Petits et grands bobos

petitlarousse medicalLE livre à glisser dans toutes les bibliothèques! On y trouve répertoriées les 200 principales maladies de l’adulte, avec leurs symptômes, leurs caractéristiques et les divers traitements. Palpitations, troubles du sommeil, obésité, mycose,… Facile d’accès, l’ouvrage présente les maladies classées selon les parties du corps concernées ou les systèmes (le cerveau et le système nerveux, le cœur, les maladies infectieuses, celles des voix respiratoires, des os, muscles et articulations). Il propose également une trentaine de dossiers sur des sujets d’actualité ou de société (nouveaux traitements contre le cancer, virus qui font la Une des médias…) Et enfin, il offre des informations approfondies, issues du Larousse médical, la référence en médecine du grand public.

Christelle

« Le petit Larousse médical », sous la direction de Jean-Pierre Wainsten, éditions Larousse, 29,90 €

Cote: 4/5

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Le corps humain expliqué aux bambins

Mon_corps_moiCette encyclopédie ludique entraîne les bambins à la découverte des mystères du corps humain. Les os et les muscles, la peau et les cheveux, les cinq sens, la digestion, le sommeil, la respiration, les maladies, la reproduction… Autant de chapitres qui répondent de façon didactiques aux questions que se posent les enfants, grâce des illustrations de scènes du quotidien . Les mots importants à retenir sont écrits en gras. De la visite chez le médecin à la naissance d’un petit frère en passant par la piscine et la cantine (et même les toilettes!), on y suit Théo et Violette dans une aventure destinée à apprivoiser son corps et sa santé. Dès 3 ans.

Christelle

« Ma petite encyclopédie du corps humain », de Nathalie Grandjean et Adrien Siroy, éditions Erasme, 44 pages, 12,50 €

Cote: 4/5

Acrobates de la nuit

Ce samedi 27 août, journée européenne des chauves-souris, sera l’occasion d’observer ces «acrobates de la nuit». Les éditions Racine leur ont dédié un ouvrage, qui retrace le parcours d’un naturaliste passionné par les chauves-souris depuis plus de 50 ans. Spécialisé en palynologie, Guy Deflandre y conte son expérience, depuis qu’ado, il s’aventura dans une caverne «sauvage», bien décidé à devenir spéléologue. C’est ainsi que se fit sa première rencontre avec ces petits mammifères de la nuit. Par la suite, il mènera aussi des recensements de chauves-souris en tant que collaborateur à l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique. Pas question ici d’un ouvrage scientifique sur les chauves-souris mais bien du témoignage -visuel et textuel- de l’admiration que leur voue l’auteur.

Christelle

«Les chauves-souris – Acrobates de la nuit», de Guy Deflandre, éditions Racines, 96 pages, 19,95 €

Cote : 3/5

Une capitale très verte !

Oui, Bruxelles est une ville  verte, une ville ‘nature’. Avec ses 8.000 hectares d’espaces verts, ses 800 espèces de plantes et 45 espèces de mammifères, personne ne pourra le contester. Les Bruxellois ne boudent d’ailleurs pas leur plaisir. Beaucoup arpentent leurs parcs et forêt en toutes saisons. D’autres attendent avec impatience  les beaux jours pour y organiser des pique-niques improvisés. L’ouvrage signé Herman Dierickx, illustré par les photographies de Frédéric Demeuse, répertorie les quelque 76 parcs et espaces verts que compte la capitale.  Tous y sont brièvement présentés et font l’objet d’un petit historique. La publication dévoile ainsi tous les espaces verts et espaces naturels de Bruxelles et indique des parcours exceptionnels dans les parcs, les friches et les sites semi-naturels (comme le maillage  vert  et bleu ou la promenade verte). Elle décortique  également la structure des paysages bruxellois et leur biodiversité. L’ouvrage qui est accompagné d’une carte donne des envies (et des idées) de balades !

Anne-Sophie

« Bruxelles ville verte, ville nature », éditions Racine, 192 pages, 29,95 euros

 

Cote: 2/5

“La science n’a pas réponse à tout »

L’erreur est humaine. Et même les plus savants parmi les hommes peuvent se tromper! Prenons un scientifique au hasard: Albert Einstein. Se serait-il trompé ne fut-ce qu’une seule fois au cours de son impressionnante carrière? La réponse est oui! Ne voulant admettre l’instabilité de l’Univers, il n’hésita pas à introduire une constante de pression anti-gravitationnelle dans son équation pour (se) prouver le contraire. Une méprise qu’il rectifia bien vite. La science est ainsi faite. Elle se relève de ses erreurs pour mieux progresser. Analyse avec Jean Baudet, auteur des « Curieuses histoires de la science ».

