Une héroïne récurrente pour Sylvie Granotier

LA_PLACE_DES_MORTS_jaqu_SPECIAL_SUSPENSESylvie Granotier n’a pas fini de maltraiter son héroïne, la jeune avocate Catherine Monsigny. Après l’assassinat de sa mère dans «La Rigole du Diable», la voilà cette fois qui va frôler la mort dans ce nouveau thriller.

On retrouve l’héroïne de votre précédent roman. Une première pour vous.
«Oui, grande première, effectivement, sur les conseils d’amis avisés. Car l’idée ne me serait pas venue à moi toute seule, ce qui montre bien que je ne suis quand même pas très débrouillarde (rires). Mais quand l’idée m’a été suggérée, cela m’a tout de suite semblé une très bonne idée. Une jeune avocate pénaliste, un domaine professionnel dont je ne me lasse pas, avec un potentiel traumatique colossal, qui est jeune et a donc encore tout un apprentissage de la vie, de l’amour et du travail à faire. Ella a de la ressource. Et puis je me plais assez en sa compagnie aussi, ce qui est capital!»

Cette fois, elle se découvre un demi-frère potentiel.
«Les mystères familiaux sont particulièrement compliqués chez elle. La mère assassinée sous ses yeux sans qu’on sache vraiment qui est le meurtrier. L’homme qui l’a élevée qu’on pense être l’assassin, mais qui ne l’est peut-être pas. Cela veut donc dire qu’elle a un géniteur quelque part qu’elle ne connaît pas. On peut imaginer aussi qu’un mythomane qui a suivi son histoire dans la presse ait envie de se faire passer pour son frère. Ce garçon surgit de nulle part qui décrète cela avec beaucoup d’aplomb et qui à l’évidence est à la recherche de la sœur idéale, cela peut être un fou furieux, et cela peut être vrai. Elle aurait tendance, vu sa nature, à l’envoyer paître. Mais il se trouve que c’est une affaire intéressante. Et pour un avocat pénaliste, les assises, c’est toujours un moment extraordinaire, et c’est difficile de résister à une belle affaire.»

On pourrait donc encore retrouver Catherine et Lucas dans vos prochains livres?
«Catherine reviendra. Mais je ne vais pas tout vous dévoiler! Ce que je découvre avec le récurrent, c’est qu’effectivement, tout un petit univers se crée, et il y a des gens que j’aime bien finalement! Et je serai contente de pouvoir les réintroduire, s’ils trouvent leur place dans ce que j’ai à raconter. Cela, je ne le sais pas encore.»

Vous prenez plaisir dirait-on à maltraiter Catherine.
«Si on est un personnage de polar, on ne peut pas s’attendre non plus à être devant la télé en charentaises. Cela ne marche pas comme cela. Le principe du héros de polar, c’est d’être maltraité. Alors ce n’est pas moi, c’est le genre.»

Elle se fait beaucoup surprendre chez elle. Vous projetez vos propres frayeurs sur elle?
«Je pense que la peur vient de là. J’aime bien l’idée que l’endroit le plus familier et le plus rassurant soit finalement un endroit inquiétant. Oui, c’est une idée qui me fait très peur.»

Vous mêlez chaque fois plusieurs affaires dans un même roman.
«J’aime bien les histoires mêlées en général. J’aime bien qu’il se passe plein de choses, parce que la vie en général, ce n’est jamais un déroulé d’une histoire simple qui va de A à Z. Les détours, il y en a plein de potentiels. Comme j’aime bien recréer de la vie, je trouve que cela en fait partie. En plus, jamais un avocat n’est sur une seule affaire.»

D’où viennent vos connaissances sur le monde judiciaire?
«De la fréquentation du monde judiciaire. J’ai commencé avec la préparation de ‘La rigole du diable. J’ai continué pour écrire ‘La place des morts’. C’est un monde qui me fascine. J’aime bien écouter les conversations de mes amis avocats parce qu’ils parlent beaucoup de leur boulot. Et quand j’écris et que j’ai des doutes, je les consulte pour voir si c’est possible.»

Votre héroïne s’interroge sur la place que tiennent les personnes de notre entourage décédées. Et vous, vous en pensez quoi?
«C’est une question. J’ai compris que le livre posait cette question-là et j’ai trouvé le titre après l’avoir écrit. Ce n’était pas du tout un moteur de départ. C’est une question qui m’intéresse et à laquelle je n’ai pas de réponse. Mais je pense que les morts nous accompagnent. Et que certains sont encombrants. Qu’il faut savoir s’en débarrasser. La vie ne se définit que par rapport à la mort. Et nous les vivants, on se définit aussi par rapport aux morts, et aux morts qu’un jour nous serons.»

Christelle

En quelques lignes

La vie d’une héroïne de thriller n’est pas de tout repos, comme Catherine Monsigny, jeune avocate pénaliste, ne va pas tarder à le découvrir. Sylvie Granotier a en effet décidé de lui faire vivre de nouvelles aventures. Après l’assassinat de sa mère dans «La Rigole du Diable», elle se retrouve cette fois confrontée à Lucas, un adolescent accusé d’un meurtre dont il se dit innocent, et qui prétend être son demi-frère. En parallèle, Stéphanie, la meilleure amie de Catherine, lui présente le nouvel amour de sa vie, Thomas, un homme marié, architecte de renom. Pas de bol pour lui, Thomas va lui aussi avoir besoin des talents de la jeune avocate alors qu’il se retrouve devant la justice suite à la disparition de sa femme. Et puis il y a Asghar, qui ne laisse pas Catherine indifférente. Un thriller psychologique dans lequel l’héroïne se voit une nouvelle fois confrontée à son passé obscur. Avec en toile de fond, la question de la place que les morts occupent dans nos vies.

«La place des morts», de Sylvie Granotier, éditions Albin Michel, 336 pages, 19,50 €

Cote: 3/5

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