Le Livre de poche a 60 ans !

Un petit format, un prix attractif et un côté nomade. 60 ans après son lancement, le Livre de poche a toujours la cote. Sa directrice, Cécile Boyer-Runge, revient sur les secrets de ce succès.

Comment est né le Livre de Poche?
«Il est né en 1953, dans la période de l’après-guerre, de l’intuition d’un visionnaire qu’était Henri Filipacchi, qui à l’époque était éditeur et l’un des patrons du groupe Hachette. Il s’est inspiré d’idées qu’il avait vu se profiler notamment à l’étranger. Penguin, ces petits formats avec les pingouins, était né en Angleterre. Les G.I. avaient débarqué en France et ils avaient dans leur poche revolver des petits formats. Et donc, il s’est dit que c’était un mode merveilleux de diffusion de la culture, de la littérature et du savoir, et il a su convaincre ses amis éditeurs, patrons de maisons d’éditions prestigieuses comme Albin Michel, Gallimard, Calmann-Levy, de lui confier quelques-uns des titres importants de l’époque. Il s’est lancé en publiant les premiers titres au mois de février 1953.»

Quels sont les premiers titres parus?
«‘Koenigsmark’, de Pierre Benoît, très gros vendeur de livres à l’époque, publié chez Albin Michel, très populaire, est le n°1 de la collection. Et cela reste un numéro mythique parce qu’il est toujours présent à notre catalogue aujourd’hui. Et puis également ‘Vol de nuit’, de Saint-Exupéry, et ‘Les Clés du royaume’ de A.J. Cronin. Les premiers titres étaient donc des textes de littérature. Sont venus assez rapidement après des titres classiques. On a commencé à publier rapidement des auteurs du XIXe siècle comme Zola, Victor Hugo… La collection pratique est née en 1957, avec des livres de cuisine, de la vie quotidienne. Puis en 1960, c’est la création du Livre de poche policier. Dès le démarrage de la collection, toutes les catégories éditoriales étaient déjà dans les gènes de la maison. Et elles le sont encore bien évidemment aujourd’hui puisque c’est sur la littérature, les romans, les romans policiers, les classiques, le pratique et le développement personnel que sont articulés les principaux secteurs éditoriaux de la maison.»

Comment choisissez-vous les auteurs qui figurent dans votre catalogue?
«Évidemment, on est à l’affût de ce qui paraît, des auteurs qui ont du succès. Parfois, on est prévenu bien avant la sortie. Il peut y avoir des décisions qui se prennent bien plus en amont. Dans ce cas, c’est toujours un peu une forme de pari parce que tant que le livre n’est pas sorti, on ne sait pas si le livre aura une grande diffusion. On essaie d’imaginer. Parfois aussi, ce sont des titres qui sont plus des découvertes, des coups de cœur qu’on aura pu avoir pour des ouvrages qui auront eu peut-être un moins grand succès en première vie, mais qu’on aura envie de mettre en livre de poche parce qu’on trouve que cela vaut la peine de faire bénéficier ces textes-là d’une seconde vie, que ces textes-là ont de nombreux atouts pour plaire à un grand public.»

60 ans, cela représente combien de livres?
«Ouh! On dit qu’entre 20 et 25.000 références ont été publiées depuis le démarrage de la collection. En chiffres, c’est plus d’un milliard d’exemplaires vendus depuis l’origine. L’année dernière, pour vous donnez un autre chiffre, c’est 18 millions d’exemplaires vendus dans l’année. Cela donne une perspective par rapport à la taille de la maison.»

Combien d’auteurs compte votre catalogue?
«On a fait plus ou moins le compte, on doit avoir plus de 2.000 auteurs dans le catalogue. C’est un vaste catalogue!»

Le Livre de poche a beaucoup évolué en 60 ans?
«Oui, bien sûr, on est au XXIe siècle, en 2013. On n’est plus du tout dans le côté pionnier, accessibilité. Parce qu’aujourd’hui, on est dans un monde internationalisé. Mais je dirais qu’il a conservé les qualités qui ont fait son succès. Un petit format, un prix deux à trois fois moins cher qu’un prix normal. Et puis son côté nomade, son côté compagnon qu’on emmène avec soi. Pas besoin de trop y faire attention. On peut corner des pages, le prêter, le donner, l’oublier. Toutes ces qualités étaient là au début et sont toujours là aujourd’hui. Pour moi, elles correspondent vraiment à tout ce qui fait son attractabilité encore aujourd’hui en 2013 et pour longtemps.»

L’e-book, vous en pensez quoi?
«C’est une nouvelle façon de lire. Ce sera un nouveau support de lecture. Maintenant, c’est clair qu’à partir du moment où il y a un nouveau support, le marché n’est pas extensible. Il y aura, à mon avis, cohabitation entre les différents supports de lecture, en fonction des moments de la journée, de la profession, du plaisir ou de la consultation obligatoire. Le Livre de poche, vous l’emmenez sans problème au bord de la plage. Peut-être que pour une liseuse ou une tablette, vous hésiterez quand même deux minutes.»

Christelle

www.livredepoche.com

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s