Super héros plutôt que… super zéro !

quandjeseraigrandQui ne s’est pas rassuré, enfant, en se disant qu’en grandissant, on deviendrait un super mec ou une super woman? Mais une fois l’âge adulte atteint, le super héros qui sommeille en nous a fort à faire pour éviter de devenir un super zéro tout court face aux contraintes imposées et aux pressions multiples. Dans cet ouvrage, Gilles Serpry, coach certifié et thérapeute depuis 2008, propose clés et outils pour changer ce qui peut l’être, à savoir soi-même. Ce livre de développement personnel apprend comment « devenir son propre coach via un auto-coaching simple et ludique ». Et le secret pour cela? Etre soi, tout simplement, plutôt que de chercher à être ce qu’on n’est pas.

« Quand je rerai grand je serai moi… mais en mieux », de Gilles Serpy, en collaboration avec Joëlle Jacques, éditions La Charte, 304 pages, 29 €

Comprendre l’alchimie entre deux individus

Communiquer efficacement est tout un art  et cet ouvrage nous livre le mode d’emploi de la communic’action.  Il nous aide à comprendre l’alchimie entre deux individus. On y trouve tous les tuyaux pour apprendre à s’exprimer en public, mais aussi comment résoudre les conflits ou traiter avec les médias. On y découvre le « know how » (ou plus exactement le « KnoWay », du nom de la collection!) pour convaincre les autres. Car « convaincre » n’a rien d’un vilain mot. Il s’agit seulement de « vaincre avec ». « Le but n’est pas de vaincre les autres, mais de les gagner, explique l’un des auteurs du livre, Eric Bouancheaux Zuckermandl. D’accord, ce livre est une brique. « C’est une brique, mais comme on dit que les Belges ont une brique dans le ventre, ce sera celle-là en matière de comm' », plaisante-t-il. Une brique dans laquelle il est par ailleurs facile de naviguer grâce à la multiplicité des portes d’entrées et un index très complet en fin d’ouvrage. On notera aussi les nombreuses illustrations et la présence de Cérébro, un petit personnage toujours là pour nous aiguiller vers l’essentiel. Un texte book universitaire mais dont le but est d’apprendre en s’amusant.

Christelle

« Introduction à la CommunicAction – seconde édition », de Claudio Balestra, Eric Bouancheaux Zuckermandl et Costantino Balestra, éditions La Charte, 426 pages

Cote: 4/5

Décodeur

dicoComplément indispensable des dictionnaires classiques, cet ouvrage nous renseigne sur tous ces nouveaux mots qu’on voit et qu’on entend partout mais qui n’ont pas (encore) gagné leur droit d’entrée dans les Larousse, Robert ou Littré. S’y côtoient ainsi «selfie» (autoportrait numérique diffusé sur les réseaux sociaux), «boloss» (nazes, bouffons des beaux quartiers), «kikoolol» (personne qui abuse des smileys et des abréviations du langage texto), «fangirler» (adorer, et adorer en parler), «surkiffer» (aimer plus que tout), «OMG» (exclamation de surprise en langage sms), «swag» (qui a du style, qui a la classe) ou encore vapoter (inhaler la vapeur d’une cigarette électronique). Un ouvrage que l’on doit à l’un des co-auteurs du best-seller «Facebook m’a tuer».

Christelle

«Dictionnaire du nouveau français», d’Alexandre Des Isnards, éditions Allary, 526 pages, 21,90 €

Cote: 4/5

Sur la voie de la sérénité

andriatmeditationAvec cet ouvrage de méditation pour tous, on retrouve Frank Andriat là où on ne l’attendait pas! Quoique! L’auteur s’était finalement déjà quelque peu aventuré dans ce domaine avec des textes plus intimistes comme « Pont désert », « Avec l’intime » et, plus dernièrement, « La forêt plénitude ». Mais cette fois, ce sont des « Clés pour la paix intérieure » qu’il nous offre en nous montrant la voie pour « cultiver sa sérénité en toute simplicité ». Un titre prometteur… « Pas besoin d’être diplômé ou ascète pour s’habiller de lumière ou de paix. Il suffit de tourner son cœur dans le bon sens, celui de l’ouverture », explique l’auteur dans une introduction. L’ouvrage se veut en effet à la portée de tous. Frank Andriat y propose18 chapitres comme autant d’étapes sur le chemin vers le meilleur de nous-même. On appréciera surtout la mise en page aérée et les phrases-clés mises en exergue. Des exemples?

