L’Arcamonde vous fait gagner une heure !

© Yves Fonck

N’oubliez pas: ce week-end, on change d’heure… perdant une heure de sommeil au passage dans la nuit de samedi à dimanche. Mais Frans Bogaert, l’astucieux antiquaire de l’Arcamonde, et son énigmatique assistante Lauren Bacall, ont trouvé la parade. Au cœur de leur 4e aventure imaginée par l’écrivain Hervé Picart, une drôle de pendule dont le cadran ne compte qu’onze heures au lieu de douze…

Comment vous est venue l’idée de cette pendule un peu spéciale?
Hervé Picart: «Peut-être d’avoir trop lu Lewis Caroll? D’ailleurs, il y a quelques allusions dans le livre à ‘Alice au pays des merveilles’. L’idée était d’écrire un récit sur le temps. Il y a là une dimension philosophique, mais aussi une dimension réelle car j’ai connu quelqu’un qui, à chaque changement d’heure, était malade, physiquement et mentalement, par le simple fait de se décaler d’une heure en une nuit. Je me suis demandé ce que cela pourrait faire si les gens n’avaient plus comme repère qu’une horloge à laquelle il manque une heure. Et donc, quand ils regardent l’heure, ils savent que ce n’est pas l’heure!»

Avez-vous réalisé l’expérience menée par Bogaert et Lauren pour écrire le livre?
«Non! Des expériences du genre ont pourtant été menées dans des cavernes, mais là, on enlevait aux gens tout repaire temporel. On immergeait des spéléologues dans une caverne où on les laissait plusieurs jours. Ensuite, les psychologues mesuraient dans quel état ils étaient au sortir. Aucun n’était capable d’évaluer le temps réel. En plus, ils étaient extrêmement perturbés, plus que par un décalage horaire. Mais personnellement, je ne me risquerais pas à aller m’enfermer dans une cave pendant huit jours pour me décaler volontairement!»

Si vous «gagniez» une journée comme vos deux personnages, comment l’occuperiez-vous?
«Ah… À regarder les autres faire, peut-être, et à essayer de me rattraper dans le temps. C’est vrai que ce genre de bonus, on ne sait pas trop à quoi on pourrait l’employer parce de toute façon, ce serait une fiction. Il faudrait faire quelque chose que l’on a jamais fait. Mais cela ne peut pas s’improviser parce que l’on ne sait faire que les choses que l’on a déjà faites!»

Le changement d’heure, c’est un bien ou un mal?
«Quand il avait des réalités économiques, cela pouvait s’admettre. J’ai quelques doutes maintenant. Cela reste de toute façon quelque chose qui est très déphasé. Au maximum du changement d’heure, on a quand même deux heures de décalage par rapport au soleil, puisqu’on a déjà une heure de décalage en n’étant pas sur l’heure réelle (le fuseau anglais). Et deux heures de décalage par rapport au soleil, cela crée des choses un peu bizarres quand on est proche de la nature. On ne vit plus en même temps que notre environnement. Notre jardin, lui, continue de s’aligner tranquillement sur le soleil. Plus rien n’est vrai.»

Dans votre dernier livre, on en apprend aussi un petit peu plus sur Lauren. Ce qu’elle raconte sur son enfance, c’est la vérité?
«Entre Lauren et Bogaert, il faut nécessairement nouer une intimité. Ils sont tout le temps ensemble, forcément, quelque chose doit les rapprocher. Mais si Bogaert apprécie tellement la présence de Lauren, c’est parce qu’elle a un mystère de plus. Et plus elle perdra son mystère, plus il risque de se désenchanter d’elle. Donc il faut trouver une forme d’intimité où ils peuvent se confier, sans jamais vraiment se dévoiler. D’ailleurs, on apprendra dans le volume 5 que c’est une nécessité pour Lauren. Elle a un rôle à jouer. Donc elle ne peut qu’en dire un peu. Tout doit rester ambigu.»

Et la femme de Bogaert, Laura, va réapparaître?
«Elle va réapparaître, mais sans se montrer! On va sentir sa présence autour de Bogaert, elle va tourner autour, commencer à se livrer à certaines manipulations, et il ne sait pas pourquoi. Avant, il avait le sentiment de son absence. Maintenant, il va avoir le sentiment de la présence de son absence et ce sera encore plus insupportable! Le fameux médaillon solaire qu’elle vient chaparder, c’est justement le titre du douzième épisode. Tout est lié à ce médaillon.»

