Une saga 100% belge

© B. Hublet

A l’origine de cette saga 100% belge, une histoire que Thomas Lavachery racontait le soir à son fils. C’est ainsi que sont nées les aventures de «Bjorn le Morphir», un guerrier aux pouvoirs exceptionnels. Les six premiers des huit tomes prévus sont parus. L’auteur bruxellois nous emmène à la découverte de son univers.

Deux ans se sont écoulés depuis les dernières aventures de Bjorn le Morphire. C’est long pour les fans.
«Il faut quand même du temps pour écrire! Entre deux aventures de mon héros fétiches, j’ai toujours le besoin de faire un peu d’autres choses, de me changer les idées. J’ai écrit un autre roman avec une classe, j’ai sorti un album pour enfants. J’ai besoin d’un peu me recharger avant de reprendre les aventures de Bjorn avec le même enthousiasme.»

Vous étiez content de retrouver tous vos personnages?
«Oui! J’ai de temps en temps besoin de changer d’air, mais quand j’y reviens, c’est toujours avec un énorme plaisir. S’il n’était pas là, je ne pense pas que je continuerais.»

Comment ces personnages sont-ils nés dans votre esprit?
«Le premier livre que j’ai écrit, Bjorn le morphir, c’est une histoire que j’ai d’abord inventé oralement pour mon fils, avant de la coucher sur le papier. Le passage à l’écriture a fait que j’ai modifié pas mal de choses. Je racontais une histoire pour un garçon qui avait à l’époque 8 ans, qui avait envie que cela se passe dans un univers fantastique. Maintenant pour les personnages, c’est compliqué. Chacun d’eux a une origine différente. C’est une alchimie assez complexe et cela se passe à un niveau inconscient. Mais pour l’un des personnages principaux, celui de Ketill Le Rouge, mon épouse m’a fait remarquer qu’il ressemblait un peu à mon beau-père sur le plan du caractère. J’ai dû en convenir, je ne m’en étais pas rendu compte en écrivant. Pour moi, il était inspiré d’Athos et Portos, deux personnages des ‘Trois mousquetaires’ qui a vraiment été l’un de mes romans favoris. »

Vous avez une préférence pour l’un d’eux?
«Je dirais que ce Ketill le Rouge est sans doute celui que je préfère mettre en scène, parce que c’est le plus complexe et le plus contrasté. C’est un personnage à la fois un peu lourd, presqu’un peu beauf à certains moments, mais en même temps extrêmement sensible, fidèle en amitié, hypra doué artistiquement. C’est un des meilleurs poètes de son temps. Donc j’aime beaucoup le fait que ce personnage soit si contrasté, multiple et déroutant.»

Aucun ne vous ressemble?
«Je mets beaucoup de choses de moi-même dans Bjorn, le personnage principal. Je ne parle pas des aspects héroïques mais plutôt de sa manière de voir le monde, de ses rapports avec les autres. C’est assez naturel. C’est écrit à la première personne et je m’identifie beaucoup à ce personnage principal. Mais évidemment, ce n’est pas tout moi non plus.»

Vous connaissez déjà la toute fin de l’histoire?
«Oui, oui!»

Comment procédez-vous pour écrire?
«Je n’aime pas faire des plans trop précis. Je connais l’histoire globale dans ses grandes lignes. Chaque fois que j’entame un tome, je sais où il va finir et je connais certains épisodes clés de l’histoire. Mais le chemin entre ces épisodes, je ne le connais pas et je ne veux surtout pas le connaître, parce qu’il me faut une part d’inconnu, une part d’aventure pour que mon imagination travaille convenablement et surtout que j’ai un plaisir à écrire. Il faut une part de surprise aussi pour l’auteur.»

Vous avez fait beaucoup de recherches pour écrire ces livres?
«J’ai lu pas mal de choses sur les Vikings, non seulement des textes historiques mais aussi les fameuses sagas islandaises, des textes du Moyen Age, tous écrits en Islande vers le 13e siècle. Les principales racontent la vie de personnages vikings. J’ai aussi beaucoup lu Sigrid Undset, une romancière norvégienne, malheureusement un peu oubliée, mais qui pourtant a eu le prix Nobel. Sa trilogie ‘Kristin Lavrandsdatter’ m’a amené à m’intéresser à la Scandinavie à l’époque ancienne. Mais je me renseigne relativement peu juste avant d’écrire ou en écrivant. Je vais voir dans les sagas pour trouver des prénoms, mais ce n’est pas du tout du bouquin historique. Je me donne une liberté absolue. J’invente des coutumes, des peuples. J’ai donné des noms de pays qui n’existent pas pour cette raison, pour que ce soit vraiment bien clair pour les lecteurs. Ce ne sont pas des Vikings historiques.»

Ces aventures pourraient être adaptées au cinéma?
«Il y a un projet en cours. Mais c’est encore à l’état de projet et je ne peux pas vous dire que cela va se faire.»

Christelle

«Bjorn aux armées I», de Thomas Lavachery, éditions Ecole Des Loisirs, collection Medium, 336 pages, 11 €

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