Le scénariste, la star et le mafieux

beneguiDans sa dernière comédie, Laurent Bénégui met dans une situation improbable un scénariste au chômage, une star et un mafieux.

C’est trop tentant de vous demander le pitch du livre en 17 mots!
«(rires) J’ai essayé je n’y suis pas arrivé… (en comptant sur ses doigts) La rencontre entre un scénariste looser et un mafieux psychopathe. Cela fait dix déjà. Et une star. Là on va y arriver. Mais cela ne dit rien de la rencontre.»

Votre héros est auteur de scénarios, il s’appelle Laurent… Cela fait beaucoup de similitudes avec vous.
«Il y a une part d’autobiographie, parce que parallèlement à mes activités de romancier, j’écris aussi des scénarios et je fais des films. Donc je connais bien ce milieu. En ce qui concerne le prénom, depuis cinq romans maintenant, tous mes personnages principaux s’appellent Laurent, ce qui m’évite d’avoir à chaque fois à réfléchir à un prénom! Il y a évidemment un peu de moi là-dedans. Mais je pense qu’on écrit plutôt avec ses angoisses. J’écris plutôt ce que je n’aimerais pas qui m’arrive. La part autobiographique, c’est ma peur qu’il m’arrive tout ce qui lui arrive.»

Vous avez déjà trouvé de l’argent dans les toilettes d’un restaurant?
«Pour tout vous dire, il m’est arrivé une fois dans les toilettes d’un restaurant de trouver de l’argent dans les toilettes d’un plafond. J’ai imaginé que si c’était une grosse somme et qu’elle appartenait à quelqu’un de peu recommandable, cela pouvait être le début d’une aventure incroyable.»

Vous en avez fait quoi, vous de l’argent?
«(rires) Je l’ai gardé, je dois dire. C’était des francs à l’époque. Il devait y avoir quelques centaines de francs. On était plusieurs amis. On est allés tour à tour aux toilettes. Chacun a passé la main dans le plafond. On avait 18 ans. Il y a donc prescription!»

Vous écrivez que pour être écrivain, il faut avoir quelque chose de soi à dire aux autres.
«Ce que j’ai à dire est en filigrane dans le roman. Cela parle un petit peu comment les gens deviennent fous avec tout ce qui touche à la notoriété et dont le star-system n’est jamais que la partie la plus visible. Dès qu’on peut se montrer à la TV, être vu, reconnu, cela rend les gens dingues. Et puis peut-être aussi, ce qui touche à moi, c’est une vision sur le monde. J’essaie d’écrire les choses avec humour. Je n’arrive pas à prendre les choses totalement au sérieux. Je pense que les situations les plus graves méritent toujours un sourire, qu’on les regarde avec un peu de distance.»

Votre star hollywoodienne préférée, celle que vous rêvez de sauver, c’est Angelina Jolie?
«Ah, vous l’avez reconnue? (rires) Elle n’est pas citée! Ce n’est pas qu’elle est ma star préférée, mais je pense vraiment qu’elle est une des personnes les plus connues au monde, probablement plus même que Barack Obama ou Vladimir Poutine. La notoriété de quelques personnes est tellement inimaginable que ce sont de vrais phénomènes planétaires. L’héroïne du roman, pour ne pas la nommer, est un symbole incroyable de cette notoriété.»

Mangez-vous de la viande?
«Oh oui! Mais assez peu de plats que je ne prépare pas par moi-même! J’adore cuisiner. J’aime bien faire tout moi-même de A à Z.»

Vous procédez comme votre héros pour écrire? Vous connaissiez la fin de l’histoire en commençant à écrire?
«Pour chaque roman, c’est différent. Je savais comment cela commençait et comment cela finissait. Il fallait inventer tout le reste entre les deux. Mais je n’ai pas de règles là-dessus. Il y a des romans pour lesquels je sais à peu près tout. D’autres pour lesquels je n’ai que le début et je n’essaie pas d’inventer la fin tant que l’écriture ne m’y a pas mené.»

Vous aussi, vous avez de bonnes scènes orphelines?
«Oui, j’ai des chapitres orphelins. Ce roman-ci faisait 100 pages de plus que j’ai coupées. Il y a des scènes comme cela qui peuvent avoir une vraie valeur en soi. Et puis on se dit qu’elles ne sont pas à leur place dans ce roman, qu’on les mettra ailleurs. Et puis elles ne trouvent jamais de place. Je n’ai pas d’exemples mais il y a des idées qui ont 15 ans d’existence, j’y repense de temps en temps. Et elles restent orphelines!»

Ce roman pourrait être adapté au cinéma comme vos précédents?
«Oui, je pense qu’il pourrait tout à fait être adapté. Ce qui serait marrant, c’est d’essayer de contacter vraiment la star hollywoodienne en question. Si ce n’est pas elle, cela pourrait être adapté. Cela pourrait marcher avec n’importe quelle actrice, voire acteur, à condition qu’il ait cette réputation mondiale puisque cela fait partie du moteur du récit, c’est-à-dire comment les gens deviennent dingues à l’idée de côtoyer cette célébrité.»

Et où en est l’adaptation de «SMS»?
«Le film est en train de se finir. Il sort le 20 août. Deux autres adaptations sont prévues. Pour le roman qui s’appelle ‘Le jour où j’ai voté pour Chirac’, il y a un vague projet de tourner cette année, je ne sais pas si cela se fera. Et ‘Mon pire ennemi est sous mon chapeau’ , c’est moi qui vais le tourner. J’attends une réponse d’un acteur… Je suis donc comme le personnage de mon roman.»

Christelle

beneguihollywoodEn quelques lignes

Que feriez-vous si vous trouviez un jour une grosse somme d’argent cachée dans les toilettes d’un café? Quitté par sa femme, viré de la série télé sur laquelle il bosse, et forcé de vivre une semaine sur deux dans un appart minuscule avec deux gosses déchaînés, Laurent Labarrère ne réfléchit pas longtemps. Sauf que l’argent appartenait à un mafieux russe psychopate, Boris Modeskovine. Suite à des ennuis de santé, ce dernier est obligé de changer de boulot. Et décide de se reconvertir dans le cinéma. Il va donc engager Laurent pour écrire le scénario d’un film dans lequel il voit dans le rôle principal, une star hollywoodienne. Trois personnages qui avaient peu de chances d’un jour se rencontrer. Mais cela, c’était compter sans Laurent Bénégui et son art de plonger les personnages dans des situations explosives.

«J’ai sauvé la vie d’une star d’Hollywood», de Laurent Bénégui, éditions Julliard, 352 pages, 20 €

Cote: 4/5

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