Opération Sweet Tooth

Voici du tout bon Ian McEwan, comme on l’aime (ou du moins comme moi je l’aime) ! Avec « Opération Sweet Tooth », l’auteur nous emmène dans la Grande-Bretagne du début des années 70 en proie à de sérieuses tensions sociales et nous plonge en pleine guerre froide. Il nous rappelle que durant celle-ci, à l’ombre du spectre de l’arme atomique, les services secrets ont tiré parti d’une arme plus subtile…

L’arme culturelle

La trame s’inspire quelque peu du scandale Encounter, du nom de la revue littéraire libérale qui fut financée par les fonds secrets de la CIA, et nous emmène à travers les yeux de la belle Serena Frome dans l’univers du M15, service du renseignement britannique. La jeune fille, universitaire fraîchement diplômée en statistiques et amoureuse de littérature, est toute désignée pour intégrer l’opération secrète Sweet Tooth qui a pour le but de subventionner discrètement -et à leur insu- des auteurs anti-communistes en phase avec les idées du gouvernement britannique. Une aubaine pour Serena qui -de part son statut de femme- ne voit que très peu de possibilités d’évolution de carrière s’offrir à elle. Son boulot consiste à suivre et infiltrer l’univers de Tom Haley. Sphère professionnelle et sphère privée vont très vite étroitement se mêler…

Hommage

Si « Opération Sweet Tooth » est richement documenté, il est surtout brillamment construit… Car, au final, sous des dehors de roman d’espionnage, le dernier né de l’auteur anglais semble finalement nous parler davantage d’amour que de politique… On y suit effectivement toutes les aventures et histoires de coeur de Serena Frome. Au passage, ce roman rafraîchira (ou disons plutôt qu’il étoffera plus que sensiblement) nos connaissances en littérature anglaise. Car Ian McEwan profite d’« Opération Sweet Tooth » pour disserter littérature et rendre hommage à ses pairs et amis, au rang desquels l’on compte Julian Barnes, Martin Amis, Christopher Hitchens, Salman Rushdie, et les poètes Craig Raine et James Fenton.

Anne-Sophie

« Opération Sweet Tooth », Ian McEwan, éditions Gallimard, 440 pages, 22,50 euros

Cote : 4/5

 

Intrigues à l’ombre de l’Atomium

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Jonathan Coe qui s’est fait connaître avec « Testament à l’anglaise » » (prix du meilleur livre étranger 1996) et « La maison du sommeil » (prix Médicis étranger 1996) nous gratifie avec « Expo 58 » d’un très très bon cru ! Son dernier né s’avère frais et rythmé. Il sent bon le vintage et fait la part belle à l’humour (belge et british). On adore !

Outre-Manche

Cette fois, l’auteur anglais n’hésite pas à traverser la Manche et s’intéresse à un événement d’envergure international qui ne s’est donc pas déroulé sur ses terres, mais bien chez nous, en Belgique. Une fois n’est pas coutume… « En fait, je voulais écrire une histoire qui se passe en Grande-Bretagne à la fin des années 50. Mais je n’ai rien trouvé d’intéressant chez nous à cette époque », confiait l’auteur en février lors de la Foire du Livre de Bruxelles, dont il était l’invité d’honneur. Jonathan Coe sort donc ses personnages de Londres pour les emmener à Bruxelles, sur le site de l’exposition universelle, à l’ombre de la fameuse Atomium qui semble fasciner tant l’auteur que son héros.

Parodie de roman d’espionnage

Thomas Foley, petit fonctionnaire sans grande envergure, n’hésite que fort peu à délaisser femme et enfant pour une période de six mois quand le ministère de l’Information pour lequel il travaille depuis de nombreuses années lui propose de partir pour Bruxelles. Il doit y superviser la construction du Pavillon britannique et veiller à la bonne tenue du Britannia, un pub monté sur le site de l’Expo et censé incarné à la fois la tradition et la modernité britanniques. Sylvia, épouse toute dévouée de cette fin des années 50, accuse stoïquement le coup. Foley profite de ce vent de liberté nouveau. Il ne lui faudra pas bien longtemps pour s’amouracher -en tout bien tout honneur, of course- d’Anneke, une jeune hôtesse de l’Expo, et sympathisera très vite avec toute une kyrielle de personnages hauts en couleurs. Il y a son compagnon de chambrée Tony -scientifique responsable d’une des pièces maîtresse du pavillon britannique-, Chersky, ce journaliste russe pas très net, ou encore la belle Emily, une actrice américaine en peine de succès. Un tel mix de nationalités en période de guerre froide… Et voilà Foley embarqué bien malgré lui dans une affaire d’espionnage.

