Disparition inquiétante

JOB ArmelLe Belge Armel Job s’est basé sur un fait divers des années 60 pour son dernier roman. Une occasion de plus de prouver qu’il excelle dans l’art du retournement de situation de dernière minute…

Ce livre vous a été inspiré par un fait divers?

«Oui, même si c’est un fait divers que je n’ai pas particulièrement examiné. J’ai lu un tout petit résumé d’une affaire qui s’est passée dans les années 1960 dans le Namurois. Mais c’est surtout la photo qui accompagnait l’article, celle d’une mère dont l’enfant avait disparu de sa poussette alors qu’elle était dans un magasin, qui m’a touché.  Je suis parti de cette idée-là. Mon roman n’a qu’un très lointain rapport avec l’affaire elle-même. » 

La disparition d’enfants, ce n’est pas un sujet trop difficile à traiter en Belgique?

«C’est effectivement un sujet difficile à traiter. Il y a le risque évidemment de tomber dans des affaires assez glauques. Je voulais absolument éviter cela. Je dois dire que ces affaires de disparitions d’enfants ou de maltraitance d’enfants me révulsent. Je serais incapable de traiter ces sujets dans le registre de l’horreur. Donc j’avais bien conscience que j’allais toucher un sujet un peu difficile, mais ce qui m’intéressait dans ce sujet, c’était le visage de cette femme, et donc la souffrance des personnes confrontées à ce genre d’événements. Et j’ai voulu éviter tout ce qui était de l’ordre du sensationnel, ou pire, du glauque.»

Le titre -«Tu ne jugeras point »- c’est un message que vous vouliez faire passer?

«Oui, certainement. Je ne pense pas qu’un roman doive défendre une thèse. A mon, sens, un roman doit simplement examiner la vie, peut-être en prenant le temps de bien choisir les angles d’attaque, de ne pas simplement s’en tenir à la surface des choses mais de les analyser sous tous les angles. Et il me semble que, quel que soit le roman, la conclusion pourrait toujours être la même : quand on s’intéresse vraiment  aux éléments qui se sont produits, aux personnes qui ont vécu ces événements, c’est très difficile de poser un jugement. Donc tu ne jugeras point, c’est une maxime générale qui pourrait servir à tous les romans.»

Vous êtes un spécialiste du retournement de situation. Mais vous, la fin, vous la connaissez avant de commencer votre livre?

«Beaucoup de gens ne me croient pas quand je le dis, mais non! La fin s’impose d’elle-même. J’ai écrit tout ce roman sans savoir exactement ce qui s’était passé dans cette affaire. Elle restait très mystérieuse pour moi aussi. Je la découvre un peu comme le lecteur va la découvrir. Ce n’est que peu à peu que l’histoire se décante et que moi-même, j’en arrive à la solution. Ce n’est pas dans le souci de surprendre le lecteur que je donne une solution qui peut paraître assez étonnante, mais c’est la solution qui s’impose à la fin, à laquelle je n’ai pas pensé peut-être pendant l’écriture du roman. Parce que pendant un an, je vis avec ces personnages, je médite beaucoup, et à un moment je me dis la seule vérité possible c’est celle-là.»

Vous vous y prenez comment pour écrire?

«En général, il me faut donc un an pour écrire un roman. Je ne suis pas un auteur très rapide. Je suis surtout un auteur qui a besoin de beaucoup regarder le plafond. Le plus gros de mon travail consiste souvent à écrire trois lignes et puis à regarder le plafond en me demandant ce qui se passe réellement, ce que les personnages pensent, ce qu’ils ont dans le cœur, ce qui leur est arrivé avant… Quand je débute un roman, j’ai le noyau de l’histoire et trois ou quatre personnages. Je les mets en scène et au fur et à mesure que j’avance, ils prennent de la consistance. Selon les situations dans lesquelles je les place, je les vois réagir. Et petit à petit, ils deviennent des personnes. Un peu comme nous dans la vie, nous pouvons émettre un jugement assez stéréotypé sur les gens rencontrés. Mais si nous essayons de comprendre qui sont ces personnes, si nous commençons à les fréquenter, petit à petit, elles prennent une tout autre consistance. Dans un roman, c’est la même chose.»

Votre roman «Les fausses innocences» a  été transposé en un téléfilm. Vous l’avez déjà vu? Il vous a plu?

«Oui, je l’ai vu dernièrement. J’ai trouvé  que c’était un très bon film de télévision, très original, mais je dis cela pour rendre hommage au réalisateur et non pas au sujet du film!»

L’HISTOIRE EN QUELQUES LIGNEStu ne jusgeras point Armel job

Il est question de disparition d’enfant dans le dernier livre du Belge Armel Job. L’histoire se déroule près de Liège, après l’affaire Dutroux. Denise Desantis abandonne son dernier né de treize mois dans son landau devant la porte d’un magasin, le temps d’y faire une course. Lorsqu’elle ressort du magasin, elle trouve la poussette vide. Tout porte à croire que l’enfant a été enlevé. Mais l’équipe chargée de l’enquête a un doute. Et si cette mère de quatre enfants n’était pas aussi innocente qu’elle n’y paraît? Une chose est sûre, le suspect n’est pas toujours celui qu’on croit. Alors moralité: tu ne jugeras point!

Christelle

“Tu ne jugeras point”, d’Armel Job, éditions Robert Laffont, 284 pages, 19 €

Cote: 3/5

Disparition inquiétante….

tu ne jusgeras point Armel jobIl est question de disparition d’enfant dans le dernier livre du Belge Armel Job. L’histoire se déroule près de Liège, après l’affaire Dutroux. Denise Desantis abandonne son dernier né de treize mois dans son landau devant la porte d’un magasin, le temps d’y faire une course. Lorsqu’elle ressort du magasin, elle trouve la poussette vide. Tout porte à croire que l’enfant a été enlevé. Mais l’équipe chargée de l’enquête a un doute. Et si cette mère de quatre enfants n’était pas aussi innocente qu’elle n’y paraît? Une chose est sûre, le suspect n’est pas toujours celui qu’on croit. Alors moralité: tu ne jugeras point!

Son interview à lire ici !

Christelle

« Tu ne jugeras point », d’Armel Job, éditions Robert Laffont, 284 pages, 19 €

Cote: 3/5