La relève de Mémé Cornemuse assurée

La truculente Mémé cornemuse cède la place à Elvis Cadillac, « Ze » sosie officiel du King, jusque dans les moindre détails! Chez lui, Elvis est partout, même dans sa salle de bains: la tombe de son idole est reproduite sur son verre à dents et le bidet à la  forme de sa guitare! Même sa chienne -baptisée Priscilla- est affublée d’une banane rose sur la tête. A bord de sa Cadillac,il sillonne les routes pour aller donner ses concerts. C’est ainsi qu’il débarque dans une famille bien barrée où il est invité à chanter pour l’anniversaire de la vieille châtelaine. Mais un crime étrange est perpétré… En second rôle, la mère du sosie (qu’on imagine bien copine avec Mémé Cornemuse!). Après avoir abandonné son rejeton âgé alors d’à peine 5 ans dans des toilettes d’autoroutes, elle refait aujourd’hui surface dans sa vie, bien décidée à devenir son manager… Bref, une galerie de personnages hauts en couleur qui n’auraient pu sortir de nulle part d’autre que de l’esprit iconoclaste et déjanté de Nadine Monfils!

Christelle 

« Elvis Cadillac – King from Charleroi », de Nadine Monfils, éditions Fleuve Noir, 240 pages, 17,90 €

Cote: 3/5

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Suite des aventures de Mickey

HarlanCobenHarlan Coben continue les thrillers jeunesse (mais qui ne devraient pas déplaire aux adultes pour autant!) et publie le deuxième tome des aventures de Mickey Bolitar, le neveu de 16 ans de son personnage fétiche Myron. D’ailleurs, comme son oncle (à qui il reproche la mort de son père mais chez qui il est contraint de vivre le temps que sa mère suive une cure de désintoxication), Mickey a plutôt l’art de se mettre dans les pires situations. Lui et ses nouveaux copains -Ema, une fille un peu ronde couverte de tatouages, et Arthur, dit « Spoon »- avaient déjà mis leur vie en danger dans « A découvert« , le premier tome de la série. Cette fois, c’est Rachel, la fille la plus populaire de leur lycée, qui est blessée par balle. Et Mickey et ses amis vont tenter de découvrir ce qui lui est réellement arrivé. En parallèle, on en apprend aussi davantage sur ces nouveaux personnages attachants. Harlan Coben parviendrait même à nous faire douter de la mort du père de Mickey. Affaire à suivre, c’est certain!

Christelle

« A quelques secondes près », de Harlan Coben, éditions Fleuve noir, 336 pages, 18,90 €

Cote: 4/5

Il fait quoi votre mari dans la vie ?

expatsL’Américain Chris Pavone a vécu plusieurs années comme « expat » au Luxembourg. Assez longtemps en tout cas pour lui inspirer ce thriller, dont l’héroïne, Kate, travaillait pour la CIA jusqu’à ce que son mari, Dexter, ne décroche un boulot à Luxembourg. C’est ainsi qu’ils deviennent eux aussi des « expats ». Si la destination n’a, a priori, rien de glamour, Kate, qui rêve de décrocher et quitter l’agence depuis la naissance de leur premier enfant, est tout d’abord ravie. Mais être une épouse oisive, ce n’est finalement pas son truc. Et quand Kate s’ennuie, elle se pose des questions. Connaissons-nous vraiment les personnes qui partagent notre vie? Après tout, elle-même n’a jamais révélé à son mari qu’elle travaillait pour la CIA… Pourquoi Dexter est-il tout d’un coup si évasif sur son nouveau poste? Et qui sont réellement Julia et Bill, ce couple d’Américains qui cherchent leur amitié de façon si appuyée? Paranoïa ou instinct? Une chose est sûre: si Kate a pu garder tant de secrets si longtemps, n’importe qui peut mener une double vie… Lisez-le et vous verrez: ce palpitant thriller qui se déroule à nos frontières vous fera vous aussi douter de vos proches! D’ailleurs, puisque on en parle, il fait quoi au juste votre mari quand il vous dit qu’il est au boulot?

Christelle

« Les expats », de Chris Pavone, éditions Fleuve noir, 496 pages, 20 €

Cote: 4/5

Après Myron… Mickey!

Dans la famille Bolitar, je demande le…neveu. Eh oui, après Myron, place à Mickey,  dont on avait fait la connaissance récemment dans « Sous haute tension » (paru aux éditions Belfond).

Mais qu’on se rassure! Trait de famille oblige sans doute, Mickey a le même don que son oncle pour s’attirer des ennuis! Comme le tonton aussi, il est tenace et peu regardant à sa propre sécurité!