Néerlandophone ?

Jonathan Coe s’est extrêmement bien documenté pour l’écriture de son dernier opus. Ce qui ne l’en rend que plus intéressant. On ne pourra tout de même s’empêcher de noter un petit accent flamand plus prononcé que nécessaire dans la traduction française. Les lieux dits et noms de rues de la capitale sont exprimés -comme dans la version originale- en néerlandais, alors que Bruxelles est une ville certainement plus francophone que néerlandophone. Un détail qui n’aurait pas dû échapper à la traductrice… On connaît davantage la rue Sainte-Catherine que la Sint-Katelijnestraat. Notons aussi les remerciements de Jonathan Coe à l’égard de la Koninklijke Biblitoheek van België. Assurément, Bibliothèque nationale de Belgique sonne mieux en français. Autant de détails qui feront davantage sourire qu’ils ne vexeront 😉

Anne-Sophie

« Expo 58 » de Jonathan Coe, éditions Gallimard, 330 pages, 22 euros

Cote: 5/5

Passé(s) obscur(s)

froid3Sainte-Barge… Oups, lapsus. Sainte-Barbe, de son vrai nom, exerce une fascination sur les habitants de la petite ville calme de Valla, en Suède. Sur les habitants… mais aussi et surtout sur les employés de l’école maternelle accolée à cet hôpital psychiatrique expérimental pour adultes… qui abrite quelques-uns des plus célèbres serial killers du pays. Expérimental ? L’établissement met un point d’honneur à préserver le lien vital qui unit parent et enfant. C’est pourquoi un couloir souterrain relie les deux bâtiments et permet aux jeunes enfants de rendre régulièrement visite à leur parent interné. Le lieu est froid. L’atmosphère est lugubre. Aussi, lorsque le directeur de l’école publie une offre d’emploi pour embaucher un puériculteur, les candidats ne se bousculent pas au portillon. Une chance pour Jan Hauger qui ne manque pas l’opportunité qui lui est offerte de se rapprocher de son amour d’adolescence et décroche facilement le poste… malgré un passé professionnel plus qu’obscur. Pas à pas, le lecteur se plonge dans la psychologie du jeune éducateur et découvre avec effroi un passé chargé de lourds secrets. La peur, silencieuse, rôde sur les lieux. Mais Jan n’est pas le seul à avoir des secrets… Les collègues féminines qui l’entourent ne semblent, elles non plus, pas fort nettes. Ici encore,  Johan Theorin, habitué des thrillers, maîtrise avec justesse l’art du suspense. Son récit se met fort doucement en place pour ensuite s’accélérer et atteindre un rythme de croisière plus intense. L’auteur qui signe avec « Froid mortel » un très bon thriller psychologique convainc le lecteur haut la main.

 Anne-Sophie

 «Froid mortel » de Johan Theorin, traduit du suédois par Rémi Cassaigne, éditions Albin Michel, 442 pages, 21,50 €

Cote: 4/5

 

Les secrets du home staging

 

Il y a quelques années encore, le terme « home staging » laissait les propriétaires en quête d’un locataire ou d’un acheteur plutôt dubitatifs, ne sachant pas trop quoi de quoi il s’agissait. Cette pratique de marketing immobilier qui repose sur le relooking a pourtant fait son apparition il y a une bonne dizaine d’années aux Etats-Unis. Depuis lors, sa popularité a traversé l’Atlantique. Le home staging (littéralement mise en scène) consiste à mettre en valeur un bien immobilier de telle manière à susciter chez l’acheteur ce fameux coup de cœur qui, instantanément, le poussera à s’imaginer dans le bien… et à acheter (ou louer).  Dans son ouvrage, Evelyne Gielen, experte en la matière, explique à l’aide de 45 avant-après comment mettre en avant les points forts d’un bien et neutraliser la décoration afin de plaire au plus grand nombre. L’objectif étant bien évidemment de préparer le bien immobilier pour retirer le maximum de son capital. Le secret ? Il faut désencombrer, ranger, nettoyer, réaménager, réparer, dépersonnaliser et harmoniser pour susciter une sensation de bien-être lors de la visite. « C’est l’émotion que suscite la visite qui va pousser à l’achat », explique l’auteure, spécialisée dans la vente et le marketing immobilier. Cette technique qui demande un certain investissement a fait ses preuves : elle permet clairement de vendre (ou louer) plus vite et… à un meilleur prix. Les conseils dispensés dans cet ouvrage sont judicieux et clairement illustrés. Ils brassent toutes les pièces de l’habitation du hall d’entrée aux chambres, en passant par la salle de bain, la cuisine ou le séjour. Un livre qui se veut pratique et… démocratique. Evelyne Gielen souhaitant que son livre soit accessible au plus grand nombre a préféré se passer des services d’une maison d’édition et imprimé à son compte afin de proposer un prix réduit au maximum. Ce qui est tout à son honneur.

