La relève de Mémé Cornemuse assurée

La truculente Mémé cornemuse cède la place à Elvis Cadillac, « Ze » sosie officiel du King, jusque dans les moindre détails! Chez lui, Elvis est partout, même dans sa salle de bains: la tombe de son idole est reproduite sur son verre à dents et le bidet à la  forme de sa guitare! Même sa chienne -baptisée Priscilla- est affublée d’une banane rose sur la tête. A bord de sa Cadillac,il sillonne les routes pour aller donner ses concerts. C’est ainsi qu’il débarque dans une famille bien barrée où il est invité à chanter pour l’anniversaire de la vieille châtelaine. Mais un crime étrange est perpétré… En second rôle, la mère du sosie (qu’on imagine bien copine avec Mémé Cornemuse!). Après avoir abandonné son rejeton âgé alors d’à peine 5 ans dans des toilettes d’autoroutes, elle refait aujourd’hui surface dans sa vie, bien décidée à devenir son manager… Bref, une galerie de personnages hauts en couleur qui n’auraient pu sortir de nulle part d’autre que de l’esprit iconoclaste et déjanté de Nadine Monfils!

Christelle 

« Elvis Cadillac – King from Charleroi », de Nadine Monfils, éditions Fleuve Noir, 240 pages, 17,90 €

Cote: 3/5

Le dernier Mémé Cornemuse ?

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La truculente Mémé Cornemuse est de retour pour ses (dernières?) aventures. C’est en tout cas ce qu’indique la couverture de l’ouvrage, car nous ne nous permettrions pas de vous en dévoiler la fin!

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Qu’à cela ne tienne! Parquée dans un asile, Mémé Cornemuse prend la poudre d’escampette et pour cela, décide de se marier. Pas avec JCVD (cela s’est le but ultime!) mais avec un petit vieux solitaire, plein au as (c’est toujours mieux)… où à tout le moins propriétaire d’un domaine à Saint-Amand-sur-Fion. Après un voyage de noces à Etretat (choisi pour le charme de ses falaises), Mémé Cornemuse se retrouve veuve, et propriétaire d’un manoir… en ruine, mais qu’elle a bien l’intention de transformer en palace. Sa recette miracle? Une vierge qui s’illumine pour attirer la foule. Bientôt, elle sera assez riche pour s’envoler en Californie, prendre des cours pour rester jeune chez la mère de Stallone. Et enfin séduire son Jean-Claude pour de bon!

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Christelle

« Maboul Kitchen », de Nadine Monfils, éditions Belfond, 19 €

Cote: 4/5

Nadine Monfils, adorablement fêlée

Comme tous les ans, Nadine Monfils était à la Foire du livre de Bruxelles pour rencontrer ses lecteurs et leur signer une belle dédicace agrémentée d’un petit dessin surréaliste. Cette année, ce sont les allumettes rouges que cette auteure belge adorablement fêlée a enchaînées. Etincelles assurées!

Vous croyez aux contes de fées?
«Les contes de fées ont vraiment nourri mon enfance. Ce que j’aimais surtout, c’était les contes avec des vraies sorcières. Pas les contes édulcorés d’aujourd’hui. Parce que j’ai toujours aimé avoir des frissons. »

Vos contes préférés?
«‘Barbe bleue’ est l’un de mes contes préférés. Et ‘La petite fille aux allumettes’ bien sûr. Je pense que ce sont surtout les illustrations qui ont fait que j’ai aimé ces contes-là. Ces images me faisaient vraiment entrer dans l’univers des contes de fées. Et aujourd’hui encore, quand je vais aux puces, je recherche ces livres-là, avec les images de mon enfance. Et quand je revois ces images-là, c’est comme la madeleine de Proust: j’ai cinq ans, quoi!»

On retrouve des éléments du conte d’Andersen chez votre Petite Fêlée.
«Oui. Dans mon histoire, la fille trouve sa grand-mère morte comme dans le conte de fées. Et la grand-mère a une boîte d’allumettes à la main. La fille, qui s’appelle Nake, garde cette boîte comme un souvenir. Et la première fois qu’elle allume une allumette, elle a la vision d’un crime. Et le lendemain, elle le lit dans les journaux.»

