Quand un romancier s’acharne sur son héroïne…

Douglas Kennedy Après «La Femme du Ve», Douglas Kennedy nous livre un thriller psychologique difficile à lâcher. En toile de fond, cette interrogation: une phrase banale prononcée pendant l’adolescence peut-elle bouleverser le cours de notre vie? C’est avec cette question que le plus français des écrivains américains va torturer son héroïne. A treize ans, lors d’un dîner où ses parents s’étaient encore disputés, Jane leur annonce en effet qu’elle ne se mariera jamais et n’aura pas d’enfant. La phrase aurait pu être anodine si elle n’avait pas fait cogiter son père qui quitte le foyer presque sur-le-champ. Depuis, sa mère la tient pour responsable de l’échec de son mariage. Quelques années plus tard, étudiante en lettres à Harvard, Jane entame une liaison avec son professeur qui la fascine. Jusqu’à la mort de son amant, dans des circonstances obscures. Les années passent encore et Jane se console avec l’énigmatique Théo qui lui donne une petite fille, Emily. Jane se prend à croire au bonheur… Mais comme Douglas Kennedy ne semble avoir aucune pitié, il tue Emily dans un tragique accident. Jane n’a plus envie de lutter et pense à « quitter le monde »… Entre intrigue psychologique, drame social et road movie sur les routes américaines et canadiennes, le dernier roman de Douglas Kennedy nous tient en haleine de la première à la dernière page.
Christelle

«Quitter le monde», de Douglas Kennedy, éditions Belfond, 498 pages, 22,50

cote: 4/5