Au-delà du cliché

CES-MORTSQuels secrets de famille inavouables se cachent parfois derrière les clichés souriants de nos aïeux? Tel est le thème du dernier roman de Frank Andriat dans lequel la narratrice nous livre au fil des pages son histoire, celle que la photo ne dit pas. Et si Fred et Elise n’étaient pas ses grands-parents tendrement aimant qu’ils semblent être? Quels lourds secrets sont enfuis dans leur passé? La narratrice les divulgue au compte-goutte, jusqu’au sordide dénouement final…

Christelle

« Ces morts qui se tiennent par la taille », de Frank Andriat, éditions du Rocher, 214 pages, 16,90 €

Cote: 2,5/5

Publicités

Bob Tarlouze en Afghanistan

tarlouze3Bob Tarlouze, hétéro malgré son nom qui prête à sourire, est appelé à la rescousse par Najmah, son ancienne nounou d’origine afghane. L’une de ses collègues de Médecins sans frontières, Alexia, a disparu en plein jour, dans le Bazar de Kaboul. Le plus célèbre fan de la panthère rose s’envole donc pour l’Afghanistan. Mais les hommes vêtus de rose n’ont pas vraiment la cote dans le pays. Dans ce tome 3 de ses aventures, Bob a pris quelques années (au point d’être entré dans la vie active). Au travers des différentes péripéties qui attendent son héros, l’auteur, le Belge Frank Andriat,  nous fait découvrir une fois de plus les us et coutumes de ce pays qui le fascine.

Christelle

« Les aventures de Bob Tarlouze – Tome 3 – Bons baisers de Kaboul », de Frank Andriat, éditions Ker, collection Double Jeu, 148 pages, 10 €

Cote: 4/5

Sur la voie de la sérénité

andriatmeditationAvec cet ouvrage de méditation pour tous, on retrouve Frank Andriat là où on ne l’attendait pas! Quoique! L’auteur s’était finalement déjà quelque peu aventuré dans ce domaine avec des textes plus intimistes comme « Pont désert », « Avec l’intime » et, plus dernièrement, « La forêt plénitude ». Mais cette fois, ce sont des « Clés pour la paix intérieure » qu’il nous offre en nous montrant la voie pour « cultiver sa sérénité en toute simplicité ». Un titre prometteur… « Pas besoin d’être diplômé ou ascète pour s’habiller de lumière ou de paix. Il suffit de tourner son cœur dans le bon sens, celui de l’ouverture », explique l’auteur dans une introduction. L’ouvrage se veut en effet à la portée de tous. Frank Andriat y propose18 chapitres comme autant d’étapes sur le chemin vers le meilleur de nous-même. On appréciera surtout la mise en page aérée et les phrases-clés mises en exergue. Des exemples?

« Entrer en mouvement immobile n’a rien de difficile. Il suffit que je m’arrête (c’est le plus difficile!), que j’accorde ensuite l’attention à ce qui m’entoure. Je retrouve ainsi le vide, je retrouve le sens premier du mot ‘vacances’. En vacance de moi, en vacance de tout. »

« Pour couper l’énergie de la colère, il me suffit de me taire. Je cesse ainsi d’alimenter le feu et la violence. La non-réponse permet de faire baisser la pression. »

Pour les plus pressés, un récapitulatif détaillé des 18 grandes étapes est fourni en fin d’ouvrage. Alors en route vers davantage d’harmonie intérieure!

Christelle

« Clés pour la paix intérieure – cultiver la sérénité en toute simplicité », de Frank Andriat, éditions Marabout, 252 pages, 15,90 €

Cote: 3/5

 

L’amour et ses tracas

amoureuse«L’amoureuse»: en voilà un titre sensuel! Et pourtant, ce n’est pas une histoire d’amour de tout repos qui attend l’héroïne. «Tu es entré dans la classe et j’ai été émue par le veloursde ta présence au monde», confie-t-elle. Elle, c’est Laure, une ado de 18 ans. Et ce jeune homme qui provoque tant d’émois chez elle, Dan. Quand elle apprend par une copine qu’il la trouve jolie, elle fond. Mais Dan n’est pas celui qu’elle pense. Et Laure ne sait encore rien des tourments qui animent l’objet de ses fantasmes… Alors chagrin d’amour en vue? Heureusement qu’il y a les copines! Rien à voir ici avec Bob Tarlouze! Cette fois, Frank Andriat se glisse dans la peau d’une jeune femme tourmentée par l’amour…

Christelle

«L’amoureuse» de Frank Andriat, éditions Benoît Anciaux.