On retrouve aussi la grand-mère folle dingue des «Vacances d’un serial killer».
«Exactement. C’est mémé Cornemuse, qui est une cougar, n’a aucune morale et tue les gens comme elle ferait du tricot. C’est ma sorcière à moi!»

C’est vérifié la technique pour lire l’avenir dans les lignes du tricot?
«Je fais cela tout le temps! (rires) Quand tu rates une maille, cela veut dire qu’il va t’arriver une misère.»

Cette fois, on quitte la Côte belge pour Pandore, votre ville surréaliste!
«Oui! Pour moi, c’est la ville de Magritte, dans laquelle il aurait pu vivre et dans laquelle j’aurais pu le croiser. C’est une ville qui est quand même très belge dans mon esprit, mais qui reste imaginaire et qui me permet de délirer selon mes fantaisies.»

L’inspecteur Lynch de la police de Pandore a toutefois pris sa retraite?
«Oui, il va peut-être revenir un jour. Mais j’aime bien les renouvellements aussi, comme dans la vie. Il faut du sang neuf de temps en temps.»

Lui aussi, il a une collection bien particulière…
«Oui, mais il ne faut pas le dire! J’aime bien laisser planer le suspense sur ce qu’il collectionne. Mais c’est vrai qu’il collectionne des choses bizarres!»

Son adjoint, Michou, est lui aussi folklorique!
«En effet! Il est travelo la nuit pour arrondir ses fins de mois. Cela m’amusait assez. Du coup, il glane plein de renseignements.»

Vous dédicacez par ailleurs le livre à Michou.
«Oui, le vrai Michou habite Montmartre comme moi, je le croise souvent. On est très copains. Il est adorable. C’est un vrai personnage.»

Vous êtes fan d’Annie Cordy?
«Oui. J’adore Annie. Elle est aussi fêlée que moi.»

Et de Jean-Claude Van Damme?
«J’aime bien aussi ce personnage. Il me fait beaucoup rire. Je trouve qu’il a un côté très surréaliste. J’ai une vraie tendresse pour lui. J’ai découvert une autre facette de lui dans le film ‘JCVD’ de Mabrouk El Mechri. Je trouve que Van Damme y a montré un sens de la dérision vraiment unique. On y voit que c’est aussi un bon acteur et pas seulement le mec dont on rigole parce qu’il a des phrases surréalistes. Qui sont drôles d’ailleurs! Mais il est autre chose aussi. À mon avis, il doit être hypersensible. Je l’aime bien ce mec-là. J’aimerais bien le rencontrer un jour.»

L’adaptation de ‘Nickel blues’ en est où?
«Cela avance bien. J’ai trouvé de très bons producteurs belges. On avance bien. J’ai un très bon casting. Ce sera filmé en Belgique, à la mer du Nord. Avec probablement une musique d’Arno. Je n’en dis pas plus parce que je suis superstitieuse. Mais puisqu’on parle de Nickel Blues, il est par ailleurs sorti en poche chez Mijade. Et ‘Les vacances d’un Serial Killer’ sort lui aussi en poche cette semaine chez Pocket.»

En quelques lignes

«La Petite fêlée aux allumettes», c’est Nake. À chaque fois qu’elle craque une allumette, elle a des visions affreuses de petites filles assassinées, dans des mises en scène sorties tout droit des contes du «Petit Chaperon Rouge», de «Blanche Neige» ou du «Petit Poucet». Évidemment, tout cela se passe à Pandore, la ville surréaliste imaginée par l’auteure de «Monsieur Émile», «Tequila frappée» et du non moins déjanté «Coco givrée». Pour mener l’enquête? L’inspecteur Cooper et ses curieuses manies. Et son collègue Michou, flic le jour et travelo la nuit. Sans oublier mémé Cornemuse, découverte l’an dernier dans «Vacances d’un serial killer», fan d’Annie Cordy et amoureuse de JCVD. Décidément, impossible de garder son sérieux avec Nadine Monfils qui vous déride les zygomatiques comme personne! Et c’est tant mieux!

