Comment survivre à l’Euro?

Vous êtes saturé(e) de football ou vous n’avez tout bonnement plus votre mot à dire sur le choix du programme télé jusqu’à la fin de l’Euro ? Voici quatre livres qui vous tiendront plus en haleine que le meilleur des matchs !

Frank Thilliez

thilliezreverRêve ou réalité? Ou plus exactement: cauchemar ou réalité? Avec ce titre palindrome et ses distorsions de  chapitres, Frank Thilliez fait tout pour nous faire douter! Son héroïne, Abbigaël, psychologue et experte réputée à qui la police fait souvent appel, est narcoleptique. Ce qui signifie qu’à tout moment, elle peut sombrer dans un profond sommeil sans crier gare. A son réveil, ses rêves sont parfois si réels qu’elle ne sait plus s’il elle dort ou non. D’autant que sa vie en ce moment tient du cauchemar. Elle seule a survécu à l’accident de voiture qui lui a ravi son père et sa fille. Et alors qu’elle aide la police dans une affaire de disparition d’enfants, elle découvre des éléments troublants liés à son propre accident. En nous livrant les parties de récit dans le désordre, l’auteur contribue à nous faire douter et met nos nerfs en pelote. Pas de triche pour autant: si vous souhaitez vérifier, penser à noter le code fourni par l’un des personnages au cours de l’histoire!

« Rever », de Frank Thilliez, éditions Fleuve noir, 480 pages, 19,90 €

Linwood Barclay

LinwoodLafilledansleretroviseur.jpgDévasté par la mort de son fils, Carl Weaver survit comme il peut.  Un soir, tard, alors qu’il rentre chez lui en voiture, la fille du maire, trempée jusqu’aux os, frappe à sa vitre et le supplie de la ramener chez elle. Carl sait bien que ramener une ado dans sa voiture n’est sans doute pas une bonne idée: dans les petites villes, les rumeurs vont bon train. Mais Claire était une amie de son fils, et il la laisse monter. En chemin, ayant sans doute un peu trop bu, elle ne se sent pas bien et convainc Carl de s’arrêter dans un bar pour éviter qu’elle ne vomisse dans sa voiture. Dix minutes plus tard, la jeune fille qui s’installe sur son siège passager n’est pas Claire, même si elle s’est donnée beaucoup de mal pour lui ressembler. Où est Claire? Dans quel piège Carl s’est-il fourré? Des jeunes-filles qui disparaissent, des flics aux méthodes de ripoux,… Ce livre vous fera veiller bien plus tard que 22 gars courant après un ballon! N’hésitez pas d’ailleurs à déjà réserver la télé pour cet automne, foot ou pas: France 3 diffusera sous le titre « L’Accident », une adaptation en série TV d’un autre roman  de l’auteur, « Contre toute attente ».

« La fille dans le rétroviseur », de Linwood Barclay, éditions Belfond, 464 pages, 21,90 €

Maxime Chattam

chattamcomaJamais de déception avec les thrillers de Maxime Chattam: voilà donc à quoi j’ai bien l’intention d’occuper mes prochaines soirées! Compte-rendu à venir très prochainement!

« Le coma des mortels », de Maxime Chattam, éditions Albin Michel, 400 pages, 21,90 €

 

Sophie Kinsella

kinsellaaccrorescousseDans un tout autre style et pour compenser un trop plein de testostérone, rien de mieux que notre Accro du shopping à la rescousse! Après son expérience à Hollywood, la voilà qui mène l’enquête et nous entraîne dans un roadtrip américain. Tarquin, le mari de sa meilleure amie Suze a disparu dans le sillage d’un gourou new age . Quant à son père, Graham, parti à la recherche d’un vieil ami, il a lui aussi cesser de donner le moindre signe de vie. Mais heureusement, Becky a plus d’un tour dans son sac pour les retrouver !

« L’accro du shopping à la rescousse », de Sophie Kinsella, éditions Belfond, 360 pages, 19,95 €

 

La relève de Mémé Cornemuse assurée

La truculente Mémé cornemuse cède la place à Elvis Cadillac, « Ze » sosie officiel du King, jusque dans les moindre détails! Chez lui, Elvis est partout, même dans sa salle de bains: la tombe de son idole est reproduite sur son verre à dents et le bidet à la  forme de sa guitare! Même sa chienne -baptisée Priscilla- est affublée d’une banane rose sur la tête. A bord de sa Cadillac,il sillonne les routes pour aller donner ses concerts. C’est ainsi qu’il débarque dans une famille bien barrée où il est invité à chanter pour l’anniversaire de la vieille châtelaine. Mais un crime étrange est perpétré… En second rôle, la mère du sosie (qu’on imagine bien copine avec Mémé Cornemuse!). Après avoir abandonné son rejeton âgé alors d’à peine 5 ans dans des toilettes d’autoroutes, elle refait aujourd’hui surface dans sa vie, bien décidée à devenir son manager… Bref, une galerie de personnages hauts en couleur qui n’auraient pu sortir de nulle part d’autre que de l’esprit iconoclaste et déjanté de Nadine Monfils!

Christelle 

« Elvis Cadillac – King from Charleroi », de Nadine Monfils, éditions Fleuve Noir, 240 pages, 17,90 €

Cote: 3/5

Hibernatus, mais à la sauce Marc Levy

marc levyEt si parfois, les romanciers prenaient de l’avance sur les scientifiques? Espérons en tout cas que le dernier roman de Marc Levy insuffle un peu d’inspiration à la recherche en neurosciences!
Dans « L’horizon à l’envers » (à paraître le 11 février), l’auteur laisse son imagination divaguer à partir de l’histoire vraie de Kim Suozzi (dont le NewYork Times se fait l’écho ici), cette jeune femme de 23 ans qui, se sachant atteinte d’un cancer alors incurable, décide de se faire cryogéniser à sa mort dans l’espoir de se réveiller à une époque où cette vilaine maladie pourrait enfin être soignée.
C’est donc un « Hibernatus » mais à une sauce 21e siècle des plus plausibles (et avec en prime une jolie romance comme les filles en raffolent)  qui se dévoile au fil des pages. Dans la fiction, Kim cède la place à Hope, une jeune étudiante américaine en neurosciences.  Sur le campus, Hope se lie d’amitié avec Josh et Luke, deux étudiants plutôt  brillants qui, pour financer leurs études,  travaillent au « Centre », un laboratoire privé et très secret ayant adopté pour philosophie l’adage de Victor Hugo: « Rien n’est plus imminent que l’impossible ». Les semaines passent. Josh et Hope deviennent un peu plus qu’ami. Et Luke et Josh proposent à Hope de les épauler dans leurs recherches.
A eux trois, ils vont imaginer une technique permettant de sauvegarder la conscience d’un individu. Aussi, lorsque Hope se retrouve telle Kim atteinte d’un mal incurable, ils décident de mettre en pratique leur projet…
Quant au dénouement, il est tel que, à coup sûr, si nous avons nous aussi un jour l’occasion de réaliser un back-up de notre mémoire, il ne pourra qu’en subsister une trace quelque part !