Le Bart wallon de Frank Andriat

Les 541 jours sans gouvernement que connut la Belgique ont inspiré à Frank Andriat un Bart De Wever wallon. Mais hasard éditorial oblige, alors que ce «Bart chez les Flamands » paraît à La Renaissance du Livre, les éditions Mijade publient, elles, «Rose afghane», un recueil de six nouvelles ayant pour cadre l’Afghanistan. Deux livres qui pourraient sembler très différents mais qui pourtant ont en commun cette ouverture à l’autre, un thème que semble affectionner l’auteur.

2016 marquera donc la fin de la Belgique, mais tout ne sera pas plus rose pour la Flandre…

«Non, c’est vrai. Mon roman se passe en 2030 et la Belgique séparée depuis 2016 se retrouve avec une Flandre pauvre et une Wallonie très riche parce que l’on peut se permettre toutes les libertés dans la fiction et que j’ai inventé qu’on avait découvert de l’or à La Louvière.»

Entre-temps, Philippe est même devenu roi.

«Oui. Puisque en 2030, du fait de la limite d’âge, ce ne sera plus Albert. Et donc ce sont Philippe et Mathilde qui sont roi et reine et demandent de tendre la main aux Flamands de la République de Flandre, qui malheureusement est devenue pauvre à cause de son isolation.»

Bart De Wever cède la place à un autre Bart, wallon cette fois.

«Oui. Bart De Wever m’a inspiré mon Bart Lecoq, mais qui n’a vraiment rien à voir avec lui, si ce n’est qu’il est aussi très nationaliste, mais dans l’autre sens, puisqu’il est Wallon.»

Vous pensez que la réalité rejoindra un jour la fiction?

«Quelque part, j’espère bien que non. Mais au vu de certains discours, j’ai l’impression qu’à un moment, on ne pourra pas recoller les morceaux comme on l’a toujours fait. Le livre, je l’ai écrit pour ne pas pleurer pendant les 541 jours de la formation d’un gouvernement. Je me suis dit qu’il fallait que j’invente quelque chose de comique qui puisse faire sourire les gens, malgré ce truc complètement navrant au niveau du quotidien. L’idée m’est vraiment venue en réfléchissant au fait que des hommes et des femmes diplômés d’universités n’arrivent plus à se positionner pour le bien commun et se perdent dans des pinailleries.»

Le livre est dédicacé aux politiques belges, enfants de Magritte.

«Oui. Comme je vais souvent en France, notamment pour mes livres, j’ai remarqué que les Français voyant cela de l’extérieur ni comprennent plus rien. On est dans un pays où l’identité est de ne pas en avoir.»

Vous avez fait beaucoup de recherches ou ce livre n’est que le fruit de votre imagination?

«Non, ce livre est une véritable fiction. C’est le fruit de mon imagination. Il y a des clins d’yeux au fur et à mesure du récit à certains politiques qui existent. Jean-Michel Javeaux à certains moments, Olivier Maingain à d’autres. Bart de Wever bien entendu. Mais c’est d’abord un livre qui est destiné à faire sourire.»

Vous publiez aussi un livre de nouvelles sur l’Afghanistan. D’où vous vient cette passion pour ce pays?

«Cette passion pour l’Afghanistan me vient du film d’Hadja Lahbib consacré aux femmes afghanes, du travail que j’ai fait sur le sujet avec mes élèves en 2010. Et puis d’amitié avec la journaliste Hadja Lahbib et avec Chékéba Hachemi (première femme afghane à avoir été diplomate et fondatrice de l’association Afghanistan Libr, NDLR) que j’ai rencontrée d’ailleurs suite à un article du journal Metro.»

Ce n’est pas trop compliqué de se glisser dans la peau de femmes afghanes?

«Oui, effectivement. C’est un livre que j’ai écrit comme si je marchais sur des œufs dans la mesure où je me demandais si d’une manière ou d’une autre, je n’allais pas écrire une grosse bêtise puisque je ne suis jamais allé en Afghanistan ou si je ne pouvais pas choquer des musulmans avec ce que j’écrivais, et donc j’ai demandé, notamment à Chékéba Hachemi de relire mon texte avant de le présenter à l’éditeur. Elle m’a dit que je connaissais bien son pays.»