« La Petite Fêlée aux allumettes », de Nadine Mondils, éditions Belfond, 264 pages, 19 €
Cote: 4/5

http://www.nadinemonfils.com

Berk les bisous !

Nadine Monfils n’écrit pas que des polars. Parfois, il lui arrive aussi d’écrire des jolies histoires qui ne font même pas peur pour les plus petits! Il est question ici d’une petite fille dont la maman ne peut s’empêcher de lui faire des bisous! Or, cette petite fille n’aime pas les bisous, mais alors pas du tout! Les bisous, ça colle! Bèèèrk! Mais quand elle dit à sa maman qu’elle n’aime pas les bisous, cela rend sa maman triste. Et quand elle lui explique que ce n’est pas parce qu’elle n’aime pas les bisous qu’elle n’aime pas sa maman… celle-ci recommence à lui faire plein de bisous! Mais heureusement, la petite fille a une idée… Et si elle ramenait un chien à sa maman? Bref, une histoire pleine de tendresse, joliment illustrée par Claude K. Dubois.

Christelle

«J’aime pas les bisous», de Nadine Monfils et Claude K. Dubois, éditions Mijade, 32 pages, 11 €

Cote: 4/5

Après Tequila frappée, Coco givrée !

Débordante d’imagination comme toujours, la Belge Nadine Monfils poursuit les aventures délirantes de l’inspecteur Lynch et de sa chienne Tequila qui, en plus de boire en souriant, pisse désormais des hiéroglyphes. Sans oublier Coco, une prostituée délicieusement givrée. Fous rires et suspense garantis!

Un meurtrier qui reproduit des toiles de Magritte avec des cadavres, ce n’est pas banal!
«J’essaie de creuser le plus loin possible dans mon imagination pour rester originale parce que je n’aime pas ce qui est banal, ni dans la vie ni ailleurs. Pour moi, l’art c’est quelque chose qui doit continuer à étonner, à surprendre. Et puis j’ai toujours eu une fascination pour Magritte!»

Où pêchez-vous vos idées?
«Je n’en sais rien! Cela vient tout seul, depuis que je suis petite. J’ai toujours l’impression de pousser une grille dans ma tête et d’avancer dans un jardin d’herbes folles où tout est possible. Je peux pousser cette grille à n’importe quel moment.»

Coco donne son nom au livre. Pour un ex-prof de morale, avoir une prostituée comme personnage central, ce n’est pas commun non plus!
«Ce n’est pas incompatible. Quand j’étais prof de morale, j’ai publié mon premier bouquin intitulé ‘Conte pour petites filles perverses’. C’était donc déjà en plein dans la contradiction, mais ce n’est pas incompatible!»

Qu’est-ce qui attend encore Tequila, après boire en souriant et pisser des hiéroglyphes?
«Je crois qu’elle a une possibilité infinie de choses! Ce sont mes deux chiens, Emile et Canelle, qui m’inspirent beaucoup. J’ai une petite chienne qui applaudit et un chien pour lequel j’ai consacré un polar, ‘Monsieur Emile’. C’est un chien unique. Il me fait beaucoup rire mais a toujours été fainéant.»

Le personnage de Johnny Cadillac existe réellement?
«Absolument. C’est le sosie de Johnny Hallyday. Il est Belge, très drôle, et je l’ai rencontré sur le tournage d’un film de Jean-Jacques Rousseau, notre cinéaste de l’absurde cagoulé. C’est un personnage adorable et complètement habité par son idole. C’est Johnny, mais en plus jeune!»

À quel personnage vous identifiez-vous le plus?
«À tous. Je me sens vraiment très proche des bons comme des mauvais, parce que je crois que l’homme est fait d’ombre et de lumière. Un écrivain, c’est comme un comédien: il rentre dans la peau de ses personnages. Il y a une partie de nous qui dirige les personnages, mais il y a aussi une partie qui nous échappe. Les personnages viennent aussi nous souffler des choses auxquelles on ne s’attend pas.»

Ce livre est un bel exemple de surréalisme à la belge!
«Mais je suis Belge, donc fatalement, je parle avec mes racines. Mais il est vrai que le surréalisme et la dérision me collent. J’ai l’impression d’être née avec.»

