Le secret du bonheur

Agnès Ledig applique à ses personnages la notion de coalescence, marquant le «rapprochement de personnes sensibles et meurtries  dont le contact entraîne une reconstruction solide de chaque élément à travers le tout qu’ils forment»

Cette histoire commence donc juste avant le bonheur.
«Oui. Juste avant le bonheur c’est aussi pour se dire que parfois, on recherche le bonheur alors qu’il est là. C’est pour cela que je parle des jolies choses de la vie, des petites joies simples, parce que je pense que le bonheur est là et qu’on peut le trouver comme cela.»

Selon vous, le bonheur est accessible à tous?
«J’espère! C’est aussi un petit peu cela qui me donne l’espoir parce que cela me fait de la peine de voir des gens qui sont tristes et malheureux, dans l’embarras, qui ne s’en sortent pas.»

Votre devise, c’est donc «Ne baisse pas les bras parce que tu risquerais de le faire deux secondes avant le miracle».
«Oui. Plusieurs fois, l’héroïne, Julie, est sur le point de baisser les bras, et il y a des gens autour qui vont l’aider à garder les bras bien levés. J’avais lu cette phrase, un proverbe arabe je pense, il y a déjà un moment. Elle m’a beaucoup marquée.»

C’est aussi l’histoire d’une coalescence.
«Oui. Je suis tombée sur ce mot en cherchant des synonymes d’ensemble, de liens, de communion. Ce mot m’a vraiment plu! Mais il n’y avait que des définitions en biologie, en syntaxe, pas dans l’humain. Or, c’était vraiment cela que j’avais envie de transmettre dans ce livre. J’ai donc fait ma petite définition concernant l’humain!»

Comment en êtes-vous venue à l’écriture?
«C’est venu de notre petit garçon qui était hospitalisé. Je donnais des nouvelles tous les week-ends à tout notre entourage qui était très inquiet. J’écrivais un bulletin de plusieurs pages tous les dimanches, et il fallait que je réfléchisse à comment transmettre les choses, comment mettre de l’espoir, de l’humour, pour raconter son quotidien qui était très difficile par moments. C’est cela qui m’a mis le pied à l’étrier.»

Vous vous êtes basée sur votre propre vécu pour ce roman?
«Oui. Clairement à partir d’une certaine page, c’est un petit peu moi. Je suis aussi je pense dans certains personnages, mais je ne dis pas qui, ni où. Ce sont vraiment les gens qui me connaissent très bien qui m’y reconnaîtront!»

Quel est votre secret pour transmettre l’émotion?
«Je pense que c’est parce que je suis moi-même hyper sensible, ce qui n’est pas toujours facile dans la vie. Mais du coup, je pense que j’arrive à ressentir ce que ressentent les gens. Je suis très sensible à la sensibilité des gens. Après, pour le transmettre, cela je ne sais pas!»

Comment procédez-vous pour écrire?
«J’écris le soir, dans le salon, derrière mon ordinateur, quand tout le monde dort, que la maison s’est calmée. Je mets de la musique sur mes oreilles, des chanteuses anglaises pour ne pas être perturbée par des paroles françaises. Et j’y vais. Avant de commencer à écrire, j’ai déjà l’histoire dans ma tête.»

Vous connaissez donc la fin de l’histoire avant de commencer?
«Oui. J’ai le pitch avant de commencer à écrire. Mais il peut changer en cours d’écriture. Je rajoute parfois un personnage ou je transforme un peu l’histoire. Mais j’ai la globalité de l’histoire avant de me lancer.»

Votre premier roman « Marie d’en haut » sera adapté au cinéma.
«Oui ou non. On a vendu les droits en tout cas. Sachant que si ‘Juste avant le bonheur’ marche bien, cela lui donnera peut-être plus de force.»

Vous avez déjà commencé le troisième?
«Pour l’instant, j’ai écrit 80 pages. Mais j’ai dû le mettre un petit peu entre parenthèses. J’ai juste un diplôme à passer fin juin et puis je me relance dans l’écriture.»

On peut déjà savoir quel en sera le thème?
«Cela va de nouveau parler de coalescence entre les êtres humains. C’est un petit peu ‘mon univers’, de parler des rencontres et des conséquences. Il sera encore question d’un accident de la vie. Mais ce ne sera par contre plus une petite fille ou un petit garçon comme dans les deux premiers. L’héroïne sera une adolescente.»

Vos auteurs préférés?
«Ana Gavalda. Pour revenir un petit peu en arrière, j’aimais beaucoup George Sand quand j’étais adolescente. Edgar Poe aussi, ses histoires extraordinaires. Et puis Claude Michelet. Et Fred Vargas aussi. D’ailleurs, je lui fais un petit clin d’œil dans mon livre.»

Christelle 

Mise en page 1En quelques lignes
Sortez les mouchoirs. Agnès Ledig a deux gros défauts. Le premier est  de vous empêcher de lâcher son livre avant la dernière page. L’autre est  de vous faire pleurer. Et malgré cela, on ne peut que donner raison à l’éditeur: voilà un livre qui fait du bien. Parce qu’il nous fait réfléchir sur le bonheur. Et on s’aperçoit qu’il n’est peut-être finalement pas si loin. C’est ce que va découvrir Julie, l’héroïne. Caissière dans un supermarché, elle élève seule son fils, Ludovic, et peine à joindre les deux bouts. Le destin semble pourtant vouloir lui tendre la main, en plaçant sur sa route Paul, client du magasin où elle travail, récemment divorcé. Ému par sa situation, il l’invite avec son fils dans sa maison du bord de mer, en Bretagne, où il a prévu de passer des vacances avec son propre fils, pas encore remis d’un terrible drame. Ensemble, ces trois personnages vont panser leurs plaies. Mais le destin les attend une fois encore au tournant sur le chemin du retour. Une histoire à la fois triste et bouleversante, où Agnès Ledig, qui elle-même a vécu un drame avec la perte de son fils, met en scène un de ces accidents de la vie et des individus meurtris pour qu’ensemble, petit à petit, ils puissent se reconstruire. Un livre qui a d’ores et déjà reçu le Prix des Maisons de la Presse, annonçant généralement le best-seller de l’été…

« Juste avant le bonheur », d’Agnès Ledig, éditions Albin Michel, 352 pages, 19,50 €

Cote: 4/5

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