Entre roman-feuilleton et série TV

Comme pas mal de séries télé, ce roman-feuilleton a de quoi vous rendre complètement accro! Les personnages et leurs mystères sont du genre à vous poursuivre même une fois le livre refermé. Et a raison d’une dose par mois tout au plus, vos nerfs vont être soumis à rude épreuve! Henri Lœvenbruck nous a donné sa recette.

Comment avez-vous mis au point ce sérum?

«(rires) Avec un peu de cocaïne, un peu de… Non! On est parti avec Fabrice Mazza, mon coauteur, de la constatation que le contexte économique fait que des romans à 20 €, cela devient très cher pour beaucoup de gens, surtout les lecteurs jeunes qui n’ont souvent pas les moyens de s’offrir des produits culturels qui dépassent les 10 €. Donc on avait envie de faire ce roman moins cher, plus accessible. Et pour cela, de s’inspirer des sources de la littérature populaire, le roman feuilleton, et revenir à une habitude de publication périodique. Donc c’est une sorte de pont pour nous entre le passé, avec le roman feuilleton, et la série télé du 21e siècle qui joue exactement sur les mêmes registres, c’est-à-dire un rendez-vous récurrent avec les personnages qu’on voit évoluer et des fins d’épisode qui se terminent de façon haletante et qui laissent le personnage dans une situation inextricable où l’on a absolument envie de connaitre la suite.»

Et vous n’avez pas honte de jouer ainsi avec les nerfs de vos lecteurs ?

«Si ! »

Quelle est la posologie? Les doses à prendre?

«En moyenne, un épisode par mois. Avec une trêve estivale. Il y en a eu un fin mars, un fin avril. Il y en aura un en juin. Il n’y en aura pas en juillet août. Les trois suivants paraîtront en septembre, octobre, novembre. Et la saison sera finie.»

Combien de saisons sont prévues?

«Il y en aura trois. L’histoire pour nous est déjà bouclée. On est des grands fans de séries TV, mais ce qu’on n’aime pas dans les séries TV, c’est quand les auteurs ne savent pas au début de la série où ils vont, qu’à la fin on sent qu’ils vont avoir du mal à refermer toutes les portes qu’ils ont ouvertes. Donc nous avons vraiment attendu d’avoir fini l’histoire, que toutes les questions qu’on pose dès les premiers tomes aient trouvé leurs réponses.»

Donc vous connaissez déjà la fin?

«Absolument ! Il n’y a pas d’autres solutions d’ailleurs. Il y a des mystères dans les premiers tomes qui ne peuvent pas avoir d’autre explication que ce vous verrez à la fin.»

Et Draken, finalement, c’est un bon ou un méchant ?

«Alors cela, je ne vais pas vous le dire!»

J’aurai essayé ! C’est une série très interactive, avec tous les QR codes en bonus dans chaque chapitre.

«J’avais envie de composer de la musique pour un livre, mais il n’y avait pas encore de solution idéale pour le faire. Insérer un CD dans le roman posait de grosses problématiques aux éditeurs parce qu’en France, le CD n’est pas soumis à la même TVA que les livres, on n’a pas le droit de dire que le CD est gratuit à l’intérieur. Donc cela fait des années que je repousse cette idée de pouvoir proposer des musiques pour mes lecteurs. Et puis avec Fabrice, on a trouvé la solution grâce aux technologies modernes! Soit les lecteurs ont un smartphone et ils flashent le code pour écouter la musique au bon moment. Soit les gens peuvent télécharger  les morceaux gratuitement sur le site et les lancer sur leur iPod  au moment opportun.»

Comment sont nés vos personnages ?

«C’est un long processus. Cela fait cinq ans qu’on travaille dessus avec Fabrice. Au tout début, on voyait ‘Sérum’ comme une série de petits épisodes de sept minutes sur internet. Et puis petit à petit, cela a pris un peu d’ampleur. On s’est rendu compte que l’on n’aurait jamais les moyens de le faire correctement en Web-série nous-même. Donc on a eu l’envie d’en faire des romans. Les personnages sont nés comme cela. Les premiers évidemment, ce sont Draken et Emily, le psychiatre et la victime. Après, c’est vraiment compliqué de vous dire comment. Mais toute l’élaboration du projet s’est vraiment faite à deux.»

