Intrigues à l’ombre de l’Atomium

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Jonathan Coe qui s’est fait connaître avec « Testament à l’anglaise » » (prix du meilleur livre étranger 1996) et « La maison du sommeil » (prix Médicis étranger 1996) nous gratifie avec « Expo 58 » d’un très très bon cru ! Son dernier né s’avère frais et rythmé. Il sent bon le vintage et fait la part belle à l’humour (belge et british). On adore !

Outre-Manche

Cette fois, l’auteur anglais n’hésite pas à traverser la Manche et s’intéresse à un événement d’envergure international qui ne s’est donc pas déroulé sur ses terres, mais bien chez nous, en Belgique. Une fois n’est pas coutume… « En fait, je voulais écrire une histoire qui se passe en Grande-Bretagne à la fin des années 50. Mais je n’ai rien trouvé d’intéressant chez nous à cette époque », confiait l’auteur en février lors de la Foire du Livre de Bruxelles, dont il était l’invité d’honneur. Jonathan Coe sort donc ses personnages de Londres pour les emmener à Bruxelles, sur le site de l’exposition universelle, à l’ombre de la fameuse Atomium qui semble fasciner tant l’auteur que son héros.

Parodie de roman d’espionnage

Thomas Foley, petit fonctionnaire sans grande envergure, n’hésite que fort peu à délaisser femme et enfant pour une période de six mois quand le ministère de l’Information pour lequel il travaille depuis de nombreuses années lui propose de partir pour Bruxelles. Il doit y superviser la construction du Pavillon britannique et veiller à la bonne tenue du Britannia, un pub monté sur le site de l’Expo et censé incarné à la fois la tradition et la modernité britanniques. Sylvia, épouse toute dévouée de cette fin des années 50, accuse stoïquement le coup. Foley profite de ce vent de liberté nouveau. Il ne lui faudra pas bien longtemps pour s’amouracher -en tout bien tout honneur, of course- d’Anneke, une jeune hôtesse de l’Expo, et sympathisera très vite avec toute une kyrielle de personnages hauts en couleurs. Il y a son compagnon de chambrée Tony -scientifique responsable d’une des pièces maîtresse du pavillon britannique-, Chersky, ce journaliste russe pas très net, ou encore la belle Emily, une actrice américaine en peine de succès. Un tel mix de nationalités en période de guerre froide… Et voilà Foley embarqué bien malgré lui dans une affaire d’espionnage.

Néerlandophone ?

Jonathan Coe s’est extrêmement bien documenté pour l’écriture de son dernier opus. Ce qui ne l’en rend que plus intéressant. On ne pourra tout de même s’empêcher de noter un petit accent flamand plus prononcé que nécessaire dans la traduction française. Les lieux dits et noms de rues de la capitale sont exprimés -comme dans la version originale- en néerlandais, alors que Bruxelles est une ville certainement plus francophone que néerlandophone. Un détail qui n’aurait pas dû échapper à la traductrice… On connaît davantage la rue Sainte-Catherine que la Sint-Katelijnestraat. Notons aussi les remerciements de Jonathan Coe à l’égard de la Koninklijke Biblitoheek van België. Assurément, Bibliothèque nationale de Belgique sonne mieux en français. Autant de détails qui feront davantage sourire qu’ils ne vexeront 😉

Anne-Sophie

« Expo 58 » de Jonathan Coe, éditions Gallimard, 330 pages, 22 euros

Cote: 5/5

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