Christelle

« L’horizon à l’envers », de Marc Levy, éditions Robert Laffont/Versilio

Cote: 5/5

Succès confirmé pour Joël Dicker

DickerSi vous n’avez pas encore découvert Joël Dicker, ses romans sont à coup sûr à inscrire sur votre liste de souhaits pour Noël ! Sorti il y a trois ans, son second roman, « La vérité sur l’affaire Harry Québert« , avait été couronné du Grand Prix du roman de l’Académie française et du Goncourt des lycéens, faisant de son auteur, un jeune Suisse d’alors 27 ans, la nouvelle coqueluche littéraire… Un peu à l’image de son personnage, Marcus Goldman. Dans « Le livre des Baltimore », on retrouve donc avec infiniment de plaisir son héros, mais dans des aventures antérieures à celles racontées dans l’Affaire Harry Québert. Toujours autant addictif, ce nouveau thriller nous conte l’histoire de la famille de Marcus. Mais du côté de son oncle. Car dans la famille Goldman, il y a deux branches: celles de Goldman-de-Montclair, et celle des Goldman-de-Baltimore. Alors que les  Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, appartiennent à la classe moyenne et habitent une petite maison à Montclair, dans le New Jersey, les Goldman-de-Baltimore, plus propères, vivent eux dans une luxueuse maison d’une banlieue riche de Baltimore. Tout semble leur réussir. Jusqu’au jour du Drame. Drame que Marcus Goldman nous laisse entrevoir dès les premières pages mais autour duquel, il parvient à maintenir un suspense haletant. Autour d’une galerie de personnages attachants et dans un décor de la côte Est américaine, entre la Floride et le New Jersey, il nous livre par petite touche la saga de cette famille à qui tout semblait réussir. Pas de quoi soigner nos nuis d’insomnie, c’est certain!

Christelle

« Le livre des Baltimore », de Joël Dicker, éditions De Fallois, 475 pages

Cote: 5/5

Comédie capillaire

Il_etait_une_fois_dans_le_metroMaya est chef de produits capillaires au sein du service marketing d’une grande firme cosmétique. Un boulot qui la passionne, au point que, même dans le métro, elle ne peut s’empêcher de scruter les cheveux des gens à la recherche d’idées de shampoings ou de soins innovants. Mais un matin, entre son domicile et le boulot, quelqu’un lui arrache son portable dans le métro. Un homme se lance à la poursuite du voleur. C’est ainsi que Maya fait la connaissance de Roger, un SDF en costume cravate. Roger l’émeut, et Maya décide d’en faire son nouveau « produit ». Elle tente donc d’élaborer pour lui une stratégie marketing de telle sorte que les gens aient envie en le voyant de faire un geste pour lui permettre de sortir enfin de son impasse. L’idée est belle, mais un brin utopiste. Mais heureusement, si l’héroïne est naïve, tous les ingrédients sont là pour permettre aux grandes romantiques de passer malgré tout un bon moment en sa compagnie…

Christelle

« Il était une fois dans le métro », de Karen Merran, éditions Michel Lafon, 288 pages, 16,95 €

Cote: 3/5

Pervers narcissique

toutpourplaireOn se croirait presque Wisteria Lane… La belle et brillante Deborah, femme au foyer bien sous tous rapports, semble filer le parfait amour avec son riche mari David Pennac, conférencier qui aide les autres hommes à gagner en assertivité. Mais rien de plus suspect dans la vie que ceux qui justement ont « tout pour plaire ». D’autant plus lorsque s’installe au milieu du couple un troisième homme, autant beau gosse que voyou. C’est sur ce point de rupture que commence le livre. Ravi de rentrer chez lui après une longue tournée de conférence, David découvre dans son salon son frère Nicolas, avec lequel il est brouillé depuis de nombreuses années. Et dont la femme vient de disparaître mystérieusement. Sacha Mendel, flic tout juste exfiltré après de longs mois de planque dans l’entourage d’un mafieux, s’empare de l’enquête sur cette disparition mystérieuse. Mais son propre passé le rattrape. Et après une série de rebondissements, le lecteur ne sait plus qu’en penser: qui manipule qui dans cette histoire?

Christelle 

« Tout pour plaire », d’Ingrid Desjours, Robert Laffont, 528 pages, 21,50 € 

Cote: 4/5

Au-delà du cliché

CES-MORTSQuels secrets de famille inavouables se cachent parfois derrière les clichés souriants de nos aïeux? Tel est le thème du dernier roman de Frank Andriat dans lequel la narratrice nous livre au fil des pages son histoire, celle que la photo ne dit pas. Et si Fred et Elise n’étaient pas ses grands-parents tendrement aimant qu’ils semblent être? Quels lourds secrets sont enfuis dans leur passé? La narratrice les divulgue au compte-goutte, jusqu’au sordide dénouement final…

Christelle

« Ces morts qui se tiennent par la taille », de Frank Andriat, éditions du Rocher, 214 pages, 16,90 €