Que nous réserve le prochain livre?
«Dans le suivant, on va surtout apprendre quel est ce lien qui lie Lauren et Laura. Parce si Lauren est là, c’est à cause de Laura, mais l’antiquaire ne sait pas encore pourquoi.»

Où dénichez-vous les objets?
«J’ai d’abord l’idée de l’histoire, puis je me demande quel objet pourrait engendrer cette histoire. Si on a envie de jouer avec le temps, il faut imaginer une pendule un peu spéciale. Il faut aussi que chaque objet soit proche de la symbolique, des fantasmes de chacun. Dans le suivant, on va tomber sur une lanterne magique. Tout le monde connaît plus ou moins des histoires liées à des lanternes magiques, mais Bogaert, lui, trouvera une explication plus ou moins scientifique à ces possibilités.»

Pas sur les brocantes alors?
«Non, mais cela peut arriver. L’objet qui sera dans le tome 11, je l’ai vu dans une brocante. Mais je ne l’ai pas acheté parce qu’il était détérioré. J’ai demandé au brocanteur ce que c’était. Il ne le savait pas! Mais celui d’à côté savait ce que c’était! Cela n’avait rien à voir avec l’apparence de l’objet. Et pourtant, c’était un objet de la vie quotidienne chez les gens.»

Le prochain livre est aussi la dernière chance de résoudre l’Arcane Maxime, l’énigme transversale aux cinq premiers tomes. Personne n’a encore percé le secret.
«Dans ‘La pendule endormie’, le quatrième élément de l’énigme est donné. Le cinquième élément sera donné dans le suivant. Et dans le sixième, Bogaert lui-même donne la solution. Pour l’instant, seule une personne a fini par trouver le fameux endroit qu’il fallait identifier dans le deuxième livre.»

Il y aura une seconde énigme dans les six derniers?
«Oui, il y a une seconde énigme, le cœur du mal. Il faudra localiser cinq endroits en France pour déterminer où est le cœur du mal.»

Christelle

«La pendule endormie», de Hervé Picart, éditions Le Castor Astral, 224 pages, 13 €

Pour mieux savourer encore…
Pour mieux profiter encore de ‘La pendule endormie’, l’auteur conseillerait aux gens de le lire dans la nuit du changement d’heure, en commençant le livre à minuit pour le finir vers 3 ou 4 heures du matin. « Entre-temps, une heure se sera réellement perdue dans la nuit, comme dans l’aventure de Bogaert où finalement,  c’est une journée complète qu’il va gagner », explique Hervé Picart. « Ce changement d’heure est une fiction. De toute façon, les cellules de la personne auront bien été là sous sa couette à lire le bouquin! Par contre, dans la fiction du temps, ce ne sera plus la même chose. Il y aura donc ce même décalage horaire dans la réalité du lecteur que dans la réalité de l’histoire. Cela peut être amusant de se livrer aux deux simultanément!»

 http://arcamonde.hautetfort.com

Une nouvelle enquête pour Bogaert & Bacall

aarcamonde 3On pousse une nouvelle fois  avec beaucoup de plaisir la porte de l’Arcamonde, la boutique de l’antiquaire Frans Bogaert pour le troisième tome de ses aventures. Au centre de cette nouvelle enquête, un drôle de pendentif, apparemment sans valeur, mais qui réapparaît de façon inexplicable chaque fois que sa propriétaire cherche à s’en débarrasser. Frans Bogaert et son énigmatique assistante Lauren Bacall y voient la relique d’un macabre rituel toscan, qui laisserait présager qu’un crime inavoué a été commis. Mais ce tome trois est aussi l’occasion d’entretenir le mystère qui plane autour de Lauren. Avec même un petit clin d’oeil au commissaire Van In, Brugeois célèbre tout comme Bogaert! Sans oublier, comme à chaque fois, l’énigme dans l’énigme, ce petit bonus pour les lecteurs attentifs qui permettra au plus futé qui parviendra à percer le secret de l’Arcane Maxime avant Frans Bogaert de remporter un petit quelque chose. A trouver cette fois : un nombre, mais dans la langue qui convient…

Christelle

« Le coeur-de-gloire – Troisième enquête de l’antiquaire » par Hervé Picart (Le Castor Astral), 224 pages, 13 €

 Cote: 4/5

Rencontré à l’occasion de la sortie du premier volume de l’Arcamonde, l’auteur, Hervé Picart, nous avait livré quelques infos croustillantes sur ses personnages…

