Insultes présidentielles

Au XXIe siècle, un texte de loi français condamne toujours l’offense au président de la République.  Le président, lui, bénéficie d’une immunité judiciaire absolue. On se souvient tous du « Touche-moi pas » d’un visiteur refusant de serrer la main à Nicolas Sarkozy au salon de l’agriculture en 2008.  Et le président de répondre, « Casse-toi, alors ».  Puis l’autre d’ajouter « Tu me salis ». Et Nicolas Sarkozy d’enchaîner le désormais célèbre: « Casse-toi, alors, pov’con », filmé par un cameraman et diffusé sur le site du Parisien. Plus tard, un militant de gauche brandira cette injure sur un écriteau au passage du cortège présidentiel. Ce qui lui vaudra 30 € d’amende avec sursis. Un autre individu sera condamné sous la présidence de Sarkozy à 35 heures de travaux d’intérêt général. Ce livre retrace l’histoire de l’injure présidentielle, une façon originale de raconter l’évolution de la société, de sa langue et de son degré d’acceptation de la critique. L’auteur relève par exemple le « voyou profanateur, goujat iconoclaste » pour qualifier Jules Grévy, la « pauvre nouille bedonnante » destinée à Auriol, le « une tête à faire tourner la mayonnaise » visant Lebrun ou encore le « un paranoïaque et un malade » destiné à De Gaulle. Savoureux.

Christelle

« De Voyou à Pov’con – les offenses au chef de l’Etat de Jules Grévy à Nicolas Sarkozy », de Raphaël Meltz, éditions Robert Laffont, 288 pages, 19 €

Cote: 4/5

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