Leçon de vie

le_manuscrit_retrouve_Paulo_CoelhoLe dernier livre de Paulo Coelho n’est en fait, semble-t-il, pas totalement de lui. A en croire l’introduction, il s’agirait d’un « manuscrit retrouvé »  en Egypte en 1974 par un archéologue britannique, sir Walter Wilkinson. Le département des Antiquités du musée du Caire l’autorisa à le conserver. Il le légua à son fils. Qui en parla avec Paulo Coelho. Qui le transmit au travers de ce livre. Ce manuscrit nous transporte donc en l’an 1099. Alors que les croisés sont aux portes de Jérusalem, un homme, un érudit connu sous le nom du Copte, donne ses derniers enseignements à la foule composée de chrétiens, de juifs et de musulmans. Une sorte de leçon de vie. Le résultat est, plus qu’une histoire, un ensemble de pensées, de paraboles, d’aphorismes… Quelques citations piochées à travers l’ouvrage. « Seul est vaincu celui qui renonce. Tous les autres sont victorieux. » « Les cicatrices parlent plus fort que la lame du couteau qui les a causées. » « Le principal but de la vie, c’est d’aimer. Le reste est silence. » « Mieux vaut avoir aimé et perdu que n’avoir jamais aimé« . « Ne renonce pas. En général, c’est la dernière clef du trousseau qui ouvre la porte« . « Soyons donc maîtres de notre langue, pour ne pas être esclaves de nos paroles« . Après, à vous de voir si vous êtes d’humeur méditative ou pas. Certes, les livres de l’écrivain brésilien ont toujours été quelque peu mystiques, avec un côté initiatique. On est néanmoins loin ici de l’envoûtement provoqué par « Aleph« . Dommage.

Christelle

« Le manuscrit retrouvé », de Paolo Coelho, éditions Flammarion, 180 pages, 17 €

Cote: 1/5

Et si votre vie vous fixait rendez-vous ?

Comédie attendrissante que le dernier livre de Cecelia Ahern dont l’héroïne a rendez-vous avec… sa Vie. Se sentant en effet négligée,  la Vie de Lucy Silchester a décidé de lui fixer rendez-vous. Aussi, en rentrant du travail, Lucy découvre sur son tapis dans une jolie enveloppe une invitation de sa Vie, qui insiste pour la rencontrer. Un nouveau concept en vogue paraît-il… Lucy a lu un article là-dessus dans un magazine. Mais Lucy n’a pas de temps à consacrer à sa vie, trop occupée à détester son boulot, fuir sa famille, se dérober à ses amis et éluder tous ses problèmes par des demi-vérités. Et lorsqu’elle cède finalement au harcèlement de Sa Vie et la rencontre enfin, celle-ci prend les traits d’un vieil homme négligé, reflet de l’existence chaotique et désespérée de Lucy. Mais le vieil homme est bien décidé a mettre un peu d’ordre dans l’existence de Lucy et faire en sorte qu’elle retrouve le goût à sa vie! Et si on avait là quelques leçons à prendre? L’auteure irlandaise de « PS: I love you » nous fait redécouvrir ici les vraies valeurs de l’existence.  Bref, le roman qui fait du bien!

Christelle

« La vie et moi », de Cecelia Ahern, éditions Flammarion, 388 pages, 19,90 €

Cote: 3/5

Les liens du sang

Depuis une transfusion sanguine qui lui a sauvé la vie, Joyce Conway a vu son existence bouleversée. Elle qui n’a jamais vraiment aimé les études se retrouve en train de disserter sur l’architecture baroque et à sortir des phrases en latin. Sans compter ces morceaux de souvenirs qui la hantent et où apparait une petite fille aux cheveux blonds… De plus en plus intriguée par ce qui lui arrive, Joyce va tout faire pour découvrir qui lui a donné son sang. Et tenter de retrouver ce mystérieux Américain qu’elle ne cesse de croiser depuis sa sortie de l’hôpital. L’auteur de « P.S. I love you » nous emmène dans une nouvelle comédie romantique comme on les aime. Amour, drame, du rire et quelques larmes: la fille de l’ancien Premier ministre irlandais sait décidément comment nous émouvoir!

