Un thriller financier

ZALBAC_BROTHERS_Mise en page 1Avant de se mettre à écrire des thrillers financiers, Karel de la Renaudière était un directeur de banque. Dans ce premier roman prometteur, il vulgarise ici ce monde de la finance qu’il connaît bien.

Comment un directeur de banque se met-il à écrire des thrillers?
«J’ai fait des études de lettres et d’histoire de l’art. Et j’ai toujours gardé un contact très fort avec la littérature. J’ai toujours aimé écrire un peu de poésie, mais pour moi. Puis, suite à mes expériences dans la finance, j’ai tenté ma chance auprès d’un éditeur. Il a aimé mon approche. Ce bouquin, c’est une vulgarisation du monde de la finance. Les novices en la matière me disent que cela leur permet de comprendre. Et les initiés y trouvent plein d’idées novatrices. La littérature, c’est ma soupape, comme le violon l’est pour Jean dans le livre. La musique et la finance sont deux univers finalement assez proches. La finance, c’est de l’acquisition de part de marché, les gens travaillent énormément, et il faut être d’une précision incroyable. C’est pareil pour un joueur de violon : le moindre mouvement sur l’archer peut provoquer une fausse note tellement stridente que cela tue un morceau. Ce sont deux univers qui se croisent et qui ont un point commun, le travail.»

Vous jouez du violon?
«Non, moi ma passion, c’est la littérature. Mais le violon est l’instrument auquel je suis le plus sensible. Quand je vais mal, que j’ai un moment de fatigue, j’écoute un morceau de Vivaldi, Tempesta di Mare, qui est un peu la bande-son du livre. Le livre m’a forcé à approfondir mes connaissances dans le violon.»

Comment vous est venue l’intrigue?
«J’avais construit un synopsis, une trame de 50 pages. Mes personnages sont nés au fil de l’écriture. Au départ, j’avais Jean, le Français qui va devenir banquier d’affaire, Charlotte, l’héritière, et Stéphane, le rival, énarque, dans la politique au départ mais qui se transforme vite en chasseur de dots. J’ai réfléchi sur chaque personnage, fais des puzzles, en y entrecroisant une intrigue financière. Puis une deuxième intrigue financière. Et une intrigue amoureuse. Petit à petit, j’ai puisé dans mon environnement et l’actualité, ce que j’avais à y prendre. J’ai pris un concentré de mes expériences, de mon environnement. Et on se rend compte en écrivant que finalement, ces personnages prennent vie par eux-mêmes.»

Jean vous ressemble?
«Il y a donc sa soupape du violon, que je partage avec la littérature. L’autre axe, c’est l’ascension. Moi, j’ai connu une ascension dans la finance. Une chute aussi (rire). Et la femme qu’il aime s’appelle Charlotte comme ma femme. Mais Jean ensuite vit sa vie. Ce qui est intéressant je pense, c’est son regard de novice dans la finance. C’est ce que je veux faire partager au lecteur.»

Comment avez-vous choisi le nom de Zalbac Brothers?
«Zalbac, c’est l’anagramme de Balzac! J’aime beaucoup Balzac.»

Vous connaissiez la fin de l’histoire en commençant?
«Non. (attention spoilers, ndlr) L’histoire autour du père de Jean, c’est un truc de dingue. Une idée de mon éditeur. Ce qui est incroyable dans ce jeu de puzzle, c’est que j’ai changé trois phrases dans le livre et qu’après, c’est devenu son père.»

Des banquiers comme Donovan, il en existe beaucoup?
«Travailler dans une banque d’affaire est un métier d’une grande exigence. À un moment, c’est vrai qu’il y a une telle concurrence que certains peuvent dépasser les limites. C’est clair que des Donovan il y en a beaucoup. Mais les marchés sont de plus en plus régulés. »

Vous avez déjà des idées pour un prochain?
«C’est clair que dans le livre, il y a des pistes ouvertes, et j’ai bien envie que ces personnages continuent à vivre. Leur donner un nouveau souffle pourquoi pas? Ce qui est intéressant, c’est que j’ai été approché par un producteur français très proche de la Warner aux États-Unis, qui est en train de regarder pour mettre une option pour faire un film.»

Christelle
En quelques lignes
La Zalbac Brothers est une puissante banque d’affaires. Sa spécialité: provoquer des mariages d’empires… même si ceux-ci sont voués d’avance à l’échec. Parmi ses jeunes banquiers prometteurs, un Français, Jean Demester. Débarqué à New-York pour y tenter sa chance, il se fait remarquer par le patron de la banque, Bruce Zalbac, avec qui il partage une passion pour le violon. L’histoire est celle de son ascension, de sa chute… et de sa revanche. À cette première intrigue et pour compliquer un peu la vie du héros, l’auteur ajoute un triangle amoureux. Avec Charlotte, la riche héritière d’une grande marque de luxe française. Et Stéphane, le chasseur de dots. Une manière intéressante de découvrir les dessous du diabolique monde de la finance.

«Zalbac Brothers », de Karel de la Renaudière, éditions Albin Michel, 322 pages, 20 €

Cote : 3/5

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