Dans la peau de Joséphine

© Carole Bellaïche

© Carole Bellaïche

Il y a la Joséphine libertine, la Joséphine impératrice et puis la Joséphine répudiée. C’est cette dernière que nous fait (re)découvrir Christine Orban, qui semble avoir pris beaucoup de plaisir à se glisser dans la peau de ce personnage historique.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous glisser dans la peau de Joséphine?
«Son destin est le destin d’une femme qui ressemble à toutes les femmes. Evidement il y a aussi une fascination de Bonaparte et l’envie de m’adresser à lui, de lui écrire depuis toujours. De me mettre à la place de cette femme qu’il a aimée et répudiée tout en l’aimant. C’était un beau rôle à jouer et à endosser, mais de l’intérieur, comme une actrice!»

Elle n’a pourtant pas une vie toujours très agréable. Elle a failli être décapitée, a été répudiée par Napoléon,…
«Oui, mais c’est un destin très romanesque, passionnant. Elle a beau avoir été impératrice, elle souffre comme n’importe quelle autre femme, une fois qu’elle est séparée de l’homme qu’elle aimait.»

Joséphine est donc la femme que Napoléon a le plus aimé?
«Oh oui, c’est même une des rares. À la fin de sa vie quand il sera à Sainte Hélène, il dira que c’est la seule femme qu’il a aimée.»

Pourquoi avoir choisi cette citation là comme titre?
«J’ai évidemment beaucoup lu pour écrire ce livre et rassemblé une grande documentation. Et cette phrase, dans la correspondance de Bonaparte, m’a sauté aux yeux et m’a semblé absolument magnifique. ‘Quel effet bizarre faites-vous sur mon cœur’: Bonaparte avait le sens des formules!»

Vous avez donc fait beaucoup de recherches.
«Oui. Pendant un an, j’ai lu, parce qu’il fallait absolument maîtriser leur histoire pour avoir la liberté de me glisser dans le personnage. L’histoire était là. Les pierres sont authentiques. Mais je me suis permis, comme c’est un roman, d’incarner le personnage de Joséphine.»

Vous laissez entendre à la fin qu’elle n’est peut-être pas morte d’un refroidissement. C’est le roman ou il y a des preuves?
«Il y a eu des doutes à ce sujet. J’ai trouvé des documents d’époque, des rapports de police où certains laissent imaginer que cela aurait pu être un empoisonnement. Mais il n’y a pas de preuves, non. Mais il est sûr que la mélancolie a joué. Elle est morte cinq ans après sa répudiation. Et elle n’a pas eu la force d’âme comme lui demandait Bonaparte, qui ne l’abandonnera jamais, de chasser la mélancolie. Malgré la bienveillance qu’elle a gardé envers Bonaparte.»

Joséphine serait donc à l’origine de quelques articles du code civil à la gloire de la primauté masculine?
«Oui, c’est possible puisque que comme vous savez, Napoléon est à l’origine du code civil. C’est lui qui a introduit quelques lois assez machos. C’est probablement à cause de l’exemple qu’il avait. Ou bien son idéal du couple matrimonial. Il est peut-être macho, mais en même temps, il protège la femme. C’est lui qui dira que l’on ne peut pas divorcer d’une femme de plus de 45 ans.»

Faites ce que je dis, pas ce que je fais…
«En effet. Mais Joséphine acceptera au nom de la raison d’État.»

Ce livre montre aussi l’autre Joséphine, pas la femme volage décrite habituellement?
«Il y a trois Joséphine. C’est vrai qu’elle a été volage. Mais il ne faut pas oublier que c’est une femme qui a failli être décapitée. Après la terreur, il y a eu une période de libertinage. Ils voulaient se prouver qu’ils étaient vivants. Voilà pour la première période. Dans la deuxième période, elle est impératrice. Et la troisième, elle est répudiée et dira ‘j’ai été impératrice, je serai enfin moi-même. C’est cette période là qui m’a le plus intérressée, celle où elle devient la vraie Joséphine, debarrassée de la couronne, débarrassée de la Terreur.»

Pourquoi avoir choisi cette forme d’écriture?
«C’est une lettre. Pour être au plus proche.»

Votre roman est annoncé roman de l’été.
«Cela, c’est un choix d’éditeur! La maison d’édition m’a fait le bonheur d’adorer mon livre, et ils ont imaginé que ce serait un livre agréable à lire pendant cette période de vacances.»

@ChristelleDyon

quel_effet_bizarre_faites_vous_sur_mon_coeur_02EN QUELQUES LIGNES
Christine Orban s’est glissée dans la peau de Joséphine de Beauharnais dont elle nous fait partager la passion pour Bonaparte. Au-delà du personnage historique, c’est d’une femme à la fois libre et fragile dont elle dresse le portrait. Sous la forme de lettres, Christine Orban endosse le rôle de Joséphine réfugiée à la Malmaison, répudiée par Napoléon parce qu’elle ne pouvait pas lui donner d’enfant. Certes, l’histoire est connue. On prend toutefois beaucoup de plaisir à la redécouvrir, sous la plume talentueuse et empreinte d’émotion de l’auteure de « N’oublie pas d’être heureuse » et du « Silence des hommes ».« Quel effet bizarre faites-vous sur mon cœur », de Christine Orban, éditions Albin Michel, 272 pages, 19 €Cote: 3/5

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