Dans quel genre classeriez-vous ce livre?
«Je ne le classerais pas! Cela a toujours été le problème de mon chemin en France, c’est que je suis inclassable comme la plupart des Belges. J’ai eu de la chance de trouver un éditeur comme Belfond qui me suit et me pousse à aller à fond dans ce que je suis. Si je suis inclassable, ils s’en fichent. C’est ce qui leur plaît!»

Vous allez adapter votre livre «Nickel Blues» au cinéma.
«Je vais le produire et l’adapter. J’ai monté ma boîte de production, les productions du Chapeau boule.»

Vous connaissez déjà les acteurs?
«Il y aura Emilie Dequenne, Dominique Lavanant, Suzie Falk, Annie Cordy, Thierry Frémont, Dominique Pinon, et une musique d’Arno!»

Retrouvera-t-on Lynch, Tequila et toute la joyeuse bande prochainement?
«C’est la grosse question. J’aimerais bien continuer un bout de chemin avec eux. Après, c’est un peu aux lecteurs de voir s’ils ont envie de les retrouver ou pas.»

Oui, oui, oui!


L’histoire…
Il se passe une fois de plus de drôles de choses à Pandore, cette ville née de l’imagination farfelue de la Belge Nadine Monfils! Plusieurs personnes ont disparu au «carrefour de la mort» où, raconte-t-on, des fantômes d’accidentés font du stop. Les choses se compliquent quand les cadavres de fillettes disparues réapparaissent dans des mises en scène inspirées des toiles de Magritte. L’inspecteur Lynch et son acolyte Barn, dont on avait fait la connaissance dans «Babylone dream» et «Tequila frappée», suivent l’affaire, flanqués de Nicki, leur profileuse préférée. Mais ils ne savent plus où donner de la tête car leur vie personnelle est, elle aussi, chamboulée. Barn, qui menait une vie d’heureux célibataire avec son chat depuis le départ de sa femme, voit débarquer chez lui Coco, la pute qu’il partage avec Lynch… Et elle semble bien décidée à s’installer avec sa grand-mère, fan du sosie belge de Johnny Hallyday. Quant à Lynch, il est en émois depuis que sa chienne Tequila s’est mise à composer des hiéroglyphes en pissant. Résultat: un polar délicieusement givré, à l’image de Nadine Monfils, digne représentante du surréalisme à la belge. On attend donc avec impatience la suite des aventures de toute cette joyeuse bande!

«Coco givrée» de Nadine Monfils, éditions Belfond, 264 pages, 18,50 €

Cote: 5/5

À noter qu’un nouveau Commissaire Léon, «Les Fantômes de Mont-Tremblant» sortira prochainement chez Québec-Amérique.

Après Tequila frapée, Coco givrée

Il se passe une fois de plus de drôles de choses à Pandore, cette ville née de l’imagination farfelue de la Belge Nadine Monfils ! Plusieurs personnes ont disparu au « carrefour de la mort » où, raconte-t-on, des fantômes d’accidentés font du stop. Les choses se compliquent quand les cadavres de fillettes disparues réapparaissent dans des mises en scène inspirées des toiles de Magritte. L’inspecteur Lynch et son acolyte Barn, dont on avait fait la connaissance dans « Babylone dream » et « Tequila frappée », suivent l’affaire, flanqués de Nicki, leur profileuse préférée. Mais ils ne savent plus où donner de la tête car leur vie personnelle est, elle aussi, chamboulée. Barn, qui menait une vie d’heureux célibataire avec son chat depuis le départ de sa femme, voit débarquer chez lui Coco, la pute qu’il partage avec Lynch… Et elle semble bien décidée à s’installer avec sa grand-mère, fan du sosie belge de Johnny Hallyday. Quant à Lynch, il est en émois depuis que sa chienne Tequila s’est mise à composer des hiéroglyphes en pissant. Résultat: un polar délicieusement givré, à l’image de Nadine Monfils, digne représentante du surréalisme à la belge. On attend avec impatience la suite des aventures de toute cette joyeuse bande !

Christelle

« Coco givrée » de Nadine Monfils, éditions Belfond, 264 pages, 18,50 €

Cote: 5/5