Une comédie romantique qui a du chien

Van CauwelaertUne comédie romantique qui rend heureux: voilà comment on peut décrire le dernier Didier Van Cauwelaert dont le héros est… un chien. Mais pas n’importe quel chien! Jules est un labrador, couleur sable, mais surtout un chien d’aveugle. Il est les yeux d’Alice qu’il guide partout. Et ce jour-là, il emmène Alice à l’aéroport, direction Nice où la jeune femme doit se faire opérer dans l’espoir de recouvrer la vue. Avant d’embarquer, Jules guide Alice jusqu’à l’échoppe de macarons. C’est ainsi que le duo fait la connaissance de Zibal, un ingénieur dépossédé de son brevet et recyclé en vendeur chez Ladurée. « Hauts talons canari, minishort rouge et top turquoise (…), un sourire de rendez-vous amoureux allongeant les bavures de son rouge à lèvres, c’était une aveugle particulièrement voyante qui faisait bien davantage envie que pitié« , nous la décrit Zibal. Sous le charme, il suit Alice des yeux jusqu’au guichet d’embarquement. Aussi, lorsqu’il voit l’hôtesse s’obstiner à vouloir embarquer le chien guide dans la soute de l’avion, Zibal fonce à leur rescousse. Et marque des points auprès de Jules. Au point que, quelques semaines plus tard, Zibal voit débouler à son stand un Jules déchaîné qui, en l’espace de 24h, va lui faire perdre son job, son logement, et tous ses repères.Mais le mener droit à Alice. Enfin… plus exactement en zigzag jusqu’à Alice! L’occasion pour l’auteur de nous faire découvrir l’univers des chiens d’aveugles, mais aussi des chiens d’assistance d’enfants épileptiques. A noter que les expériences de communication avec les yaourts existent bel et bien, tout comme les « plantes à traire » et d’autres excentricités pas uniquement romanesques!

Christelle

« Jules », de Didier Van Cauwelaert, éditions Albin Michel, 284 pages, 19,50 €

Cote: 3/5

Thomas Drimm face au monde végétal

En tentant de sauver le monde dans le premier tome de ses aventures, Thomas Drimm, cet antihéros imaginé par Didier van Cauwelaert, a condamné l’espèce humaine. Poussé par Léo Pictone, un vieux savant parano réincarné dans son ours en peluche, l’ado de 13 ans moins le quart a en effet détruit le Bouclier d’antimatière qui isolait les Etats-Uniques du restant de la planète. Depuis, la grippe V fait des ravages. Le monde végétal serait devenu toxique et semble avoir déclaré la guerre aux humains. Mais que veulent réellement les arbres? Et comment les réconcilier avec les hommes? Dans ce combat, Thomas ne sait plus à qui se fier. Manipulé par les forces du Bien et du Mal, il est tiraillé par les femmes de sa vie, de la venimeuse Lily Noctis à sa torride voisine Brenda, sans oublier Jennifer, sa copine de classe amoureuse… Prix Goncourt pour «Un aller simple», Didier van Cauwelaert nous replonge donc dans sa saga pour ados, prévue en cinq tomes. Mais là où la magie opérait dans le tome 1, ce second volume est plus lent à démarrer. Et si le lecteur ne manquera pas cette fois encore d’y trouver une satire de notre société en perdition, il aura parfois quelque peu du mal à ne pas succomber à l’ennui. Les toutes dernières pages se révèlent cependant des plus intrigantes et font qu’on attendra donc malgré tout avec impatience le troisième tome qui devrait cette fois s’intituler «Le temps s’arrête à midi cinq»…

Christelle

«Thomas Drimm – T2: La guerre des arbres commence le 13», de Didier van Cauwelaert, éditions Albin Michel, 336 pages, 18 €

Cote: 2/5

Pour des infos sur le tome 1, c’est par ici !

