Le conte de fées de Sophie Audoin-Maminokian

© Astrid-di-Crollalanza

Elle a mis 17 ans avant d’être enfin éditée. Pourtant, aujourd’hui, Sophie Audouin-Mamikonian -par ailleurs princesse arménienne!- est devenue l’auteure de littérature fantastique pour adolescents la plus lue en France, notamment grâce à Tara Duncan, la jeune sortcelière héroïne de sa dodécalogie, et dont les aventures viennent de sortir aux États-Unis.

Pétillante, drôle, avec un petit grain de folie en prime: Sophie Audouin-Mamikonian n’a rien à envier à une héroïne de roman: elle pourrait en être une elle-même! Sa sortcelière Tara Duncan lui ressemble d’ailleurs pas mal. «Elle est moi un peu plus jeune», confie-t-elle. «Ses aventures finalement, ce sont les aventures que j’aurais aimé vivre». Mais après réflexion elle ajoute: «À part l’histoire de la mère kidnappée pendant dix ans ou du fou furieux qui est amoureux de ma mère!» Et d’ajouter encore: «En me retrouvant nez à nombril avec un dragon, je n’aurais sorti aucune épée, aucun cheval blanc, je serais partie en courant en évitant de me faire griller les fesses».

Tara la sortcelière

Tara est née en 1987. «À l’époque, je venais d’avoir ma première fille. Je pensais que cela allait être l’apocalypse, qu’il allait se passer plein de choses, et à ma grande surprise, pas du tout. Elle dormait 14h par jour. Toutes les copines m’enviaient!», se souvient-elle.
Pour passer le temps, la voilà donc qui relit l’intégral de Shakespeare. «Dans ‘Songe d’une nuit d’été’, à un moment je me suis demandé d’où venait la magie de Puck, Titania et Obéron. Shakespeare situe la scène à Athènes. Mais moi, je l’ai située sur un Autre Monde, où la magie était l’équivalent du pétrole sur notre planète. On l’utilise en la transformant, en faisant des objets, comme on fait aujourd’hui du plastique etc. Et elle a évolué de la même façon que la science évoluait», explique-elle. Le côté heroic-fantasy «avec les toilettes au fond du jardin», très peu pour elle! Ce qui la branche, elle, c’est le mélange entre la réalité d’aujourd’hui et la magie. «Au départ, Tara pense qu’elle est une mutante. Parce que moi, quand j’étais jeune, j’avais lu les X-men et j’avais cet univers en tête. Donc la première chose qu’elle pense quand elle commence à avoir des pouvoirs de télékinésie, pyrokinésie, etc., c’est qu’elle est une espèce de Professeur Xavier, avec plus de cheveux. Cela ne lui traverse même pas l’esprit une seconde qu’elle est une sortcelière, qu’elle fait de la magie. Quand elle l’apprend, elle trouve cela ringard», rigole-t-elle.
Si aujourd’hui les «taraddicts» sont nombreux, il aura toutefois fallu à Sophie (qui écrit depuis l’âge de 12 ans et a 40 livres dans ses tiroirs) de la patience pour être enfin éditée. 17 ans! Ce qui lui a permis de peaufiner à fond! «J’ai pu voir les réactions de mes deux filles quand elles avaient 14-15 ans et donc affiner des choses au fur et à mesure que Tara grandissait».
Les dix premiers tomes de sa dodécalogie sont parus en français tandis que le premier tome vient de sortir aux États-Unis. La série a aussi été adaptée en dessin animé. Et pourrait, pourquoi pas, un jour, devenir un film…

Un inédit électronique

Un inédit de Tara devrait également sortir le 14 juin en «byook», un mélange de livre, de musique de film (composée par Essaï, «un compositeur extraordinaire», selon Sophie) et d’images animées. «Au fur et à mesure, on vit l’histoire de Tara qui se trouve entre le tome 9 et le tome 10 », explique l’auteure, selon qui on a vraiment l’impression d’être dans un film. Mais il faudra un iPhone, un iPad ou un iPod pour découvrir l’aventure qui, dans le futur, devrait également être disponible sur Androïd.

