La Chine et l’argent roi

Zhu Wen, l’un des chefs de files de la nouvelle génération des écrivains chinois, pose dans son «I love dollars» un regard peu avenant sur la Chine d’aujourd’hui avide de sexe et d’argent. Les traditions profondément ancrées dans la société chinoise doivent désormais s’accommoder du capitalisme et intégrer ses bienfaits à la vie de tous les jours. En Chine, tout semble s’acheter et se consommer en yuans. Consommation vorace, petites combines, plaisirs dérobés et violence des rapports humains émaillent le récit des six nouvelles proposées par Zhu Wen. La première d’entre elle a donné son nom au recueil et conte les rapports conflictuels qu’entretiennent un père et son fils. Le père artiste et le fils écrivain raté passent quelques heures à flâner en ville. Ils cassent la croute, vont au cinéma, lèvent deux jeunes filles en espérant bénéficier de leurs faveurs sexuelles. Mais la misère affective et sexuelle prend bien vite le dessus. Les récits qui suivent sont peut-être plus nébuleux dans leurs propos mais brossent à merveille le portrait de cette Chine qui nous est finalement encore peu connue.

Anne-Sophie

«I love dollars et autres nouvelles de la Chine profonde», de Zhu Wen, éditions Albin Michel, 356 pages, 20 €

Cote : 2/5