Une belle histoire d’amitié

Telle n’est pas la surprise d’Hermann, Marlène, Jean-Claude et Lucas quand leur meilleur ami, Marc, pourtant séducteur insatiable, leur annonce qu’il va se marier. Mais leur étonnement est encore plus grand quand ils découvrent sur un cliché pris par leur ami, par ailleurs célèbre photographe, que la future mariée est une jeune Chinoise plutôt insipide.  Les quatre acceptent malgré tout de jouer les témoins pour ce mariage qui doit avoir lieu cinq jours plus tard. Oui mais voilà: avant que le mariage n’ait été prononcé, Marc meurt dans un tragique accident de voiture. Il ne reste donc plus à ses meilleurs amis qu’à attendre la fiancée, Yun,  à l’aéroport et lui apprendre la triste nouvelle. Mais alors qu’ils s’apprêtent à briser son rêve, ils s’aperçoivent que c’est elle qui va bouleverser leur vie. Et si Yun n’était pas vraiment la femme qu’elle semblait être? Didier van Cauwelaert nous livre ici une belle histoire d’amitié bourrée de sensualité, racontée à tour de rôle par les témoins. Bouleversant, l’auteur de « L’évangile de Jimmy » et de « L’éducation d’une fée » fait une pause dans sa série pour ados Thomas Drimm et nous entraîne dans un récit plein de suspense et de machiavélisme. Un très bon cru!

Christelle

« Les témoins de la mariée » de Didier van Cauwelaert, éditions Albin Michel, 250 pages, 19 €

Cote: 4/5

Thomas Drimm, le nouveau Harry Potter ?

thomas drimmAprès Harry Potter, il y a aujourd’hui Thomas Drimm. Sauf que contrairement au petit sorcier, Thomas Drimm ne porte pas de lunettes, mais a plutôt quelques kilos en trop. ..

Prévue en cinq tomes, cette nouvelle saga imaginée par Didier van Cauwelaert nous propulse dans un monde en perdition, satire de notre monde actuel. On y atterrit dans un pays où le jeu est la nouvelle religion et où les gens se font greffer une puce dans le cerveau dès l’âge de 13 ans, âge de la majorité cérébrale, pour pouvoir être contrôlés à tout moment.

Thomas Drimm habite avec ses parents -un père prof qui boit et qui fume et une mère psychologue au casino qui aide les gens qui ramassent le jackpot- dans le seul pays qui reste sur Terre, un pays protégé par un énorme bouclier antimatière, les Etats-Uniques.  

Thomas a 13 ans moins le quart. Et il doit sauver le monde…  Une mission qui lui a été confiée par… son ours en peluche. Bon d’accord, un ours dans lequel tout de même un vieux savant parano s’est réincarné après avoir été tué accidentellement par le cerf-volant de Thomas.

Pour l’aider dans sa mission, Thomas Drimm a troqué Ron et Hermione par une assistante de 25 ans super sexy, la femme de ses rêves, à savoir sa voisine Brenda.

A la place de Voldemort dans le rôle des méchants: Olivier Nox et sa demi-sœur Liliy Noctis. Mais qui sont-ils vraiment? Quant au quidditch, le sport préféré des sorciers,  il a été remplacé par le man-ball, une roulette géante où les billes sont des joueurs.

Le décor est planté. La course contre la montre peut commencer. Didier van Cauwelaert, prix Goncourt pour « Un aller simple », nous emmène pour un voyage initiatique plein d’humour, écrit pour les douze à cent douze ans.

Le premier tome des aventures de ce nouveau super-héros est sorti ce jeudi. Même si certains en ont déjà découvert les premiers chapitres cet été. Car  Thomas Drimm, c’est aussi le premier roman à avoir été pré-diffusé sur téléphone portable sous la forme de « feuilleton numérique »…  

Christelle

« Thomas Drimm – T1: La fin du monde tombe un jeudi », de Didier van Cauwelaert, aux éditions Albin Michel, 400 pages, 18 €

Cote: 3/5

www.thomas-drimm.com

Pour lire l’interview de l’auteur, c’est par ici !