« Entrer en mouvement immobile n’a rien de difficile. Il suffit que je m’arrête (c’est le plus difficile!), que j’accorde ensuite l’attention à ce qui m’entoure. Je retrouve ainsi le vide, je retrouve le sens premier du mot ‘vacances’. En vacance de moi, en vacance de tout. »

« Pour couper l’énergie de la colère, il me suffit de me taire. Je cesse ainsi d’alimenter le feu et la violence. La non-réponse permet de faire baisser la pression. »

Pour les plus pressés, un récapitulatif détaillé des 18 grandes étapes est fourni en fin d’ouvrage. Alors en route vers davantage d’harmonie intérieure!

Christelle

« Clés pour la paix intérieure – cultiver la sérénité en toute simplicité », de Frank Andriat, éditions Marabout, 252 pages, 15,90 €

Cote: 3/5

 

Pour les ketjes !

parlerbruxelloisLe parler bruxellois, celui des marionnettes de Toone ou des pubs Devos Lemmens, est à l’honneur dans ce livre. L’auteur distingue quatre dialectes de Bruxelles -le bruxellois flamand, le dialecte bruxellois essentiellement francophone mais marqué par la prononciation spécifique du lieu, le Bargoensch ou argot bruxellois, et le dialecte bruxellois mixte. Il fournit aussi une liste de bruxellismes et d’insultes, et nous conte quelques histoires polissonnes. Le livre présente également des « amoureux de Bruxelles et de son dialecte » et distingue le zievereer du wageleir, marollien, babeleir et autre zinneke,… Bref, un livre pour les ketjes!

« Regard amoureux sur le parler bruxellois », de Jean-Pierre Vanden Branden, éditions La boîte à Pandore, 288 pages, 14,90 €

Cote: 3/5

 

Classiques du rock

classiquesrockAxel Du Bus décortique dans cet ouvrage 100 grands classiques du rock qui ont une histoire à raconter. Car il faut le reconnaître, les francophones connaissent rarement les paroles des chansons qu’ils fredonnent. L’auteur s’attaque donc au contenu et sens caché des plus grands succès des Beatles, des Rolling Stones, de Rage against the machine, David Bowie, Blur, Cat Stevens, Queen et bien d’autres. On y découvre, entre autre, que le « Born in the USA » de Springsteen est tout sauf un hymne à l’Amérique triomphante des années Reagan et qu’il ne vaudrait mieux pas choisir le «One» de U2 pour jouer à son mariage…

«100 classiques rock et leur sens caché», d’Axel Du Bus, éditions La boîte à Pandore, 220 pages, 16,90 €

Cote: 4/5

La bible de la littérature française

littératureDe la naissance de la littérature française au Moyen Âge avec Tristan et Iseut et le roman de Renart aux auteurs en vogue aujourd’hui, cette brique passe en revue tous les écrivains qui ont marqué de leur plume notre histoire littéraire. On se remémore avec délectation le « Quand vous serez bien vieille » de Ronsard, le « Va, je ne te hais point  » du Cid de Corneille, les fables de La Fontaine, le théâtre de Molière, les contes de Perrault. On redécouvre les poésies de Verlaine, les critiques piquantes de Voltaire, les engagements courageux de Camus. Mais aussi Casanova et le marquis de Sade, Stendhal, Hugo, Dumas, Sand, Baudelaire, Flaubert, Proust, Apollinaire, Pagnol, Saint-Exupéry, Simenon, Sagan, Yourcenar et bien d’autres encore….  L’ouvrage retrace bien sûr les biographies de ces grands noms, mais nous offre aussi une analyse de leurs apports et de leurs styles, des focus sur leurs œuvres les plus importantes, ainsi que plein de petites anecdotes. Le livre propose également un panorama des principaux genres et mouvements littéraires. Un chapitre est consacré à la Science-Fiction. Un autre aux prix littéraires. De quoi vous donner envie de vous replonger dans certains de ces classiques découverts sur les bancs de l’école.