L’enquêteur  est antiquaire, ce qui n’est pas commun…

«J’avais envie d’écrire des romans policiers mais je voulais sortir de la routine avec analyse ADN, empreinte digitale, etc. Donc je me suis demandé pourquoi ne pas remplacer le cadavre par autre chose. J’ai pensé qu’en chinant, on rencontre souvent des objets un peu mystérieux. Parfois même le brocanteur ne sait pas de quoi il s’agit et nous invente une belle histoire. Et je me suis dit qu’une histoire sur un objet, cela pouvait être intéressant. Du coup, puisqu’on en était à essayer de percer le mystère d’un objet, l’enquêteur ne pouvait plus être un policier. Et qui est mieux à même qu’un antiquaire d’essayer de découvrir le secret d’un objet?»

Cet antiquaire est un vrai gentleman. Quelqu’un vous a inspiré le personnage?

«J’ai connu des gens comme cela. Mais pas dans le monde de la littérature du tout. Des gens qui avaient autour de la quarantaine et qui avaient des manières du temps passé. C’était les musiciens du groupe allemand Kraftwerk. Ce sont eux qui ont inventé la musique techno bien avant que personne n’y songe. C’était des gentlemen, avec des manières excises. Je me suis dit que si un jour, j’avais besoin d’un personnage avec un peu de classe, il ressemblerait à ces gens-là. Comme eux, Bogaert s’adresse systématiquement dans la langue de la personne qu’il reçoit. Et comme eux, il a les cheveux lissés en arrière.»

Son assistante, Lauren, n’est pas banale non plus!

«Elle est née en fait du nom Bogaert. J’avais choisi le nom de l’antiquaire en référence à un peintre flamand puisqu’il me fallait trouver un nom bien brugeois. Puis je me suis dit qu’un roman policier sans assistant, cela n’allait pas. Il me fallait quelqu’un, et je me suis dit puisque c’est un Bogaert, prenons Bacall. Et de là est venue l’idée que ce soit un clone parfait de Lauren Bacall, c’est-à-dire quelqu’un qui a l’apparence totale de Lauren Bacall, mais pour dissimuler quelque chose.» 

On va donc en apprendre plus sur elle?

«Beaucoup plus. Puisqu’il y a deux points d’interrogations qui persistent à la fin: qui est Lauren, et où est passée la femme de Bogaert? C’est cela l’intrigue transversale. Et cela va donner quand même une atmosphère assez lourde, assez sombre et même carrément inquiétante! » 

Donc vous connaissez déjà la fin du feuilleton?

«Oui, absolument. Il ne faut pas s’embarquer dans une série si l’on n’en connaît pas la fin. C’est un peu le principe de l’accordéon. Quand on a les deux bouts, on peut tirer autant qu’on veut. Donc je sais comment cela finit. J’ai même déjà les dernières scènes.»

Vous êtes Français. Pourtant votre histoire se passe à Bruges. Pourquoi?

«Français à peine, parce qu’en fait, je suis un quart belge par mon grand-père et trois quarts ch’timi. Je suis donc très enraciné au nord. Et parmi toutes les villes que j’aime beaucoup, il y a Bruges, une ville magnifique. C’est une ville où l’on peut se déplacer partout en marchant, où il y a de l’eau à la place des rues. En plus, c’est une sorte de vaste magasin d’antiquités. C’était donc l’écrin idéal pour y placer l’Arcamonde. D’ailleurs c’est une ville pleine de ressources. On verra dans les autres livres que plein d’endroits vont être exploités.»

À la fin du livre, vous invitez le lecteur à partir à la découverte de l’Arcane Maxime…

«Pour ceux qui n’en auraient pas eu assez avec l’énigme résolue par Bogaert, ils peuvent s’amuser à en résoudre une autre. Cela s’adresse plutôt à ceux qui aiment les casse-tête, les puzzles… C’est une énigme en cinq parties et dans chaque volume, on découvre une partie de cette énigme dont Bogaert donnera la clé dans le 6ème livre. La réponse est quelque part dans le livre. Si le lecteur a une idée et pense avoir trouvé, il va sur le site arcamonde.hautetfort.com. Il tape ce qu’il pense être la réponse et si c’est cela, il gagnera un petit quelque chose. Pour l’instant personne n’a encore trouvé.» 

http://arcamonde.hautetfort.com/