Frissons et humour garantis

linwoodbarclayAprès « Mauvais pas », « Mauvais garçons », et « Mauvaise compagnie », le journaliste Zack Walker joue une dernière fois les héros malgré lui. Linwood Barclay nous livre avec « Mauvaise influence » le quatrième et dernier opus des aventures de son journaliste au vrai don pour se mettre sans cesse dans le pétrin.
Aucun souci néanmoins si vous n’avez pas encore lu ses précédentes aventures (mis à part sans doute l’envie qu’il vous prendra ensuite de vous y plonger de toute urgence)!
Cette fois, Zack se voit chargé d’écrire pour le Metropolitan sur des fusils paralysants dont la police locale songe à s’équiper. Mais voilà qui pourrait bien être son dernier article politique. Parce qu’appelé à la rescousse de sa charmante ex-voisine, Trixie, dominatrice professionnelle, Zack en vient à bafouer sa déontologie. En tentant d’empêcher un confrère de révéler dans un article la nature illégale de la profession Trixie, il se retrouve parqué à la rubrique déco du Metropolitan. Ce qui n’empêche pas l’article d’être publié malgré tout. Du coup, quand le cadavre du journaliste est retrouvé dans le sous-sol de Trixie, Zack et la belle semblent les coupables tout désignés.
Au menu cette fois des aventures de ce héros attachant et gaffeur, strip-tease, malbouffe et un gang de bikers. Mais parviendra-t-il à sauver sa peau (et son mariage) dans tout cela?  Linwood Barclay, qui signe ici son onzième roman, fait incontestablement partie des maîtres actuels en matière de suspense.

« Mauvaise influence », de Linwood Barclay, éditions Belfond, 390 pages, 21 €

Cote: 5/5

Vengeance et trahison

rachel-abbottEllie et Max ont invité des amis à dîner. La conversation tourne vite autour du drame qui endeuille le village. Une ado a été fauchée par une voiture en pleine nuit et laissée pour morte . Tout le monde est sous le choc. Car le chemin n’est connu que des villageois. Et puis, que faisait une jeune fille de 13 ans seule à cet endroit, en pleine nuit?
Au fil des pages, les coupables potentiels se succèdent. Ellie et son mari, par exemple, étaient tous deux sur cette route au moment du drame… Mais pas ensemble. Léo, la sœur d’Ellie, l’a découvert… Et a bien envie d’en savoir plus. Tout comme Tom, leur nouveau voisin policier, intrigué par les comportements étranges des convives.
Dans son deuxième roman, la Britannique Rachel Abbott nous plonge dans la campagne anglaise et une ambiance qui n’est pas loin de rappeler celle des « Dix Petits nègres » .
A noter que son premier thriller, « Illusions fatales », autopublié en version numérique en 2011, c’était classé numéro un des ventes sur Amazon trois mois après sa sortie. Il ne tarda pas à trouver ensuite un éditeur en Angleterre ! Celui-ci est bien sûr disponible également en ebook.

« Le piège du silence », de Rachel Abbott, éditions Belfond, 448 pages, 21,50 €

Cote: 4/5

www.rachel-abbott.com

Action, passion et trahison

mirageTitre brillamment trouvé pour le dernier Douglas Kennedy ! Puisque « mirage », c’est exactement ce en quoi consiste le quotidien de Robyn, une comptable à la vie réglée comme du papier à musique, aux côtés de son mari Paul, artiste insouciant, dépensier, et surtout pas tout à fait honnête avec elle. Mais « Mirage » nous transporte aussi sous la chaleur étouffante du Sahara où la vie de l’héroïne va basculer. Le couple décide en effet de s’accorder un mois de vacances au Maroc pour oublier leurs petits tracas du quotidien. Robyn voudrait bien un enfant. Paul n’est pas contre. Mais les mois passent et rien ne se passent… Sur place toutefois, la magie d’Essaouira semble opérer: Paul se remet à peindre, tandis que Robyn rafraîchit son français. Jusqu’à ce mail qui vient tout bouleverser, révélant à Robyn un secret que Paul aurait préféré garder. Et si l’amour n’était qu’un mirage ? C’est ce que la fin aurait tendance à nous laisser penser… Passion, trahison et action: un cocktail détonnant mixé par le plus captivant des guides. A glisser à coup sûr dans sa valise ou sa tablette cet été.

