Une série ancrée dans l’actualité

Bertrand PuardDes scandales touchant un laboratoire pharmaceutique, le système bancaire, le milieu du foot ou les élections présidentielles françaises: le Français Bertrand Puard a imaginé une série d’aventures toujours ancrées dans l’actualité et mettant en scène cinq adolescents. Le 4e tome vient de paraître.

Comment vous est venue l’idée de cette série?
«C’est une idée qui me trotte dans la tête depuis un certain nombre d’années. J’avais envie d’écrire pour les adolescents, même si cela peut être lu autant par leurs parents, quelque chose qui change de ce que l’on voit habituellement dans la littérature jeunesse. Quelque chose qui repose sur des faits d’actualité, qui parle de scandales d’État, qu’on voit en littérature adulte mais pas forcément dans la littérature jeunesse, qui est beaucoup plus dans l’imaginaire. L’événement déclencheur, cela a été la rencontre d’un ancien directeur de la DGSE, maintenant décédé, un ancien patron des James Bond français. Il me racontait qu’il lui arrivait d’envoyer à François Mitterrand des notes sur différents sujets, et que ces rapports lui soient retournées avec un nom souligné et l’indication ‘à traiter’ dans la marge. Ce qui voulait dire que cette personne devait être supprimée. C’était souvent des trafiquants d’armes, de drogue, des gens très peu recommandables. Tous ces crimes d’État, ces affaires très sombres, sont monnaie courante sous la Ve République en France.»

Les enquêtes des Effacés ne concernent pas que la politique.
«En effet, je ne parle pas que de politique dans la série. Je parle de paris truqués, de dopage, de crise financière, de scandale pharmaceutique dans les précédents tomes, qui se déroulent quelques mois avant l’élection présidentielle du tome 4.»

Que nous réservent les prochains tomes?
«Le tome 5 sera un petit peu particulier parce qu’il concernera la découverte de l’identité de Mandragore. Dans les tomes suivants, j’aimerais parler du marché de l’art, des ventes aux enchères, de tout ce qui est sectes,… À chaque fois, j’essaie de parler d’un milieu et d’en dénoncer les dérives. Des dérives liées à l’argent, à la puissance,…»

Combien de tomes sont prévus?
«La première série en comptera cinq. Le cinquième, qui doit paraître en juin, terminera un premier cycle. Ensuite, la série ayant très bien marché, on va lancer une deuxième série de cinq livres, où l’on retrouvera des Effacés d’aujourd’hui, comme Anouar par exemple qui est encore un peu jeune dans la première série mais qui va monter en puissance dans les prochains tomes. Certains partiront, d’autres arriveront. Et puis on va décliner une série dans l’univers des Effacés, mais pour adultes. Dans cette série-là, on va s’intéresser plus particulièrement aux personnages de Mandragore, de Dominique Destin, aux liens qui peuvent exister entre eux. Tout cela fera une espèce de spin off littéraire, destinée tant aux lecteurs des Effacés qui ont atteint l’âge de pouvoir lire des choses peut-être un peu plus corsées qu’à des adultes qui commenceraient par cette série.»

Et vous connaissez déjà l’épilogue?
«Oui. Je voulais qu’il y ait une cohésion entre les livres. Quand on apprend par exemple qu’Ilsa est la demi-sœur de Neil, ce sont des choses qu’on peut deviner dès le deuxième chapitre du deuxième volume, parce qu’ils ont à peu près les mêmes oreilles. Il y a plein de petites choses comme cela. J’ai travaillé avec une bible de 50 pages, où se trouvent tous les personnages, leur évolution, les principales intrigues, du moins ce vers quoi on allait se diriger. Ce qui est important, c’est de surprendre à chaque fois le lecteur, et donc de ne pas reprendre la même recette. Dans le tome 1, on démarre avec une aventure un peu à la James Bond, avec cette villa extraordinaire, cette puce dans le cerveau. Il y a dans le tome 2 quelque chose de beaucoup plus réel. On joue sur les bourses, les décalages horaires. Le tome 3 est sur le foot, avec une d’intrusion. Le 4 est un huis clos. Et pour le 5, je veux travailler sur une énigme policière classique.»

Vos héros sont nés comment?
«J’aimais l’idée d’équipe avec des personnages différents les uns des autres mais liés par ce même sentiment d’injustice, cette rébellion tout à fait adolescente.»

Lequel vous ressemble le plus?
«Je mets un peu de moi dans chacun. Mais je ne me reconnais pas plus dans Neil que dans Zacharie par exemple.»

Vous avez paraît-il mis 17 jours pour écrire ce 4e tome.
«Tout à fait. Il y a une phase de conception, de documentation notamment assez longue. Après, effectivement, une fois que le timing, le chapitrage est fait, l’écriture n’est pas quelque chose de douloureux pour moi. Comme l’action se déroule dans un court laps de temps, on ne peut pas écrire le roman en trois ans. Il doit y avoir une vitesse d’écriture pour donner de la vitesse à la narration. Mais dans ces 17 jours, c’est souvent du 10h du matin à 5 du matin!»

Christelle

Bertrand Puard sera présent le vendredi 7 mars et le samedi 8 mars à la Foire du livre où il dédicacera ses livres.

En quelques lignes

Ils sont cinq.  Ilsa, Mathilde, Émile, Zacharie et Neil. Cinq ados dont les parents ont été assassinés parce qu’ils en savaient trop. Eux ont échappé de justesse au même sort, sauvés de justesse par l’énigmatique Nicolas Mandragore, l’ancien directeur de l’Institut médico-légal de Paris qui les a en quelque sorte « effacés ». Vivant désormais dans l’ombre, ils se battent contre les plus forts et effectuent avec brio les missions que leur confie leur mentor. Scandale pharmaceutique, krach boursier, dopage, paris truqués et magouilles politiques… La série a reçu l’an dernier le prix polar jeunesse au Festival de Cognac. Un festival qui avait déjà récompensé  en 2001 le premier roman de l’auteur, « Musique de nuit »,  pour adulte cette fois. Dernier paru, le tome 4 s’attaque aux élections présidentielles françaises où s’affronteront Etienne Hennebeau, le président sortant, et sa rivale Marie-Ange Mouret. Mais la veille du scrutin, le président et d’autres personnalités en vue se retrouvent prises en otages… Suspense garanti!

« Les effacés – tome 4 », de Bertrand Puard, éditions Hachette jeunesse, 360 pages, 14,50 €

Cote: 5/5

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