Ker éditions, petit village littéraire

 Ph. Martin Santander


Ph. Martin Santander

Ker éditions est un petit village littéraire, une jeune maison d’éditions lancée par le Belge Xavier Vanvaerenbergh. Ce jeune éditeur de 27 ans a déjà publié quelques livres. Un roman, un recueil de poésie, un manuel… Et le tout premier tome des aventures de Bob Tarlouze, le dernier héros sorti de l’imagination de Frank Andriat.

Comment sont nées les Ker éditions?

«Cela remonte à 2010. Cela allait être l’anniversaire de mon père. Il avait écrit un manuscrit de réparation des Leica. Moi, je venais d’apprendre toutes les techniques de mise en page auprès de Vincent Engel en travaillant avec lui d’abord pour Edern éditions puis au Grand Miroir. Et je trouvais que ce serait rigolo pour l’anniversaire de lui faire son livre. J’ai mis tout cela en page. Mais au fur à mesure, je me suis dit que, plutôt que d’en faire un exemplaire unique, je pourrais essayer de le vendre. J’ai commencé à en parler sur les forums de passionnés. J’ai tout de suite eu des tonnes de précommandes. Cela a été le premier livre que j’ai publié. Ensuite, parce que j’avais un peu parlé d’éditions de manière générale, j’ai reçu dans ma boite aux lettres le manuscrit d’un recueil de poésie qui parlait de la région de Tournai. Je l’ai publié également et, pour un recueil de poésie, cela a très bien fonctionné. Il y a ensuite eu un blanc parce que j’étais occupé par d’autres choses. Puis je me suis souvenu d’un autre manuscrit de mon père dans lequel il racontait les souvenirs qu’il avait en tant que pilote de ligne. Il l’avait écrit à mon intention, pas dans le but d’être publié. C’était des souvenirs amusants. Au lieu de faire un livre où il raconterait tous les souvenirs glorieux avec ses hôtesses, il rassemblait tout ce qu’il appelle ses souvenirs sans gloire, des souvenirs de vols qui auraient pu très mal se passer à cause d’une erreur qu’il avait commise. C’était assez ardu pour quelqu’un qui ne connait pas le monde de l’aviation. Mais c’était très drôle en même temps. On a passé plusieurs mois à le retravailler, on a créé un glossaire avec les mots un peu technique. J’en ai parlé sur les pages Facebook de la Sabena. Cela a tout de suite très bien fonctionné. Ce livre-là a fait parler de moi plus que je ne l’aurais pensé. J’ai commencé à recevoir beaucoup de manuscrits. Grâce à mon travail au Grand Miroir, j’ai aussi eu des contacts avec une série d’auteurs. Dont Frank Andriat qui m’a confié un manuscrit, celui de Bob Tarlouze (lire encadré).»

D’où vient ce nom, Ker éditions?

«J’ai grandi en Bretagne. Et Ker en breton signifie le hameau, le village, l’endroit où les gens vivent. Ce qui correspondait bien à mon but de créer une sorte de village où les gens se côtoient. L’éditeur et les auteurs bien sûr, mais aussi les lecteurs, les journalistes,…»

Quel genre de livres visez-vous?