Où avez-vous trouvé toutes les informations?

«Il y a des informations trouvées sur internet, beaucoup d’infos trouvées dans des lectures, dans des films que j’ai vus, dans des discussions. Je me suis vraiment beaucoup documenté sur l’Afghanistan. Et pour les parcours que font mes personnages en Afghanistan, c’est tout simplement Google Earth, c’est moins dangereux qu’en vrai.»

Vous dites quand même que vous aimeriez aller dans le pays un jour.

«Cela fait maintenant 3 ans que je lis énormément de livres sur le sujet. Je suis très touché par la situation d’un pays courageux, confronté à la guerre depuis autant d’années, par la situation des femmes là-bas,… Ce que j’ai voulu vraiment représenter, c’est la situation d’un Afghanistan au quotidien, qui pouvait être joyeux, où il y a des filles qui peuvent sourire, qui peuvent dire que l’Afghanistan, ce n’est pas que des burquas et des talibans. Donc oui, y aller, pourquoi pas, je pense que ce serait intéressant de rencontrer sur le terrain ce que j’ai découvert un peu virtuellement par les livres.»

Christelle

/// www.andriat.fr

En quelques lignes

Bart chez les Flamands.

Après Bart De Wever, voici Bart Lecoq. Nous sommes en 2030, 14 ans après la scission de la Belgique. La Flandre est devenue une République. Mais tout ne s’est pas déroulé comme elle l’espérait pour autant. Son isolement l’a appauvrie. Pour ce qui reste de la Belgique par contre, tout va bien depuis qu’un filon d’or a été découvert à La Louvière. La reine Mathilde pro¬pose donc de tendre la main aux Flamands. Mais pour Bart Lecoq, président de la NWA, pas question de donner un euro aux Flamands! La Première ministre lui lance donc un défi et l’envoie passer quelque jours en Flandre… Un roman de politique-fiction qui fait sourire en cette période électorale. Mais avec bien sûr un message d’ouverture à l’autre comme dans tous les écrits de Frank Andriat.

«Bart chez les Flamands », de Frank Andriat, éditions La renaissance du livre

Cote : 4/5

Rose afghane

Frank Andriat nous compte-là ces six destins de jeunes afghanes. Des récits tantôt émouvants, tantôt poétiques, parfois aussi ironiques. Mais des récits surtout qui nous font découvrir un autre visage de l’Afghanistan que celui que l’on a l’habitude de voir dans les médias. Car l’Afghnaistan, ce n’est pas que la guerre, les burquas et les talibans. C’est aussi un pays où l’on chante, où l’on aime, où l’on rit. Sympa, les droits d’auteur de ce livre seront versés à l’association Afghanistan libre.

«Rose afghane», de Frank Andriat, éditions Mijade, 7 €

Cote : 3/5     

Jolie histoire

Il y a toujours des livres qui nous parlent plus que d’autres, des héros auxquels on s’identifie davantage. Mais de là à retrouver tout un pan de sa propre vie dans le roman d’un auteur qu’on ne connait même pas! C’est pourtant ce qui est arrivé à Maryline, une « jolie libraire dans la lumière ». Imaginez donc son étonnement lorsque, assise derrière son comptoir, plongée dans la lecture d’un ouvrage qu’elle vient de recevoir, elle y découvre relaté un épisode douloureux de son passé.  Qui est cet énigmatique auteur? Est-ce possible qu’il puisse s’agir d’une coïncidence alors que les personnages ont gardé jusqu’à leur vrai prénom? Maryline n’y croit pas.  Les chapitres s’alternent. On découvre tantôt le présent de la libraire, tantôt les chapitres du livre qu’elle est en train de lire. Ou plutôt de dévorer. D’ailleurs, on se rend compte rapidement qu’on fait pareil qu’elle! C’est que pour une fois qu’on a une jolie petite histoire qui fait du bien au moral entre les mains, on aurait tort de s’en priver!

Christelle

« Jolie libraire dans la lumière », de Frank Andriat, éditions Desclée De Brouwer, 146 pages, 15 €

Cote: 5/5

Du Tijl Ulenspigel à la sauce Frank Andriat


Clin d’œil au légendaire Tijl Ulenspiegel imaginé par Charles De Coster, «L’arbre à frites» du Belge Frank Andriat nous entraîne dans une bien drôle d’épopée, entre Schaerbeek en Belgique et Scarabé, son pendant en Afrique, sur les traces de Nele et de sa lignée.