Cote: 2,5/5

Une comédie romantique qui a du chien

Van CauwelaertUne comédie romantique qui rend heureux: voilà comment on peut décrire le dernier Didier Van Cauwelaert dont le héros est… un chien. Mais pas n’importe quel chien! Jules est un labrador, couleur sable, mais surtout un chien d’aveugle. Il est les yeux d’Alice qu’il guide partout. Et ce jour-là, il emmène Alice à l’aéroport, direction Nice où la jeune femme doit se faire opérer dans l’espoir de recouvrer la vue. Avant d’embarquer, Jules guide Alice jusqu’à l’échoppe de macarons. C’est ainsi que le duo fait la connaissance de Zibal, un ingénieur dépossédé de son brevet et recyclé en vendeur chez Ladurée. « Hauts talons canari, minishort rouge et top turquoise (…), un sourire de rendez-vous amoureux allongeant les bavures de son rouge à lèvres, c’était une aveugle particulièrement voyante qui faisait bien davantage envie que pitié« , nous la décrit Zibal. Sous le charme, il suit Alice des yeux jusqu’au guichet d’embarquement. Aussi, lorsqu’il voit l’hôtesse s’obstiner à vouloir embarquer le chien guide dans la soute de l’avion, Zibal fonce à leur rescousse. Et marque des points auprès de Jules. Au point que, quelques semaines plus tard, Zibal voit débouler à son stand un Jules déchaîné qui, en l’espace de 24h, va lui faire perdre son job, son logement, et tous ses repères.Mais le mener droit à Alice. Enfin… plus exactement en zigzag jusqu’à Alice! L’occasion pour l’auteur de nous faire découvrir l’univers des chiens d’aveugles, mais aussi des chiens d’assistance d’enfants épileptiques. A noter que les expériences de communication avec les yaourts existent bel et bien, tout comme les « plantes à traire » et d’autres excentricités pas uniquement romanesques!

Christelle

« Jules », de Didier Van Cauwelaert, éditions Albin Michel, 284 pages, 19,50 €

Cote: 3/5

Le dernier Mémé Cornemuse ?

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La truculente Mémé Cornemuse est de retour pour ses (dernières?) aventures. C’est en tout cas ce qu’indique la couverture de l’ouvrage, car nous ne nous permettrions pas de vous en dévoiler la fin!

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Qu’à cela ne tienne! Parquée dans un asile, Mémé Cornemuse prend la poudre d’escampette et pour cela, décide de se marier. Pas avec JCVD (cela s’est le but ultime!) mais avec un petit vieux solitaire, plein au as (c’est toujours mieux)… où à tout le moins propriétaire d’un domaine à Saint-Amand-sur-Fion. Après un voyage de noces à Etretat (choisi pour le charme de ses falaises), Mémé Cornemuse se retrouve veuve, et propriétaire d’un manoir… en ruine, mais qu’elle a bien l’intention de transformer en palace. Sa recette miracle? Une vierge qui s’illumine pour attirer la foule. Bientôt, elle sera assez riche pour s’envoler en Californie, prendre des cours pour rester jeune chez la mère de Stallone. Et enfin séduire son Jean-Claude pour de bon!

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Christelle

« Maboul Kitchen », de Nadine Monfils, éditions Belfond, 19 €

Cote: 4/5

Retour dans le 93

olivier_norekEst-ce vraiment bien sérieux, de la part d’un flic, d’écrire un thriller au suspense tel que vous vous retrouvez en train de lire au volant dans les embouteillages? Olivier Norek confirme dans ce second roman le talent démontré dans « Code 93 » avec ses cadavres qui ressuscitent. Cette fois, Victor Coste et son équipe doivent faire face à l’exécution de trois jeunes caïds à Malceny qui va à nouveau mettre le feu au poudre dans le 93. Comme dans le précédent, l’auteur nous immerge dans son quotidien de lieutenant de police à la section enquêtes et recherches du SDPJ 93 et démontre que personne n’est tout noir ni tout blanc. Il y a des psychopathes de 13 ans. Et des petits vieux qui planquent des pains de cocaïne.  A côté de cela, on en apprend davantage sur Victor Coste et la jolie légiste Léa, sur Ronan, Sam & Johanna. Et on découvre quelques petites nouvelles comme la jeune magistrate Fleur Saint-Croix. Reste à espérer que la vie de l’auteur soit un peu moins trépidante que celle de ses héros, pour qu’il ait vite du temps à consacrer à leurs prochaines aventures !

Christelle

« Territoires », d’Olivier Norek, éditions Michel Lafon, 396 pages, 18,95 €

Cote: 5/5

Franck Thilliez, palpitant !

© Didier Cohen

© Didier Cohen

Franck Thilliez ne laisse aucun répit à ses personnages… Certes pour notre plus grand plaisir! Entre deux biberons, Sharko et Lucie, son duo de choc, se retrouvent confronté à un trafic de greffes. 

Comment en êtes-vous venu à vous intéresser aux greffes?
« C’est un thème qui m’intéresse depuis très longtemps. J’ai toujours trouvé fascinant que l’on puisse vivre grâce à l’organe d’un autre, que la mort, en quelque sorte, donne la vie. Pour un romancier, le sujet est très riche, tant au niveau suspense (on imagine aisément les dérives que cela peut engendrer) qu’au niveau des personnages. Que se passe-t-il dans la tête d’un greffé du cœur, par exemple? Considère-t-il l’organe reçu comme partie intégrante de son organisme, ou  comme un corps qui est et restera étranger? Bref, il y avait matière à construire un roman avec beaucoup de suspense, et non moins de psychologie. » 

Les phénomènes expérimentés par Camille avec son nouveau cœur existent vraiment?

« Ce phénomène de « mémoire cellulaire » existe bel et bien. Evidemment, n’importe quel scientifique le réfutera immédiatement: comment des organes pourraient-ils avoir des parcelles de souvenirs, d’émotions de leur ancien propriétaire? Pourtant, les cas existent, on en recense un certain nombres aux Etats-Unis notamment (où, contrairement à la France, les receveurs peuvent rencontrer la famille du donneur). Comment se fait-il, par exemple, qu’un ouvrier qui détestait la musique classique se met à l’apprécier une fois greffé du cœur? C’est d’autant plus surprenant qu’il apprendra que son donneur était violoniste! Pour le personnage de Camille, le phénomène de « mémoire cellulaire » se manifeste par des cauchemars, dans lesquels elle voit une jeune femme enfermée qui l’appelle à l’aide. Dès lors, la quête de Camille sera obsessionnelle: elle va vouloir retrouver l’origine de son cœur… »

Ce livre vous a demandé beaucoup de recherches

« Enormément, oui. Beaucoup de thèmes sont abordés dans le livre, autour de la médecine, des greffes, de la médecine légale, il y a aussi des faits historiques avérés qui ont demandé pas mal de documentation. J’ai également collaboré avec la police et la gendarmerie pour être au plus proche de la vérité et de la façon dont se déroulent les enquêtes.  Mes personnages se déplacent aussi à l’étranger, il faut donc à chaque fois s’immerger dans la culture du pays concerné, ses traditions, ses couleurs… Mais le plus difficile, ce ne sont pas les recherches, c’est la façon de synthétiser et d’ordonner cette masse d’information pour en faire une histoire à suspense qui tienne la route. » 

Le marché du murderabilia, c’est une invention de l’écrivain ou cela existe vraiment?