«Des livres qui demandent trop de travail aux grandes maisons d’éditions pour arriver à quelque chose, mais où on sent qu’il y a vraiment un potentiel d’écrivain derrière. Le livre de Fanny Lalande en était un cas typique. Elle s’était fait refouler dans les grandes maisons parisiennes et, au lieu d’aller dans les moyennes maisons, elle a décidé de directement cibler des petites maisons mais qui défendaient vraiment leurs livres. J’ai lu son manuscrit et j’ai compris tout de suite pourquoi il n’avait pas été repris par les maisons parisiennes. Il n’était pas abouti en soi. On l’a retravaillé. Et on est arrivé au bout du compte au manuscrit de ‘Mad, Jo et Ciao’ qui fonctionne bien jusqu’à présent. Le monde de l’édition est souvent régi par un compromis permanent entre qualité littéraire et exigences commerciales (planning, délais, chiffres de vente, etc.). Personnellement, je ne suis pas tenu par ces contraintes commerciales, ou en tout cas dans une mesure largement moindre. Je peux donc me permettre de prolonger le travail éditorial et m’y approfondir sans que cela ait des conséquences financières dramatiques. C’est important dans le sens où c’est typiquement ce qui me permet de publier avec succès et fierté des romans refusés dans les « grandes maisons » parce que j’ai pu me permettre de passer le temps nécessaire à le retravailler avec l’auteur. C’est ce qui me permet de publier des premiers romans de très grande qualité et en même temps d’attirer des auteurs chevronnés, qui aiment l’attention approfondie et le travail détaillé que nous effectuons ensemble avec eux sur leurs manuscrits. Et tous apprécient également beaucoup la promotion permanente que j’assure avec eux de leur livre, bien au-delà des mois de lancement.»

Combien d’auteurs figurent actuellement à votre catalogue?

«Sept auteurs: Vincent Engel, Paolo Pellizzari (via un titre de Edern), Giuseppe Santoliquido (via un titre de Edern et bientôt via son prochain livre qu’il publiera chez moi), Frank Andriat, Fanny Lalande, Michel Vanvaerenbergh et Alain Delcourt.»

Vous publiez donc un peu tous les genres: romans, poésie, manuel…

«Pour l’instant, c’est très éclectique il est vrai, mais il y a malgré tout une logique de collection. Il y a une collection de littérature générale, qui s’appelle ‘Tranche de vie’, et qui contient à la fois des témoignages tout à fait réels et des romans. Les titres de la deuxième collection, ‘Double Jeu’, présentent un double niveau de lecture. Celui du roman jeunesse classique ou du roman policier… Mais aussi un deuxième niveau plus adulte, avec des réflexions. Enfin, il y a une collection poésie et théâtre. Et la collection ‘savoir perdu’.»

On trouve vos ouvrages en librairie?

«Oui et non. Je suis référencé dans la banque du livre donc les libraires peuvent commander chez moi sans aucun problème. Et je suis en discussions avec Weyrich pour qu’ils me distribuent. Mais pour l’instant, ils n’y sont pas encore, sauf dans les librairies où je suis allé les déposer.»

Christelle

Bob-TarlouzeD’une partie de toupie à Bob Tarlouze

Bob Tarlouze est né lors d’une partie de toupie en Bretagne, confie son auteur. «Tu lances ta toupie comme une tarlouze!» lui a balancé un ami. «Qui est Tarlouze? S’il se prénommait Bob?», a répondu Frank Andriat. «Nous avons ensuite déliré à propos du destin de cet étrange Bob Tarlouze, hétéro malgré son nom et fan de la panthère rose!», raconte-t-il. Aujourd’hui, le premier tome de ces aventures est paru aux toutes jeunes Ker éditions, dont il inaugure la collection «Double jeu». On y fait connaissance avec ce personnage gentiment loufoque. À part son nom de famille qui prête à sourire, Bob aime le boudin-compote et les enquêtes policières. On découvre ici comment, à 15 ans, il a résolu sa première énigme quand son prof d’anglais, Baratin, a été retrouvé égorgé dans sa classe, le corps tourné vers La Mecque. À côté de l’enquête policière, le livre s’interroge sur les relations qu’un ado entretient avec son père. Il nous livre aussi les réflexions qu’un adulte peut avoir sur sa vie d’adolescent. Six tomes au total sont prévus. Le deuxième tome est écrit et le troisième déjà dans la tête de son auteur, à en croire l’éditeur. On attend donc la suite avec impatience!

«Les aventures de Bob Tarlouze – Arrête ton baratin – Tome 1»,
de Frank Andriat, Ker éditions, 160 pages, 10 €

cote: 4/5

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