Du Magritte à la sauce Didier Van Cauwelaert

la maison des lumièresOn entre dans les romans de Didier Van Cauwelaert comme dans une toile de Magritte: en se laissant emporter par son imaginaire. C’est d’autant plus le cas encore pour son petit dernier, «La maison des lumières », qui nous plonge littéralement dans un tableau du peintre surréaliste belge.

 L’idée de son dernier roman, Didier Van Cauwelaert l’a puisée en quelque sorte dans ce tableau de Magritte représentant une maison dépourvue de porte d’entrée, avec un ciel de jour et une rue de nuit. «Je me trouvais comme mon personnage à Venise», explique l’auteur français au nom de famille qui sonne pourtant bien de chez nous. «Je ne savais pas que ce tableau, dont je vis avec la reproduction depuis des années, y était exposé au musée Guggenheim ». Quand il est entré dans la salle du musée, un jeune homme regardait le tableau. «Il avait un grand sourire et des larmes qui tombaient dans le sourire. Je me demandais ce que ce tableau lui racontait. Quand le jeune homme est parti, je me suis mis devant le tableau et lui ai presque demandé ‘alors, qu’est-ce qu’il t’a dit?’ Et le rôle de ce tableau comme troisième personnage d’une histoire d’amour a commencé à s’imposer.»

Didier Van Cauwelaert nous confie être fan de Magritte depuis toujours. «Ce qui me touche chez lui, c’est que ses tableaux sont accueillants. On a envie de se projeter à l’intérieur, de rejoindre la démarche du peintre.»

Et c’est en effet ce qu’il fait dans «La maison des lumières». Il plonge son personnage, Jérémie Rex, 25 ans, boulanger à Arcachon, dans le tableau où il va retrouver, le temps d’un instant, la femme de sa vie, du temps où elle l’aimait encore. Accident cérébral ou autre espace-temps? Qu’importe pour Jérémie qui, revenu à lui, n’a qu’une seule idée: retourner dans le tableau.

 DES PERSONNAGES ORDINAIRES

Comme dans ses autres romans, l’auteur nous plonge dans son univers romanesque peuplé de personnages simples et attachants, avec une pincée de paranormal et beaucoup de grandeur d’âme.

Après un piscinier dans ‘L’Évangile de Jimmy’ ou un contrôleur des impôts dans ‘La nuit dernière au XVe siècle’ pour n’en citer que quelques-uns, son héros est cette fois boulanger. «J’aime beaucoup les personnages que l’on croit simples. On en croise plein dans la vie. Une caissière de supermarché, un quincaillier, un garçon boucher», explique-t-il. «J’aime bien ces personnages qu’on enferme dans des schémas et qui en réalité ont une autre vie. Ils ne se résument pas à la fonction qu’ils occupent.» Et de fait! Son Jérémie Rex, un type qu’on ne remarquerait pas dans la vie, vit une histoire vraiment forte. Enfant star de 10 à 12 ans, en retraite depuis, il a atteint une maturité précoce. «Il est parti tellement en avance par rapport aux autres, a arrêté très tôt et en a retiré cette philosophie de la vie qui est de la distance et de la lucidité.»

Par ce personnage, «DVC» entend «montrer qu’une souffrance amoureuse, lorsqu’elle est construite sur une densité qu’on ne veut pas perdre, est très productive». «Jérémie Rex refuse la chimio de l’oubli. Pour lui, mieux vaut mourir de ce qu’on aime en connaissance de cause que de survivre pour rien. Toutes ces choses qui pourraient apparaître comme des petits bouts dangereux sont au contraire positives. Cela agit comme des anticorps, cela nettoie le reste. Et on reste disponible pour une passion qui renaît.»

UNE HISTOIRE AU PASSÉ ANTÉRIEUR

Et la passion, à 48 ans, il y croit toujours. «Une passion n’a pas toujours besoin d’être heureuse ni d’être vécue. Ce qui m’intéresse, c’est comment la passion transforme les êtres. Que ce soit de la passion au présent ou de la passion au présent antérieur.»

