Un roman d’amour optimiste

DSC03302bis «On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux», disait Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry. C’est aussi le message que nous fait passer Akli Tadjer dans son dernier roman à la fois plein d’humour et de tendresse.

Pourquoi ce titre?

«Parce qu’il est en rapport avec le métier de la narratrice, la mort. C’est un clin d’œil aussi au salon de massage du livre, au paradis physique, au plaisir que l’on peut avoir quand on se fait masser! Et puis l’histoire se passe rue du paradis!»

Votre héroïne et sa meilleure amie ont des métiers peu ordinaires: croque-mort et thanatopractrice…

«J’ai connu une jeune femme qui tenait une entreprise de pompes funèbres. Je voyais bien le rapport qu’elle avait aux autres. Je trouvais que cela faisait un personnage romanesque. Des personnes qui ont un métier un petit peu en marge de la société, ce sont des mines pour les écrivains. La thanato, c’était pour faire le tandem avec son amie. Les gens qui sont dans la mort, ils finissent toujours par se retrouver. Quand une jeune femme qui tient une entreprise de pompes funèbres rencontre une thanato, qu’est-ce qu’elles se racontent? Des histoires de macchabées quoi!»

Vous avez fait beaucoup de recherches?

«Oui, sur la thanato, beaucoup. Parce que pour que les personnages soient crédibles, il faut que l’on soit complètement dans leur job. Et puis c’est l’honnêteté de l’auteur aussi de bien faire son travail.»

Un autre de vos personnages a été trapéziste…

«Oui, c’est beaucoup de métaphores. Il a passé une partie de sa vie a tutoyé les étoiles, à être plus près du bon dieu, du paradis. Puis un accident l’a cloué au sol. Il rampe au sol comme n’importe quel humain, quel cafard. C’est fini les étoiles. Jusqu’au jour où il va rencontrer son étoile.»

Quel rapport entretenez-vous avec le lait concentré sucré?

«Le lait concentré sucré, j’avoue, c’est moi! Moins maintenant, mais j’ai longtemps eu une addiction au lait concentré sucré. Chaque fois que je passe devant un rayon, je tourne la tête pour ne pas me laisser tenter. Et le mélanger au Curly, je me suis dit que cela devait être bien dégueulasse: on doit prendre un kilo dans chaque fesse. Elle aurait pu fumer des joints, mais je me suis dit que le lait concentré et les Curly, c’était encore plus violent que la coke.»

Vous avez d’autres points communs avec votre héroïne?

«Comme elle, je vis un peu en marge. Je n’ai pas un métier très commun non plus. On me regarde souvent comme une curiosité.»

Vous connaissiez la fin du livre en commençant à écrire?

«Quand je commence un roman, je connais le début, forcément, et la fin, mais entre les deux, je ne sais absolument pas ce qui va se passer. Je savais ici par exemple que j’allais raconter une histoire d’amour, mais je ne savais pas quand mes protagonistes allaient se rencontrer. C’est mon plaisir d’auteur de me surprendre.»

Vous décrivez donc votre livre comme une histoire d’amour?

«D’amour, oui, mais c’est surtout que je voulais raconter un roman optimiste. Qui me fait du bien en l’écrivant. Parce que les temps sont devenus tellement maussades que même les imbéciles ne sont plus heureux.»

Il pourrait être adapté à la télévision comme vos précédents?

«Je préférerais le cinéma si j’avais le choix. Mais oui, ce serait un plaisir. Il y a des pistes. L’idéal, ce serait qu’Omar Sy joue le rôle de Léo.»

Vous avez commencé déjà le prochain roman?

«Je vais m’y mette incessamment sous peu. Cette fois, cela devrait tourner autour de la danse.»

Christelle 

aklitadjerEn quelques lignes

Adèle Reverdy et sa meilleure amie Leila ont des métiers hors du commun. La première est croque-mort et dirige une entreprise de pompe funèbre. La seconde est une talentueuse thanatopractrice. Mais côté cœur, on ne peut pas dire que leurs métiers ont la cote auprès des hommes. Surtout qu’Adèle est accro au lait concentré sucré et aux Curly, un cocktail explosif pour la silhouette. Mais sa sœur est bien décidée à la caser et lui organise une fête où elle a invité plein de prétendants potentiels pour ses 30 ans. C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de Léo, un ancien trapéziste devenu masseur à la suite d’un accident. Entre eux va naître une belle histoire d’amour que l’auteur nous conte avec humour et tendresse.

«Les thermes du paradis», d’Akli Tadjer, éditions JC Lattès, 314 pages, 18 €

cote: 3/5  

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