« Le Home Staging en pratique. 45 avant-après » par Evelyne Gielen, 15 euros, disponible sur Amazon en cliquant ici. 

Anne-Sophie

Cote: 3/5

Sous les deux lunes d’«1Q84»

Le Japon est à l’honneur tout le week-end au Salon du livre de Paris. L’occasion -ci ce n’est déjà fait!- de se laisser transporter sous les deux lunes de « 1Q84 », le monde parallèle imaginé  par le plus en vogue écrivain japonais du moment, Haruki Murakami, pour la suite des aventures d’Aomamé et de Tengo. Envoûtement garanti!

Il y a l’année 1984 telle qu’on la tous vécue. Et puis il y a l’énigmatique 1Q84, subtilement différente, avec ses deux lunes dans le ciel et ses Little People, et dans laquelle nous propulse l’écrivain japonais Haruki Murakami.

Dans ce très attendu «Livre 3» sorti début mars chez Belfond, Aomamé, tueuse professionnelle en fuite, et Tengo, génie des math apprenti écrivain, continuent de se croiser… Et de se manquer de peu. Jusqu’aux toutes dernières pages, suspense oblige !

À leur voix s’ajoute celle d’Ushikawa, personnage trapu à la tête cabossée, engagé par la secte des Précurseurs -dont Aomamé a assassiné le leader- pour les retrouver. Et tandis que le redoutable détective se lance à leur poursuite, on découvre petit à petit leur passé et les connexions qui existent entre les deux héros.

Âgés de 29 ans, Aomamé et Tengo ont fréquenté la même école primaire. Et un jour, les deux enfants se sont tenus par la main…

Mais si ce toujours aussi envoûtant troisième tome nous en révèle enfin un peu plus sur Aomamé et Tengo, il nous faudra encore attendre pour comprendre qui sont vraiment les Little people de Murakami et comment fonctionne cette fameuse « Chrysalide de l’air », titre de l’ouvrage co-écrit dans les livres précédents par Tengo et Fukaéri, la fille du leader des Précurseurs, et qui n’a assurément pas fini de livrer ses secrets…

D’ici là,  si la lecture de ces chefs d’œuvre vous donne envie de vous plonger dans d’autres livres de l’auteur, sachez qu’une nouvelle édition des «Chroniques de l’oiseau à ressort» est parue la semaine dernière. Il y est question d’un homme dont la vie bascule soudain dans un tourbillon d’aventures saugrenues le jour où son chat disparaît, suivi de près par sa femme. Deux sœurs un peu sorcières, une mère maquerelle et son fils muet, un ancien militaire fasciné par les puis et un homme politique aux pouvoirs occultes se présentent à sa porte, chacun porteurs d’une nouvelle énigme.  Tout cela pendant que l’oiseau à ressort remonte patiemment la pendule du monde. Un roman sur l’amour et la solitude, parsemé de touches d’humour délirant. Dans la plus pure tradition murakamienne lui aussi.

Christelle

«1Q84 – Livre 3 – Octobre-janvier», d’Haruki Murakami, éditions Belfond, 544 pages, 23,50 €

Cote: 5/5


Entourés d’espions !

Nous vivons entourés d’espions! On peut en citer de célèbres -sans même parler de James Bond!-, comme Mata-Hari, ou chez nous, Gabrielle Petit, née à Tournai en 1893, et qui espionna pour le compte des Alliés durant la Première guerre mondiale avant d’être arrêtée par les Allemands puis fusillée. Mais aujourd’hui encore, avec l’installation de l’OTAN, du SHAPE, des institutions européennes et des grandes sociétés internationales, notre pays est la cible de nombreux services de renseignements des grandes puissances tels le KGB, la CIA, le Mossad ou l’ISI pakistanais. Les institutions internationales ne sont toutefois pas les seules à être surveillées: les communautés étrangères installées en Belgique sont elles aussi suivies de près par de nombreux services de renseignement. Paul Thomas, ancien rédacteur en chef de l’agence Belga, a donc décidé de mener son enquête. Outre les manœuvres des espions étrangers sur notre territoire et l’histoire des hommes qui ont trahi en travaillant pour eux, il nous livre aussi la lutte menée par les service de contre-espionnage belges contre les services de renseignements les plus puissants de la planète. Mais l’ouvrage nous plonge également au cœur des grandes affaires d’espionnage qui ont marqué la Belgique depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Et parmi les dossiers évoqués, l’affaire Michiels, SWIFT ou encore le réseau Echelon. Un ouvrage très instructif.