Christelle 

« La littérature pour ceux qui ont tout oublié », de Catherine Mory, éditions Larousse, 512 pages, 20,90 €

Cote: 4/5

L’art moderne n’est pas un jeu d’enfant

susiehodgeIl vous est déjà arrivé dans une expo ou un musée d’entendre quelqu’un affirmer devant une œuvre qu’un enfant aurait pu le faire? Dans cet ouvrage, l’auteure, Susie Hodge, professeur d’Histoire de l’art et des arts plastiques, a sélectionné une centaine d’œuvres d’art moderne, des sculptures et des peintures, du street art et des installations, qui ont toutes en commun d’avoir été reçues avec hostilité par le public et des critiques qui prenaient leur simplicité apparente pour un manque de sophistication artistique. Ces œuvres sont classées en cinq catégories: objets/jouets, expressions/gribouillages, provocations/colères, paysage/terrains de jeu et presonnages/monstres. Des exemples? Le « téléphone-homard » de Savador Dali. « La durée poignardée » de René Magritte. » La soupe Campbell » d’Andy Warhol. La « tête (abstraction biomorphique) » de Hans Arp. « One (number 31) » de Jackson Pollock. La « Fontaine » de Marcel Duchamp. Ou encore la reproduction sur la couverture, le « Concept spatial, attente », de Lucio Fontana. Quant à la question qui sert de titre à l’ouvrage, pourquoi un enfant de 5 ans n’aurait pas pu faire cela?, l’auteur répond que ces œuvres marquent un tournant décisif dans l’Histoire de l’art. Et nous montre pourquoi l’art moderne ne sera jamais un jeu d’enfants.

Christelle

« Pourquoi un enfant de 5 ans n’aurait pas pu faire cela – l’art moderne expliqué », de Susie Hodge, éditions Marabout, 224 pages, 14,99 €

Cote: 4/5

Petites décisions, grands changements

59secondesSaviez-vous que vous avez plus de chances d’être embauché si vous commencez par parler de vos faiblesses? Que l’on est plus créatif en restant seul dans son bureau qu’en participant à un brainstorming? Qu’une plante verte sur votre bureau augmente de 15% votre productivité? Et que la meilleure façon de se faire apprécier n’est pas de rendre service mais de demander un service. Le psychologue Richard Wiseman a rassemblé dans cet ouvrage les études mises au point par les laboratoires des sciences du comportement des meilleures universités du monde qui prouvent que de petites décisions peuvent provoquer de grands changements dans votre vie. A noter que ses bons conseils ne touchent pas que le monde du travail, mais s’appliquent aussi à notre vie sentimentale et d’une manière plus générale à notre désir d’être mieux dans notre peau et plus heureux.

«59 secondes pour prendre les bonnes décisions», de Richard Wiseman, éditions Marabout, 288 pages, 5,99 €

Cote: 3/5

Le geek décrypté

geekFaisant lui même partie de cette nouvelle espèce, l’auteur nous parle du geek, cet « éternel adolescent », « adorateur technophile et popculturel vouant un culte païen à des dieux de papier, de pixels et de pellicule ». S’il fut longtemps raillé pour « sa passion obsessionnelle de l’informatique et son inaptitude à l’égard du sexe opposé », aujourd’hui le geek a pris sa revanche, nous explique l’ouvrage qui leur rend hommage tout en dressant une typologie du phénomène: otaku, noLife, gamer, rôliste, cosplayer, geek chic, hacker ou fanboy. Et vous, où vous situez-vous?

Christelle

« Geek? », de Nicolas Beaujouan, éditions Robert Laffont, 208 pages, 22 €

Cote: 3/5

Épater la galerie sans se crever !

paresseusesLes Paresseuses nous expliquent comment briller en ville. Ce petit ouvrage en 26 leçons se veut un véritable coaching pour faire son intéressante et fasciner sans même se fatiguer. On y découvre comment supporter un dîner inutile, proposer de ranger ou de faire la vaisselle et ne rien faire du tout et surtout partir à l’heure qui nous arrange. Il fournit aussi les bases de la « bitch attitude », c’est-à-dire « du toupet chic, de l’impertinence élégante, de la désinvolture un poil arrogante, du culot sans impolitesse ni manque de respect ». Sans oublier un petit rappel des règles de  savoir-vivre en société. Alors régalez-vous!