Christelle

« Mirage », de Douglas Kennedy, éditions Belfond, 550 pages, 22,50 €

Cote: 4/5

Machinations meurtrières

harlancoben6ansAussi efficace qu’un nouveau né pour empiéter sur votre temps de sommeil, le dernier Harlan Coben vient de paraître! Depuis six ans, Jack, un prof d’unif, tente d’oublier Natalie, le grand amour de sa vie, qui l’a quitté du jour au lendemain pour épouser Todd, un de ses ex. Elle lui avait fait promettre de la laisser tranquille et ne jamais tenter de renouer avec elle. Mais lorsque Jack apprend par hasard la mort de Todd dans le journal, il considère que sa promesse ne tient plus et décide de se rendre malgré tout aux funérailles. C’est ainsi qu’il découvre que la veuve éplorée n’est pas Natalie! Que le couple était marié depuis bien plus de six ans et parents d’un ado… Jack tente donc de retrouver la vraie femme de sa vie… Mais celle-ci semble avoir disparu sans laisser ni trace ni adresse… Et Jack de se retrouver au cœur d’une machination meurtrière… Un suspens efficace digne des précédents thrillers de l’auteur de «Ne le dis à personne…». À noter que son roman «Une chance de trop» sera prochainement adapté pour une série sur TF1. Le tournage doit débuter en septembre.

Christelle

«Six ans déjà», de Harlan Coben, Belfond, 368 pages, 19,95 €

Cote: 4/5

Mensonge et conséquences

leahflemingLe Titanic inspire décidément bien des romanciers. Leah Fleming met en scène ici le destin de deux femmes, l’une riche, l’autre pas, qui se lient d’une profonde amitié suite au naufrage du célèbre paquebot. Céleste était impatiente de retrouver son petit garçon dans l’Ohio après s’être rendue en Angleterre aux funérailles de sa mère. May rêvait de commencer une nouvelle vie en Amérique avec son mari et leur bébé. Quelques heures plus tard, alors que sombre le Titanic, May se retrouve dans l’eau glacée et perd rapidement de vue les siens. Repêchée in extremis par un canot de sauvetage, elle tente en vain de les repérer  parmi les corps flottant autour d’eux. Et quand on lui met dans les bras un bébé tout emmailloté, elle ne dit pas qu’il ne s’agit en fait pas de sa fille. Puis le temps passe. Celeste et May reprennent chacune le cours de leur vie, changées à jamais par le drame qu’elles ont vécu. Car plus que l’histoire du Titanic, il est  question ici de nos choix et de leurs conséquences. Et c’est l’histoire du 20e siècle, et de la lutte des féministes notamment, que l’auteure déroule ici tout en maintenant le suspense autour de l’identité de la petite fille. Un roman finalement bien captivant et rempli d’émotion.

Christelle

« L’enfant du Titanic », de Leah Fleming, éditions Belfond, 528 pages, 21 €

Cote: 3/5

 

Paternité surprise

pernuschPaulin adore sa vie. Il file le parfait amour avec Lena, et mène une existence paisible dans son petit village au bord de la mer où il tient un magasin de poteries. Jusqu’au jour où une lettre vient tout bouleverser. Une femme -dont il ne se souvient même plus- lui apprend que leur aventure d’un soir il y a neuf ans a fait de lui le père d’une petite Hermine. Mine  pour les intimes. Et que celle-ci réclame  désormais de connaitre son père. Pour Paulin, c’est hors de question. D’abord parce que la bizarre Lena ne veut pas d’enfant, et certainement pas d’une fillette qui n’est même pas d’elle. Et puis parce qu’il en veut beaucoup à la mère de Mine qui ne lui a rien dit à l’époque et le met aujourd’hui devant le fait accompli. Mais un beau jour, Mine débarque dans son village, bien décidée à le rencontrer. Une belle histoire de paternité au fil de laquelle vous ne pourrez vous empêcher de vous demander comment vous auriez réagi, vous, à la place de Paulin.

Christelle

« Une visite surprise » de Claude Pernusch, éditions Belfond, 224 pages, 18 €

Cote: 3/5

De l’écran au papier

LutherConnaissez-vous déjà John Luther, ce flic héros de la série britannique de la BBC qui porte son nom? Le voilà qui passe de la télévision au papier. Son auteur, Neil cross, vient en effet de publier le préquelle de la série dans la collection Noir de Belfond. On y retrouve donc le flic incarné par Idris Elba  à l’écran, en proie à l’insomnie et à la dépression, et à des accès de violence, lui qui, dans son métier, est continuellement tiraillé entre le Bien et le Mal. Et l’enquête qui s’annonce ne va pas l’aider à fermer l’œil. La police londonienne se retrouve face à un assassin à la recherche d’enfants qui vient d’étriper une femme enceinte pour voler l’enfant qui grandit dans son ventre. Sans compter que le collègue et meilleur ami de Luther, Ian Reed, se retrouve à l’hôpital après avoir été agressé par des truands. A côté de cela, Zoé, la femme de John Luther, ne supporte plus de voir son mari dans cet état et lui pose un ultimatum. John Luther parviendra-t-il à rester du bon côté de la loi? Un héros tourmenté attachant à (re)découvrir en version papier.

