Amnésie et chocolat

 

© Fabienne Cressens

Avez-vous déjà imaginé le drame que cela serait si un auteur à succès perdait la mémoire avant d’avoir écrit la toute dernière ligne du dernier tome de son best-seller? La Belge Barbara Abel bien. Et cela lui a inspiré son dernier roman. De la bonne chick-litt à lire au coin du feu.

Comment est née l’idée de votre dernier roman?
«Je suis partie de l’idée que si JK Rowling perdait la mémoire avant de nous livrer la fin d’Harry Potter, ce serait terrible. Après, cela a évolué évidemment, mais c’était un peu l’idée de départ, le ramdam que cela produirait si une écrivaine à succès comme JK Rowling devenait amnésique.»

Et vous, si un beau jour vous vous réveillez dans votre vie après une amnésie, vous seriez satisfaite avec votre existence?
«Oui, je pense. Je n’ai pas un lourd passé familial et sentimental comme ma petite Zoé Letellier. Ma vie est assez simple. Je pense que je survivrais au choc sans problème!»

Votre héroïne est une écrivaine comme vous. Vous avez beaucoup d’autres points communs?
«Non, à part le métier, on n’a pas tellement de point commun en fait. D’abord parce que je n’ai jamais écrit de best-seller comme elle. Et que j’ai déjà dix ans de plus qu’elle, une vie beaucoup plus calme que la sienne et une famille moins déjantée.»

Vous vous êtes inspirée de quelqu’un en particulier?
«Non, elle s’est vraiment construite au fil de l’écriture. Au début, c’était juste une auteure à succès, et puis comme souvent, les personnages s’étoffent au fil du travail, prennent de la consistance et puis acquièrent leur propre autonomie, leur propre personnalité.»

Y-a-t-il quelque chose dans votre vie actuelle que même avec une amnésie, vous ne pourriez absolument pas oublier?
«Mes enfants! Zoé, elle, n’en avait pas. Même si je le tourne en comédie dans le roman, l’amnésie est un vrai drame, surtout pour l’entourage. J’imagine par exemple ce que cela doit être pour des enfants, un mari, des parents. Etre en face de quelqu’un qu’ils aiment, qu’eux connaissent très bien mais qui ne les reconnaît pas, cela doit vraiment être affreux. C’est le souvenir qui nourrit une relation. Quand il n’y a plus ou pas de souvenir, l’autre est un inconnu. Si les souvenirs ne sont plus là, c’est comme un fil qui se brise.»

Et la chose que vous oublieriez par contre volontiers?
«Je n’ai jamais rien fait de trop terrible! Mais bon, s’il le faut vraiment, je dirais la dernière fessée que j’ai donnée à mes enfants, je crois que je voudrais l’oublier.»

Vous êtes une amatrice de chocolat?
«Oui, mon gros péché mignon, c’est le chocolat. J’adore. Je vendrais père et mère!»

«Une bouche qui s’embrase demande juste à être embrassée. (…) C’est ce qu’on appelle ‘la brûlure du chocolat’.»
Barbara Abel dans «La brûlure du chocolat»

Et le plat qui vous évoque pleins de souvenirs?
«Mon autre péché mignon, ce sont les sushis, sashimis. Et le nasi goreng qu’on se fait mon homme et moi le dimanche soir, quand les enfants sont au lit.»

Vous écrivez des romans, des thrillers, des BD. Mais vous avez une préférence?
«C’est toujours de l’écriture de toute façon. Le scénario de BD, c’est beaucoup plus rapide, plus simple, plus facile. Tout ce qui concerne l’action et les personnages, ce n’est pas moi qui les décris, c’est le dessin qui les montre. Tout ce que j’écris, c’est la situation et les dialogues. Je peux très bien écrire dix pages de scénario de BD par jour. Après le dessinateur doit les dessiner et j’en ai pour un mois à ne rien faire. Ce qui est intéressant dans l’écriture de la BD, c’est qu’il faut vraiment les infos capitales tout de suite. On ne peut pas tomber dans la grande littérature, sinon, il y aurait des cases remplies de bulles à textes et des tout petits dessins. Donc cela, c’est un exercice super intéressant. Pour le roman, on ouvre les vannes et on laisse aller les flots. Donc ce sont deux exercices complètement différents qui donnent des satisfactions différentes.»

Vous travaillez sur quoi en ce moment?
«J’ai commencé un nouveau roman. J’en suis à la page 9 donc c’est vraiment tout nouveau… Là par contre, je reviens à mes premières amours: ce sera un thriller. Un vrai thriller avec du suspense, des trucs horribles… Cela concernera l’enfer du voisinage…»

Christelle

En quelques lignes
Auteure de best-sellers, Zoé Letellier a perdu la mémoire suite à un choc émotionnel. Elle se réveille donc un beau jour dans une chambre d’hôpital entourée de gens qui prétendent la connaître… Et surtout fiancée à un homme qu’elle ne se souvient plus avoir un jour aimé. Cela tombe plutôt mal, d’autant qu’elle est supposée l’épouser à la fin de la semaine! Aidée de ses proches, Zoé part donc à la collecte de ses souvenirs et tente de rassembler toutes les pièces du puzzle pour reconstituer ce qu’était sa vie. Et si cette amnésie tombait finalement plutôt bien? Une comédie sur la mémoire et la quête d’identité… et qui risque fort bien de vous donner une envie subite de grignoter du chocolat.

«La brûlure du chocolat», de Barbara Abel, éditions Fleuve Noir, 324 pages, 19,90 €

Cote: 4/5

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2 réflexions sur “Amnésie et chocolat

  1. Pingback: Autour de lau » D’une brûlure…

  2. Pingback: Diabolique Barbara Abel « Clair de Plume

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