Nadine Monfils, adorablement fêlée

Comme tous les ans, Nadine Monfils était à la Foire du livre de Bruxelles pour rencontrer ses lecteurs et leur signer une belle dédicace agrémentée d’un petit dessin surréaliste. Cette année, ce sont les allumettes rouges que cette auteure belge adorablement fêlée a enchaînées. Etincelles assurées!

Vous croyez aux contes de fées?
«Les contes de fées ont vraiment nourri mon enfance. Ce que j’aimais surtout, c’était les contes avec des vraies sorcières. Pas les contes édulcorés d’aujourd’hui. Parce que j’ai toujours aimé avoir des frissons. »

Vos contes préférés?
«‘Barbe bleue’ est l’un de mes contes préférés. Et ‘La petite fille aux allumettes’ bien sûr. Je pense que ce sont surtout les illustrations qui ont fait que j’ai aimé ces contes-là. Ces images me faisaient vraiment entrer dans l’univers des contes de fées. Et aujourd’hui encore, quand je vais aux puces, je recherche ces livres-là, avec les images de mon enfance. Et quand je revois ces images-là, c’est comme la madeleine de Proust: j’ai cinq ans, quoi!»

On retrouve des éléments du conte d’Andersen chez votre Petite Fêlée.
«Oui. Dans mon histoire, la fille trouve sa grand-mère morte comme dans le conte de fées. Et la grand-mère a une boîte d’allumettes à la main. La fille, qui s’appelle Nake, garde cette boîte comme un souvenir. Et la première fois qu’elle allume une allumette, elle a la vision d’un crime. Et le lendemain, elle le lit dans les journaux.»

On retrouve aussi la grand-mère folle dingue des «Vacances d’un serial killer».
«Exactement. C’est mémé Cornemuse, qui est une cougar, n’a aucune morale et tue les gens comme elle ferait du tricot. C’est ma sorcière à moi!»

C’est vérifié la technique pour lire l’avenir dans les lignes du tricot?
«Je fais cela tout le temps! (rires) Quand tu rates une maille, cela veut dire qu’il va t’arriver une misère.»

Cette fois, on quitte la Côte belge pour Pandore, votre ville surréaliste!
«Oui! Pour moi, c’est la ville de Magritte, dans laquelle il aurait pu vivre et dans laquelle j’aurais pu le croiser. C’est une ville qui est quand même très belge dans mon esprit, mais qui reste imaginaire et qui me permet de délirer selon mes fantaisies.»

L’inspecteur Lynch de la police de Pandore a toutefois pris sa retraite?
«Oui, il va peut-être revenir un jour. Mais j’aime bien les renouvellements aussi, comme dans la vie. Il faut du sang neuf de temps en temps.»

Lui aussi, il a une collection bien particulière…
«Oui, mais il ne faut pas le dire! J’aime bien laisser planer le suspense sur ce qu’il collectionne. Mais c’est vrai qu’il collectionne des choses bizarres!»

Son adjoint, Michou, est lui aussi folklorique!
«En effet! Il est travelo la nuit pour arrondir ses fins de mois. Cela m’amusait assez. Du coup, il glane plein de renseignements.»

Vous dédicacez par ailleurs le livre à Michou.
«Oui, le vrai Michou habite Montmartre comme moi, je le croise souvent. On est très copains. Il est adorable. C’est un vrai personnage.»

Vous êtes fan d’Annie Cordy?
«Oui. J’adore Annie. Elle est aussi fêlée que moi.»

Et de Jean-Claude Van Damme?
«J’aime bien aussi ce personnage. Il me fait beaucoup rire. Je trouve qu’il a un côté très surréaliste. J’ai une vraie tendresse pour lui. J’ai découvert une autre facette de lui dans le film ‘JCVD’ de Mabrouk El Mechri. Je trouve que Van Damme y a montré un sens de la dérision vraiment unique. On y voit que c’est aussi un bon acteur et pas seulement le mec dont on rigole parce qu’il a des phrases surréalistes. Qui sont drôles d’ailleurs! Mais il est autre chose aussi. À mon avis, il doit être hypersensible. Je l’aime bien ce mec-là. J’aimerais bien le rencontrer un jour.»

L’adaptation de ‘Nickel blues’ en est où?
«Cela avance bien. J’ai trouvé de très bons producteurs belges. On avance bien. J’ai un très bon casting. Ce sera filmé en Belgique, à la mer du Nord. Avec probablement une musique d’Arno. Je n’en dis pas plus parce que je suis superstitieuse. Mais puisqu’on parle de Nickel Blues, il est par ailleurs sorti en poche chez Mijade. Et ‘Les vacances d’un Serial Killer’ sort lui aussi en poche cette semaine chez Pocket.»

En quelques lignes

«La Petite fêlée aux allumettes», c’est Nake. À chaque fois qu’elle craque une allumette, elle a des visions affreuses de petites filles assassinées, dans des mises en scène sorties tout droit des contes du «Petit Chaperon Rouge», de «Blanche Neige» ou du «Petit Poucet». Évidemment, tout cela se passe à Pandore, la ville surréaliste imaginée par l’auteure de «Monsieur Émile», «Tequila frappée» et du non moins déjanté «Coco givrée». Pour mener l’enquête? L’inspecteur Cooper et ses curieuses manies. Et son collègue Michou, flic le jour et travelo la nuit. Sans oublier mémé Cornemuse, découverte l’an dernier dans «Vacances d’un serial killer», fan d’Annie Cordy et amoureuse de JCVD. Décidément, impossible de garder son sérieux avec Nadine Monfils qui vous déride les zygomatiques comme personne! Et c’est tant mieux!

« La Petite Fêlée aux allumettes », de Nadine Mondils, éditions Belfond, 264 pages, 19 €
Cote: 4/5

http://www.nadinemonfils.com

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