« ça existe réellement! Au même titre que des gens sont prêts à acheter une chemise de Claude François plusieurs milliers d’euros, d’autres sont prêts à débourser autant pour obtenir un timbre léché par de célèbres tueurs en série comme Ted Bundy, ou encore récupérer des peintures du criminel JW Gacy,  auteur de plus de trente meurtres ! J’ai trouvé intéressant de creuser ce « marché de l’ombre », afin de voir jusqu’où les gens passionnés par les tueurs en série étaient prêts à aller. »

On pourrait croire que les personnages de Maxime Chattam y font leur shopping aussi… Le cuir humain, c’est à la mode chez les auteurs de la Ligue de l’imaginaire, non?
On dirait en effet qu’Angor et le dernier roman de Maxime ont quelques points communs, comme le personnage de gendarme, ou un type de « trafic » bien particulier dont je fais allusion dans le roman. Et pourtant, on ne s’est pas concertés ! Mais le noir nous attire, tous les deux…

Et vous, votre tueur en série « favori »?

« Difficile de parler de tueur en série « favori », ce sont plutôt des individus repoussants qui ont commis des actes horribles, et qui donc ne peuvent être auréolés de sentiments positifs d’aucune manière. Comme je le dis dans Angor, le plus ignoble d’entre tous est peut-être Gérard Schaefer, qui cumule à lui seul toutes les perversions. Pour obtenir des renseignements sur ce genre d’individus, j’ai la chance de connaître Stéphane Bourgoin, le grand spécialiste des tueurs en série. Un jour, il m’a montré des photos et croyez-moi, la réalité est dix fois pire que la fiction. »

On y retrouve encore un hôpital psychiatrique abandonné comme dans Puzzle. Un de vos ‘fantasmes’ les hôpitaux psychiatriques si on peut dire?
« Les lieux étranges, effrayants, mystérieux, m’intéressent beaucoup, car j’ai l’impression qu’ils ont une vraie âme. De plus, ces endroits contribuent à créer l’ambiance oppressante du roman. Personne ne passerait sa nuit dans un HP abandonné! Quant à la psychiatrie en elle-même, c’est un sujet qui me passionne depuis de longues années. Elle me sert souvent à décrire le mal-être de mes personnages, et à expliquer certains actes inexplicables, justement. « 

Vos cauchemars, ils ressemblent à quoi?

« Encore faudrait-il que je m’en souvienne ! Depuis que j’écris, j’ai l’impression de ne plus cauchemarder, alors que c’était le cas avant l’écriture. Ecrire doit probablement me libérer de mes démons, et de ce fait, les cauchemars n’ont plus lieu d’être. »  

Les fans de Sharko et Lucie en découvriront aussi plus sur vos deux héros qui sont désormais parents…

« Effectivement, ce couple sympathique continue son petit bonhomme de chemin, et ce malgré tous les obstacles que le destin (et un romancier plutôt tordu) met sur leur parcours. Ce sont des gens ordinaires, comme vous et moi, qui essaient tant bien que mal de mener une vie tranquille. Mais peut-on avoir l’esprit en paix quand on est flic à la Criminelle, et que l’on affronte le pire chaque jour? » 

Quand vous les délaissez pour raconter d’autres thrillers, ces personnages vous poursuivent?

« Ils sont toujours présents! Quand j’écris une histoire sans eux, c’est comme s’ils sont partis en vacances loin de moi, mais qu’ils m’envoient une carte postale de temps en temps pour que je ne les oublie pas! Vraiment, ces deux-là font partie de ma vie aujourd’hui, ils sont toujours dans un coin de ma tête, prêt à reprendre le chemin vers de nouvelles aventures. »

Votre prochain sera un nouvel épisode des aventures de Sharko, Lucie, et Nicolas. Ou bien vous faites à nouveau une pause avec eux? En tout cas, les pistes restent ouvertes…
« Pour le prochain, j’embraye effectivement avec eux, pour une nouvelle enquête passionnante. Angor est une histoire à part entière, qui se clot à la fin du livre. Cependant,  on a la légère impression qu’ils sont passés à côté d’un tout petit quelque chose durant leur parcours. Le roman suivant développera ce « petit quelque chose », qui ne sera pas si petit que cela, vous verrez. » 


Et Camille on la retrouvera?
« Ce sera la surprise, vous verrez à quelle sauce je l’ai mangée! »

Vous avez d’autres projets sur lesquels vous travaillez actuellement?
« Je développe des scénarii policiers pour la télévision, cela se complète parfaitement avec l’écriture de romans. J’écris également le scénario de Puzzle pour une sortie BD en 2015. Dernière chose, en novembre sortira un recueil de nouvelles, « 13 à table », édité par Pocket, auquel j’ai participé avec d’autres grands noms comme Marc Lévy, Guillaume Musso, Bernard Werber… Pour chaque livre vendu (5 €), ce seront trois repas offerts au Resto du cœur. »

Christelle

EN QUELQUES LIGNES

Cette quatrième aventure de Lucie et Sharko nous entraîne au cœur (même si c’est là un bien mauvais jeu de mot) de la mémoire cellulaire. Cette fois, les deux héros du « Synfrome E », de « Gataca » et d' »Atomka » se retrouvent en effet confrontés à un trafic de greffes. L’occasion de fangoraire connaissance avec un nouveau personnage attachant venu leur prêter main forte: Camille. La jeune femme, gendarme du Nord de la France, a reçu une greffe du cœur. Depuis, elle fait d’horribles cauchemars dans lesquelles une femme l’appelle au secours. Un simple rêve ou une façon pour son donneur d’essayer de communiquer avec elle? Camille décide donc de se lancer coûte que coûte sur sa piste. C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de Sharko et Lucie, par ailleurs désormais les heureux de parents de jumeaux. Quant à l’angor, qui donne son titre au livre, elle désigne la douleur vive dans la poitrine que le greffé peut ressentir dans les rares cas où les terminaisons nerveuses du cœur greffé, qui en général ne sont pas reconnectées, se reconnectent d’elles-mêmes avec le système nerveux  de l’hôte. Y aurait-il là un indice? Du palpitant, en tous les cas, indéniablement !