Les hommes de sciences ont mis des millénaires pour parvenir au savoir actuel. De jour en jour, celui-ci ne cesse de se diversifier et se complexifier. “La science n’est pas une vérité tombée du ciel”, insiste Jean Baudet, philosophe et docteur en sciences. Mais “le discours scientifique est vérifiable et donc fiable”, ajoute-t-il. Dans son livre, le philosophe présente quelques belles erreurs de la pensée humaine. Il nous explique ainsi qu’au 17e siècle des médecins n’ont pas hésité à transfuser du sang de mouton à l’homme pour tenter de soigner ses maladies mentales! Et, à l’époque de Napoléon, certains ont essayé de ranimer les morts avec du courant électrique.

Long est le chemin de l’histoire de la connaissance qui a mené à la science moderne. Mais quand a-t-on pu réellement parler d’avancées scientifiques?
“Il y a deux grands moments. Avec Thalès de Milet (fin du 7e-début du 6e siècle avant notre ère) apparaît “quelque chose” que l’on peut appeler “science”. On parlera ensuite de la science grecque avec Aristote, Euclide, Archimède, etc. Quant à la véritable science au sens moderne du terme, elle se forme à la fin du Moyen Age. En 1543 pour donner une date symbolique. Cette année-là furent publiés à quelques semaines d’intervalle les deux grands livres fondateurs de la science moderne, à savoir l’ouvrage de Nicolas Copernic “De revolutionibus orbium coelestum” qui met en évidence l’héliocentrisme et le livre du Bruxellois André Vésale, le fameux “De humani corporis fabrica”. C’est un hasard de l’histoire mais c’est aussi un symbole : au même moment, on révolutionne l’astronomie et donc la vision du monde, mais on révolutionne aussi l’anatomie et donc la biologie, la science naturelle et la médecine.”

Quelle est la différence épistémiologique entre la science telle qu’elle se constitue au 16e siècle et la science des Grecs qui va se perpétuer au temps des Romains et au Moyen Age ?
“Au raisonnement et à la rationalité qui sont en quelque sorte découvertes par Thalès de Milet et ses successeurs, s’ajoute l’instrumentation. La grande différence, c’est que Platon, Aristote, Euclide, Archimède, Ptolémée, Galien ou Hippocrate n’ont que mots à leur disposition. Ils réfléchissent à partir d’observations assez sommaires et développent ensuite des idées. Il y a beaucoup de phraséologie. Les ouvrages sont puissamment réfléchis, mais il manque l’observation fine. A la fin du Moyen Age, on va utiliser des instruments, dont les deux les plus célèbres sont le scalpel et le télescope. Le scalpel existait déjà bien avant mais on ne s’en servait pas comme instrument d’observation. Vésale va disséquer, entrer dans le corps des animaux et des hommes. Bien sûr, Aristote faisait déjà des dissections, comme Hérophile en a fait d’autres. Mais l’observation instrumentée avec le scalpel n’était encore que secondaire par rapport au raisonnement. En 1610, Galilée utilise la lunette d’approche, non pas pour regarder les montagnes et les forêts, mais bien pour observer le ciel nocturne. Et il découvre cette chose extraordinaire que personne ne savait: l’existence d’étoiles invisibles à l’oeil nu.”

La science instrumentée va aussi permettre la mathématisation…
“L’avantage formidable de l’instrumentation ne reposait pas uniquement sur l’observation de ce qui était jusqu’alors invisible. Les savants modernes ont pu faire des mesures. Les anciens mesuraient bien la position des étoiles mais n’y attachaient pas une importance fondamentale. Avec l’instrumentation se développe donc l’idée de mesure et du quantitatif. On va avoir des nombres et ceux-ci vont permettre des traitements mathématiques. La science moderne était née! Le pouvoir de la science va augmenter avec l’amélioration de l’instrumentation. Mais qui dit instruments plus perfectionnés, dit aussi instruments plus difficiles à utiliser. Les erreurs peuvent en être plus importantes…”