Christelle

« Merci pour les souvenirs » de Cecelia Ahern, éditions Flammarion, 350 pages, 20 €

Cote: 4/5

Lumière sur le côté obscur

Trois narrateurs s’opposent, se reflètent et s’éclairent pour donner vie à ce récit. Il y a d’abord Pasquale, un traducteur italien qui a choisi l’exil en France depuis que Berlusconi est arrivé au pouvoir. Et puis il y a Aurèle, une adolescente qui vit dans la banlieue de Lyon, et son demi-frère attardé Jérôme, qui l’idolâtre. Le lien entre ces trois personnages? Anna, professeur de musique au collège d’Aurèle et de Jérôme, dont Pasquale s’est épris. Mais il n’est pas le seul… Stéphanie Hochet met en lumière à tour de rôle le côté obscur de chacun de ses personnages,  avec leurs petites obsessions et leurs sournoises manipulations.

Christelle

«La distribution des lumières» de Stéphanie Hochet, éditions Flammarion, 192 pages, 17 €

Cote: 3/5

Sensibilité et sensualité

Le dernier livre de l’Américain Jim Harrisson, auteur de plus de 25 livres dont « Légendes d’automne », tisse au travers de trois nouvelles le destin de trois personnages tragiques au fin fond des Etats-Unis. Il y a d’abord Sarah, jolie fille d’un fermier venu s’installer dans le Montana et qui cherche à assouvir un irrépressible désir de vengeance depuis cette nuit où, alors âgée de 15 ans, elle a été victime d’une agression. On retrouve aussi Chien Brun, en quête de son âme soeur. Et pour finir, une étrange histoire d’un homme loup-garou, en proie à des accès de violence les soirs de pleine lune. Trois vies américaines empreintes d’émotions et décrites par un maître de la sensibilité et de la sensualité.

Christelle

« Les Jeux de la nuit », de Jim Harrison, éditions Flammarion, 336 pages, 21 €

Cote: 3/5

De père en fils

Serge Papadakis apprend d’un seul coup qu’il a un fils, Thomas, âgé de 30 ans, et que ce dernier a disparu depuis bientôt neuf mois. Ancien de la Légion puis chargé de la protection des personnalités, Serge décide de partir à la recherche de ce fils, journaliste spécialisé dans les faits divers. Il suit donc les traces de son fils qu’il apprend à connaître petit à petit en se penchant à son tour sur les faits divers terribles sur lesquels Thomas enquêtait, comme le Barbare du Vercors, responsable de trois crimes atroces. Mais au fur et à mesure que son enquête progresse, Serge se rend compte que son fils était passionné par  la violence. Au point que le doute le taraude: quel rôle exactement son fils a-t-il joué dans tous ces événements? Un suspense haletant signé Olivier Descosse, à qui l’on doit notamment « Les enfants du néant », « La liste interdite » et « L’ordre noir ».

Christelle

« La spirale des abysses » d’Olivier Descosse, éditions Flammarion, 468 pages, 19,90 €

Cote: 3/5

Un clone romanesque pour Christophe Rocancourt

Après avoir rempli plusieurs autobiographies avec sa vie d’arnaqueur, Christophe Rocancourt s’essaie au roman dans «L’Évangile selon Max». Mais on n’est pourtant pas très loin ici non plus semble-t-il de la biographie! À se demander si cet affabulateur n’aurait pas créé dans le personnage de Max un clone dont la mission serait d’achever son œuvre… Comme l’auteur, enfant de la DASS, Max a en effet vécu une enfance difficile. Adulte, on le retrouve en arnaqueur professionnel, combattant les péchés et ceux qui s’y adonnent… Mais Max parviendra-t-il à combattre tous les vices? et à échapper à ses poursuivants? Quoi qu’il en soit, on dirait bien que l’auteur a trouvé une nouvelle manière de vivre ses péripéties sans atterrir lui-même pour de vrai en prison!

