Quand tout n’est pas bien qui finit bien

© Fabienne Cressens

© Fabienne Cressens

Tout n’est jamais bien qui finit bien avec Barbara Abel! Même après la fin, comme le prouve son dernier thriller dans lequel on retrouve les personnages de «Derrière la haine» (du moins les rescapés!) huit ans plus tard.

Vos héros vous ont poursuivis pour que vous racontiez la fin de leur histoire?
«Cela a été un concours de circonstances. Après ‘Derrière la haine’, au départ, il n’était pas vraiment question d’une suite. Mais c’est vrai que son succès m’a encouragé. Et puis, je suis fan de séries et cela faisait un petit bout de temps que j’avais envie de me frotter à cet exercice de raconter une histoire où les personnages existaient déjà, où les lecteurs les connaissent déjà. Quand on est accroché à une série, retrouver tous les personnages la saison suivante, c’est comme si on retrouvait de vieux potes. Et puis aussi mes enfants grandissent et j’ai un ado maintenant à la maison. Et pour être tout à fait sincère, un jour j’ai eu une grosse prise de tête avec mon fils. J’étais tellement énervée et sous tension que je me suis dit que dans mon prochain roman, je mettrais un ado! J’ai pensé à Milo que j’avais laissé à 7 ans. Je me suis demandée à 15 ans ce que cela donnerait. Le truc s’est lentement mis en route!»

Vos personnages viennent parfois vous frapper derrière l’épaule?
«Oui, c’est un peu cela, une envie de les retrouver. Comme la fin de ‘Derrière la haine’ était assez choc et qu’il y avait une sorte d’impunité (je ne dis pas qu’il n’y a pas d’impunité à la fin de celui-ci, mais bon!), je trouvais cela intéressant de continuer l’aventure.»

Ici aussi, la fin est très ouverte. Une suite est encore prévue?
«C’est vrai que ce coup-ci, j’ai laissé la fin ouverte pour me donner la possibilité de faire une suite. Ceci dit, là je n’ai pas du tout envie d’écrire une suite. J’ai envie de prendre un peu de recul. Et puis surtout je n’ai pas l’idée. Parce la condition sine qua non pour faire une suite à ‘Derrière la haine’, c’était de trouver une fin aussi choc. Il fallait faire la même chose mais différemment. C’est-à-dire qu’il fallait que le lecteur qui ait apprécié ‘Derrière la haine’ retrouve cette ambiance, ce rythme, cette construction, cette manière de raconter. Mais de manière différente parce que si on fait la même chose, les lecteurs ne seraient pas contents. J’ai donc commencé à flirter avec cette idée, et à réfléchir à l’histoire. J’ai trouvé une fin choc. Pour un troisième, ce sera la même condition. Mais il faut que je trouve l’histoire aussi, parce qu’il reste de moins en moins de personnages! Je ne vais pas faire une suite et fin pour faire une suite et fin.»

La rue Edmond Petit ressemble de plus en plus à Wistoria Lane!
«Oui. Quand j’ai écrit ‘Derrière la haine’, je n’ai pas du tout pensé à cela, pourtant je suis fan de ‘Desperate Housewives’. Quand il est sorti, plusieurs journalistes ont fait la comparaison. Mais j’essaie de ne pas trop m’accrocher à tout ce qui est référentiel. Parce que j’ai la sensation que lorsqu’on essaie de cibler un public, ou d’écrire un livre pour qu’il devienne un film, cela ne fonctionne pas. Mais je suis heureuse de la référence, j’aime bien!»

Justement, vos deux derniers thrillers pourraient être adaptés au cinéma?
«Il y a des projets… Mais qui sont tellement au début que cela ne veut rien dire. Plusieurs de mes livres ont intéressé des producteurs, et puis finalement cela n’a rien donné. Mais là, cela a l’air d’être bien parti.»

Vos voisins ont lu votre livre?
«(rires) Je ne sais pas. Ils ne m’en ont pas parlé. Mais ils n’ont pas déménagé en tout cas. Et on s’entend bien. On entretient ce qu’on appelle des rapports de bon voisinage.»