Christelle

« Angor », de Franck Thilliez, éditions Fleuve Noir, 619 pages, 20,90 €

Cote: 5/5

Autopsie d’un bonheur familial

© Thierry Rateau

© Thierry Rateau

Avec son premier roman à l’héroïne attachante, Julie Gouazé nous plonge au cœur de relations familiales compliquées. Rencontre avec une auteure pétillante.

C’est votre premier roman. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans l’écriture?

«J’ai toujours un peu écrit. Des petits textes. Celui –là a commencé pareil. Je ne peux donc pas dire que ce livre a été le commencement de quelque chose. C’est vraiment au bout d’un moment, quand il a commencé à prendre de l’ampleur, que je me suis dit qu’il pouvait éventuellement se transformer en livre. »

L’histoire  vous est venue comment?

«J’ai beaucoup puisé dans mon histoire, celle de mes proches, pour le point de départ de ce livre. On est toujours un peu cannibale dans ces cas-là !»

Quelle part de vous avez-vous mis dans les personnages justement?

«Louise est très proche de moi. Une sœur jumelle presque !»

Et le choix du prénom?

«Ouille. Peut-être parce que le cousin de mon père s’appelait Louis, et que c’était une belle personne. Que c’était une manière de lui rendre hommage. C’est un prénom que j’aime beaucoup, que je trouve très doux.»

Vous connaissiez l’histoire en commençant à écrire?

«J’avais le début et la fin. Je savais comment j’allais commencer et comment cela allait terminer. Après, j’ai rempli par le milieu. J’avais tous mes personnages, mais le fil de l’histoire a été construit au fur et à mesure.»

Il y a aussi beaucoup de références musicales.

«Oui. Là aussi, j’ai beaucoup puisé chez moi. La culture musicale que moi j’ai, et celle de Louise, c’est un mélange entre la culture musicale qu’écoutait les jeunes à ce moment-là et  puis des artistes plus âgés de la génération précédente.»

Vous avez opté pour un titre court.

«Mon document de travail s’appelait Louise. Quand je l’ai envoyé à mon futur éditeur, il s’appelait Louise.doc. Je n’avais pas pensé au titre. Il a été évident tout de suite pour lui que c’était ce titre-là et pas un autre. J’avais pensé plus tard à des choses hallucinantes comme ‘vodka, mandale et court-bouillon’. Je me suis fait remballée!»

Trouver un éditeur, cela a été facile?

«J’ai eu de la chance, oui. Cela fait quelques années que je travaille dans le milieu de l’édition. Je suis lectrice. Donc je sais le parcours du combattant que cela peut être parfois. Et là, cela ne l’a pas été. Je pense que j’étais au bon endroit au bon moment.»

Vous travaillez déjà sur un prochain roman?

«J’ai déjà commencé à écrire des petites choses mais il faut que je redescende sur terre je crois avant de pouvoir vraiment recommencer à écrire. Là je suis sur mon petit nuage!»

Faire la rentrée littéraire, cela met la pression?

«Non. C’est une très belle aventure. Mais rien que le fait que ‘Louise’ ait été publié, c’est déjà merveilleux. C’est déjà une victoire. Tout ce qui peut se passer maintenant, ce serait que du plus. Il fait partie de la rentrée littéraire à côté des grands et je crois que ‘Louise’ s’y trouve bien.»

Christelle

louiseEN QUELQUES LIGNES

Portrait d’une famille, portait d’une époque. À travers sa jeune héroïne, Louise, l’auteure décortique ici aussi des relations familiales compliquées. Il y a Louise donc. Sa grande sœur, Alice, de dix ans son aînée, qu’elle a toujours idolâtré. Mais aujourd’hui, son icône est devenue alcoolique, et a quitté son mari, en emportant leur fils. Et puis, il y a les parents, Roger et Marie, qui tentent de faire de leur mieux, tout en les noyant dans un trop plein d’amour. Un premier roman à la plume affûtée pour cette trentenaire prometteuse.

«Louise», de Julie Gouazé, éditions Léo Scheer, 162 pages, 18 €

Cote : 3/5

L’obsession de David Foenkinos

charlotteCharlotte, comme Charlotte Salomon. Le nom de cette artiste peintre allemande ne vous dit rien? Cela risque de bientôt changer suite à ce bel hommage que lui rend ici David Foenkinos, dont elle est devenue « l’obsession ».

Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à Charlotte Salomon?

«Par le plus grand des hasards. Il y a huit ans, je déjeunais avec une amie travaillant dans un musée. Elle m’a dit que je devrais aller voir l’expo. Je ne savais pas du tout qui était Charlotte Salomon. Je me suis retrouvé nez à nez avec cette œuvre qui m’a complètement bouleversé. Depuis, je n’ai cessé de penser à elle. Elle m’a obsédé pendant de nombreuses années.»

Quelle est la part de romancé que vous y avez mis puisqu’il est écrit roman sur la couverture?

«Comme il y avait assez peu de documents, ma source principale, c’est son œuvre, qui est une succession de tableaux racontant son histoire. Tous les faits un peu biographiques sont réels. Après, pour toute l’histoire avec Alfred par exemple, je suis persuadé qu’il a été l’homme de sa vie. La part du roman, c’est ce que je raconte de leur intimité… A force d’avoir vu ses tableaux, d’être allé sur les lieux de sa vie, je pense être assez proche de ce qu’elle a vécu. Mais évidemment, c’est un roman.»

Vous avez donc marché sur les pas de Charlotte Salomon. Vous avez rencontré des gens qui l’ont connue. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué?

«Ce qui m’a le plus marque, je pense que c’est quand même la rencontrer avec la fille du Dr Moridis parce que dans l’histoire incroyable de Charlotte Salomon, elle peint dans une sorte d’apnée créatrice, pendant deux ans. Dans l’urgence aussi parce que dans les dernières gouaches on sent une précipitation comme si elle sent le danger. Elle craint peut-être sa fin imminente. Et donc elle va donner son œuvre à un médecin en lui disant que c’est toute sa vie. C’est vraiment une phrase d’une grande beauté. La fille du docteur m’a montré l’endroit où Charlotte est venue exactement. Cela pour moi, c’était une grande émotion. Aller aussi sur les lieux de son école. Il y a une photo d’elle par exemple dans la cour de son école, et aller sur les lieux de cette photo, cela a été bouleversant aussi.»

