Du Tijl Ulenspigel à la sauce Frank Andriat


Clin d’œil au légendaire Tijl Ulenspiegel imaginé par Charles De Coster, «L’arbre à frites» du Belge Frank Andriat nous entraîne dans une bien drôle d’épopée, entre Schaerbeek en Belgique et Scarabé, son pendant en Afrique, sur les traces de Nele et de sa lignée.

D’où vous est venue l’idée du livre?
«L’idée est partie de la phrase, notée en exergue, de Gabriel Garcia Marquez dans ‘Cent ans de solitude’, où il parle d’envoyer un personnage terminer ses études à Bruxelles. Je me suis demandé ce que cette fille pourrait bien aller faire à Bruxelles. Puis j’ai déliré à partir de là! La première idée était qu’elle vienne d’Amérique du Sud, mais par rapport à la Belgique, d’un point de vue purement logique, je l’ai finalement fait venir du Congo.»

Le livre fait aussi référence à Tijl Ulenspiegel.
«Tijl Ulenspiegel, c’est des vieux souvenirs d’enfance. C’était un des livres phare de mon grand-père, qui était dans sa bibliothèque et dont il me parlait souvent. Et puis, à l’époque, c’était le texte à partir duquel on apprenait le néerlandais au cours. C’est donc un personnage qui est revenu plusieurs fois dans ma vie de lecteur. L’idée était d’amener l’histoire à l’Afrique et puis de la faire revenir à Bruxelles sous forme africaine.»

Lequel des personnages de Tijl Ulenspiegel préférez-vous?
«J’ai beaucoup de sympathie pour le héros, Tijl. C’est lui qui représente cet esprit de liberté, cet esprit de joie aussi qu’il a dans ce livre et que je voulais donner au mien aussi à travers des personnages quand même assez loufoques à certains moments!»

Ce livre rend aussi hommage à Schaerbeek.
«Oui. Marquez parlait de Bruxelles. Et moi, ce que je connais bien à Bruxelles, c’est Schaerbeek. Donc automatiquement, j’y ai placé un de mes personnages et je l’ai fait évoluer à partir de là parce Schaerbeek, c’est la commune de toute ma vie.»

L’héroïne, Nele, est un peu votre Candide découvrant la Belgique?
«En quelque sorte, oui . Mais de façon quand même assez différente!»

Vous ne croyez plus en l’avenir de la Belgique? Lorsque le bicentenaire de la Belgique est fêté dans le livre, on y découvre en effet un ministre des affaires étrangères de la république des Flandres et un représentant du royaume unifié de Bruxelles et de Wallonie.
«Actuellement, quand on voit tous les efforts monumentaux faits par Elio Di Rupo et les autres pour tenir les morceaux ensemble, on y croit encore. Mais d’ici à 2030, il y a encore une bonne vingtaine d’années! Et à long terme, quand on entend certains discours flamands et qu’on voit les votes en Flandre, il y a quand même de quoi s’inquiéter.»

Vous avez d’autres projets?
«Un nouveau roman devrait sortir en février aux éditions Desclée de Brouwer. Il s’intitulera ‘Jolie libraire dans la lumière’ et racontera l’histoire d’une libraire qui découvre une partie de sa vie racontée dans un roman d’un auteur qui lui est complètement inconnu.»

Et votre sauce frites préférée?
«Cela dépend des moments à vrai dire. Mais la sauce barbecue n’est pas mal. Pickles aussi. Et je goûterais bien celle que j’ai inventée dans le bouquin, la Centenele. Elle a l’air délicieux de la façon dont je la décris (‘légèrement piquante comme l’histoire de la Belgique et un rien sucrée comme celle de Scarabé’(NDLR)) et pourtant je ne sais absolument pas ce qu’il y a dedans!»

Christelle 

En quelques lignes
Le dernier roman du Belge Frank Andriat revisite la légende de Tijl Ulenspiegel de Charles De Coster. Tijl, le narrateur, nous conte l’histoire de sa grand-mère, Nele, centenaire. Un récit épique et peuplé de personnages hors du commun comme ce Goetghebeur, vieux colonial tyrannique ou encore le terrifiant Cobra. Avec en prime un hommage à Schaerbeek, qui trouve en Scarabé son pendant en Afrique. Quant au titre du livre, l’arbre à frites, il vient du nom de la plus grande baraque à frites de Scarabé. On notera aussi sur la couverture, la photo originale d’un baobab, photographiée selon la technique du painting light par le photographe Olivier Faÿ.

«L’arbre à frites», de Frank Andriat, éditions La Renaissance du Livre, 300 pages, 20 €

Cote : 3/5

Trop belle la forêt !

La Forêt de Soignes est à l’image de la Belgique. A cheval sur les trois Régions, elle fut disputée et finalement partagée en 1984. Cinquante-six pour cent en revinrent à la Flandre, 4% à la Wallonie et 38% à la Région bruxelloise. Au-delà des difficultés de gestion qui -inévitablement- en découlent, la forêt est un havre de paix où il fait bon se promener et observer. Les clichés de Frédéric Demeuse sont là pour en témoigner. Fort d’une approche photographique et naturaliste, il propose dans son ouvrage une vision idéalisée de la forêt à travers de jolis paysages et petits détails esthétisés à souhait. Ces derniers retiendront davantage l’attention, tant ils se rapprochent parfois -grâce à la macro- de la photographie abstraite.Faune et flore se partagent ici la vedette. Un très bel ouvrage agrémenté de textes qui nous en apprennent beaucoup sur cette forêt bien belge.

Anne-Sophie

« Forêt de Soignes », photos Frédéric Demeuse, textes Julie Galand, éditions La Renaissance du Livre, 192 pages, 34,90 euros

Cote: 5/5

Arnaques sportives à gogo

Les sportifs rivalisent d’imagination quand il s’agit de gagner. Ce livre nous conte «30 incroyables arnaques du sport» qui méritent un carton rouge. Parmi ces escroqueries, on relèvera notamment le cas de Rosie Ruiz, cette marathonienne pas du tout épuisée après avoir pulvérisé son propre record de plus de 25 minutes. Et pour cause: elle avait pris le métro! Mais on notera aussi la technique de cet entraîneur de hockey sur glace qui intoxiquait l’équipe adverse en faisant repeindre leur vestiaire juste avant le match. Il espérait que les vapeurs de peinture montent à la tête de leurs adversaires patientant dans les vestiaires juste avant le début du match. Dans le même genre, on appréciera encore la technique de cette équipe qui, pour empêcher leurs adversaires de fermer l’œil la nuit avant le match, envoie des prostituées à leur hôtel. Et que penser de ces basketteurs espagnols valides qui se font passer pour déficients mentaux? A noter encore, l’étrange blessure du rugbyman Tom Williams, due à… une capsule de sang achetée dans un magasin de farces et attrapes. Tous les sports y passent! Des petites histoires d’arnaques à savourer, que l’on soit amateur de sport… ou pas, d’ailleurs!

Christelle

«L’important c’est de gagner – 30 incroyables arnaques du sport», de Renaud Coppens, Dan Gagnon et Benoît Goeders, illustrations de Pad’R, éditions La renaissance du livre, 128 pages, 18 €

Cote: 3/5