Un effet papillon

Photo Loïc Delvaulx

Photo Loïc Delvaulx

Pour son premier roman, la Bruxelloise Anne Duvivier place son héroïne dans une cohabitation forcée. Un «échange risqué» plus complexe qu’il n’y paraît. Avec un joli effet papillon en prime. 

C’est votre premier roman. Comment vous êtes-vous lancée dans l’écriture?
«Il y a quelques années, j’ai commencé à suivre des ateliers d’écriture. J’ai écrit de courts textes d’abord. Puis à un certain moment, j’ai eu envie de me lancer dans un projet de plus grande envergure. Je me suis donc lancée dans un roman, soutenue malgré tout par un atelier d’écriture.»

Comment est née l’histoire?
«Cela s’est construit au fur et à mesure. Je suis partie du personnage de Jane, une jeune scientifique belgo-américaine, qui revenait à Bruxelles et donc était un peu dépaysée, et qui allait redécouvrir certaines choses de sa culture. Cela m’amusait. Je me suis demandé ce qui pouvait bien faire venir une scientifique à Bruxelles. C’est ainsi qu’est venue l’idée du musée d’Afrique de Tervuren, d’abord parce que c’est un beau lieu, et puis parce ce sont des collections assez particulières, très rares sur le plan mondial. Je suis partie de cela. Je ne suis pas du tout scientifique moi-même, mais l’idée de s’occuper de papillons me plaisait bien. Je suis allée visiter le musée et le département zoologique pour ne pas être complètement foireuse dans les éléments que j’apportais! Et puis j’ai mis ce personnage dans une situation inconfortable de cohabitation forcée que je trouvais plutôt amusante comme point de
départ.»

Connaissiez-vous la fin avant de commencer?
«Non, pas du tout. Elle m’a même surprise (rires)! Passée la moitié du roman, j’avais tiré des fils et je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose de tout cela! Ce qui est assez amusant, c’est que je me suis retrouvée un peu dans la même situation que le personnage principal qui finalement ne sait pas ce qui la mobilise. Une fois que j’avais trouvé la fin, cela m’a obligée à retravailler l’entièreté du
roman pour que cela reste
cohérent malgré tout.»

Le titre fait donc référence à bien plus qu’un simple échange d’appartement.
«Oui, j’ai trouvé le titre à la fin du roman seulement.»

Les papillons de la couverture ne font pas seulement référence à ceux qu’étudie l’héroïne. On assiste à un bel effet papillon.
«En effet. Et s’il y a deux papillons sur la couverture, ce n’est pas un hasard non plus! C’est l’éditeur qui m’a proposé la couverture et je l’ai trouvée assez chouette.»

L’histoire se passe à Bruxelles.
«Je suis Bruxelloise. Cela me permet de mieux visualiser les lieux et donc d’ancrer mes personnages. Voir les quartiers, les rues, c’est plus facile pour les décrire et rendre les lieux vivants.»

Vous publiez votre roman dans une collection dédiée aux auteurs belges.
«Zellige est une petite maison d’édition française qui a pour vocation de publier des auteurs francophones, mais hors de la France. Des Haïtiens, des Nord-Africains… Et depuis peu, ils ont lancé la collection Vents du Nord, pour les auteurs belges.»

Vous avez déjà commencé un prochain roman?
«Oui, cela avance bien. Cela se passera aussi à Bruxelles. Mais c’est tout à fait un autre univers. C’est l’histoire d’un cadre d’une quarantaine d’années qui vient de perdre son boulot, en pleine crise économique. Il a une femme BCBG qui n’apprécie pas trop la situation. Et il y a aussi la femme de ménage, qui vient travailler chez eux, une Africaine, et qui est un personnage clé en quelque sorte… Ce qui va permettre aux autres personnages d’avancer.»

Christelle

anne_duvivier_un_echange_risqueEn quelques lignes

Pour son premier roman, la Belge Anne Duvivier a choisi comme cadre Bruxelles. Son héroïne, Jane, une jeune scientifique qui s’intéresse aux papillons, revient dans son pays natal après avoir grandi aux États-Unis pour y terminer sa thèse sur les lépidoptères au musée royal de l’Afrique centrale. Elle a donc échangé son appartement de Chicago avec celui d’une famille bruxelloise. Mais à son arrivée, elle découvre consternée que l’appartement n’est pas vide et qu’elle va devoir cohabiter avec leur fils, Jérôme, resté au pays. Et bien sûr, il est plutôt du genre bon à rien. Mais l’échange risqué auquel fait référence le titre est bien plus complexe que cela! Une sorte d’effet papillon peut-être? Car Jane trimbale un lourd secret, enfoui tout au fond d’elle. Un secret que l’auteure, devenue psychothérapeute après avoir travaillé dans la communication, nous livre par bribes jusqu’au dénouement final, plutôt inattendu! Un premier roman fort réussi donc, et publié dans la collection Vents du Nord des éditions Zellige, consacrée aux auteurs belges.

«Un échange risqué», d’Anne Duvivier, éditions Zellige, 144 pages, 17,90 €

Cote: 4/5

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