C’est la première fois que vous apparaissez dans l’un de vos romans.

«Oui. Dans tous les romans, il y a forcément des choses personnelles. Mais même dans ‘Les souvenirs’, qui pourrait avoir l’air autobiographique, on était dans le roman. Là, pour la première fois, je raconte ce qui me touche, je suis la première personne. C’est comme si j’essayais de prendre le lecteur par la main, de faire en sorte qu’il vienne avec moi pour découvrir Charlotte. Cela m’a permis de raconter aussi l’émotion qu’on a à découvrir ses tableaux.J’ai envie qu’on la connaisse. C’est comme si vous aviez une passion secrète et que vous pouviez enfin la partager. C’est comme si c’était ma maîtresse, sauf que je me promène maintenant au grand jour avec elle.»

« C’est comme si c’était ma maîtresse sauf que je me promène maintenant au grand jour avec elle.»

La forme est aussi particulière, puisque à chaque phrase, vous allez à la ligne.

«Cela s’est imposé comme cela. J’avais besoin de respirer entre chaque phrase. J’y ai mis tellement d’énergie. J’ai mis beaucoup de moi dans ce livre. Je ne savais pas comment le lecteur allait percevoir cette forme. C’est assez poétique. Cela donne une légèreté, une inspiration, un rythme. J’ai travaillé beaucoup sur la forme. Paradoxalement, c’est une contrainte qui m’a libéré.»

Dans ce livre, vous vous interrogez aussi sur ce qui fait un artiste. Et vous, avez-vous un point de bascule proche de la folie?

«C’est mignon comme question! C’est vrai que j’ai aussi ma réflexion sur l’histoire de la création. Je vis dans un monde bien plus douillet. Mais il y a des moments où l’on est quand même dans la nécessité. Il y a deux types d’œuvres. Des œuvres plus proches de la production artistiques. Pourquoi pas? Il y a des choses formidables qui sont faites liées au travail. Et d’autres qui sont de l’ordre de la nécessité, de la survie. Charlotte est allée au bout de l’idée de la création salvatrice.»

Charlotte est déjà évoquée dans vos précédents romans, vous dites?

«Oui, tout à fait. Elle est présente dans ‘Les souvenirs’. Je parle de Charlotte Salomon. Dans ‘Qui se souvient de David Foenkinos’ il y a un personnage qui est marqué par le suicide. J’ai annoncée plein de fois que j’allais écrire un livre sur Charlotte Salomon. Je l’ai annoncé plein de fois. Je l’ai commencé plein de fois. Je l’ai abandonné. Je suis très heureux et soulagé maintenant! Un peu surpris aussi.»

Ce livre change de vos précédents. C’est un tournant dans votre œuvre?

«Je pense que c’est un tournant majeur dans ma vie aussi. Parce que je n’ai aucune idée comment seront mes prochains livres. J’écris un livre par an. Dès que j’en finis un, j’ai tout de suite une idée pour un suivant. Pour la première fois je n’ai pas d’envie, pas d’idée. Je reste vraiment avec Charlotte. Je n’ai qu’une envie, c’est que ces prochains mois soient dédiés à tout faire pour que, au-delà de mon livre, on la découvre.»

En janvier sortira le film ‘Les souvenirs’. Ce n’est pas vous cette fois qui avez réalisé l’adaptation. Cela s’est passé comment?

«C’est surtout encore avec une Belge dans le rôle principal! Après François Damiens dans ‘La délicatesse’, c’est Annie Cordy. Elle y est fabuleuse. Avec mon frère, on était d’accord sur l’idée qu’on avait envie de travailler sur un autre film, mais on ne voulait pas que ce soit lié à nouveau à un de mes romans. J’avais vu le film de Jean-Paul Rouve, et j’avais très envie que ce soit lui. On a travaillé ensemble. Le film a été montré à Angoulême. Cela a été incroyable, il y a eu un standing ovation. La prochaine projection, cela devrait être au Festival de Namur. »

Christelle

En quelques lignes

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C’est sans doute l’un des romans les plus émouvants de cette rentrée. David Foenkinos y conte le destin tragique de Charlotte Salomon, une artiste peintre de 26 ans, tuée à Auschwitz alors qu’elle était enceinte. Petite, Charlotte grandit à Berlin, sans sa mère puisque celle-ci s’est suicidée. Une sorte de malédiction familiale… Elle étudie les beaux-arts. Mais sous la menace nazie, elle est obligée de tout quitter. Dont son premier amour. Elle se réfugie chez ses grands-parents, dans le sud de la France. C’est là qu’elle peindra l’œuvre de sa vie, «Leben? oder theater?», un mélange de peintures à la gouache, musique et poèmes. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant: «C’est toute ma vie.» Mais dans ce roman apparaît aussi l’auteur lui-même qui nous confie son «obsession» pour l’artiste dont il a emboîté le pas. De quoi à tous les coups donner envie de découvrir cette grande artiste méconnue.

«Charlotte», de David Foenkinos, éditions Gallimard, 224 pages, 18,50 €

Cote : 4/5

Dans la peau de Joséphine

© Carole Bellaïche

© Carole Bellaïche

Il y a la Joséphine libertine, la Joséphine impératrice et puis la Joséphine répudiée. C’est cette dernière que nous fait (re)découvrir Christine Orban, qui semble avoir pris beaucoup de plaisir à se glisser dans la peau de ce personnage historique.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous glisser dans la peau de Joséphine?
«Son destin est le destin d’une femme qui ressemble à toutes les femmes. Evidement il y a aussi une fascination de Bonaparte et l’envie de m’adresser à lui, de lui écrire depuis toujours. De me mettre à la place de cette femme qu’il a aimée et répudiée tout en l’aimant. C’était un beau rôle à jouer et à endosser, mais de l’intérieur, comme une actrice!»

Elle n’a pourtant pas une vie toujours très agréable. Elle a failli être décapitée, a été répudiée par Napoléon,…
«Oui, mais c’est un destin très romanesque, passionnant. Elle a beau avoir été impératrice, elle souffre comme n’importe quelle autre femme, une fois qu’elle est séparée de l’homme qu’elle aimait.»

