Des fourmis aux géants (ou vice versa)

Vingt ans après le succès des «Fourmis», la nouvelle trilogie de Bernard Werber imagine une nouvelle humanité. Et si notre survie tenait dans le rapetissement de notre espèce?

Vous mesurez combien?
«(rires) 1m79,8. La moyenne mondiale est à 1m75. Donc je suis un peu au-dessus.»

Y-a-t-il une base scientifique à cette troisième humanité ou elle est née de votre imagination?
«J’ai une formation de journaliste scientifique. Je suis passionné de science. Je suis un auteur de science-fiction, c’est-à-dire que je fais de la fiction à partir de la science. Donc il y a une base scientifique, oui. Maintenant, ce que je raconte, c’est une extrapolation de cette base scientifique. Par exemple, le fait qu’il y ait eu une espèce de géants avant, je le mets dans l’encyclopédie, et je montre toutes les traces que l’on a de cela. En plus des mythologies et des textes anciens, il y a quand même des ossements qui ont été trouvés. Donc je pars d’une découverte anecdotique pour en déduire l’existence d’une espèce entière. C’est mon travail d’auteur de science-fiction.»

Vous écrivez dans le livre que cette histoire se déroulera 10 ans après qu’on ait ouvert le livre.
«Je pense que les choses n’auront pas évolué au point que le roman devienne obsolète dans dix ans. »

Après Edmond Wells, l’auteur de la célèbre «Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu», place à son arrière-petit-fils David…
«Oui. Cela complique mais quand j’ai regardé, il avait une fille qui s’appelait Laetitia Wells. Elle-même avait un fils qui s’appelait Charles. Et Charles a eu un fils qui s’appelle David. »

Vingt ans après la sortie des «Fourmis», vous leur faites un petit clin d’œil.
«Oui. C’était une manière de boucler la boucle. De me reconnecter à l’heure d’il y a vingt ans.»

Si la Terre pouvait vraiment parler, que pensez-vous qu’elle nous dirait?
«Arrêtez de vous reproduire, de manière exponentielle, sans contrôle.»

Vous avez rencontré des pygmées ou des amazones?
«Non. J’ai rencontré des petits hommes africains, mais qui n’étaient pas pygmées. Et j’ai rencontré des femmes qui se revendiquaient de la culture amazone, mais qui n’étaient pas dans leur sang héritières des vraies amazones.»

Ce n’est pas la première fois que vous visitez vos vies antérieures dans les romans. En vrai, vous êtes souvent allé y faire un tour dans une de vos vies antérieures.
«Oui, à un moment, cela m’amusait d’aller dans ma documentation en autohypnose.»

Si on veut tenter l’expérience, on fait comment?
«On se couche par terre, on ferme les yeux, et on fait exactement ce que font mes personnages. On imagine un couloir, on visualise des portes, et on laisse venir les noms, les mots, et tout. Sinon, on peut aussi voir un spécialiste de l’hypnose.»

Atlantide ressemblait à quoi?
«La première chose qui m’a frappé quand j’ai réellement fait l’expérience, c’était surtout le niveau de décontraction de l’être que j’étais. Ce qui m’a le plus surpris, c’est qu’il n’avait aucune angoisse. Il était complètement cool. Mais cool, plus que l’on peut l’imaginer. Tout être humain, même très détendu, très flegmatique, a toujours un peu d’angoisse. L’Atlande, lui, était dénué de tout stress. C’est ce qui m’a le plus surpris quand je me suis retrouvé dans cette vie-là.»

Comment fait-on un carré avec trois allumettes?
«Malheureusement, il faudra attendre le prochain roman pour le découvrir. Mais cela existe. Il y a une réponse réelle. Je ne peux pas vous le dire, je vous gâcherais le plaisir. D’autant que la trouvaille est liée aussi au roman.»

Et le suivant, justement, il est pour bientôt?
«J’espère aussi. Cela ne dépend pas de moi, cela dépend de l’éditeur!»

Vous pouvez déjà nous divulguer quelques éléments.
«Cela va être une trilogie. Mais dans le prochain, tout est vraiment bouclé: je résous l’énigme, je résous l’histoire d’amour. Le troisième que je suis en train d’écrire, qui arrivera juste après, c’est un monde, et cela fonctionne comme un jeu à sept joueurs. Ces sept joueurs sont les sept visions qui sont livrées dans le premier. Ces sept visions, c’est comme s’il y avait sept romans mélangés dans un seul.»

Christelle 

En quelques lignes

Le paléontologue Charles Wells et son expédition découvrent, bien enfouis en Antarctique, des squelettes humains d’environ… 17 mètres. Pendant ce temps-là, à Paris, son fils David voit son projet d’étude sur le rapetissement humain sélectionné par un tout nouveau programme de recherches consacré à l’évolution future de l’humanité. L’un a découvert l’ancienne humanité. L’autre tente de percer le secret de ce qui nous attend. Car nous sommes à présent dans l’ère de la deuxième humanité. Il y en a eu une avant. Il y en aura une après, prévient la quatrième de couverture. Dans cette nouvelle trilogie, Bernard Werber fait parler notre planète. Et on ferait sans doute bien de l’écouter avant qu’il ne soit trop tard…

«Troisième Humanité», de Bernard Werber, éditions Albin Michel, 550 pages, 22,90 €

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Une réflexion sur “Des fourmis aux géants (ou vice versa)

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