Christelle

« Briller en ville par les paresseuses – 26 leçons pour épater la galerie », de Juliette Dumas et Soledad Bravi, éditions Marabout, 128 pages, 7,99 €

Cote: 3/5

 

Les meilleurs mots d’excuse

motdexcuseEn matière de mots d’excuse, certains parents ne manquent décidément pas d’imagination. D’autres peuvent se montrer d’une mauvaise foi pas croyable. Principal dans un collège, Patrice Romain publie dans ce recueil un florilège de ces petits mots écrits par les parents d’élèves aux enseignants. L’orthographe (originelle et souvent originale) a été conservée. Des exemples?

* « Madame, Excuse pour le retard a Brandon il m’a dit qu’il avait le vent de face en marchant. »

* « Madame, mon mari il peut pas toujours mais hier il a pu et c’était super mais du cou on était crevé et ce matin on c’est pas réveillé et c’est pour cela que Patricia elle était en retard.(…) »

* « J’excuse ma fille pour son absence d’hier parce qu’il y avait contrôle de maths et c’est vrai qu’elle a mal au ventre quand il y a contrôle de maths. »

* « Veuillez excuser l’absence de Théo la semaine dernière. Mais si vous connaissiez les prix à la montagne hors période scolaire et si vous pouviez le faire vous le feriez. (…) »

* « Vous voulez que j’achète la photo de classe de ma fille? Non mais vous avez vu la tête des autres? (…)« 

De quoi vous inspirer?

Christelle

« Nouveaux mots d’excuse », de Patrice Romain, Bourin éditeur, 144 pages, 15 €

Cote: 4/5

Guide de survie de la femme normale

femmeparfaiteTout à fait d’accord avec les auteures de ce livre: « la femme parfaite est une connasse! » En tant que femme imparfaite, on se sent un peu moins seule! On y découvre des théories totalement vitales comme celle du « pot de cacahuètes » (toujours garder 80 cm de distance avec!), du « vernis écaillé », du « foutu pour foutu » ou encore celle de l’indifférence. Les auteures développent aussi la jurisprudence de la frange, à lire absolument avant de passer à l’acte. Très utile aussi, une liste de questions qu’il ne faut pas poser à un homme si on ne veut pas entendre les réponses. On y apprend également comment garder sa dignité en étant bourrée. Et comment réagir devant un bébé laid. Enfin, on n’oubliera pas de potasser les 30 règles éparpillées dans l’ouvrage, parmi lesquelles: « on détestera la nouvelle petite amie de l’ex de notre meilleure amie, toujours », « on assimilera que personne ne sait appliquer un autobronzant correctement » et « on ne dira plus ‘J’ai un gros cul’, mais ‘J’ai le même cul que Jennifer Lopez' »….

Christelle

« La femme parfaite est une connasse! », de Anne-Sophie et Marie Aldine Girard, éditions J’ai lu, 160 pages, 5 €

Cote: 3/5 

Amoureux de Stendhal…

dicostendhalPourquoi l’art de séduire fut-il étranger à Stendhal? D’«absolu» à «Zélinde» en passant notamment par «couvent» et «épinards», Dominique Fernandez nous dresse un portrait de Stendhal sous la forme d’un dictionnaire amoureux.

Peut-on vraiment prendre Stendhal et ses personnages comme des modèles en matière d’amour?

«Oui, pour Julien et Fabrice certainement.»

L’amour de Julien avec Madame de Rênal est quand même adultère.
«Oui, avec Madamde de Rênal en effet. Mais pas concernant Mathilde de la Mole.»

Quel personnage de Stendhal est votre préféré?
«Cela dépend de l’âge, de l’humeur… Mais d’abord, c’est lui-même qui me passionne.»

À qui s’adresse ce dictionnaire?
«Tout lecteur. Quand on écrit un livre, on ne sait pas qui va le lire. J’ai écrit ce livre parce que j’aime Stendhal, et je voulais partager cet amour avec des lecteurs.»