 Christelle

«Luther – L’alerte», de Neil Cross,  éditions Belfond, 352 pages, 20,50 €

Cote : 4/5

Strip-tease et disparitions

harlan cobenVous avez du sommeil en réserve? Alors allez-y, vous pouvez  ouvrir  le dernier Harlan Coben! Il y est question d’un père et mari à première vue dévoué, Stewart, disparu il y a dix-sept ans à la sortie d’un club en compagnie de Cassie, une ravissante strip-teaseuse. Sont-ils seulement toujours en vie? L’inspecteur Broome n’a jamais complètement lâché l’affaire. Et de nouveaux éléments pourraient même bien relancer l’enquête. Une nouvelle disparition vient en effet d’avoir lieu, dix-sept ans après la première, et dans les mêmes circonstances. Une coïncidence, vraiment? Pendant ce temps-là, Megan, une mère de famille qui a tout pour être heureuse, se voit tentée de replonger dans son passé sulfureux. Et puis il y a Ken & Barbie, un bien drôle de couple… Et Ray, un ex photo-reporter qui s’est reconverti malgré lui en paparazzi à louer. Mais quel rapport entre toutes ces histoires? C’est ce qu’il vous faudra découvrir avant de pouvoir enfin fermer l’œil. Et bien sûr, comme à chaque fois, le maître de nos nuits blanches prend son temps…

Christelle

« Ne t’éloigne pas », d’Harlan Coben, éditions Belfond, 374 pages, 19,90 €

Cote: 4/5

Après Myron… Mickey!

Dans la famille Bolitar, je demande le…neveu. Eh oui, après Myron, place à Mickey,  dont on avait fait la connaissance récemment dans « Sous haute tension » (paru aux éditions Belfond).

Mais qu’on se rassure! Trait de famille oblige sans doute, Mickey a le même don que son oncle pour s’attirer des ennuis! Comme le tonton aussi, il est tenace et peu regardant à sa propre sécurité!

A cause de la cure de désintoxication de sa mère, Kitty Hammer (une ex-star  du tennis devenue junkie suite au décès de son mari, Brad, le frère de Myron avec qui ce dernier  était brouillé depuis des années pour ceux qui ont manqué les épisodes précédents…), Mickey se voit en effet contraint de vivre temporairement chez son oncle.

Comme s’il cela ne suffisait pas, sa nouvelle petite amie Ashley a cessé de venir aux cours et ne donne plus signe de vie. Mais est-elle bien la jeune fille timide dont il était tombé amoureux? Car ceux qu’elle prétendait être ses parents ne semblent même pas au courant de son existence. Mickey va donc mener son enquête.

Là où son oncle pouvait compter sur le truculent Windsor Horne Lockwood, Win pour les intimes, et la jolie Esperanza Diaz, une ex-catcheuse, Mickey est lui secondé par Ema, une grosse au look emo, et Arthur, dit « Spoon », deux loosers de son école.

Si cette nouvelle équipe mise en place par Harlan Coben semble destinée à la base aux ados (avec une parution simultanée chez Pocket Jeunesse), elle ne manquera pas de continuer à séduire le reste de ses fans qui, outre le plaisir de voir évoluer Myron en toile de fond et découvrir plein de nouvelles choses sur la famille Bolitar, retrouveront avec ces nouveaux personnages attachants tout ce qui faisait le succès des précédentes aventures.  Rebondissements en série, rythme d’enfer, suspense haletant…

En bref: la nuit blanche est toujours garantie!

