Entre polar et fantastique


davidkharaMêlant polar et fantastique, David S. Khara a imaginé un duo improbable, celui d’un flic éprit de justice et d’un aristocrate cultivé devenu vampire, aux méthodes plus expéditives. Un mélange détonant et non moins palpitant. 

D’où est venue l’idée de mêler intrigue policière et histoire de vampires ?

A l’origine, j’avais souhaité intégrer un élément fantastique pour masquer le réel propos du roman, soit la reconstruction après la perte des êtres aimés et l’espoir qui se cache dans le regard bienveillant de l’autre. Le recours au fantastique me permettait également de traiter d’aspects historiques qui sont omniprésents dans mes écrits, en l’espèce, la Guerre de Sécession et la construction des Etats-Unis. Venant du dix-neuvième siècle, le personnage de Werner porte un regard distancié sur notre monde et donne, par ses points de vue décalé, une touche humoristique à certains passages. Le côté vampirique m’intéressait en cela qu’il relève de l’Eros et du Thanatos, rien de plus. Traitant de la nature humaine, développer un personnage à la fois séduisant et dangereux amenait un contrepoint intéressant. Très égoïstement, je prends un très grand plaisir à écrire la langue de Werner. Le mélange policier et surnaturel me permettait également d’opposer deux visions : l’application du droit par Barry, et la volonté de dispenser une justice expéditive de Werner. J’y voyais une vraie source de réflexion.Enfin, je me suis amusé à détourner les codes du vampire en empruntant à la fois une voix traditionnelle, à mille lieux de Twilight et consorts, et à redéfinir une légende explorée à foison. »

Sur quoi avez-vous fondé votre mythologie vampirique ?

« Sur le contre-pied ! Les vampires sont souvent dépeints comme les aristocrates du surnaturel, voire carrément des animaux politiques. Dans les Vestiges de l’Aube et Une Nuit Eternelle particulièrement, il en va tout autrement, mais permettez-moi de ne rien en dévoiler. Je me suis amusé à détourner les codes, à en créer de nouveaux (j’espère) et à établir une mythologie qui m’est propre et dont le principal intérêt réside dans les choix réalisés par les personnages plus que dans leur nature monstrueuse ou surnaturelle. Les Vestiges de l’Aube et Une Nuit Eternelle ne traitent, au final, que de l’humain… »

Comment est né le personnage de Werner ? Et celui de Barry ?

« Permettez-moi de jeter un voile pudique sur les origines de Werner et Barry. Sachez juste qu’ils sont bien plus réels qu’on ne pourrait le penser… »

Votre modèle vampirique ? Vous en avez un ? Vous êtes plutôt Anne Rice ? Bram Stoker ? Stephenie Meyer ?

« Mon modèle vampirique s’inscrit à l’exact opposé de celui proposé par Stephenie Meyer. Le vampire m’intéresse moins que l’homme. »

Il pourrait y avoir une suite… C’est prévu ? (Dites Ouiiiii!) Vous avez encore des aventures prévues pour ce duo ?

« Je vous réponds « oui », mais vraiment parce que vous l’avez demandé avec un grand entrain ! Rassurez-vous, les aventures de Werner et Barry ne sont pas terminées et rien ne dit que je m’arrête à une trilogie. »

Vous connaissiez la fin de l’histoire avant de commencer ?

« Tout à fait. Dans chacun de mes romans, je connais la dernière phrase au moment où j’écris la première. Pour autant, je travaille sans le moindre plan, ni la moindre note. Je connais des points de passages obligés, mais je me laisse une totale liberté quant à la façon dont les points se rejoignent. »

Vous avez fait beaucoup de recherches ? Notamment sur les Templiers ? Quelle est la part de vrai ?

« Aussi étrange et incompréhensible que cela paraisse pour une certaine intelligentsia, écrire dans les domaines de l’Imaginaire exige une énorme documentation. Pour demeurer crédible, mes fictions s’appuient toutes sur des faits historiques ou scientifiques réels, sur des lieux et des personnages existants. De fait, pour mêler fictions et réalité, il faut consentir à un énorme travail. Pour Une Nuit Eternelle, les éléments concernant la hiérarchie, certains mode de fonctionnement, et même la situation d’un Krach en Moldavie sont respectueux de la réalité. Quant à savoir a vraiment dévoilé le plus grand secret de l’Ordre dans son Requiem, tout est possible…

Vous placez dans votre livre les noms de collègues de la Ligue de l’Imaginaire ?

« En effet, ils y apparaissent quasiment tous, certains bénéficient même d’un traitement de faveur. Je pense notamment au malheureux Patrick Bauwen, mais je n’en dévoilerai rien ici. Je désirais adresser un clin d’œil à mes amis aussi bien qu’aux lecteurs. Certaines apparitions me font encore rire… »

En quoi consiste cette appartenance à la Ligue ?

« Nos objectifs sont multiples. Nous défendons et promouvons les littératures dites de l’imaginaire, qu’il s’agisse de polar, thriller, SF, Fantasy ou autre. Nous organisons également des rencontres entre le public et les acteurs de l’imaginaire, réalisateurs, dessinateurs et scénaristes, comédiens, auteurs, etc… La ligue participe à des actions caritatives et guide de jeunes auteurs à travers conseils et échanges. »

Pourquoi écrire sous pseudo ?

« Je souhaitais distancier ma personnalité privée d’une éventuelle personnalité publique. Rien ne me prédestinait à faire de l’écriture mon métier, mais dans le doute, à la publication de mon premier roman, j’ai effectué un choix préventif. Ce qui arrive à Khara n’arrive pas à David, et vice-versa. Ainsi il m’est arrivé de participer à des salons ou des rencontres en parallèles de turbulences, voire de drame, dans ma vie privée sans rien en montrer. A l’inverse, ce qui arrive à Khara n’influe en rien sur ma personnalité. »

Il paraît que vous êtes un ancien joueur de rugby. Comment s’est passé votre « reconversion » ?

« Vous me donnez l’occasion de rectifier une erreur très fréquente. J’ai joué au rugby à un niveau modeste et j’en ai stoppé la pratique suite à une blessure assez lourde au genou. Ma reconversion s’est effectuée autour de mon métier de chef d’entreprise dans la communication. J’ai tout lâché en 2009 pour changer de vie, tenter une nouvelle aventure à l’aube de la quarantaine. La transition s’est effectuée assez simplement, et pour tout vous dire, je ne regrette absolument pas mon ancienne vie. »

Christelle

« Une nuit éternelle », de David Khara, éditions Fleuve Noir, 312 pages, 18,90 €

Cote: 4/5

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