Mémé Cornemuse is back !

20140223_130357Nadine Monfils et sa mémé déjantée sont de retour dans un road-movie décapant tantôt en camionnette aménagée en baraque à frites, tantôt en cargo ou en voiture de flic. C’est d’ailleurs à bord de la baraque à frites de la vieille que l’auteure bien de chez nous  dédicaçait ses polars ce weekend à la foire du livre de Bruxelles.

La vieille n’avait pas encore dit son dernier mot?
«Tant qu’elle allume la petite flamme qu’il y a dans ma tête et qu’elle me cause, je me balade avec. Je lui fais faire des fabuleux voyages et des choses crapuleuses parce que cela m’amuse bien.»

Mémé Cornemuse vous traite de tarée dans ce livre! Vous la laissez faire?
«(rires) C’est vraiment une salope! Si elle continue, je vais la tuer. Il faut qu’elle se calme absolument.»

Mis à part cela, vos rapports sont bons?
«Oui, on cohabite très bien. Elle me fait beaucoup rire. Elle symbolise mon côté sale gamine, espiègle. J’ai le sentiment en ce moment qu’on vit dans une société de plus en plus aseptisée, où au lieu de s’ouvrir, on s’enferme avec des tas d’interdits. Encore plus en France d’ailleurs qu’en Belgique, puisque je vis entre les deux. Et je pense qu’inconsciemment, cette mémé symbolise ma soif de liberté. Et c’est un peu un coup de pied dans la fourmilière de cette société. Cela a commencé avec la cigarette. Je ne suis pas du tout une fumeuse. Interdire la cigarette dans les restos, c’est très bien. Mais dans les bistrots, quand même! Cela faisait partie d’une image. On va jusqu’à couper la pipe de Simenon. Il y a un truc qui ne va plus. Bientôt, on va retoucher les tableaux de Magritte. Où va-t-on? La vieille, c’est une anarchiste.»

Vous portez vraiment des bretelles fluo?
«Souvent. D’ailleurs aujourd’hui regardez, j’ai une écharpe fluo.»

Kidnapper Jean-Claude Van Damme, fallait oser!
«C’est un de mes grands fantasmes. (rires)»

Vous rêvez de l’épouser vous aussi?
«J’ai déjà eu trois maris, je pense que là, je vais m’arrêter! Mais cela me ferait marrer de le rencontrer. Pour moi, c’est un personnage. J’ai du respect pour ce mec-là, parce que je trouve qu’il a eu un parcours qu’il ne doit qu’à lui-même. Et ses phrases me font rires. D’ailleurs, j’émaille mon bouquin avec de vraies phrases de lui. Il a ce côté surréaliste qu’on a ici en Belgique. Je crois que cela doit être un gentil. Peut-être pas un facile. C’est comme Mémé Cornemuse, faut pas l’ennuyer.»

Mémé Cornemuse doit donc son nom au fait qu’elle aime bien les Écossais.
«Oui, elle adore les Écossais parce qu’ils ne portent pas de culottes. Mémé Cornemuse, c’est quand même une cougar comme on dit aujourd’hui. Une femme qui aime la vie, le sexe, la bouffe, le péket, bourlinguer. C’est quelqu’un qui a décidé que, vu l’âge qu’elle a, elle peut faire tout ce qu’elle veut. Et en même temps, elle se voit encore comme une pin-up. Elle a un petit décalage dans sa tête.»

On fait aussi connaissance avec une nouvelle famille de tordus…
«Oui, j’aime bien les bras cassés, les tombés du camion. C’est vraiment une bande de barakis comme on dit. Ils vont kidnapper Jean-Claude. Et donc là, cela va vraiment chauffer pour eux. On a touché à l’idole de Mémé. Et cela, ce n’est pas possible.»

Ce livre est à nouveau une ode à la Belgique. On y retrouve Annie Cordy, JCVD, des mots de bruxellois.
«Oui. Je suis très attachée à mon pays. J’adore les accents. D’ailleurs, il faut savoir que Pagnol, c’est quand il est venu voir Bossemans et Coppenolle qu’il s’est mis à écrire en gardant l’accent du midi. Je trouve qu’il faut garder ce parfum, cette couleur. Les accents belges, canadiens, etc. C’est quand même un bonheur d’être différent!»

Vous faites aussi un clin d’œil à votre commissaire Léon.
«Oui. J’en ai écrit dix de cette série qui viennent d’être réédités chez Belfond. Et puis il y a un inédit où il termine en burn-out, un peu gaga. Il dit qu’il a perdu la mémoire mais on n’en est pas sûr. Et il termine sur une plage d’Ostende avec un seau et une pelle. Il fait des pâtés. Et je trouvais marrant d’imaginer Mémé Cornemuse qui bute dessus. J’aime bien faire croiser mes mondes, mes personnages. Ou que mes personnages me rencontrent. J’ai une vraie tendresse pour mes personnages, les gentils comme les méchants d’ailleurs.»

Vous pensez à eux quand vous n’êtes pas en train d’écrire?
«Oui. Par exemple, le commissaire Léon ou Mémé Cornemuse, je n’aurais jamais imaginé en faire une suite. Mais il y a des personnages comme cela qui sont plus forts que d’autres et qui continuent à te parler, à t’embarquer. Tant que Mémé Cornemuse m’embarquera, je continuerai avec elle, parce que je m’éclate!»

Côté ciné, vous en êtes où?
«J’ai plusieurs projets sur le feu, dont ‘Les vacances d’un serial killer’ qui devrait se faire avec Myriam Boyer, qui est la maman de Clovis Cornillac, et avec Didier Bourdon. Et puis l’autre, c’est ‘Nickel Blues’.»

La vieille qui voulait tuer le bon dieu vient de sortir chez Pocket.
«Oui. Je suis très contente d’être en poche. C’est un format très chouette. Je suis un peu assimilée à de la littérature populaire, du coup je trouve que c’est bien qu’on trouve mes livres à un prix démocratique et accessible à tout le monde. Je suis très contente que ce personnage plaise. On me dit souvent que Mémé Cornemuse, c’est mieux qu’un médicament, qu’elle devrait être remboursée par la sécu. Et cela me fait très plaisir!»

Christelle

monfilsEn quelques lignes
Mémé Cornemuse n’a pas dit son dernier mot. Cette fois, elle nous entraîne dans un road-movie en baraque à frites avant de nous embarquer à bord d’un cargo direction Hollywood (ou presque) à la rencontre de son idole de toujours, JCVD himself. Sauf que ce dernier a été kidnappé par une famille de barakis. Mais bien sûr, c’était sans compter sur la mémé pleine de ressources imaginée par la Belge Nadine Monfils qui n’a pas fini de lui faire vivre des aventures décapantes. Attachez bien vos ceintures car le voyage décoiffe! Et pour ceux qui ont manqué ses premières aventures et veulent se rattraper, «La vieille qui voulait tuer le bon dieu», dans lequel Mémé Cornemuse s’improvise concierge, vient de paraitre en Pocket.

«Mémé goes to Hollywood», de Nadine Monfils, éditions Belfond, 226 pages, 19 €
Cote : 3/5

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