. Jusqu’au jour du drame qui fait voler en éclats leur belle amitié. Au point de se demander qui est fou dans cette histoire. Et de dévorer à toute allure les pages de ce thriller psychologique dans lequel les parents se projetteront sans difficultés.

“Derrière la haine”, de Barbara Abel, éditions Fleuve Noir, 318 pages, 18,50 €

Cote: 5/5

 

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