Même les plus grands font des erreurs. Même Einstein!
“N’importe qui peut se tromper, même les grands hommes de science, même ceux que l’on vénère comme un Einstein ou un Descartes ont fait des erreurs. Mais tôt au tard, -parfois cela prend un peu de temps, parfois cela va très vite-, les erreurs sont corrigées! Dans le domaine scientifique du moins. Le chercheur peut lui-même parvenir à se corriger, parfois il n’y arrive pas. Il y a des cas où des hommes de science se sont enfoncés. Ils voulaient coûte que coûte avoir raison alors que manifestement ils étaient dans l’erreur. C’est la grande idée de l’épistémologie actuelle: la science se trompe, la science dit des choses qui ne sont pas toujours vraies, mais qui sont vérifiables et sont tôt ou tard vérifiées. Il existe d’autres discours comme le discours religieux qui affirment des choses qui ne sont pas vérifiables mais qui ont réponse à tout. La science, elle, n’a pas réponse à tout.”

Quelle est l’erreur scientifique la plus incroyable?
“L’erreur la plus sensationnelle est celle de René Blondlot qui a fantasmé sur les rayons N. Ce physicien découvre en 1903 un rayonnement nouveau aux propriétés curieuses. Pendant deux ans, il va faire des observations de plus en plus fines. Il invite ses collègues de l’université de Nancy à partager ses observations. Ensemble, ils vont jusqu’à se rendre compte que ces rayons sont émis par les corps vivants et qu’ils sont différents si ceux-ci sont malades. Jusqu’au jour où un physicien américain Wood, qui ne parvient pas à reproduire chez lui les expériences de Blondlot, se rend auprès du Nantais pour l’assister dans ses expérimentations. Très vite, il se rend compte que Blondlot est complètement illusionné et qu’il observe des choses qui n’existent pas! Qu’est-ce qu’il voyait? Il observait une étincelle électrique dont l’intensité, pensait-il, augmentait en présence de rayons N émis notamment par des lampes à gaz. Blondlot s’est illusionné en raison d’une instrumentation à la limite de l’oculaire!”

La vanité?
“Oui, sans doute. C’est très intéressant du point de vue de l’histoire de la science et du point de vue psychologique. On a là un physicien imminent qui avait obtenu sur les rayons X des résultats tout à fait valables. C’était un professionnel de l’expérimentation. Il venait d’écrire un excellent ouvrage portant sur l’électromagnétisme. Il s’est illusionné et a entraîné tous ses proches collègues dans son erreur de perception. Parallèlement, il ne faut pas oublier que, depuis les années 1870, régnait une réelle rivalité franco-allemande. Les Français avaient perdu l’Alsace et la Lorraine à la suite de la guerre de 1870 et ils en voulaient beaucoup aux Allemands. Il régnait une ambiance nationaliste allant jusqu’à la xénophobie. Certains chercheurs n’hésitaient pas à écrire que la science allemande ne valait rien et que la science français était bien supérieure. On avait beaucoup valorisé, à juste titre, les découvertes successives des rayonnements alpha, bêta, cathodiques, etc. Pour être un grand physicien à ce moment-là, il fallait découvrir un rayonnement formidable.”

Jusqu’au 17e siècle, les médecins sont encore formés par les textes hippocratiques et galéniques. Ce conservatisme a-t-il été un frein important au développement de la science?
“Oui, absolument. Le renouveau scientifique des 15e et 16e siècles est assez paradoxal. Paradoxal parce qu’à l’époque de la Renaissance, on redécouvre les grands anciens. On admire la Grèce et la Rome antiques. Il y a une admiration et un désir de connaissance approfondie des textes qui sont signés Homère, Sophocle ou Cicéron. Et, en même temps, il y a cette idée que ce n’est pas dans les livres qu’il faut étudier la nature. Vésale a prouvé, dissections à l’appui, les erreurs manifestes de Galien. Nombre de ses contemporains n’ont pas pu se résoudre à accepter les fautes du savant et ont soutenu que les dissections de Vésale étaient mal faites. Ce conservatisme va perdurer durant le 17e siècle. Quand, en 1628, William Harvey publie un ouvrage dans lequel il explique la circulation sanguine, ses conclusions sont fort mal accueillies par beaucoup de médecins qui se diront “anti-circulateurs”. On en a d’ailleurs la trace dans “Le Malade imaginaire”, pièce dans laquelle Molière met en scène un médecin qui se moque des circulateurs.”