Qu’est-ce qui vous plaît chez Stendhal?
«Tout! Mais en particulier sa liberté. C’est l’homme le plus indépendant qui soit. Aujourd’hui, on est surtout submergé par le politiquement correct, une pensée unique. Lui, il dit ce qu’il pense, se fiche du reste. Il est lui-même. Ce qui je trouve est merveilleux.»

Et en matière d’amour, qu’est-ce qui vous inspire chez lui?
«Le pauvre était amoureux sans cesse de femmes très belles. Lui était assez laid. Du coup, il était malheureux. Il était bafoué  trompé. C’est pathétique. Sa vie est triste en fait. Son style est gai. Mais lui n’a jamais eu de grand amour. On ne lui connait pas de maîtresse fixe, contrairement à d’autres écrivains comme Victor Hugo, Chateaubriand…»

Ce n’est pas étrange, dans un dictionnaire amoureux, de trouver des entrées comme «épinards», «couvent»…
« Épinards et Saint-Simon, dit il, ont été ses deux goûts constants. La formule du dictionnaire permet justement de faire des entrées amusantes. Dans un gros livre sur Stendhal, on ne parlerait évidemment pas d’épinards. C’est moi qui ait créé ce concept de dictionnaire amoureux. Amoureux parce que l’on ne parle que de ce que l’on aime. On n’a pas besoin d’être exhaustif.»

Christelle

«Dictionnaire amoureux de Stendhal», de Dominique Fernandez, éditions Plon, 820 pages, 25 €
Cote: 3/5

A chaque occasion son vêtement!

dresscodeSi vous êtes plutôt du genre perplexe devant la penderie, suivez ce guide. Vous découvrirez comment vous vêtir pour aller manifester, à la plage, à un mariage, faire le ménage, du sport en salle, quand on est malade, vieux, moche, ou bêtement pour se rendre à une soirée déguisée. Vous éviterez ainsi de vous sentir dépareillé dans toutes ses occasions et bien d’autres. Le tout bien sûr, avec une bonne dose d’humour. A l’usage de tous les gens qui vivent habillés, comme l’indique la couverture!

Christelle

« Dress code –  Le bon vêtement au bon moment », de Maxime Donzel et Géraldine de Margerie, éditions Robert Laffont, 176 pages, 22 €

Cote: 3/5

Comment devenir un parfait arriviste

Pour devenir un parfait arriviste, il faut savoir manipuler à son profit les masques et les paravents, explique Corinne Maier, qui n’a pas hésité d’ailleurs à trafiquer sa propre biographie sur Wikipédia. Après «Bonjour paresse» où elle racontait comment glander au boulot, l’auteure de «No kid» nous livre cette fois ses précieux conseils pour devenir un arriviste.

On pourrait de prime abord se demander si vous êtes compétente pour écrire ce livre, vous qui avouiez dans «Bonjour paresse» glander au boulot. Mais ce livre est en réalité du même acabit.

«Oui, c’est un livre sur les masques et les semblants, et tout ce qu’il faut faire pour être quand même intégré dans la société, mais en se débrouillant pour en tirer le maximum d’avantages et parfois juste pour rester dedans.»

Si vous n’avez rien d’une arriviste, vous connaissez la recette pour le devenir.  

«Oui. C’est par l’observation du monde et des choses que je me suis aperçue que j’avais commis beaucoup d’erreurs. Et puis j’ai observé ce qu’il se passait dans les groupes, les entreprises, tous les lieux où il y a une collectivité de gens avec parfois peu d’avantages à en tirer. Il est d’autant plus nécessaire de faire semblant dans un monde où il n’y a pas de croissance, où les places sont chères, et où il est difficile de gagner sa vie et de progresser. Je pense que la crise a pour conséquence une compétition accrue. Et donc il faut d’autant plus faire semblant et donner des gages aux autres et au groupe. Des gages de normalité, d’intégration,…»

Et comment fait-on pour bien faire semblant justement?

