Les bourgeoises, mode d’emploi

Après le succès de son premier roman, « Papa was not a Rolling Stone », en cours d’adaptation, Sylvie Ohayon nous explique cette fois comment s’intégrer en « Bourgeoisie » quand on est une petite banlieusarde.

Il est écrit roman sur la couverture de votre livre. Il a pourtant des airs d’autobiographie, non?

«Oui, complètement!»

C’est le deuxième roman que votre vie vous inspire. Vous avez encore matière pour un troisième dans votre expérience?

«Oui, mais je vais arrêter là! Enfin, à moitié, parce que mon troisième roman parlera d’amour, en se basant sur mon expérience, une femme qui à 35 ans se retrouve seule avec deux enfants en bas âge et qui est lâchée dans la grande ville qu’est Paris, la ville des French lovers, qui pour la Française est quand même une punition. Mais je m’éloigne de mon expérience en montrant quelle peut être la vie amoureuse d’une trentenaire à Paris pendant les années 2010.»

Vous êtes plutôt dure avec les bourgeoises!

«Dure, et moins dure, cela dépend. Il y a des portraits où c’est féroce, parce que c’était des gens féroces et que j’ai essayé de retranscrire la réalité telle que moi je l’avais perçue. Et puis, il y a des choses plus tendres. Je parle aussi de ces bourgeoises qui m’ont ouvert des perspectives, qui m’ont appris le beau, m’ont ouvert à la culture, à la peinture,…»

Aujourd’hui, vous avez rejoint leurs rangs, mais à votre sauce.

«C’est cela. C’est-à-dire que je dis toujours des gros mots. Je sais faire sans rien quand je n’ai plus rien. Une bourgeoise décomplexée.»

Quand est-ce que vous vous êtes dit, ça y est, j’en suis une?

«Je me le suis dit quand je me suis mise à pleurer sur des choses sans importance. Des espèces de pérégrinations personnelles dans mon grand appartement. Je me suis dit que je n’avais pas de vrais problèmes si j’en arrivais à pleurer sur cela.»

Vous pensez que les bourgeoises n’ont pas le droit d’être malheureuses parce qu’elles ont «tout»?

«Non, pas du tout. Je pense que tout le monde a le droit d’être malheureux. Le malheur n’est pas quelque chose de social. En revanche, il y a des peines que l’on justifie par des choses qui n’ont pas lieu d’être. Mais le malheur, il est propre à tout le monde.»

Désormais, pince-fesses, vernissage, rallye, garden-party font partie de votre vocabulaire?

«En presque vingt ans, oui, j’ai appris ce que cela voulait dire.»

Vous souvenez-vous de votre premier Chanel?

«Bien sûr. Ma première pièce Chanel, c’est une bourgeoise qui me l’a offerte. Comme quoi, les bourgeoises généreuses, cela existe aussi. Le premier sac Chanel que je me suis offert, cela a été avec mes salaires importants, j’étais très fière de moi de pouvoir m’offrir cela avec l’argent de mon travail.»

Vous avez eu des réactions des bourgeoises que vous citez?

«Oui. La plupart très douces. Une bourgeoise m’a aussi écrit sur Facebook en me disant que j’étais une petite sotte, que je n’avais rien compris à leur groupe. Elle s’est tellement énervée et agitée que j’ai trouvé cela drôle. C’était assez jubilatoire de lire cela. A part cela, beaucoup de tendresse. Des bourgeoises de Belgique, qui se sentent un peu Madame Bovary etc, m’ont dit que je les avais fait rire.»

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes-filles des cités ?

«Travailler. D’admettre qu’il n’y a pas de monde fermé. Que le monde il est ouvert à tous. Et qu’il suffit d’y aller intelligemment. »

Aujourd’hui, vous avez atteint votre rêve?

«Non, pas du tout. »

Votre premier livre, «Papa was not a rolling stone», est en cours d’adaptation.

«Oui. J’ai co-écrit le scénario avec Sylvie Verheyde. Si tout va bien, je devrais passer derrière la caméra et réaliser le film. Je voulais que ce soit Sylvie qui le fasse, mais elle m’a dit que c’était mon histoire et que personne ne pourrait la raconter mieux que moi. Elle m’a donc appris à structurer le scénario, tant et si bien qu’on est en train de travailler à l’adaptation des bourgeoises.»

 Christelle

lesbourgeoiseEn quelques lignes

Dans « Papa was not a Rolling Stone », Syvie Ohayon racontait sa vie de petite banlieusarde. Cette fois, elle nous explique comment elle a fait son entrée en «Bourgeoisie». Et nous dresse un portrait désopilant des plus beaux spécimens de cette espèce ainsi croisés. Des portraits qui font tantôt rire, tantôt grincer des dents!

« Les bourgeoises », de Sylvie Ohayon, éditions Robert Laffont, 360 pages, 19 €

Cote: 4/5     

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