Joséphine est donc la femme que Napoléon a le plus aimé?
«Oh oui, c’est même une des rares. À la fin de sa vie quand il sera à Sainte Hélène, il dira que c’est la seule femme qu’il a aimée.»

Pourquoi avoir choisi cette citation là comme titre?
«J’ai évidemment beaucoup lu pour écrire ce livre et rassemblé une grande documentation. Et cette phrase, dans la correspondance de Bonaparte, m’a sauté aux yeux et m’a semblé absolument magnifique. ‘Quel effet bizarre faites-vous sur mon cœur’: Bonaparte avait le sens des formules!»

Vous avez donc fait beaucoup de recherches.
«Oui. Pendant un an, j’ai lu, parce qu’il fallait absolument maîtriser leur histoire pour avoir la liberté de me glisser dans le personnage. L’histoire était là. Les pierres sont authentiques. Mais je me suis permis, comme c’est un roman, d’incarner le personnage de Joséphine.»

Vous laissez entendre à la fin qu’elle n’est peut-être pas morte d’un refroidissement. C’est le roman ou il y a des preuves?
«Il y a eu des doutes à ce sujet. J’ai trouvé des documents d’époque, des rapports de police où certains laissent imaginer que cela aurait pu être un empoisonnement. Mais il n’y a pas de preuves, non. Mais il est sûr que la mélancolie a joué. Elle est morte cinq ans après sa répudiation. Et elle n’a pas eu la force d’âme comme lui demandait Bonaparte, qui ne l’abandonnera jamais, de chasser la mélancolie. Malgré la bienveillance qu’elle a gardé envers Bonaparte.»

Joséphine serait donc à l’origine de quelques articles du code civil à la gloire de la primauté masculine?
«Oui, c’est possible puisque que comme vous savez, Napoléon est à l’origine du code civil. C’est lui qui a introduit quelques lois assez machos. C’est probablement à cause de l’exemple qu’il avait. Ou bien son idéal du couple matrimonial. Il est peut-être macho, mais en même temps, il protège la femme. C’est lui qui dira que l’on ne peut pas divorcer d’une femme de plus de 45 ans.»

Faites ce que je dis, pas ce que je fais…
«En effet. Mais Joséphine acceptera au nom de la raison d’État.»

Ce livre montre aussi l’autre Joséphine, pas la femme volage décrite habituellement?
«Il y a trois Joséphine. C’est vrai qu’elle a été volage. Mais il ne faut pas oublier que c’est une femme qui a failli être décapitée. Après la terreur, il y a eu une période de libertinage. Ils voulaient se prouver qu’ils étaient vivants. Voilà pour la première période. Dans la deuxième période, elle est impératrice. Et la troisième, elle est répudiée et dira ‘j’ai été impératrice, je serai enfin moi-même. C’est cette période là qui m’a le plus intérressée, celle où elle devient la vraie Joséphine, debarrassée de la couronne, débarrassée de la Terreur.»

Pourquoi avoir choisi cette forme d’écriture?
«C’est une lettre. Pour être au plus proche.»

Votre roman est annoncé roman de l’été.
«Cela, c’est un choix d’éditeur! La maison d’édition m’a fait le bonheur d’adorer mon livre, et ils ont imaginé que ce serait un livre agréable à lire pendant cette période de vacances.»

@ChristelleDyon

quel_effet_bizarre_faites_vous_sur_mon_coeur_02EN QUELQUES LIGNES
Christine Orban s’est glissée dans la peau de Joséphine de Beauharnais dont elle nous fait partager la passion pour Bonaparte. Au-delà du personnage historique, c’est d’une femme à la fois libre et fragile dont elle dresse le portrait. Sous la forme de lettres, Christine Orban endosse le rôle de Joséphine réfugiée à la Malmaison, répudiée par Napoléon parce qu’elle ne pouvait pas lui donner d’enfant. Certes, l’histoire est connue. On prend toutefois beaucoup de plaisir à la redécouvrir, sous la plume talentueuse et empreinte d’émotion de l’auteure de « N’oublie pas d’être heureuse » et du « Silence des hommes ».« Quel effet bizarre faites-vous sur mon cœur », de Christine Orban, éditions Albin Michel, 272 pages, 19 €Cote: 3/5

Ingrid Betancourt passe au roman

lalignebleue_BetancourtQuatre ans après avoir livré le récit de sa captivité dans la jungle aux mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie dans « Même le silence a une fin », Ingrid Betancourt revient avec, cette fois, un vrai roman. Direction l’Argentine des années 1970, à l’époque de la dictature militaire et des escadrons de la mort. L’héroïne, Julia, a hérité de sa grand-mère, Mama Fina, un don surnaturel: celui de voir le futur, au travers des yeux de quelqu’un d’autre. A elle ensuite d’interpréter ses visions, d’identifier l’appel à l’aide pour tenter de modifier le cours des choses. Julia épargne ainsi bien des drames à ses proches. Adolescente, elle rencontre Theo, dont elle tombe amoureuse. Lors du retour de Perón en Argentine, les deux jeunes gens se joignent au mouvement des Montoneros. Jusqu’au jour où Julia, enceinte, et Theo sont arrêtés et torturés. Grâce au don de Julia, ils survivront… Mais chacun à leur façon. Derrière cette fiction aux accents de roman d’aventure, on ne manquera pas d’y voir des touches du destin de la Franco-colombienne. Il y est question de liberté, de courage, de haine ou de pardon. Et au final, c’est un premier roman plutôt prometteur que nous livre l’ex-candidate à la présidence colombienne prisonnière des Farc de 2002 à 2008, désormais installée en Grande-Bretagne où elle étudie la théologie au Harris Manchester College, à Oxford.

Christelle

« La ligne bleue », d’Ingrid Betancourt, éditions Gallimard, collection blanche, 368 pages, 19,90 €

Cote: 3/5

 

La relève de Twilight assurée !

Salmacis_tome 1Que les amateurs de « Twilight » et de « Sublimes Creatures » se rassurent, la relève est assurée! La lauréate du concours organisé par la collection Black Moon spécialisée dans la littérature pour jeunes adultes va vous faire délicieusement frissonner avec sa saga « Salmacis ». Son héroïne s’appelle Faustine, a 16 ans et un frère jumeau, Sasha. Après la mort de leur père et le suicide de leur mère, les deux ados sont envoyés dans un pensionnat perdu en montagne. C’est là que Faustine fait la connaissance du beau et mystérieux Andréa, qui l’attire irrésistiblement, évidemment! Mais à l’image des Cullen, la famille d’Andrea n’est pas tout à fait une famille ordinaire. Pas de vampires toutefois, ici, non! C’est au cœur de la mythologie que nous plonge Emmanuelle de Jesus avec ses naïades et hermaphrodites. Le premier tome -L’élue- est paru au printemps. Le second est attendu pour octobre.