«D’abord il faut dire ‘oui’ tout le temps. Ne jamais rien refuser. Il faut parler le jargon de l’époque parce qu’il y a des mots qu’il faut comprendre et parfois utiliser. Des mots anglais, mais aussi le jargon en usage dans une entreprise. Et il faut maîtriser ces mots pour savoir de quoi on est menacé, comment est-ce qu’on pourrait les utiliser à son avantage. Il faut toujours retourner ses échecs et les reformuler de manière positive. Il faut avoir l’air parfaitement normal en fait, et en bonne santé.  Ne jamais critiquer de façon trop forte. Ne jamais servir des idéaux parce que sinon, on devient vulnérable et on peut être manipulé. Faire des croche-pieds aux autres dans le milieu professionnel. Ce sont des conseils très cyniques évidemment et qui visent à faire réfléchir à l’époque dans laquelle on vit qui est très dure.»

Comment définiriez-vous l’arriviste?

«C’est quelqu’un qui manipule à son profit les masques et les paravents et qui sait donner aux autres l’impression qu’il faut pour parvenir à ses fins. C’est donc quelqu’un qui manipule bien le mensonge et qui sait parfaitement faire semblant tout le temps, et se vendre en permanence. L’arriviste, c’est donc quelqu’un qui sait manipuler les faux-semblants.»

Pour réussir, vous encouragez à mentir sur son CV?

«Oui, à mentir sur soi-même bien sûr puisqu’il faut se présenter de manière favorable tout le temps. Même vis-à-vis de son entourage, de ses relations, de ses voisins. Et donc, il faut bien sûr mentir sur son CV parce qu’il y a beaucoup de choses qui ne seront jamais vérifiées. Des chiffres français montrent que 50% des CV contiennent des informations fausses. Si vous, vous êtes authentique et que tous les autres mentent, vous partez perdant dans la course. Donc il faut mentir aussi et toujours améliorer les choses. Par exemple, gonfler ses responsabilités… C’est très important aussi de pouvoir raconter une histoire sur soi-même, ce que les anglo-saxons appellent le story-telling. Il faut mettre en scène une histoire.»

Comme vous sur Wikipédia!

«Exactement. C’est un exemple de choses que je pratique! C’est plus intéressant de raconter que je suis l’arrière-petite-fille d’un humoriste célèbre qui n’a jamais existé -mais cela, les gens ne le savent pas quand ils tombent sur ma fiche- plutôt que de présenter les choses de façon très banale. Parce qu’en soi, mon histoire est banale comme celle de beaucoup de gens. Cela n’intéresse personne. Donc il faut l’améliorer un petit peu.»

Christelle 

«Petit manuel du parfait arriviste», de Corinne Maier, éditions Flammarion, 134 pages, 16 €

Des petites fables pleines de sagesse

Il y a la fable de la grenouille nageant tranquillement dans une marmite dont l’eau chauffe doucement. La température étant tout d’abord agréable, la petite grenouille ne se rend pas compte du danger… et finit par cuire. Alors que si on l’avait jetée directement dans une marmite d’eau à 50°C, la grenouille aurait donné immédiatement un coup de patte salutaire  pour en sortir avant d’être trop affaiblie. Il y a aussi l’histoire de cette variété de bambou chinois, dont la tige ne pointe le nez hors de terre que cinq longues années après que les graines aient été semées. Et celle du papillon et de son cocon qui explique que le futur papillon doit réunir assez de force dans ses ailes pour arriver à briser son carcan et ainsi terminer de développer la musculature dont il aura ensuite besoin pour voler. Et que celui qui s’imagine l’aider à naître en déchirant pour lui son cocon verra naître un lépidoptère totalement incapable de voler. Au travers de sept courtes fables universelles, animalières ou végétales, l’auteur  nous livre une leçon de vie. La fable de la grenouille nous montre qu’une détérioration suffisamment lente échappe à notre conscience, ne suscitant la plupart du temps pas de révolte de notre part. Celle du bambou démontre, au contraire, que certains changements brusques peuvent être le fruit d’une lente et longue évolution. Quand à celle du papillon, elle prouve qu’une aide mal inspirée peut se révéler nuisible. Des petites allégories pleines de sagesse et porteuses de bons conseils pour notre développement personnel. A picorer!

Christelle

« La grenouille qui ne savait pas qu’elle était cuite… et autres leçons de vie », d’Olivier Clerc, éditions Marabout, 220 pages, 3,55 €

Cote: 3/5