Zep totally rock

Zep… Avec un nom pareil, il ne pouvait être -évidemment- que fan de rock. Le papa de Titeuf tire d’ailleurs son pseudonyme d’un fanzine créé à 12 ans quand il était fan de Led Zeppelin. Vous voyez le rapport? Il était donc grand temps que l’auteur de bandes dessinées consacre un album au rock n’ roll! Alors qu’il nous avait quelque peu déçus avec “Happy Girls”, il nous convainc carrément avec son “Happy Rock”, dernier de sa trilogie happy books. Et pour cause, Monsieur est un grand connaisseur. De là à dire que Zep a plus d’expérience avec la musique qu’avec les femmes, il y a un pas que nous ne franchirons pas! U2, Madonna, Eric Clapton, Bruc Springsteen, AC/DC, les Rolling Stones Janet Jackson ou Led Zeppelin, il les a tous faits! Cet album remuant sent le vécu. Le dessin est frais (comme toujours), les couleurs sont vivantes, les blagues bien pensées et très proches de la réalité. Tout le monde se retrouvera donc avec plaisir dans cet album!

Anne-Sophie

“Happy Rock”, de Zep, éditions Delcourt, 48 pages, 13,50 euros

Cote: 4/5

Les filles et l’ado boutonneux

Il nous avait fait tellement rire avec « Happy Sex » où il évoquait la sexualité du point de vue des adultes. On était donc très curieux de découvrir le « Happy Girls » de Zep, le papa de Titeuf. Ici, Robert, un ado pas spécialement séduisant et carrément hors du coup, fantasme à fond sur un tas de filles. Autant dire d’emblée qu’il se prend râteau sur râteau. La drague, il essaie, mais ce n’est pas vraiment son truc. Et, nous, ça ne nous fait pas trop rire. Les gags son assez classiques et valent les sketches de « Tamara », mais version masculine. Pas mauvais, non, mais juste très banal. L’album amusera sans doute davantage les ados que les adultes. Dans « Happy Girls », Zep s’inspire de son propre vécu. « Il y a certaines histoires qui sont à 100% autobiographiques et d’autres qui sont romancées », explique-t-il. A ce titre-là, signalons que le tout dernier gag qui fait office d’épilogue nous a quand même bien fait rire ! 

Anne-Sophie 

« Happy Girls », de Zep, éditions Delcourt, 48 pages, 12,90 €

 Cote : 2/5

Un Titeuf pour les grands

Le papa de Titeuf se lâche dans «Happy Sex» et livre à ses lecteurs un bon moment de rigolade. Il causehappysex sexualité, ne s’embarrasse pas de tabou, appelle une chatte une chatte et dessine ce qui doit être dessiné. Explicitement. Sans la moindre ellipse. Un album hard sans être vraiment vulgaire. A lire seul ou en couple, mais à ne pas laisser entre toutes les mains! Rencontre avec Zep.

«Happy Sex», un album autobiographique?

© Laurent Seroussi

© Laurent Seroussi

Zep: «Forcément, il y a un peu d’autobiographie.»

Un peu?

«(rires) Oui, il n’y a qu’une petite partie autobiographique. Après, c’est aussi mon métier de raconter des histoires, d’exagérer et de mentir quand il le faut. J’ai juste besoin de quelques éléments. Je puise dans ce que j’entends autour de moi, ce que me racontent mes amis, ça me suffit pour faire une histoire.»

Justement en parlant de vos amis… Vous les avez croqués dans «Happy Sex»?

«L’album présente effectivement beaucoup de personnages. Au fil des planches, je me demandais qui dessiner. C’est vrai que je me suis inspiré des personnes qui passaient chez moi. Je les dessinais ensuite dans mes histoires. Je séparais les couples et je changeais leurs coupes de cheveux pour qu’ils n’aient pas l’impression que je les ai mis en fâcheuse posture. Je vais voir si je perds mes amis dans les jours à venir… (rires)»

Titeuf est-il trop sage ? Vous avez eu besoin de vous défouler?

«Titeuf n’est pas beaucoup plus sage, mais ce sujet ne le concerne pas encore, pas de cette manière. J’avais envie de faire quelque chose d’adulte, même si tout un public adulte suit les aventures de Titeuf. Je peux traiter beaucoup de sujets par le biais de l’enfance, mais pas le sexe. J’avais depuis longtemps envie de faire cet album. Je voulais aborder la sexualité comme un sujet de société. Je ne voulais pas d’un ouvrage érotique ou pornographique, mais je voulais montrer le sexe de manière très explicite. Ce qui me semblait très amusant à faire.»

Quel est le but poursuivi?

«Rire de notre sexualité, faire un état des lieux de notre sexualité quotidienne, montrer ces petites accroches, ces dérapages, ces moments où l’on ne parvient pas toujours à se rencontrer. Il se joue beaucoup de choses dans la sexualité et ça m’intéressait de montrer cela, de m’en amuser. Je voulais que l’on puisse rire ensemble de sexualité en lisant l’album. Ce qui est neuf, parce qu’on ne rit pas en regardant un film porno…»

C’est une manière de dédramatiser certaines situations?

«Bien sûr de dédramatiser et de désacraliser aussi! Il y a encore de fortes attentes autour du sexe. On espère toujours que l’autre va comprendre tout ce que l’on en attend et on ne sait pas toujours en parler. Les ‘ratages’ sont fréquents et il est urgent de se détendre par rapport à cela, de se dire que c’est normal. Il faut oser parler de nos attentes et de nos désirs pour cela soit plus cool. En rire est le meilleur moyen pour y parvenir.»

Vous ne vous embarrassez pas de tabous…

««Happy Sex» aborde une sexualité lambda. Je ne raconte pas de bizarreries, ni de choses très insolites. Il ne s’agit pas ici d’une sexualité idéalisée. Il y a des gens qui sont beaux, d’autres moins beaux, des petits, des gros, des poilus, etc. Il est logique de dessiner le plus honnêtement possible. Ce qui aurait été bizarre, c’est d’être racoleur et puis de ne pas assumer, de ne pas montrer les choses. Alors, effectivement, tout ce qui doit être dessiné est dessiné. C’est une question d’honnêteté vis-à-vis du lecteur.»

Une certaine autocensure?

«Non, aucune. Je suis resté dans une sexualité hétéro que je connais. J’avais envie de traiter d’une sexualité du quotidien, sans bizarreries. Ce n’est pas de la censure. Je voulais simplement rester dans des choses que je peux comprendre moi-même.»

Auriez-vous pu vous lancer dans un tel projet au début de votre carrière?

«Je n’aurais pas pu le faire il y a vingt ans ou même dix ans. Je n’aurais pas eu cette liberté de ton sur la sexualité. Je n’aurais même pas eu cette vision sur le sexe. J’avais encore une image très sacralisée de la chose, un peu coincée en fait. Mon grand âge (40 ans, ndlr) aujourd’hui me permet plus de choses. (rires)»

Anne-Sophie

«Happy Sex», de Zep, éditions Delcourt, 64 pages, 14,95 €

Cote : 5/5