Indiana le loup-garou

Mais Tara n’est pas le seul bébé de Sophie, mère également du jeune Indiana Teller, seul humain au cœur d’une meute de… loups-garous. «J’ai vu ‘Le Loup-Garou de Londres’ et cela m’a éclaté. C’est horrible mais c’est super drôle!» Et bien sûr, elle ne peut s’empêcher de cogiter! «Je me suis dit que si j’avais, moi, une histoire de loups garous à raconter, je n’écrirais pas l’histoire d’un type qui se fait mordre et qui doit lutter contre sa nature de loup-garou blablabla, comme toutes les autres histoires, mais j’écrirais l’histoire d’un homme qui ne serait pas un loup-garou, qui voudrait être un loup-garou, qui aurait plein de caractéristiques et aurait dû hériter de la meute mais n’est pas un loup-garou. C’était plutôt le côté Moogly, de Kipling.»
Prévue en quatre tomes (le troisième sortira l’an prochain), la série pourrait un jour, elle aussi, être adaptée en film… Quant à l’acteur qui incarnerait Indiana, Sophie
voit bien un inconnu. Son but: trouver le nouveau Jacob. «Quand il a montré ses abdos dans ‘Twilight’, toute la salle a fait ‘Woaw’! Je ronflotais jusqu’à ce que ce garçon enlève son t-shirt. Cela m’a réveillée, dis donc!»

Une histoire d’anges

C’est une fait, l’esprit de Sophie ne déconnecte jamais. De nouveaux héros lui tombent dessus tout le temps. «C’est infernal. Le seul moment où je débranche, c’est quand je fais du sport», se plaint-elle. C’est donc dans une expo, en 2002, en contemplant le tableau ‘Vierge à l’enfant entourée d’anges’ du peintre français Jean Fouquet, que lui est venue l’idée de sa série «La couleur de l’âme des anges». En y voyant les anges rouges et les anges bleus «comme en plastique» peints derrière la maîtresse du roi Charles VII, Agnès Sorel, elle s’est soudain mise à imaginer que les anges se nourrissaient des sentiments des humains et surtout les provoquaient. «Je suis resté devant ce tableau pendant une heure. Mon mari et mes enfants n’en pouvaient plus!»
Au final, l’histoire est celle de Jeremy, 23 ans, devenu un ange après avoir été sauvagement assassiné. Mais très vite, il découvre que l’au-delà n’est pas le paradis qu’il imaginait et que s’ils ne veulent pas disparaître, les anges doivent se nourrir des sentiments humains. Ceux qui se nourrissent de sentiments positifs se colorent en bleus, tandis que ceux qui s’empiffrent de sentiments tels que la jalousie, la colère ou la haine deviennent des anges rouges.
Et Sophie, elle serait plutôt bleu ou rouge? «Plutôt un ange bleu. Mais avec le peps et la volonté de gagner d’un ange rouge. Je serais vraiment un peu des deux. Mais comme tous les êtres humains.»

Une vraie princesse

Enfin, sachez que Sophie Audouin-Maminokian est aussi une vraie princesse. «Mais désargentée», précise l’héritière du Trône d’Arménie, née par ailleurs dans une famille d’écrivains… désargentés tout autant!
Ce que cela fait quoi d’être une altesse royale? Difficile à dire pour Sophie, qui avoue être beaucoup « plus fière d’être écrivain qu’altesse royale ». Car pour elle, être une princesse, c’est juste un titre: «tu es née dans une famille et puis c’est tout»! «Si cela s’était accompagné du château, de beaucoup d’argent, je me serais sentie très probablement très privilégiée. Et peut-être que je n’aurais pas eu le même rapport avec les êtres humains qu’aujourd’hui», analyse-t-elle. « Donc la seule importance que j’attache dans ce titre, c’est le fait de pouvoir aider les Arméniens du mieux que je peux. J’espère que cela va apporter aux Arméniens d’avoir leur petite princesse qui vend des millions de livres dans le monde entier», conclut-elle!

Christelle

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