D’où vous est venue l’idée du livre?
«L’idée est partie de la phrase, notée en exergue, de Gabriel Garcia Marquez dans ‘Cent ans de solitude’, où il parle d’envoyer un personnage terminer ses études à Bruxelles. Je me suis demandé ce que cette fille pourrait bien aller faire à Bruxelles. Puis j’ai déliré à partir de là! La première idée était qu’elle vienne d’Amérique du Sud, mais par rapport à la Belgique, d’un point de vue purement logique, je l’ai finalement fait venir du Congo.»

Le livre fait aussi référence à Tijl Ulenspiegel.
«Tijl Ulenspiegel, c’est des vieux souvenirs d’enfance. C’était un des livres phare de mon grand-père, qui était dans sa bibliothèque et dont il me parlait souvent. Et puis, à l’époque, c’était le texte à partir duquel on apprenait le néerlandais au cours. C’est donc un personnage qui est revenu plusieurs fois dans ma vie de lecteur. L’idée était d’amener l’histoire à l’Afrique et puis de la faire revenir à Bruxelles sous forme africaine.»

Lequel des personnages de Tijl Ulenspiegel préférez-vous?
«J’ai beaucoup de sympathie pour le héros, Tijl. C’est lui qui représente cet esprit de liberté, cet esprit de joie aussi qu’il a dans ce livre et que je voulais donner au mien aussi à travers des personnages quand même assez loufoques à certains moments!»

Ce livre rend aussi hommage à Schaerbeek.
«Oui. Marquez parlait de Bruxelles. Et moi, ce que je connais bien à Bruxelles, c’est Schaerbeek. Donc automatiquement, j’y ai placé un de mes personnages et je l’ai fait évoluer à partir de là parce Schaerbeek, c’est la commune de toute ma vie.»

L’héroïne, Nele, est un peu votre Candide découvrant la Belgique?
«En quelque sorte, oui . Mais de façon quand même assez différente!»

Vous ne croyez plus en l’avenir de la Belgique? Lorsque le bicentenaire de la Belgique est fêté dans le livre, on y découvre en effet un ministre des affaires étrangères de la république des Flandres et un représentant du royaume unifié de Bruxelles et de Wallonie.
«Actuellement, quand on voit tous les efforts monumentaux faits par Elio Di Rupo et les autres pour tenir les morceaux ensemble, on y croit encore. Mais d’ici à 2030, il y a encore une bonne vingtaine d’années! Et à long terme, quand on entend certains discours flamands et qu’on voit les votes en Flandre, il y a quand même de quoi s’inquiéter.»

Vous avez d’autres projets?
«Un nouveau roman devrait sortir en février aux éditions Desclée de Brouwer. Il s’intitulera ‘Jolie libraire dans la lumière’ et racontera l’histoire d’une libraire qui découvre une partie de sa vie racontée dans un roman d’un auteur qui lui est complètement inconnu.»

Et votre sauce frites préférée?
«Cela dépend des moments à vrai dire. Mais la sauce barbecue n’est pas mal. Pickles aussi. Et je goûterais bien celle que j’ai inventée dans le bouquin, la Centenele. Elle a l’air délicieux de la façon dont je la décris (‘légèrement piquante comme l’histoire de la Belgique et un rien sucrée comme celle de Scarabé’(NDLR)) et pourtant je ne sais absolument pas ce qu’il y a dedans!»

Christelle 

En quelques lignes
Le dernier roman du Belge Frank Andriat revisite la légende de Tijl Ulenspiegel de Charles De Coster. Tijl, le narrateur, nous conte l’histoire de sa grand-mère, Nele, centenaire. Un récit épique et peuplé de personnages hors du commun comme ce Goetghebeur, vieux colonial tyrannique ou encore le terrifiant Cobra. Avec en prime un hommage à Schaerbeek, qui trouve en Scarabé son pendant en Afrique. Quant au titre du livre, l’arbre à frites, il vient du nom de la plus grande baraque à frites de Scarabé. On notera aussi sur la couverture, la photo originale d’un baobab, photographiée selon la technique du painting light par le photographe Olivier Faÿ.

«L’arbre à frites», de Frank Andriat, éditions La Renaissance du Livre, 300 pages, 20 €

Cote : 3/5