Vous avez un personnage préféré?

«J’ai un petit faible pour Ben Mitchell moi. Et puis Lola. Mais en général on aime tous ses personnages!»

Et ce n’est pas trop compliqué d’écrire à quatre mains?

«Non. Mais Fabrice et moi nous connaissons depuis très longtemps. On est des amis d’enfance. On était ensemble au lycée. Donc on se connait très bien, on a déjà écrit des choses ensemble mais qui était plutôt de l’ordre du scénario, du court-métrage. Et ensuite, on a une méthode de travail qui est vraiment à l’américaine et assez efficace, c’est-à-dire qu’on fait la conception de chaque épisode ensemble, tous les deux autour d’une table. On construit l’épisode, on fait un synopsis très détaillé d’une trentaine de pages. Et ensuite, moi je fais un premier jet de la rédaction de l’épisode, que je donne à Fabrice, et lui fait le deuxième jet en repassant derrière. Cela évite qu’il y ait des problèmes d’homogénéité, comme tout est écrit d’un seul trait. Certains auteurs qui écrivent à quatre mains choisissent d’écrire chacun un chapitre. Nous, on ne voulait pas de cela car on voulait que la série soit vraiment homogène.»

Avez-vous déjà été hypnotisé?

«Non. Mais j’ai assisté à séance. Je ne suis pas sûr d’être le patient idéal pour cela. Il faut quand même une vraie volonté de la part du patient. Ce n’est pas intrusif, l’hypnose. Je suis tellement observateur et analytique que je ne suis pas sûr d’être un patient idéal. Je crois que je préférerais apprendre l’autohypnose : peut-être que cela marcherait.»

Pourquoi avoir choisi New York comme cadre?

«Ah. Je ne peux pas trop vous en dire. Le nœud de l’intrigue ne pouvait pas se passer ailleurs qu’aux Etats-Unis…»

Cela pourrait devenir une série télé?

«Oui. On est en cours de négociation. Il y a donc de fortes chances…»

Vous vous êtes bien amusés à écrire l’épisode avec Mario?

«Oui! On s’est bien amusés avec la musique de Mario aussi!»

Un petit teaser du prochain épisode pour terminer?

«Tout ce que je peux vous dire sur l’épisode 3, c’est que c’est celui dans lequel se passe le principal événement de la première saison…»

 Christelle

En quelques lignes

Copains depuis le lycée,  Henri Lœvenbruck & Fabrice Mazza nous ont concocté une série hypnotique qui nous propulse à New York où une jeune-femme, Emily Scott, est devenue amnésique après avoir reçu une balle dans le cerveau. Le psychiatre Arthur Draken, qui a mis au point avec le neurophysiologiste Ben Mitchell un sérum facilitant l’induction hypnotique, va tenter de l’aider à retrouver son passé. Ou pas? Pendant ce temps-là, Lola  Gallagher, détective au NYPD, mène l’enquête. Viennent compléter cette galerie de personnages, Phillip Detroit, génie de l’informatique du NYPD un rien hacker, Chris Coleman, le frère de Lola qui a lui aussi ses petits secrets, ainsi qu’Adam, le fils de 11 ans de Lola. Sans oublier  John Singer et sa femme, les fondateurs secrets d’Exodus2016, ni le mystérieux homme au chapeau. A noter aussi que la lecture est agrémentée de QR codes nous permettant d’écouter une musique composée par Henri Lœvenbruck pour accompagner chaque chapitre. Prochaine injection: le 27 juin.

“Sérum – saison 1 – épisode 1 & 2″, de Henri Lœvenbruck & Fabrice Mazza, éditions J’ai Lu, environ 220 pages par épisode, 6 €

Cote: 5/5

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