Christelle

« L’espionnage en Belgique – De la guerre froide à aujourd’hui », de Paul Thomas, éditions Jourdan, 260 pages, 17,90 €

Cote: 3/5

Un inédit de Kawabata

Les romans inachevés abandonnent généralement le lecteur, frustré, sur sa faim. Ici pourtant, cette fin décidée par la mort abrupte de Kawabata, qui s’est suicidé en 1972 avant d’avoir pu mettre un point final à son manuscrit, ajoute comme une touche de poésie à l’ouvrage. L’histoire est celle d’Ineko Kizaki, une jeune femme atteinte d’un mal étrange, une forme de cécité partielle qui l’empêche de voir certaines parties de son corps ou celui de son amant, Hisano. Le récit commence alors que la mère de la jeune fille et Hisano quittent l’hôpital psychiatrique, où ils viennent de faire enfermer Ineko. Autour d’eux, un champ de pissenlits en fleurs. Un paysage rythmé par le son de la cloche de l’asile  que les patients font tinter….  Et la drôle de conversation de l’amant et la mère. Premier écrivain japonais à obtenir le Prix Nobel de littérature en 1968, l’auteur du « Pays de neige » et du « Grondement de la montagne » nous offre ici encore un récit tout en pudeur, autour des thèmes qui l’obsèdent, le désir et la mort. Triste et poétique à la fois.

Christelle

« Les pissenlits », de Yasunari Kawabata, éditions Albin Michel, 250 pages, 18 €

Cote: 3/5

日本人

Installée au Japon depuis 2002, la journaliste Karyn Poupée a reçu le prix Shibusawa-Claudel pour ce livre salué tant par la critique française que nippone. Intitulé sobrement « Les Japonais » -un titre écrit en français et… en japonais (日本人)-, elle y dresse un portrait du pays du pays du Soleil-Levant, sorti exsangue de la Seconde guerre mondiale et devenu en l’espace de quelques décennies la deuxième puissance économique planétaire. Génie de l’électronique, créateur d’humanoïdes, terre des mangaka mais aussi aussi des yakusa… La correspondante permanente de l’agence France-Presse  nous peint un portrait de cette société tout en contraste, scrutant la vie quotidienne des Japonais, et tentant de décrypter les ressorts historiques et socio-culturels du fonctionnement de cette société unique, aujourd’hui confrontée à de nouveaux défis après l’accident de Fukushima et sa rétrogradation derrière la Chine. Un livre destiné à tous les passionnés par ce pays, qui ont envie de découvrir cette culture à la fois si riche et si différente. A noter que le Japon sera mis à l’honneur du 16 au 19 mars au Salon du livre de Paris.

Christelle

« Les Japonais – 日本人 », de Karyn Poupée, éditions Tallandier, 672 pages, 12 €

Cote: 4/5

Le dîner prêt en moins d’une heure

Vous rentrez du boulot à 19h, et vous n’avez pas le temps ni l’envie de vous lancer dans des dîners compliqués? L’auteure de ce livre apparemment non plus! Elle a donc concocté 92 recettes simples et savoureuses pour la semaine. Des idées petits budgets comme la poêlée de betteraves rouges, de fromage de chèvre frais, de menthe et de fèves, l’omelette de corned-beef haché, les cuisses de poulet caramélisées ou les penne aux saucisses…. Des dîners chics aussi et des recettes plus festives telles que ces ailes de raie au four aux artichauts, olives et câpres,  ces palourdes aux lardons fumés ou ce risotto au vin rouge, gorgonzola et orange…  Et puis bien sûr, des desserts (brioche aux abricots, clafoutis aux fruits rouges ou tiramisu) et même des idées de cocktails (Mojito au piment et au gingembre, Cosmopolitan, Margarita) pour patienter ! La preuve qu’il est possible de bien manger sans passer trop de temps derrière les fourneaux… mais en faisant beaucoup mieux qu’un bête plat préparé surgelé!

