Erotisme et sensualité

© Marc MELKI/ Opale/ Robbert Laffont

Le titre du dernier roman du Belge Xavier Deutsch tient ses promesses: il s’agit en effet d’ « une belle histoire d’amour qui finit bien ». Mais rien de cucul pour autant… même si sexe et fantasmes ne manquent pas à l’histoire!

Le titre de votre dernier roman est prometteur!
«Non seulement il est prometteur, mais il tient ses promesses! Il n’y a pas d’astuce d’auteur!»

Vous croyez donc à l’amour qui finit bien?
«Oui. En même temps, il y a une ambiguïté: est-ce l’histoire ou l’amour qui finit bien? (rires) Donc l’histoire finit bien. Le roman se termine par deux personnes qui s’aiment de manière harmonieuse. Et j’y crois! J’espère bien: je me suis marié récemment! On est dans une époque un peu cynique. On a l’impression qu’on ne croit plus en grand-chose. On ne croit plus en la Belgique, ni dans l’économie de marché. Et on n’est même pas sûr que la planète va rester en bonne santé durant des siècles. Alors j’aime bien croire qu’il y a une série de cartes qu’on possède entre nos mains. Une histoire d’amour, cela se construit. Et donc oui, j’en vois autour de moi de belles histoires qui se poursuivent bien!»

Plus qu’une histoire d’amour, c’est aussi une belle histoire d’amitié.
«Oui, tout y passe! (rires) Les trois grands amis d’adolescence continuent de se voir. L’amitié, c’est un sentiment qui peut durer toute une vie. Et donc oui. On a trois personnages qui sont amis. Et au sein de ce contexte, on a en effet une histoire d’amour qui émerge avec toutes les chances de durer le plus longtemps possible.»

Comment est née l’idée de ce livre?
«Le départ du roman, c’était son titre. C’est mon trentième roman et je n’avais encore jamais écrit d’histoire d’amour jusque-là! Mon univers est assez masculin. C’est un univers peuplé de camions, de carabines, de chevaux, de sentiers et de forêts profondes. Et puis j’ai vraiment eu envie d’écrire une belle histoire d’amour qui finit bien, et j’ai trouvé que c’était un bon titre. Les choses sont ensuite venues se mettre en place de façon assez naturelle. Je me suis beaucoup amusé en l’écrivant! Je le referai!»

Vous vous êtes inspirés de personnes que vous connaissez pour créer ces personnages?
«Non, jamais. Quand on s’appuie sur des personnes qu’on connaît vraiment, on empêche le roman de s’épanouir en liberté. Si j’y mets mon voisin ou mon beau-frère par exemple, leur personnage ne peut pas devenir méchant, ni pervers. Il ne peut pas non plus lui arriver des crasses. Parce que quand le roman sera paru, je risque d’avoir mon voisin ou mon beau-frère sur le dos. Donc pour qu’un roman s’épanouisse en liberté, il faut inventer les personnages qui n’ont pas de lien avec ma vie réelle. A partir de ce moment-là, toutes les péripéties deviennent possibles!»

C’est un récit d’une grande sensualité. Où avez-vous puisé votre inspiration?
«Je pense que la sensualité est liée à l’amour. Vous avez certes des amours religieuses, un amour qui peut être extrêmement désincarné, mystique. Mais l’amour humain, il s’incarne. Il passe par un corps. Et le corps a des sensations, des sentiments, des émotions. C’est inséparable. Achille, Zoé et Paul ont tous les trois une certaine attirance pour la sensualité, l’érotisme et ils combinent des jeux. C’est leur truc! Ils aiment cela, au point, de temps en temps de se brûler les doigts. Mais ils jouissent de s’être rencontrés autour de cela. Alors imaginer des tas de combinaisons, cela leur plaît beaucoup. Et donc la sensualité, l’érotisme, sont présents au cœur de leur vie, de leur relation à tous les trois, et au cœur de l’amour que le roman raconte.»

Christelle

En quelques lignes
Paul est architecte. Achille un jeune rentier. Quant à Zoé, après avoir posé nue durant ses études de lettres, elle a épousé un mari jaloux. Trois amis, liés par une passion de la griserie, un attachement à la volupté. Et aujourd’hui, l’un d’eux raconte leur belle amitié, leurs jeux… Sans oublier bien sûr une belle histoire d’amour. D’un genre différent des précédents romans de l’auteur, le petit dernier du belge Xavier Deutsch est indéniablement l’un des coups de cœur de cette rentrée.

«Une belle histoire d’amour qui finit bien », de Xavier Deutsch, éditions Robert Laffont, 176 pages, 16 €

Cote: 4/5

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