Christelle

« A découvert », de Harlan Coben, éditions Fleuve noir, 280 pages, 18 €

Cote: 4/5

Juste avant Katrina

Couronné en 2011 du National Book Award -récompense littéraire suprême aux États-Unis-, ce roman nous propulse à Bois Sauvage, dans l’Etat du Mississipi, dix jours avant l’arrivée de l’ouragan Katrina. Esch, la jeune narratrice de 14 ans qui vient de découvrir qu’elle est enceinte, nous raconte dans son parlé d’ados ce qui fût l’une des plus grandes catastrophes des Etats-Unis. Relativement épargnés par les derniers ouragans, les gens du coin semblent peu inquiets. Randall, le frère aîné, s’entraîne sans relâche au basket dans l’espoir de décrocher une bourse sportive. Skeet, lui, veille sur China, son pitbull adoré, une championne de combats, qui vient de donner naissance à des jeunes chiots. Junior, le petit dernier tente d’attirer un peu d’attention. Pendant que le père, souvent ivre depuis la mort en couche de son épouse, essaie tant bien que mal de barricader les fenêtres de leur vieille baraque. Et puis débarque Katrina. La saga d’une famille noire fracassée du sud des Etats-Unis racontée avec beaucoup de talent.

Christelle

«Bois sauvage», de Jesmyn Ward, éditions Belfond, 352 pages, 19,50 €

Cote: 3/5

Saga familiale

Avouons-le, il faut quelques chapitres pour vraiment rentrer dans la saga de cette puissante famille d’éleveurs d’une petite ville du Kansas. Mais lorsqu’on a enfin fait connaissance avec les personnages, on se laisse alors facilement happer par le récit, impatient de découvrir au fil des pages ce qui s’est réellement passé durant cette nuit d’orage du mois de septembre 1986, où Hugh Jay Linder, le fils aîné, a été assassiné. Sa femme, la belle Laurie,  demeure depuis introuvable. Car le récit débute vraiment 23 ans après cette fameuse nuit, lorsque Jody, la fille du couple âgée de 3 ans au moment des faits, apprend que l’homme qui a été condamné à l’époque après un procès expéditif va sortir de prison. Jody va à nouveau être confrontée à ce tragique passé qu’elle tentait d’oublier. Mais avec le temps, les langues se délient. Et Jody pourrait enfin découvrir la vérité sur cette fameuse nuit. L’auteure alterne passé et présent, tissant les fils de vieilles rivalités et d’une intrigue amoureuse. Et au final, nous laisse avec l’impression d’avoir passé un bon moment! A lire de préférence sous la couette, par temps d’orage!

Christelle

« Mémoire d’une nuit d’orage », de Nancy Pickard, éditions Belfond, 400 pages, 21 €

Cote: 3/5

Cocktails & co

« L’amitié est-elle soluble dans le mojito? », s’interroge le quatrième de couverture de ce roman de Madeleine Wickam, pseudonyme utilisé par Sophie Kinsella avant de donner naissance à sa célèbre « Accro du shopping ». Point de  fashionista déjantée ici pourtant, mais bien trois amies, travaillant ensemble dans un magazine féminin, qui se retrouvent une fois par mois dans un bar à cocktails pour refaire le monde. Maggie, la rédactrice en chef, superwoman parfaite en tout sur le point d’accoucher et de s’exiler à la campagne avec sa petite famille. Roxanne, qui vit une histoire d’amour top-secrète avec un mystérieux homme marié. Et la candide Candice, au passé familial compliqué. Lorsque celle-ci retrouve par hasard une copine de classe perdue de vue qui semble ne pas avoir eu beaucoup de chance dans la vie, Candice est prête à tout pour l’aider. Sans se douter que celle-ci n’est peut-être pas aussi bien intentionnée qu’elle… Et que son amitié avec ses trois meilleures copines en est soudain menacée… Le genre de chick litt sans prise de tête… A siroter accompagné d’un bon coktail au bord de la piscine!

Christelle

« Cocktail club », de Madeleine Wickham, éditions Belfond, 296 pages, 20,50 €


Mystérieuse réapparition

Une mère est-elle infaillible quand il s’agit de reconnaître son enfant? C’est cette question que pose Rebecca Frayn dans ce roman inspiré d’un fait réel! Tout commence un soir lorsque Dan, 12 ans, ne rentre pas de l’école. Imaginez l’angoisse de sa mère, Annie, jeune veuve, qui pensait avoir enfin retrouvé le bonheur en rencontrant Julian, et qui se retrouve une fois de plus frappée par le destin. La police mène l’enquête. Mais Dan reste introuvable. S’agit-il d’une fugue, alors que Dan semblait que peu apprécier le fait que sa mère envisageait de se remarier? Ou d’un kidnapping? Le mystère reste entier. Même après que Dan ne réapparaisse mystérieusement trois ans plus tard. Mais s’agit-il vraiment de Dan? Julian, qui nous narre l’histoire, a un doute. Un sérieux doute. Le récit est bouleversant. Et a de quoi inspirer des cauchemars aux parents!