A cause de la cure de désintoxication de sa mère, Kitty Hammer (une ex-star  du tennis devenue junkie suite au décès de son mari, Brad, le frère de Myron avec qui ce dernier  était brouillé depuis des années pour ceux qui ont manqué les épisodes précédents…), Mickey se voit en effet contraint de vivre temporairement chez son oncle.

Comme s’il cela ne suffisait pas, sa nouvelle petite amie Ashley a cessé de venir aux cours et ne donne plus signe de vie. Mais est-elle bien la jeune fille timide dont il était tombé amoureux? Car ceux qu’elle prétendait être ses parents ne semblent même pas au courant de son existence. Mickey va donc mener son enquête.

Là où son oncle pouvait compter sur le truculent Windsor Horne Lockwood, Win pour les intimes, et la jolie Esperanza Diaz, une ex-catcheuse, Mickey est lui secondé par Ema, une grosse au look emo, et Arthur, dit « Spoon », deux loosers de son école.

Si cette nouvelle équipe mise en place par Harlan Coben semble destinée à la base aux ados (avec une parution simultanée chez Pocket Jeunesse), elle ne manquera pas de continuer à séduire le reste de ses fans qui, outre le plaisir de voir évoluer Myron en toile de fond et découvrir plein de nouvelles choses sur la famille Bolitar, retrouveront avec ces nouveaux personnages attachants tout ce qui faisait le succès des précédentes aventures.  Rebondissements en série, rythme d’enfer, suspense haletant…

En bref: la nuit blanche est toujours garantie!

Christelle

« A découvert », de Harlan Coben, éditions Fleuve noir, 280 pages, 18 €

Cote: 4/5

Confidences sur canapé

Le couple de journalistes londoniens qui se cache sous le pseudo de Nicci French reste décidément une valeur sûre en matière de thriller! Au programme, un kidnapping et un psy pour résoudre l’enquête. Alors qu’un petit garçon roux a disparu à la sortie de l’école, un patient de la psychanalyste  Frieda Klein lui confie son rêve: il ne cesse de songer à un enfant, roux comme lui, qui serait son fils. Se peut-il que ces confidences soient celles d’un kidnappeur d’enfant? Mais lorsque Frieda en réfère à la police, celle-ci refuse de la prendre au sérieux. On ne vous en dira pas beaucoup plus pour ne pas risquer de gâcher le suspense! Car la toute fin risque d’en surprendre plus d’un! Alors interdiction de tricher en zieutant sur les dernières lignes en cours de lecture!

Christelle

« Lundi mélancolie – Le jour où les enfants disparaissent », de Nicci French, éditions Fleuve Noir, 432 pages, 20,50 €

Cote: 4/5

Amnésie et chocolat

 

© Fabienne Cressens

Avez-vous déjà imaginé le drame que cela serait si un auteur à succès perdait la mémoire avant d’avoir écrit la toute dernière ligne du dernier tome de son best-seller? La Belge Barbara Abel bien. Et cela lui a inspiré son dernier roman. De la bonne chick-litt à lire au coin du feu.

Comment est née l’idée de votre dernier roman?
«Je suis partie de l’idée que si JK Rowling perdait la mémoire avant de nous livrer la fin d’Harry Potter, ce serait terrible. Après, cela a évolué évidemment, mais c’était un peu l’idée de départ, le ramdam que cela produirait si une écrivaine à succès comme JK Rowling devenait amnésique.»

Et vous, si un beau jour vous vous réveillez dans votre vie après une amnésie, vous seriez satisfaite avec votre existence?
«Oui, je pense. Je n’ai pas un lourd passé familial et sentimental comme ma petite Zoé Letellier. Ma vie est assez simple. Je pense que je survivrais au choc sans problème!»

Votre héroïne est une écrivaine comme vous. Vous avez beaucoup d’autres points communs?
«Non, à part le métier, on n’a pas tellement de point commun en fait. D’abord parce que je n’ai jamais écrit de best-seller comme elle. Et que j’ai déjà dix ans de plus qu’elle, une vie beaucoup plus calme que la sienne et une famille moins déjantée.»

Vous vous êtes inspirée de quelqu’un en particulier?
«Non, elle s’est vraiment construite au fil de l’écriture. Au début, c’était juste une auteure à succès, et puis comme souvent, les personnages s’étoffent au fil du travail, prennent de la consistance et puis acquièrent leur propre autonomie, leur propre personnalité.»