Quand le conservatisme va-t-il voler en éclats?
“Il y a eu une tentative avec Descartes et “Le discours de la méthode” en 1637. Il y explique qu’il faut repartir de zéro et éliminer tout ce que l’on a appris. Il faut oublier Aristote, Galien, Hippocrate et Archimède. L’homme fait des découvertes extraordinaires, en physique avec la loi de la réfraction de la lumière mais surtout en mathématique avec ce que l’on va appeler plus tard la géométrie analytique. Malheureusement, Descartes va aller trop loin et échouer piteusement dans sa tentative d’expliquer le monde en inventant une grotesque histoire de tourbillons. Si les planètes tournent autour du Soleil, c’est parce que l’éther qui remplit l’espace est parcouru de tourbillons qui entraînent les planètes, dit-il! Ce fut là une des grandes erreurs de l’histoire de la science. C’est en 1687 avec Isaac Newton que le conservatisme volera en éclats. Il va user à la fois d’observations et de calculs. Ces deux grandes idées, bases de la science moderne, sont enfin associées! Cette nouvelle méthode est très vite appliquée en en astronomie et en physique. Mais elle prendra encore un peu de temps pour être intégrée aux domaines des sciences chimiques et naturelles.”

Votre livre n’œuvre pas à soulager le scepticisme ambiant envers les scientifiques…
“Le progrès de la science engendre une méfiance vis-à-vis de la science pour plusieurs raisons. La science devient tellement complexe et parvient à des résultats tellement merveilleux qu’elle en devient inaccessible à une partie de plus en plus grande de la population. Et quand vous vous trouvez devant un discours que vous ne comprenez pas, ou bien vous l’acceptez tel quel ou bien vous vous méfiez. Et à votre méfiance s’ajoute même un sentiment de frustration qui provoque un rejet. Comment voulez-vous qu’un avocat -par exemple- comprenne quoi que ce soit à ce que dit un physicien ou un chimiste? C’est impossible! Même les chimistes ne comprennent plus les physiciens. Et parmi les physiciens, celui qui s’occupe de particules ne comprend pas très bien celui qui s’occupe de semi-conducteurs. Ce sont des domaines devenus tellement différents. Au 19e siècle, un Victor Hugo, un Emile Zola, un Baudelaire ou un Jules Verne étaient parfaitement capables de comprendre les enjeux de la science de leur époque. Ce n’est plus possible aujourd’hui.”

Anne-Sophie

Pour en savoir plus :
“Curieuses histoires de la science. Quand les chercheurs se trompent” publié aux éditions Jourdan (19,90 euros)

Cote: 2/5

Lire l’interview complète publiée dans Eos Sciences

Légendes du ciel

Dessinées dans l’Antiquité, les constellations portent pour la plupart des noms mythologiques. Orion, Hercule, Andromède, Cassiopée, Céphée, Pégase, autant des grandes figures qui dominent le ciel. Mais quelles sont les légendes qui entourent ces personnages ? Marie-Françoise Serre s’est plongée dans les ouvrages des poètes grecs anciens pour nous les conter. Ses textes sont sobrement illustrés par quelques représentations picturales trouvées sur les amphores, cratères, hydries et autres coupes de la Grèce antique. Dans cette troisième édition revue et augmentée, l’auteur s’est également intéressée aux planètes, au Soleil et à la Lune. Les mordus de mythologie y trouveront assurément leur compte.

Anne-Sophie

« Les constellations, les planètes & leurs légendes grecques. Les récits des origines mythologiques », de Marie-Françoise Serre, éditions Vuibert, 216 pages, 23 euros


Cote: 1/5

Trop belle la forêt !

La Forêt de Soignes est à l’image de la Belgique. A cheval sur les trois Régions, elle fut disputée et finalement partagée en 1984. Cinquante-six pour cent en revinrent à la Flandre, 4% à la Wallonie et 38% à la Région bruxelloise. Au-delà des difficultés de gestion qui -inévitablement- en découlent, la forêt est un havre de paix où il fait bon se promener et observer. Les clichés de Frédéric Demeuse sont là pour en témoigner. Fort d’une approche photographique et naturaliste, il propose dans son ouvrage une vision idéalisée de la forêt à travers de jolis paysages et petits détails esthétisés à souhait. Ces derniers retiendront davantage l’attention, tant ils se rapprochent parfois -grâce à la macro- de la photographie abstraite.Faune et flore se partagent ici la vedette. Un très bel ouvrage agrémenté de textes qui nous en apprennent beaucoup sur cette forêt bien belge.

Anne-Sophie

« Forêt de Soignes », photos Frédéric Demeuse, textes Julie Galand, éditions La Renaissance du Livre, 192 pages, 34,90 euros

Cote: 5/5