Christelle

« L’écho du doute », de Rebecca Frayn, éditions Belfond, 288 pages, 17,50 €

Cote: 3/5 

Une touche de surréalisme à la belge

 

© Charlotte Collin

Une femme qui pêche des poissons dans le gazon, un cardiaque qu’on réanime à grands coups de sacs de frites et les rhinocéros qui volent en deltaplane… Le premier roman de Christophe Ghislain est teinté d’un accent surréaliste bien de chez nous.

 

Sortir un premier roman et qui plus est pour la rentrée littéraire, qu’est-ce que cela fait?
«Beaucoup de bien! Cela a été beaucoup d’attente, en particulier entre le moment où je l’ai envoyé et aujourd’hui. Donc cela fait plaisir, c’est plein de nouvelles sensations. Maintenant j’attends de voir!»

Comment vous en est venue l’idée?
«Je l’ai eue pendant mes études de cinéma. On devait imaginer pas mal de projets pour en venir à les mettre en scène et les filmer. C’est à ce moment-là que m’est venue l’ébauche de l’idée du rhinocéros qui a pas mal évolué par la suite. Après cela, l’idée a mûri. Puis quand j’ai eu fini mes études, je me suis attelé à l’écriture du roman.»

C’est un roman très visuel. Pourquoi en avoir fait un livre justement en non un scénario, vu vos études?
«La première image qui m’est venue, c’est celle de l’accident de voiture avec le rhinocéros. À partir de là, deux trois petites idées ont suivi. Mais je me suis rapidement rendu compte qu’en faire un film serait difficile. Et puis, pendant mes études, on avait aussi pas mal de cours d’écriture de scénarios, et j’y ai pris goût. C’est devenu une sorte d’évidence.»

Maintenant que le livre est écrit, il pourrait malgré tout être adapté et devenir un film?
«Je n’en sais rien. On me pose beaucoup la question, vu mon parcours. Cela me ferait plaisir. Quand à ma participation, je ne sais pas.»

Le personnage de Gibraltar est arrivé tôt?
«Gibraltar est arrivé dans les prémices de la construction du projet. C’est d’abord parti de lui et de son histoire. L’Esquimau et Emma sont venus ensuite. Ils faisaient partie de l’histoire dès le départ, mais l’idée d’en faire aussi des narrateurs est venue après.»

Certaines images, dont celle du rhinocéros, peuvent paraître un peu surréalistes. C’est votre côté belge?
«Peut-être bien! Je n’écris pas pour revendiquer un quelconque patrimoine culturel, mais on est tous un peu déterminé par l’endroit où l’on vit. Donc j’imagine qu’il doit y avoir un côté belge!»

Vous avez déjà une idée pour votre prochain roman?
«Il est en cours d’écriture, donc c’est même plus qu’une idée! Mais c’est encore trop tôt pour en parler…»

Christelle Dyon

EN QUELQUES LIGNES
«La colère du rhinocéros» raconte l’histoire de Gibraltar qui a quitté son village natal il y a 17 ans. Aujourd’hui, il est de retour pour tenter de retrouver son père. Mais il se rend compte rapidement qu’il n’est pas le bienvenu dans ce bled. Il faut dire qu’arriver à bord d’un corbillard transportant dans le coffre un macchabée qui plus est volé n’était peut-être pas le meilleur moyen de faire son entrée dans ce village aux habitants plutôt hostiles aux excentricités. À peine arrivé dans ce décor désertique qu’il percute un rhinocéros. Et tandis que Gibraltar entreprend de reconstruire pierre par pierre le phare érigé par son père au beau milieu de son pré, son passé enfoui refait petit à petit surface. Un passé qui se construit pièce par pièce, raconté à tour de rôle par Gibraltar bien sûr, mais aussi la ravissante Emma et l’énigmatique Esquimau. Entre une femme qui pêche des poissons dans le gazon, un cardiaque qu’on réanime à grands coups de sacs de frites et les rhinocéros qui volent en deltaplane, le livre est certes à déconseiller aux esprits trop rationnels. Mais ce récit fantaisiste décrit pourtant avec beaucoup d’humour la quête du père et les méandres de vies ruinées. Une touche d’originalité incontestablement pour cette rentrée!