Pour raconter son histoire, Didier Van Cauwelaert a en effet inventé un nouveau temps: le présent antérieur. «La formule m’est venue comme cela et me paraît vraiment rendre compte de cet état d’esprit que j’ai pu éprouver aussi à des moments de ma vie», explique-t-il.

PAS IMMORTEL

Il est vrai qu’il manie les mots et la langue française avec beaucoup de talent, et toujours avec une part de magie et de surréalisme.

Lauréat du Prix Goncourt à 34 ans pour «Un aller simple», on a longtemps cru qu’il prendrait bientôt possession du fauteuil laissé vacant à l’Académie française. Mais les Immortels lui ont, au bout du compte, préféré François Weyergans. Ce qui, apparemment, ne l’émeut pas. «Je n’y allais que pour faire plaisir et rendre service. Ce n’était peut-être pas forcément une bonne idée. Je suis un électron libre. J’avais la prétention de le rester et d’essayer de déteindre un peu sur l’institution. C’était leur souhait au départ, puis leur souhait à changer en cours de route.» Pour lui, rien de plus à en dire.

De toute façon, pour cet amateur de Romain Gary, Marcel Aymé, Diderot, Balzac ou encore Charles Bukowski qu’il adore relire, la plus belle des récompenses lui vient du public. «J’ai la chance que mes livres soient attendus par les lecteurs. Pour moi, leur fidélité est plus importante que tous les prix que j’ai pu recevoir.»

 ESCLAVE DE SES PERSONNAGES

Et le prochain, c’est pour quand? «Ce n’est jamais moi qui décide», avoue l’auteur qui, quand il écrit, travaille à raison de quinze heures par jour… «C’est vraiment la pression intérieure du livre. Là il y a un livre qui remonte et s’impose depuis quelque temps… Je le freine un peu parce que j’ai d’autres projets au cinéma. J’ai un film  que je vais réaliser… Mais c‘est un vrai bras de fer.» C’était déjà pareil pour ce livre-ci. «Parfois je prends des notes et les oublie, passe sur autre chose. Pour ‘La maison des lumières’, l’histoire n’a pas voulu que je la lâche. Il y a des livres qui doivent attendre que les notes se prennent. Périodiquement j’y reviens. Celui-ci, c’était ici et maintenant.» Le plus dur pour cet auteur d’ailleurs, quand il met le point final à un livre, c’est de ne plus avoir les personnages qui lui parlent… «Il y a ce moment pas marrant quand tout d’un coup, le livre cesse de faire écran. Tout d’un coup, vous êtes disponible pour payer vos impôts, répondre au courrier administratif, au téléphone… C’est une excellente excuse de dire qu’on termine un livre. En toute sincérité, parfois je fais semblant de ne pas l’avoir terminé, pour prolonger l’état d’hibernation.

DU PAPIER AU GRAND ÉCRAN

Deux livres de Didier Van Cauwelaert sont en cours d’adaptation à Hollywood. ‘Hors de moi’, qui raconte l’histoire d’un médecin qui, victime d’un accident de voiture, s’aperçoit en sortant du coma qu’une autre personne s’est emparée de son identité, sera prêt en premier, probablement en 2010. Le réalisateur français Alexandre Aja a lui décidé de s’attaquer à ‘L’Évangile de Jimmy’, du nom de cet homme qui s’avère être un clone du Christ réalisé à partir du Saint Suaire de Turin. Reste à voir si l’adaptation sera à la hauteur des romans. Mais la bonne nouvelle, c’est que le réalisateur de ‘L’Évangile de Jimmy’ tenait vraiment à ce que DVC intervienne dans le scénario, alors…

Christelle

«La maison des lumières», de Didier Van Cauwelaert, éditions Albin Michel, 192 pages, 15 €

www.van-cauwelaert.com

Cote : 3/5