Christelle

« Rentré à 19h dîner à 20h », de Sophie Wright, éditions Hachette cuisine, 176 pages, 14,95 €

Cote: 3/5

Des œufs de Pâques faits maison !

La chasse aux œufs sera bientôt ouverte. Mais avant cela, il va falloir quelque peu travailler! Ce coffret contient tout le matériel nécessaire pour confectionner vos propres chocolats autour du thème de Pâques. Outre un livre de 20 recettes (bouchées au chocolat praliné, œufs surprises maison, œufs en chocolat aux éclats de meringue et petits poussins de Pâques) avec une présentation illustrée des 15 grandes étapes pour réaliser des moulages en chocolat, on y trouve un moule à œuf en plastique, deux plaques en silicone pour petits chocolats et un thermomètre pour contrôler la température du chocolat. Alors bon amusement les cloches!

Christelle

« L’atelier Chocolats de Pâques », éditions Larousse, 12,90 €

Cote: 4/5

Meurtres, drogues & rock’n’roll

Bonne nouvelle pour les fans de Myron Bolitar: Harlan Conben a une fois de plus mis son personnage fétiche dans de sales draps, pour notre plus grand plaisir! L’agent des stars est cette fois appelé à la rescousse par la joueuse de tennis Suzze Trevantino. Enceinte, la championne découvre sur sa page Facebook un message affirmant que l’enfant qu’elle porte n’est pas de son mari, Lex Rider, musicien du célèbre groupe de rock Horse Power. Depuis, ce dernier a mis les voiles. Et Suzze charge Myron de le retrouver. Mais en se lançant à la poursuite de Lex, Myron se retrouve confronté à son propre passé. Que fait Kitty, la femme junkie de son frère Brad avec qui il est brouillé depuis des années, à New York, avec leur fils Mickey, dont Myron ignorait l’existence? Et où est Brad? Meurtres, drogues & rock’n’roll: tous les ingrédients sont réunis une fois de plus pour un trépidant moment de suspense «sous haute tension». Quant à la fin du livre, elle laisse présager de nouvelles aventures pour bientôt avec le neveu de Myron… On dit tant mieux!

Christelle

«Sous haute tension», d’Harlan Coben, éditions Belfond, 396 pages, 22,50 €

Cote: 5/5

Meg Cabot, reine de la chick lit pour ados

Quelle adolescente en quête du Prince Charmant ne connaît pas le nom de Meg Cabot? Traduite dans 37 pays, sa série «Journal d’une princesse» a même été adaptée sur grand écran. Mais parmi la cinquantaine de livres qu’elle a déjà publiés figurent aussi les séries «Missing», à l’origine du feuilleton, «Miss la Gaffe», «The Mediator», et plus récemment «Abandon» et «Les carnets d’Allie». La reine de la chick lit pour ados revient sur les ingrédients de son succès.

Où trouvez-vous l’inspiration pour vos livres?

«L’inspiration peut venir de tellement d’endroits différents! La plupart de mes idées viennent de choses qui me sont arrivées dans la vie de tous les jours. Par exemple, pour la série ‘Insatiable’, l’idée m’est venue quand j’ai trouvé devant ma porte un adorable chiot. Quand j’ai retrouvé son propriétaire, il était si horrible que j’ai pensé qu’il pouvait être un vampire. Le chiot est devenu Jack Bauer, le chien chasseur de vampire dans ‘Insatiable’! Ou encore, j’ai eu l’idée de la série ‘Abandon’ parce qu’à l’époque où j’étais moi-même une jeune lectrice, je suis tombée amoureuse du mythe de Perséphone. Il y a quelque chose de très attirant dans le fait qu’un gars tombe désespérément amoureux d’une jeune fille au point d’être prêt à la kidnapper et permettre à la terre d’être détruite plutôt que de la laisser tomber. Assise en classe, je rêvais que cela m’arrive!»

À quel âge avez-vous commencé à écrire?

«J’ai écrit mon premier livre à l’âge de 7 ans. Cela s’appelait ‘Benny the Puppy’ (Benny le chiot). Je n’ai pourtant jamais pensé qu’en grandissant, je deviendrais un auteur, parce que je n’étais pas brillante à l’école. J’écrivais juste des histoires parce
que j’aimais cela. Je n’ai jamais essayé d’être publiée avant d’avoir 26 ans. Et même à ce moment-là, mes manuscrits ont été refusés durant quatre ans de plus! Mais de toute façon, on n’est pas des billets de 100 $… Tout le monde ne va pas vous aimer! Donc qui se soucie de ce que pensent les autres? Si vous aimez faire quelque chose, continuez à le faire tant que vous y prenez du plaisir!»

