Carnet de voyage au Japon

koya-sanParti en voyage de noces au Japon à l’automne 2008, ce couple de Français (travaillant tous les deux dans la bande dessinée) a décidé de publier son carnet de voyage. Après un premier tome consacré à Tokyo, Rémi Maynègre et Sandrine Garcia nous emmènent cette fois à la découverte d’un endroit moins touristique, le Koya-san, un complexe religieux vieux de douze siècles. Pas de photos ici mais de superbes illustrations colorées dessinées par les auteurs pour nous balader dans ce lieu, classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2004, riche de 200.000 pierres tombales de samouraïs et de 117 temples bouddhistes. Mais ce carnet c’est aussi tout un tas d’anecdotes, confiées par les deux auteurs à tour de rôle, alternant ainsi les points de vue. C’est ainsi qu’on découvre de drôle de pantoufles de toilettes japonaises, le manège des salutations des contrôleurs nippons même à l’entrée d’un wagon vide, ou encore le flan au tofu… Voilà qui change agréablement des guides touristiques classiques. De quoi vous donner assurément des envies d’évasion!

Christelle

« Voyage au Japon – Tome 2 – Koya-San », de Rémi Maynègre et Sandrine Garcia, éditions CFSL Ink, 160 pages, 25,90 €

Cote: 4/5

日本人

Installée au Japon depuis 2002, la journaliste Karyn Poupée a reçu le prix Shibusawa-Claudel pour ce livre salué tant par la critique française que nippone. Intitulé sobrement « Les Japonais » -un titre écrit en français et… en japonais (日本人)-, elle y dresse un portrait du pays du pays du Soleil-Levant, sorti exsangue de la Seconde guerre mondiale et devenu en l’espace de quelques décennies la deuxième puissance économique planétaire. Génie de l’électronique, créateur d’humanoïdes, terre des mangaka mais aussi aussi des yakusa… La correspondante permanente de l’agence France-Presse  nous peint un portrait de cette société tout en contraste, scrutant la vie quotidienne des Japonais, et tentant de décrypter les ressorts historiques et socio-culturels du fonctionnement de cette société unique, aujourd’hui confrontée à de nouveaux défis après l’accident de Fukushima et sa rétrogradation derrière la Chine. Un livre destiné à tous les passionnés par ce pays, qui ont envie de découvrir cette culture à la fois si riche et si différente. A noter que le Japon sera mis à l’honneur du 16 au 19 mars au Salon du livre de Paris.

Christelle

« Les Japonais – 日本人 », de Karyn Poupée, éditions Tallandier, 672 pages, 12 €

Cote: 4/5

Un geek au Japon

Immersion dans la culture japonaise grâce à cet ouvrage bien conçu qui nous offre une vision très réaliste du Pays du Soleil Levant. Après une brève histoire du Japon afin de planter le décor, l’auteur -un Espagnol dont le blog (www.kirainet.com) a servi de base au bouquin- s’attaque aux différences culturelles qui font la spécificité du pays. Il y est question de geishas bien sûr, mais aussi de la cérémonie du thé, de cette passion robotique niponne, des comportements japonais dont la vertu de l’humilité, des relations homme-femme, du cosplay (ce hobby consitant à se déguiser en personnage de manga), du quotidien d’un salaryman et d’une carrière woman, ainsi que des familles, des étudiants et des retraités. L’auteur y aborde aussi les mangas, la musique, la TV, le cinéma et j’en passe. Mais pas question ici de servir les vieux clichés.  On voit que l’auteur connait bien le pays, et surtout ses habitants. Un chapitre est également consacré à une visite de Tokyo, avec différents thèmes au menu, tandis que le dernier chapitre nous prodigue des conseils généraux pour visiter le Japon et nous fournit une liste des lieux incontournables ainsi que quelques lieux plus secrets et un mini lexique. Bref, le complément idéal du guide de voyage pour tous les amoureux du Japon.

Christelle

« Un geek au Japon », de Hector Garcia, éditions 12 bis, 152 pages, 19 €

Cote: 5/5

Apparences trompeuses

«Face cachée», un beau roman graphique en noir et blanc qui nous plonge au cœur de la société nipponne aux exigences parfois quelque peu… effrayantes, vues d’Europe. Satoshi est analyste financier. Il travaille la semaine à Tokyo jusque bien tard le soir. Une fois la journée terminée, quand il n’est pas obligé de suivre son patron pour une partie de karaoké bien arrosée, il rejoint son capsule hôtel où il se repose quelques heures. Le week-end, il retrouve en lointaine banlieue femme et enfant qui lui manquent tant. Mayumi, jeune employée, en pince pour Satoshi et espère bien terminer ses jours avec son bel amant. Oui, mais voilà, les apparences sont trompeuses et les convenances aussi strictes soient-elles cachent souvent de terribles situations. Le lecteur, dont la curiosité est titillée, n’en saura pas plus dans ce premier opus. Cet ouvrage se révèle une très bonne surprise signée Sylvain Runberg et Olivier Martin, tous deux fins connaisseurs du pays du soleil levant. 

Anne-Sophie 

«Face cachée», de Runberg et Martin, éditions Futuropolis, 152 pages, 18 €

 Cote : 4/5

L’ancien et le moderne

Deux styles graphiques et deux histoires d’amour s’entrecroisent dans ce récit romantique signé Dimitri Piot. Comme nombre d’Occidentaux, cet auteur, nourri de mangas à l’adolescence, voue une véritable passion au Japon. Cet intéressant one shot digère de belle manière la tradition de la BD franco-belge et japonaise. Le jeune Koji, aspirant dessinateur de manga, peu accro à l’école et aux études, a le béguin pour Atsumi, une ado de sa classe dont le père est historien et restaurateur d’estampes anciennes. Lors d’une excursion scolaire, ils prennent un peu de distance avec le groupe, ce qui ne passe pas inaperçu et leur vaut réprimande et convocation parentale. De fil en aiguille, Koji se rapproche d’Astumi et de sa famille. Il se laisse séduire par les fabuleuses estampes sur lequel travaille le paternel et sa belle. Elles content dans la pure tradition la fuite de Koryu, samouraï pourchassé par son maître pour avoir eu une liaison avec une de ses concubines. Dans «Koryu d’Edo», Dimitri Piot allie admirablement l’ancien et le moderne. Une douce impression de romantisme se dégage de l’album dès les premières pages.

Anne-Sophie

«Koryu d’Edo», de Dimitri Piot, éditions Glénat, 56 pages, 14,90 €

Cote : 3/5