Un polar bruxellois

Kate Milie aime l’Art Déco! L’auteure bruxelloise, par ailleurs bibliothécaire, nous fait découvrir ce mouvement artistique né dans l’entre-deux-guerres, non pas à travers un livre d’architecture mais bien d’un… polar, prenant Bruxelles pour cadre.

Vous aussi, aimez l’Art Déco?
«Oui, comme l’assassin, j’aime l’Art Déco!»

Vous vous y connaissez en architecture?
«Je ne peux pas dire que je m’y connais. Je suis une dilettante. Mais cela me passionne. Cela m’intéresse énormément. Je me promène beaucoup dans les villes, pas seulement Bruxelles, et partout où je vais, j’aime bien voir les façades des maisons. J’adore participer à des visites guidées, découvrir tout ce qui se cache dans des petits recoins des rues…»

Dans votre premier roman, il était question d’Art Nouveau.
«Oui. Disons que j’avais envie de parler des nouvelles technologies et je mettais des personnages en scène. Il fallait bien que ces personnages parlent de quelque chose! Et eux ont pris la décision de parler de l’Art Nouveau! Comme j’adore l’Art Nouveau, j’ai été super contente! On est donc parti vers l’Art Nouveau. Puis l’histoire m’a complètement échappé. Ils ont décidé, eux, d’écrire un roman. Et je me suis retrouvée à écrire deux romans, le mien et celui de mes personnages! Cela s’est fait comme cela, au fil de l’écriture. Quand je suis arrivée à la fin de ‘Une belle époque’, j’ai eu envie de découvrir le mouvement artistique qui suit la Belle Époque, et qui est donc l’Art Déco, que je ne connaissais pas très bien. J’ai eu la chance de faire une visite guidée avec un guide excellent. Une visite guidée de meurtres dans des lieux emblématiques de l’Art Déco situés dans le cœur de Bruxelles. Pendant cette visite, l’histoire est venue en moi. Mais je l’ai mise de côté parce que j’étais occupée à autre chose. Puis quelques années plus tard, lors d’une exposition au Palais des Beaux-Arts, j’ai vu le lieu du meurtre n°2. Un lieu que je n’ai plus retrouvé par la suite. J’étais allée voir une exposition et il y avait des travaux. Du coup, on avait accès à la salle d’expo par un petit escalier de service que l’on n’emprunte jamais, avec un ascenseur d’époque… J’ai eu un flash. Je me suis dit qu’il fallait que je reprenne l’histoire que j’avais mise de côté!»

Et vos personnages sont apparus comment?
«C’est difficile à dire. Mais comme le polar s’était imposé à moi, le flic était incontournable, le journaliste aussi. Je voulais faire une histoire sur l’Art Déco. Pour Marie, la guide, je suppose que c’est lié au fait que l’histoire m’est tombée dessus pendant une visite guidée.»

Vous-même devenez un personnage de votre roman!
«(rires) Je suis rentrée en scène à la moitié du roman. Je me suis éclatée! Je me suis lancé un petit clin d’œil. C’est lié à mon premier roman, quand mes personnages ont pris le pouvoir et ont décidé qu’eux aussi allaient écrire un livre. Cela m’avait provoqué pas mal de tracasseries à l’époque! Cette fois, je les trouvais très, très cool, malgré tous ces meurtres. Un As est laissé à chaque fois à côté du cadavre. Il y a quatre As dans un jeu et 52 cartes. Les meurtres ont lieu semaine après semaine… Je les trouvais trop cool, alors je suis intervenue, j’ai pris la situation en mains, et je me suis vraiment bien amusée!»

Il vous arrive souvent de dialoguer avec vos personnages dans la vraie vie?
«Pas à ce point-là, quand même pas! Mais quand je suis en période d’écriture, je suis une éponge, un aspirateur, un buvard. J’absorbe tout. Je suis à fond dans la trame. Chaque fois que je passais devant une façade Art Déco je m’arrêtais, j’observais, je sentais l’odeur de la pierre… Quand je suis en écriture, je suis dans une période un peu particulière où je suis en fusion avec l’histoire. Par contre, quand j’ai fini l’écriture, ça va, je redeviens ‘normale’!»

Vous avez dû faire beaucoup de recherches?
«Oui, énormément. Et la grande difficulté a été de scalper dans les pages. J’ai beaucoup lu. J’ai fait beaucoup de visites guidées. J’ai même été à Paris au musée des Arts décoratifs. J’adore le côté recherche.»

Vous aimez écrire sur les lieux qui vous entourent?
«À ma grande surprise, oui. Quand j’étais plus jeune, j’ai écrit des romans (qui n’ont jamais été édités) qui se passaient au bout du monde!»

Vous avez déjà commencé votre prochain roman?
«Oui. Je suis pour l’instant dans la structure. Le premier jet est fait. Mais je ne suis pas encore arrivée au moment où tout bascule et où je perds le contrôle de la situation. Je vais avoir du temps libre en juillet-aôut. Là, je vais m’enfermer et ne faire que cela!»

Christelle

En quelques lignes
Après « Une belle époque », son premier roman autour de l’Art Nouveau sorti en 2009, la romancière belge Kate Milie nous offre cette fois une balade au travers des lieux Art Déco de la capitale. Et pour cause: l’assassin de son polar semble particulièrement affectionner l’Art Déco et sa mythique exubérance. Le premier meurtre a eu lieu en effet dans la Basilique de Koekelberg. Le deuxième, à deux pas de la rue Neuve, dans une maison de passe du nom de l’Espérance. Le troisième au Palais des Beaux-Arts. Pour mener cette enquête, un drôle de trio: un flic, un journaliste et une jeune guide… qui n’aime pas l’Art Déco. Mais l’auteure elle-même se met en scène et fait quelques apparitions dans le livre, donnant à ce polar un côté à la fois original et quelque peu surréaliste. De quoi plaire en tout cas aux Bruxellois qui, pour une fois, se sentiront comme chez eux dans ce roman!
« L’assassin aime l’Art Déco », de Kate Milie, 180° éditions, 196 pages, 17 €

Cote: 3/5

Publicités

Une réaction sur “Un polar bruxellois

  1. Pingback: Un polar sur la Jonction Nord-Midi | Clair de Plume

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s