Combien de livres avez-vous déjà écrits?

«Si vous incluez ceux qui n’ont pas été publiés et demeurent cachés sous mon lit, probablement 500.»

Quel est votre premier livre à avoir été publié?

«’Where Roses Grow Wild’ (pas traduit en français), publié sous le nom de Patricia Cabot. Cela m’a pris trois ans pour envoyer des lettres tous les jours afin de trouver un agent, et une année à mon agent pour me trouver un éditeur. J’ai toujours un sac de lettres de refus sous mon lit!»

Pourquoi utilisez-vous des pseudos comme Patricia
Cabot et Jenny Carroll?

«Quand j’ai commencé à écrire professionnellement, j’étais publiée par trois éditeurs différents, et donc j’ai pris deux pseudos (Jenny and Patricia). Certains éditeurs ont une clause de non-compétition dans leurs contrats qui veut que l’on ne puisse pas écrire de livre pour d’autres éditeurs tant que l’on écrit pour eux. Vous pouvez vous en sortir en publiant sournoisement sous un autre nom si vous avez désespérément besoin d’argent. Désormais, tous mes livres sont écrits sous le même nom, mon vrai nom, Meg
Cabot.»

Comment est née Mia Thermopolis, l’héroïne du «Journal d’une princesse»?

«L’idée m’est venue quand ma mère a commencé à sortir avec un de mes anciens profs. Cela m’a tout d’abord bouleversée, même si j’étais heureuse pour elle. J’ai donc écrit l’histoire d’une adolescente dont la mère commençait à sortir avec le prof de sa fille. L’histoire n’avait pas vraiment d’action, donc j’y ai enchevêtré le fait que la fille se rende compte que son père est le prince d’un petit pays d’Europe, elle est son unique héritier, et elle doit apprendre à être une princesse. C’est ainsi que Mia est née! J’ai rencontré beaucoup de refus chez les éditeurs et cela a pris du temps avant d’être publié, mais finalement, cela a décollé!»

Et vous en avez vraiment fini avec les histoires de princesse?

«Il se pourrait que j’écrive à nouveau à propos de Michael et Mia un jour. Je dois admettre que voir le mariage royal entre le Prince William et Kate Middleton m’a poussée à m’interroger sur ce à quoi le mariage de Mia ressemblerait… En attendant, les lecteurs peuvent toujours rester en contact avec Mia sur son blog, http://www.miathermopolis.com.»

Et de nouveaux films sont prévus?

«Je ne pense pas. Tous les producteurs sont passés à d’autres projets. Mais il y a eu des rumeurs sur les possibilités de créer une comédie musicale à Broadway. Cela serait fun, non?»

Vous écrivez des histoires fantastiques tout comme de la chick lit. Vous n’avez pas de préférence?

«J’aime toutes les sortes d’histoires et suis incapable d’en choisir une préférée. Quand j’étais jeune, les romances m’ont empêché de devenir incroyablement déprimée à cause du stress de l’école et du quotidien. Maintenant que je suis devenue écrivain, je ne peux juste pas m’imaginer écrire (ou lire) un livre qui n’a pas au moins un élément romantique. Les romances et suspenses romantiques m’ont aidée à m’échapper lorsque ma vie était pire que jamais. Et puis je me suis promis que si jamais je devenais un auteur professionnel, j’écrirais des livres qui donnent aux lecteurs comme moi une évasion ludique de quelque chose d’affreux qu’ils pourraient traverser. C’est ce que j’essaie de faire!»

Christelle

Un livre cartonné à balader

Sacha bébé chat sait tout faire: voler comme un oiseau, danser comme une souris, nager comme un poisson, courir comme un lapin et… dormir comme un gros chaton! On craque décidément toujours pour les « drôles de petites bêtes » d’Antoon Krings. Un petit livre cartonné avec même une poignée pour être transporté partout par bébé!