«La colère du rhinocéros», de Christophe Ghislain, éditions Belfond, 336 pages, 19,50 €

Cote: 3/5

Dans les cuisines d’un grand resto londonien

Malgré le titre, pas question ici de recettes de cuisine! Monica Ali nous entraîne dans les coulisses d’un palace londonien en décrépitude. Le Chef, Gabriel Lightfoot, est à la tête d’une armée cosmopolite de plongeurs, pâtissiers, chefs de partie et serveurs, et s’apprête, en secret, à ouvrir son propre restaurant. Mais un jour, l’un des plongeurs, un travailleur immigré, est retrouvé mort dans les sous-sols du restaurant. Les choses prennent alors une tournure compliquée pour Gabriel qui voit surgir Lena, une jeune fille venue de l’Est et mystérieusement liée à la mort du plongeur. De quoi pimenter un peu plus encore sa vie privée, déjà bien mouvementé entre une petite amie chanteuse qui se pose des questions sur leur relation et un père mourant. Souvent perdu dans ses pensées, Gabriel ressasse son passé. Jusqu’à l’explosion finale. Racisme, prostitution et traite d’êtres humains: l’auteure de «Sept mers et treize rivières» nous sert une histoire aigre-douce… mais qui aurait sans doute été un brin plus digeste avec 200 pages de moins. 

Christelle

«En cuisine» de Monica Ali, éditions Belfond, 630 pages, 22 €

Cote: 3/5

Une rentrée à l’accent belge chez Belfond

La rentrée littéraire met la Belgique à l’honneur chez Belfond, qui publie deux auteurs de chez nous. S’il faut s’accrocher pour entrer dans «Des feux fragiles dans la nuit qui vient» de Xavier Hanotte, un jeu de miroirs entre deux mondes aux valeurs différentes, on se laisse plus facilement emporter par le premier roman de Christophe Ghislain. Teinté d’un accent surréaliste bien de chez nous, «La colère du rhinocéros» raconte l’histoire de Gibraltar qui a quitté son village natal il y a 17 ans. Aujourd’hui, il est de retour pour tenter de retrouver son père. Mais il se rend compte rapidement qu’il n’est pas le bienvenu dans ce bled. Il faut dire qu’arriver à bord d’un corbillard transportant dans le coffre un macchabée -qui plus est volé- n’était peut-être pas le meilleur moyen de faire son entrée dans ce village aux habitants plutôt hostiles aux excentricités. À peine arrivé dans ce décor désertique qu’il percute un rhinocéros. Et tandis que Gibraltar entreprend de reconstruire pierre par pierre le phare érigé par son père au beau milieu de son pré, son passé enfoui refait petit à petit surface. Un passé qui se construit pièce par pièce, raconté à tour de rôle par Gibraltar bien sûr, mais aussi la ravissante Emma et l’énigmatique Esquimau. Entre une femme qui pêche des poissons dans le gazon, un cardiaque qu’on réanime à grands coups de sacs de frites et les rhinocéros qui volent en deltaplane, le livre est certes à déconseiller aux esprits trop rationnels. Mais ce récit fantaisiste décrit pourtant avec beaucoup d’humour la quête du père et les méandres de vies ruinées. Une touche d’originalité incontestablement pour cette rentrée!

Christelle

«La colère du rhinocéros», de Christophe Ghislain, éditions Belfond, 336 pages, 19,50 €

Cote: 3/5

Le premier livre de Douglas Kennedy

Paru en anglais en 1988, le tout premier livre de Douglas Kennedy vient d’être publié en français. Jeune écrivain encore inconnu à l’époque, Douglas Kennedy nous emmène au pays des pharaons, où il débarqua il y a plus de vingt ans à Alexandrie, quelques livres sterling et cinq carnets de voyages en poche. Car il ne s’agit pas ici d’une histoire d’amour mais bien d’un récit de voyage, une visite de l’Egypte en dehors des sentiers battus. On y suit avec déléctations les péripéties de cet Américain en terre musulmane. L’auteur y dresse toute une série de portraits à la fois fascinants et cocasses qui révèlent l’envers du décor: ce vendeur de Totyota à eux pas du Sphinx dont le coeur balance entre trois épouses, le prophète Mahomet et sa collection de Mercedes, des bédouins accros de CNN, des moines informaticiens, un pilote de felouque au coeur brisé par une Française… A peine deux mille cinq cents exemplaires de la première édition ont été vendus. Quand on pense que Douglas Kennedy a vendu aujourd’hui plus de trois millions de livres dans le monde…

Christelle

« Au-delà des pyramides » de Douglas Kennedy, éditions Belfond, 320 pages, 19,50 €

Cote: 4/5