Christelle

« Salmacis – L’élue », d’Emmanuelle de Jesus, éditions Hachette Jeunesse, collection Black Moon, 396 pages, 16 €

Cote: 4/5

Indémodable Petit Nicolas

Inspiré des histoires de Sempé et Goscinny, le film «Les vacances du Petit Nicolas» sort demain sur nos écrans. L’occasion de se replonger dans l’univers de ce petit personnage attachant avec Anne Goscinny, fille de René!

Anne GoscinnyLe livre «Les vacances du Petit Nicolas» est paru en 1962. Aujourd’hui, plus de 50 ans plus tard, sort  le film… et pas une ride! Comment  expliquez-vous cette longévité?

«C’est un enfant donc il n’y a pas de raison qu’il prenne des rides! Je crois qu’il ne faut pas chercher à expliquer ou à comparer. Le Petit Nicolas parle d’une enfance idéale ou idéalisée dans laquelle il n’y a pas d’intervention de la réalité. C’est un monde sur lequel l’Histoire n’est pas passée. Il n’y a pas de médias, pas de télé, pas de radio ou très peu. Et donc c’est une enfance préservée, un monde apparemment clos mais finalement pas anxiogène pour autant. Il n’y a pas non plus d’objets technologiquement marqués : il n’y évidemment pas d’iPhone, d’iPad…  Il y a plutôt des plumiers et des pupitres. Mais on se rend compte que tous ces accessoires ne sont finalement qu’accessoires.  Que ce n’est pas cela qui compte. Si le Petit Nicolas est indémodable, c’est parce qu’il n’est pas soumis aux pressions de la mode justement.»

Qu’est-ce qui a inspiré ‘Le Petit Nicolas’ à votre père?

«Malheureusement, je n’ai pas eu le temps ni l’occasion de lui demander. Mais à ce que l’on dit, ce sont ses souvenirs d’enfance et ceux de Jean-Jacques Sempé qui sont racontés, que mon père a mis en musique. Sempé lui racontait comment les colonies de vacances se passaient, ou le football, puisque mon père l’ignorait complètement. Ils ont partagés cela. Et cela donne les petites nouvelles que vous connaissez.»

Votre père, lui, a grandi à Buenos Aires.

«Oui. Il est né en 1926 et est parti à Buenos Aires en 1928. Quand il rentrait pour les grandes vacances d’Argentine, il restait souvent à Paris pour voir sa famille.»

Pourquoi avoir choisi d’adapter «Les vacances du petit Nicolas» plutôt qu’un autre?

«Le premier film se passait à l’école, racontait la vie de tous les jours. On a eu envie de changer de contexte.»

Vous êtes fort attachée à ce petit personnage?

«Oui, je suis particulièrement attachée à ce petit personnage que je trouve à la fois naïf, touchant, et finalement beaucoup plus sage que beaucoup de nos contemporains.»

Vous étiez sage, vous, enfant?

«J’ai été très sage comme le sont, bien malgré eux, les enfants uniques. Pour faire des bêtises, on n’a pas tellement de copains.»

D’où viennent les prénoms peu communs des copains du Petit Nicolas?

«De l’imagination fertile de mon père!»

Vous avez eu votre mot à dire?

«Oui, je suis détentrice des droits de mon père.  Il ne faut pas parler de mot à dire parce que c’est tout de suite restrictif et dévalorisant pour celui qui n’aurait qu’un mot à dire!  J’ai plus qu’un mot à dire! J’ai un esprit à retenir ici.»

Qu’avez-vous pensé du film?

«Beaucoup de bien. Il est à la fois fidèle à l’esprit de mon père et de Jean-Jacques Sempé, et fidèle au premier film. C’est un film qui ne trahit pas.»

D’autres histoires vont être adaptées prochainement?

«Je n’en ai aucune idée!»

Le film est l’occasion de sortir un roman du film. L’histoire est différente du livre original?

«Le scénario du film n’est pas conforme puisque les histoires sont des histoires courtes et que pour faire un film, il faut des histoires longues. Il a donc fallu inventer une histoire. Il y a aussi un très joli livre qu’on a publié qui est l’album du film.»

Christelle 

 

Pour bien s’occuper durant les grandes vacances !

Les vacances du Petit Nicolas-HDIl y a d’abord le livre de Goscinny et Sempé qui a inspiré le film. Dans ce troisième volet de la saga, tout récemment réédité (IMAV éditions), le duo revêt un maillot de bain au Petit Nicolas pour évoquer, en 19 petites histoires, ses souvenirs de vacances. Direction Bains-les-Mers et la pension de famille Beau-Rivage. Avant les colonies de vacances.

 

Le roman du film les vacances du Petit Nicolas-HDAdapté du scénario du film, «le roman du film» (IMAV éditions) nous fait découvrir un Petit Nicolas amoureux. Fini la cour de récréation et les punitions, Nicolas quitte le temps d’un été Marie-Edwige, jolie blonde aux yeux bleus. Et rencontre la belle Isabelle… En tout, dix chapitres illustrés par des photos en couleurs du film.

ALBUM DU FILM-HDPetit coup de cœur pour «L’album du film» (IMAV éditions) plein de surprises… dont les enveloppes en fac-similés des lettres envoyées par Nicolas, tantôt à Marie-Edwige, tantôt à Isabelle. Les photos du film y mettent en scène les meilleurs gags et les séquences les plus drôles. Ainsi que deux séquences inédites ne figurant pas dans le film.

Journal de vacances-HDEt puis aussi, un livre d’activités («Les jeux de l’été du Petit Nicolas, IMAV éditions) plein d’idées pour s’occuper cet été, un «journal de vacances» (IMAV éditions) où inscrire ses meilleurs moments des vacances, une édition spéciale rassemblant les trois premiers livres (Gallimard jeunesse) ou encore le double CD (Gallimard jeunesse) dans lequel Benoît Poelvoord prête sa voix au Petit Nicolas.