Christelle

« Sacha Bébé Chat », d’Antoon Krings, éditions Gallimard Jeunesse Giboulées, 4 pages, 5 €

Cote: 3/5

Rembobiner sa vie

Imaginez que vous soyez mort(e) et… deveniez votre propre ange gardien. C’est ce qui est arrivé à Margot, l’héroïne du premier roman de Carolyn Jess Cooke. A sa mort, dont elle ne parvient pas à se remémorer la cause, elle se retrouve en effet réincarnée en ange. Désormais, elle s’appelle Ruth et est chargée de veiller sur elle-même, ou plutôt sur la petite Margot, qui revit la vie qu’elle vient de quitter. Mais le champ d’action des anges est limité. Et si elle peut émettre ses suggestions au subconscient de Margot, Ruth devra aussi apprendre à respecter le libre-arbitre de son nouveau moi. La voilà donc forcée de revivre son passé, avec les mauvais traitements de l’orphelinat, ses erreurs de jeunesse, ses coups durs et ses mauvais choix en amour… Dur dur pour Ruth, qui aimerait en profiter pour comprendre pourquoi son fils s’est retrouvé en prison accusé de meurtre et tenter de lui venir en aide. Premier ouvrage de la nouvelle collection de littérature féminine lancée par les éditions Lattès, ce livre un brin mystique nous pousse à nous interroger: « et nous, que changerions nous à notre vie? » De la chick-litt pour mère de famille!

Christelle

« Journal d’un ange gardien », de Carolyn Jess Cooke, éditions JC Lattès, 378 pages, 13 €

Cote: 3/5

Nadine Monfils, adorablement fêlée

Comme tous les ans, Nadine Monfils était à la Foire du livre de Bruxelles pour rencontrer ses lecteurs et leur signer une belle dédicace agrémentée d’un petit dessin surréaliste. Cette année, ce sont les allumettes rouges que cette auteure belge adorablement fêlée a enchaînées. Etincelles assurées!

Vous croyez aux contes de fées?
«Les contes de fées ont vraiment nourri mon enfance. Ce que j’aimais surtout, c’était les contes avec des vraies sorcières. Pas les contes édulcorés d’aujourd’hui. Parce que j’ai toujours aimé avoir des frissons. »

Vos contes préférés?
«‘Barbe bleue’ est l’un de mes contes préférés. Et ‘La petite fille aux allumettes’ bien sûr. Je pense que ce sont surtout les illustrations qui ont fait que j’ai aimé ces contes-là. Ces images me faisaient vraiment entrer dans l’univers des contes de fées. Et aujourd’hui encore, quand je vais aux puces, je recherche ces livres-là, avec les images de mon enfance. Et quand je revois ces images-là, c’est comme la madeleine de Proust: j’ai cinq ans, quoi!»

On retrouve des éléments du conte d’Andersen chez votre Petite Fêlée.
«Oui. Dans mon histoire, la fille trouve sa grand-mère morte comme dans le conte de fées. Et la grand-mère a une boîte d’allumettes à la main. La fille, qui s’appelle Nake, garde cette boîte comme un souvenir. Et la première fois qu’elle allume une allumette, elle a la vision d’un crime. Et le lendemain, elle le lit dans les journaux.»

On retrouve aussi la grand-mère folle dingue des «Vacances d’un serial killer».
«Exactement. C’est mémé Cornemuse, qui est une cougar, n’a aucune morale et tue les gens comme elle ferait du tricot. C’est ma sorcière à moi!»

C’est vérifié la technique pour lire l’avenir dans les lignes du tricot?
«Je fais cela tout le temps! (rires) Quand tu rates une maille, cela veut dire qu’il va t’arriver une misère.»

Cette fois, on quitte la Côte belge pour Pandore, votre ville surréaliste!
«Oui! Pour moi, c’est la ville de Magritte, dans laquelle il aurait pu vivre et dans laquelle j’aurais pu le croiser. C’est une ville qui est quand même très belge dans mon esprit, mais qui reste imaginaire et qui me permet de délirer selon mes fantaisies.»

L’inspecteur Lynch de la police de Pandore a toutefois pris sa retraite?
«Oui, il va peut-être revenir un jour. Mais j’aime bien les renouvellements aussi, comme dans la vie. Il faut du sang neuf de temps en temps.»

Lui aussi, il a une collection bien particulière…
«Oui, mais il ne faut pas le dire! J’aime bien laisser planer le suspense sur ce qu’il collectionne. Mais c’est vrai qu’il collectionne des choses bizarres!»

Son adjoint, Michou, est lui aussi folklorique!
«En effet! Il est travelo la nuit pour arrondir ses fins de mois. Cela m’amusait assez. Du coup, il glane plein de renseignements.»

Vous dédicacez par ailleurs le livre à Michou.
«Oui, le vrai Michou habite Montmartre comme moi, je le croise souvent. On est très copains. Il est adorable. C’est un vrai personnage.»

Vous êtes fan d’Annie Cordy?
«Oui. J’adore Annie. Elle est aussi fêlée que moi.»