Christelle

«L’Évangile selon Max», de Christophe Rocancourt, éditions Flammarion, 384 pages, 21 €

Cote: 3/5

Argent, sexe et pouvoir

Vingt ans après « Le bonheur, d’une manière ou d’une autre »,  Christine Arnothy confronte une fois encore des hommes et des femmes aux actes qu’ils posent, aux chemins qu’ils prennent et aux portes qu’ils poussent. Et son héroïne, Alice, nièce d’une milliardaire des cosmétiques, a sans aucun doute poussé la mauvaise porte en se rendant à cette soirée organisée par son amie Hilda dans un somptueux appartement parisien.Violée par des jeunes ivres et drogués, elle est laissée pour morte devant l’Hôpital Central, où nombre de médecins et étudiants étrangers se font la main sur des patients sans ressources. Engagé par la tante d’Alice, Jonathan parviendra finalement à sauver la jeune femme in-extremis. Mais la milliardaire entend-elle  réellement protéger sa nièce?  Ne cherche-t-elle pas seulement à protéger du scandale son compagnon, un ambassadeur, propriétaire de l’appartement où a eu lieu le viol et qui veut s’engager dans la prochaine course à la présidentielle? Une occasion pour l’auteure -rendue célèbre par son autobiographie « J’ai quinze ans et je ne veux pas mourir »- de s’interroger sur ce qui gouverne réellement le monde: le pouvoir, l’argent ou le sexe?

Christelle

« La vie, d’une manière où d’une autre », de Christine Arnothy, éditions Flammarion, 380 pages, 21 €

Cote: 3/5

Une mûre parmi les framboises…

Jolie métaphore de l’histoire de « Victoria et les Staveney » que cette couverture: une mûre noire parmi des framboises roses. Ce conte aigre-doux sur le racisme, la bonne conscience et l’ambition prouve qu’à 90 ans passés , le Prix Nobel de littérature Doris Lessing n’a pas perdu la main!  Elle y raconte la vie d’une petite fille noire, Victoria, éprouvée par les décès de sa mère puis de sa tante. Durant toute son enfance, elle se raccrochera au souvenir d’une visite éphémère dans la villa d’une riche famille blanche, les Staveney. Plus tard, devenue une jeune fille séduisante, elle va entretenir  l’espace d’un été une liaison avec l’un des deux fils de la maison, Thomas Staveney. De leur brève histoire naîtra Mary, une adorable petite fille couleur « crème caramel ». Après avoir caché à Thomas durant six ans qu’il était père, Victoria réalise la chance que ce serait pour sa fille de bénéficier un peu elle aussi de la richesse des Staveney. En adoration devant Mary, la famille de Thomas propose de l’accueillir de plus en plus souvent. Victoria réalise alors qu’elle n’avait pas imaginé les conséquences pour sa fille d’une telle éducation…  Un nouveau chef d’oeuvre de cette grande dame de la littérature anglaise, à qui l’on doit une quarantaine de romans, dont « Vaincue par la brousse » (1950),  « Carnet d’or » (Prix Mécicis étranger), « Mémoires d’une survivante » et, plus récemment, « Alfred et Emily » (2008).

Christelle

« Victoria et les Staveney » de Doris Lessing, éditions Flammarion, 200 pages, 16 €

Cote: 4/5

Trentenaires

Après s’être attaquée à l’adolescence dans «Miss Saturne» et à la vingtaine dans «Pop heart», Barbara Israël poursuit son exploration des différentes étapes de la jeunesse. On retrouve dans son dernier roman Zeno, Alex et Betty, cette fois dans la trentaine bien tassée. Zeno y est toujours célibataire. Quant au couple formé par Alex et Betty, il traverse une sérieuse crise. Leur grand rêve d’oisiveté ne résiste plus au quotidien, surtout depuis que Manhattan, un chien capricieux, a fait irruption dans leur vie… Un livre plein de flash-back, histoire de bien montrer au lecteur quand l’histoire et l’existence des personnages ont commencé à déraper. Avec toujours un zeste de musique, de Morrissey et des Smiths.

Christelle

«Nos vies rêvées», de Barbara Israël, éditions Flammarion, 329 pages, 18 €

Cote: 2/5