Le Bart wallon de Frank Andriat

Les 541 jours sans gouvernement que connut la Belgique ont inspiré à Frank Andriat un Bart De Wever wallon. Mais hasard éditorial oblige, alors que ce «Bart chez les Flamands » paraît à La Renaissance du Livre, les éditions Mijade publient, elles, «Rose afghane», un recueil de six nouvelles ayant pour cadre l’Afghanistan. Deux livres qui pourraient sembler très différents mais qui pourtant ont en commun cette ouverture à l’autre, un thème que semble affectionner l’auteur.

2016 marquera donc la fin de la Belgique, mais tout ne sera pas plus rose pour la Flandre…

«Non, c’est vrai. Mon roman se passe en 2030 et la Belgique séparée depuis 2016 se retrouve avec une Flandre pauvre et une Wallonie très riche parce que l’on peut se permettre toutes les libertés dans la fiction et que j’ai inventé qu’on avait découvert de l’or à La Louvière.»

Entre-temps, Philippe est même devenu roi.

«Oui. Puisque en 2030, du fait de la limite d’âge, ce ne sera plus Albert. Et donc ce sont Philippe et Mathilde qui sont roi et reine et demandent de tendre la main aux Flamands de la République de Flandre, qui malheureusement est devenue pauvre à cause de son isolation.»

Bart De Wever cède la place à un autre Bart, wallon cette fois.

«Oui. Bart De Wever m’a inspiré mon Bart Lecoq, mais qui n’a vraiment rien à voir avec lui, si ce n’est qu’il est aussi très nationaliste, mais dans l’autre sens, puisqu’il est Wallon.»

Vous pensez que la réalité rejoindra un jour la fiction?

«Quelque part, j’espère bien que non. Mais au vu de certains discours, j’ai l’impression qu’à un moment, on ne pourra pas recoller les morceaux comme on l’a toujours fait. Le livre, je l’ai écrit pour ne pas pleurer pendant les 541 jours de la formation d’un gouvernement. Je me suis dit qu’il fallait que j’invente quelque chose de comique qui puisse faire sourire les gens, malgré ce truc complètement navrant au niveau du quotidien. L’idée m’est vraiment venue en réfléchissant au fait que des hommes et des femmes diplômés d’universités n’arrivent plus à se positionner pour le bien commun et se perdent dans des pinailleries.»

Le livre est dédicacé aux politiques belges, enfants de Magritte.

«Oui. Comme je vais souvent en France, notamment pour mes livres, j’ai remarqué que les Français voyant cela de l’extérieur ni comprennent plus rien. On est dans un pays où l’identité est de ne pas en avoir.»

Vous avez fait beaucoup de recherches ou ce livre n’est que le fruit de votre imagination?

«Non, ce livre est une véritable fiction. C’est le fruit de mon imagination. Il y a des clins d’yeux au fur et à mesure du récit à certains politiques qui existent. Jean-Michel Javeaux à certains moments, Olivier Maingain à d’autres. Bart de Wever bien entendu. Mais c’est d’abord un livre qui est destiné à faire sourire.»

Vous publiez aussi un livre de nouvelles sur l’Afghanistan. D’où vous vient cette passion pour ce pays?

«Cette passion pour l’Afghanistan me vient du film d’Hadja Lahbib consacré aux femmes afghanes, du travail que j’ai fait sur le sujet avec mes élèves en 2010. Et puis d’amitié avec la journaliste Hadja Lahbib et avec Chékéba Hachemi (première femme afghane à avoir été diplomate et fondatrice de l’association Afghanistan Libr, NDLR) que j’ai rencontrée d’ailleurs suite à un article du journal Metro.»

Ce n’est pas trop compliqué de se glisser dans la peau de femmes afghanes?

«Oui, effectivement. C’est un livre que j’ai écrit comme si je marchais sur des œufs dans la mesure où je me demandais si d’une manière ou d’une autre, je n’allais pas écrire une grosse bêtise puisque je ne suis jamais allé en Afghanistan ou si je ne pouvais pas choquer des musulmans avec ce que j’écrivais, et donc j’ai demandé, notamment à Chékéba Hachemi de relire mon texte avant de le présenter à l’éditeur. Elle m’a dit que je connaissais bien son pays.»

Où avez-vous trouvé toutes les informations?

«Il y a des informations trouvées sur internet, beaucoup d’infos trouvées dans des lectures, dans des films que j’ai vus, dans des discussions. Je me suis vraiment beaucoup documenté sur l’Afghanistan. Et pour les parcours que font mes personnages en Afghanistan, c’est tout simplement Google Earth, c’est moins dangereux qu’en vrai.»

Vous dites quand même que vous aimeriez aller dans le pays un jour.

«Cela fait maintenant 3 ans que je lis énormément de livres sur le sujet. Je suis très touché par la situation d’un pays courageux, confronté à la guerre depuis autant d’années, par la situation des femmes là-bas,… Ce que j’ai voulu vraiment représenter, c’est la situation d’un Afghanistan au quotidien, qui pouvait être joyeux, où il y a des filles qui peuvent sourire, qui peuvent dire que l’Afghanistan, ce n’est pas que des burquas et des talibans. Donc oui, y aller, pourquoi pas, je pense que ce serait intéressant de rencontrer sur le terrain ce que j’ai découvert un peu virtuellement par les livres.»

Christelle

/// www.andriat.fr

En quelques lignes

Bart chez les Flamands.

Après Bart De Wever, voici Bart Lecoq. Nous sommes en 2030, 14 ans après la scission de la Belgique. La Flandre est devenue une République. Mais tout ne s’est pas déroulé comme elle l’espérait pour autant. Son isolement l’a appauvrie. Pour ce qui reste de la Belgique par contre, tout va bien depuis qu’un filon d’or a été découvert à La Louvière. La reine Mathilde pro¬pose donc de tendre la main aux Flamands. Mais pour Bart Lecoq, président de la NWA, pas question de donner un euro aux Flamands! La Première ministre lui lance donc un défi et l’envoie passer quelque jours en Flandre… Un roman de politique-fiction qui fait sourire en cette période électorale. Mais avec bien sûr un message d’ouverture à l’autre comme dans tous les écrits de Frank Andriat.

«Bart chez les Flamands », de Frank Andriat, éditions La renaissance du livre

Cote : 4/5

Rose afghane

Frank Andriat nous compte-là ces six destins de jeunes afghanes. Des récits tantôt émouvants, tantôt poétiques, parfois aussi ironiques. Mais des récits surtout qui nous font découvrir un autre visage de l’Afghanistan que celui que l’on a l’habitude de voir dans les médias. Car l’Afghnaistan, ce n’est pas que la guerre, les burquas et les talibans. C’est aussi un pays où l’on chante, où l’on aime, où l’on rit. Sympa, les droits d’auteur de ce livre seront versés à l’association Afghanistan libre.

«Rose afghane», de Frank Andriat, éditions Mijade, 7 €

Cote : 3/5     

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