Et de Jean-Claude Van Damme?
«J’aime bien aussi ce personnage. Il me fait beaucoup rire. Je trouve qu’il a un côté très surréaliste. J’ai une vraie tendresse pour lui. J’ai découvert une autre facette de lui dans le film ‘JCVD’ de Mabrouk El Mechri. Je trouve que Van Damme y a montré un sens de la dérision vraiment unique. On y voit que c’est aussi un bon acteur et pas seulement le mec dont on rigole parce qu’il a des phrases surréalistes. Qui sont drôles d’ailleurs! Mais il est autre chose aussi. À mon avis, il doit être hypersensible. Je l’aime bien ce mec-là. J’aimerais bien le rencontrer un jour.»

L’adaptation de ‘Nickel blues’ en est où?
«Cela avance bien. J’ai trouvé de très bons producteurs belges. On avance bien. J’ai un très bon casting. Ce sera filmé en Belgique, à la mer du Nord. Avec probablement une musique d’Arno. Je n’en dis pas plus parce que je suis superstitieuse. Mais puisqu’on parle de Nickel Blues, il est par ailleurs sorti en poche chez Mijade. Et ‘Les vacances d’un Serial Killer’ sort lui aussi en poche cette semaine chez Pocket.»

En quelques lignes

«La Petite fêlée aux allumettes», c’est Nake. À chaque fois qu’elle craque une allumette, elle a des visions affreuses de petites filles assassinées, dans des mises en scène sorties tout droit des contes du «Petit Chaperon Rouge», de «Blanche Neige» ou du «Petit Poucet». Évidemment, tout cela se passe à Pandore, la ville surréaliste imaginée par l’auteure de «Monsieur Émile», «Tequila frappée» et du non moins déjanté «Coco givrée». Pour mener l’enquête? L’inspecteur Cooper et ses curieuses manies. Et son collègue Michou, flic le jour et travelo la nuit. Sans oublier mémé Cornemuse, découverte l’an dernier dans «Vacances d’un serial killer», fan d’Annie Cordy et amoureuse de JCVD. Décidément, impossible de garder son sérieux avec Nadine Monfils qui vous déride les zygomatiques comme personne! Et c’est tant mieux!

« La Petite Fêlée aux allumettes », de Nadine Mondils, éditions Belfond, 264 pages, 19 €
Cote: 4/5

http://www.nadinemonfils.com

Cherchez Chloé !

Mais où se cache donc la petite souris Chloé? Tantôt elle s’étire avant de se lever, tantôt elle est en train de colorier, de se brosser les dents, prendre son bain, grignoter, jouer du banjo ou à la marelle. Sur chaque double page représentant une scène du quotidien, elle a été dissimulée parmi une multitude d’autres souris. A nos bambins (à partir de 4 ans) de la retrouver! Petit indice: elle a sur la tête un joli nœud rouge et porte une jupe à carreaux et des ailes de papillon.  Au milieu du livre figurent des autocollants de Chloé et ses amis. Et à la fin, on découvre un plateau de jeu. Reste donc à trouver un dé, des pions et des copains pour y jouer!

Christelle

« Où est cachée Chloé », de Katherine Lodge, éditions Larousse, 26 pages, 9,90 €

Cote: 3/5

Un bébé, deux familles… trois possibilités !

Le précédent polar de Michel Bussi, « Nymphéas noirs », paru en janvier 2011, avait reçu quatre prix. Et son petit dernier est lui aussi très prometteur! L’enquête se déroule autour d’un nourisson, seul rescapé d’un crash d’avion. Or, deux bébés figuraient parmi les passagers.  Lyse-Rose et Emilie. La première est la petite dernière d’une riche famille. La seconde est née dans une famille qui galère pour joindre les deux bouts. Les deux familles sont bien sûr convaincues qu’il s’agit de leur enfant. Et vont s’affronter pour le récupérer, à une époque où les tests ADN ne se pratiquaient pas encore… Dix-huit ans plus tard, le détective privé engagé pour découvrir le fin mot de l’affaire prétend avoir découvert la vérité. Et livre à Lylie (contraction de  Lyse-Rose et Emilie) un cahier contenant tous les détails de son enquête. Un cahier offrant au lecteur une  multitude de pistes… De quoi titiller l’imagination du lecteur et lui garantir un bon moment de suspense.

Christelle

« Un avion sans elle », de Michel Bussi, éditions Presses de la Cité, 532 pages, 22 €

Cote: 4/5