Y-a-t-il quelque chose dans votre vie actuelle que même avec une amnésie, vous ne pourriez absolument pas oublier?
«Mes enfants! Zoé, elle, n’en avait pas. Même si je le tourne en comédie dans le roman, l’amnésie est un vrai drame, surtout pour l’entourage. J’imagine par exemple ce que cela doit être pour des enfants, un mari, des parents. Etre en face de quelqu’un qu’ils aiment, qu’eux connaissent très bien mais qui ne les reconnaît pas, cela doit vraiment être affreux. C’est le souvenir qui nourrit une relation. Quand il n’y a plus ou pas de souvenir, l’autre est un inconnu. Si les souvenirs ne sont plus là, c’est comme un fil qui se brise.»

Et la chose que vous oublieriez par contre volontiers?
«Je n’ai jamais rien fait de trop terrible! Mais bon, s’il le faut vraiment, je dirais la dernière fessée que j’ai donnée à mes enfants, je crois que je voudrais l’oublier.»

Vous êtes une amatrice de chocolat?
«Oui, mon gros péché mignon, c’est le chocolat. J’adore. Je vendrais père et mère!»

«Une bouche qui s’embrase demande juste à être embrassée. (…) C’est ce qu’on appelle ‘la brûlure du chocolat’.»
Barbara Abel dans «La brûlure du chocolat»

Et le plat qui vous évoque pleins de souvenirs?
«Mon autre péché mignon, ce sont les sushis, sashimis. Et le nasi goreng qu’on se fait mon homme et moi le dimanche soir, quand les enfants sont au lit.»

Vous écrivez des romans, des thrillers, des BD. Mais vous avez une préférence?
«C’est toujours de l’écriture de toute façon. Le scénario de BD, c’est beaucoup plus rapide, plus simple, plus facile. Tout ce qui concerne l’action et les personnages, ce n’est pas moi qui les décris, c’est le dessin qui les montre. Tout ce que j’écris, c’est la situation et les dialogues. Je peux très bien écrire dix pages de scénario de BD par jour. Après le dessinateur doit les dessiner et j’en ai pour un mois à ne rien faire. Ce qui est intéressant dans l’écriture de la BD, c’est qu’il faut vraiment les infos capitales tout de suite. On ne peut pas tomber dans la grande littérature, sinon, il y aurait des cases remplies de bulles à textes et des tout petits dessins. Donc cela, c’est un exercice super intéressant. Pour le roman, on ouvre les vannes et on laisse aller les flots. Donc ce sont deux exercices complètement différents qui donnent des satisfactions différentes.»

Vous travaillez sur quoi en ce moment?
«J’ai commencé un nouveau roman. J’en suis à la page 9 donc c’est vraiment tout nouveau… Là par contre, je reviens à mes premières amours: ce sera un thriller. Un vrai thriller avec du suspense, des trucs horribles… Cela concernera l’enfer du voisinage…»

Christelle

En quelques lignes
Auteure de best-sellers, Zoé Letellier a perdu la mémoire suite à un choc émotionnel. Elle se réveille donc un beau jour dans une chambre d’hôpital entourée de gens qui prétendent la connaître… Et surtout fiancée à un homme qu’elle ne se souvient plus avoir un jour aimé. Cela tombe plutôt mal, d’autant qu’elle est supposée l’épouser à la fin de la semaine! Aidée de ses proches, Zoé part donc à la collecte de ses souvenirs et tente de rassembler toutes les pièces du puzzle pour reconstituer ce qu’était sa vie. Et si cette amnésie tombait finalement plutôt bien? Une comédie sur la mémoire et la quête d’identité… et qui risque fort bien de vous donner une envie subite de grignoter du chocolat.

«La brûlure du chocolat», de Barbara Abel, éditions Fleuve Noir, 324 pages, 19,90 €

Cote: 4/5

Magique !

Derrière ce joli titre se cache l’histoire d’Iris, une jeune femme d’une trentaine d’années bien tassées, qui n’a jamais eu beaucoup de chance en amour et qui n’aime pas son boulot. Quand ses parents décèdent tous les deux dans un accident, sa vie ne semble plus avoir de sens, et elle songe à commettre l’irréparable. C’est alors qu’elle découvre  un petit café auquel elle n’avait jamais prêté attention. Son nom étrange -Le plus bel endroit du monde est ici- l’incite à pousser la porte. Elle y fait la connaissance de Luca, un bel Italien. Durant six jours d’affilée, ils se retrouveronnt au même endroit, changeant de table à chaque fois. Avec lui, Iris évoque sa vie et semble sortir la tête de l’eau. Jusqu’au septième jour, où Luca demeure introuvable. Un petit livre autour du deuil et de l’existence et pourtant empreint de magie, de pensées positives et de poésie (ou plutôt de haïku). Un vrai roman pour se faire du bien.

Christelle

«Le plus bel endroit du monde est ici», de Francesc Miralles et Care Santos, éditions Fleuve noir, 194 pages, 14 €

Cote: 3/5