Comment trouvez-vous les noms de vos personnages?
«Ah cela, c’est toute une aventure, parce qu’il faut que je trouve des prénoms de gens que je ne connais pas. Sinon, les amis, les proches risquent de se poser des questions! Ici pas exemple, pour Tiphaine, comme c’est vraiment une vraie salope même si elle a des circonstances atténuantes, je devais vraiment trouver un prénom pas trop commun. Des Tiphaine, je n’en connaissais pas du tout. Mais depuis, j’en ai rencontré une qui est super sympa. Mais elle a lu le livre et cela l’a bien fait marrer!»

Pour vous détendre un peu, vous pourriez revenir à la comédie?
«Je ne sais pas trop. J’ai eu beaucoup de plaisir à les écrire, mais le public n’était pas trop au rendez-vous en fait. Quand j’ai sorti ‘Le bonheur sur ordonnance’, il y a eu un effet de curiosité. Mais quand j’ai sorti ‘La brûlure du chocolat’, tout le monde m’a demandé quand est-ce que je réécrivais un thriller! Et puis il faut dire que je m’amuse beaucoup dans le thriller. Donc pas pour le moment.»

Sur quoi travaillez-vous actuellement?
«Je suis sur le début d’un thriller. Mais je vais un petit peu sortir de mes sentiers battus. Contrairement à ce que je fais d’habitude, ce sera une histoire avec beaucoup de personnages. Après les deux aventures claustrophobes de ‘Derrière la haine’ et ‘Après la fin’ où on est vraiment que sur quelques personnages, dans deux maisons, j’ai besoin de changement. Ce sera pour 2015 à mon avis.»

Vous faites désormais partie de la Ligue de l’Imaginaire.
«Oui, je suis membre de la Ligue de l’imaginaire depuis juin 2013.»

En quoi consiste cette ligue?
«Au départ, ce sont quelques auteurs qui se sont rencontrés dans des festivals etc, qui se sont bien entendus, et ont décidé de concevoir la Ligue pour promotionner les littératures de l’imaginaire, lui redonner ses lettres de noblesse. Les polars, les thrillers, le fantastique, la science-fiction, c’est ce genre de littérature que l’on veut promouvoir et défendre dans une qualité d’écriture, de scénario… Mettre ce genre de littérature en tant que littérature de genre, sous-entendu d’une moins bonne qualité, c’est complètement absurde. C’est ce genre de littérature qui fait rêver les gens. Cela a pris de l’ampleur parce qu’elle compte parmi ses membres Maxime Chattam, Bernard Werber, Frank Thilliez qui par leur notoriété ont fait parler de la Ligue.»

Vous êtes la première femme à entrer dans cette ligue, cela fait quoi?
«J’en suis honorée bien sûr. Sincèrement, je trouve cela assez rigolo. En dehors de l’aspect promotionnel, c’est vrai que c’est une chouette bande! C’est toujours sympa de les voir, de se réunir, de boire un verre ensemble.»

Christelle

Barbara Abel dédicacera ses romans à la foire du livre vendredi de 19h à 21h et dimanche de 14h à 16h. Elle débâtera également avec Bernard Werber samedi, à 15h au Forum.

barbara abelEn quelques lignes

Comme le laissait craindre la fin de «Derrière la haine», Tiphaine et Sylvain ont échappé à la justice. On les retrouve donc huit ans plus tard alors que leur couple bat de l’aile. Après la
mort tragique de leur fils Maxime, ils ont déménagé dans la maison de leurs anciens voisins, Laetitia et David, et adopté leur fils Milo désormais donc orphelin. Ce dernier est devenu
un ado. Pas insensible aux charmes d’Inès, la fille de leur nouvelle voisine Nora, qui
vient d’emménager juste de l’autre côté de la haie avec ses deux enfants. Tiphaine et Sylvain sympathisent, eux aussi, avec ces nouveaux voisins. Tout est presque comme au bon vieux temps. Mais ne vous y trompez pas. Avec Barbara Abel aux commandes, tout n’est jamais bien qui finit bien après la fin!

«Après la fin», de Barbara Abel, éditions Fleuve Noir, 332 pages, 18,50 €

Cote: 4/5

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