Absence et disparitions

© Jörg Steinmetz

© Jörg Steinmetz

Écrivain et cinéaste, Peter James est l’un des auteurs les plus lus au Royaume-Uni. Révélé chez nous en 2006 avec « Comme une tombe », on lui doit une vingtaine de livres, traduits en 33 langues. Parmi ceux-ci, la série mettant en scène le commissaire Roy Grace, un flic un peu paumé et attachant, dont la femme s’est volatilisée il y a près de dix ans, et qui n’hésite pas à recourir au paranormal de temps à l’autre.

Comment trouvez-vous les idées pour vos livres?
«Le point de départ de mes romans est souvent une histoire vraie ou un événement qui m’a intrigué. Pour ‘Tu ne m’oublieras jamais’ par exemple, j’ai longtemps été intrigué par l’idée d’une personne qui fait semblant de disparaître pour recommencer une autre vie ailleurs. J’ai demandé un jour à un ami détective comment je devrais m’y prendre si je voulais disparaître. Il m’a répondu qu’il y a 25 ans, cela aurait été facile. Il suffisait de déterrer le corps d’une personne décédée récemment, le mettre dans ma voiture et y mettre le feu. Mais aujourd’hui, cela ne fonctionnerait plus à cause de l’ADN. Selon ce détective, pour disparaître aujourd’hui, il ne faut aucun corps du tout, et donc une catastrophe naturelle comme un tsunami, ou un attentat terroriste comme le 11 septembre 2001 où de nombreux corps ont été pulvérisés, serait parfait. C’est comme cela que j’ai eu l’idée d’avoir mon personnage, Ronnie Wilson, simulant sa disparition le 11 septembre.»

Comment est né Roy Grace?
«Roy Grace vient d’un certain nombre d’éléments. Pour sa carrière, je me suis basé sur un officier de la police de la vraie vie, le Detective Chief Superintendent Dave Gaylor, aujourd’hui retraité.  La première fois que j’ai rencontré Dave Gaylor, c’était il y a quinze ans, quand il était inspecteur détective. Le sol de son bureau était couvert de piles de caisses bleues et vertes. Je lui ai demandé s’il déménageait, et il a répondu: «Non, ce sont mes amis disparus»! Chaque caisse contenait les principaux dossiers d’un homicide non résolu. Il était donc la dernière chance de justice pour les victimes et leurs familles.  Les deux éléments de fiction que j’y ai ajoutés sont la femme disparue de Roy, Sandy, et l’intérêt de Roy dans le paranormal. De nombreux policiers se tournent vers le paranormal lorsque tout le reste a échoué. Et puis Roy Grace exprime aussi mon point de vue sur toutes sortes de choses. »

L’absence tient une place important dans vos livres. À commencer par celle de Sandy, mais aussi ce personnage qui disparaît le 11 septembre 2001, par exemple.
«À bien des égards, l’absence est bien pire pour ceux qui restent que la mort, parce qu’il n’y a pas de fin. Si un proche décède, le conjoint, la famille et les amis peuvent assister à l’enterrement, puis lentement commencer à guérir. Mais s’il n’y a pas de corps, alors tout le monde est laissé dans un état d’incertitude – comme Roy Grace, qui se demande toujours depuis 9 ans ce qui est arrivé à sa femme, Sandy, qui a disparu le jour de son 30e anniversaire.»

Vous savez ce qui est arrivé à Sandy?
«Oui, je l’ai toujours su.»

Et quand le saurons-nous aussi?
«Bien sûr, si je vous le dis, je vais devoir vous tuer! Mais je vous garantis beaucoup plus de révélations à venir! Dans ‘Dead Like You’, le sixième roman de Roy Grace, une partie du livre se passe en 1997, lorsque Roy et Sandy étaient toujours ensemble. Mes lecteurs pourront voir pour la première fois leur relation à travers ses yeux à elle. Et ils se rendront compte que leur mariage ne fut pas aussi idyllique que Roy a toujours imaginé et se le rappelle…. »

Roy Grace ne fait plus appel au paranormal pour l’aider dans ses recherches?
«Comme de nombreux détectives à l’esprit ouvert, quand tout le reste a échoué dans une enquête, Roy est prêt à se tourner vers quoi que ce soit qui puisse l’aider, y compris le paranormal. Il s’intéresse au paranormal depuis l’enfance.  Mais je ne veux pas qu’il y ait recours dans chaque histoire car cela serait irréaliste. Cependant, il y a beaucoup de cas enregistrés de détectives qui y ont eu recours à des voyants, notamment pour les aider à localiser les corps. Le Pentagone, Churchill ou encore Hitler y ont par exemple eu recours. Mais je ne laisserais jamais Roy Grace résoudre une affaire uniquement de cette façon, ce serait tromper le lecteur. »

Si vous changiez d’identité, ce serait pour aller où et faire quoi?
«Bonne question! Je pense que cela est plus compliqué qu’on le pense, car si l’on veut réussir, cela signifie ne jamais revoir votre famille ou vos amis ou retourner dans votre pays natal – à part bien sûr déguisé ! Je détesterais cela.»

Vous avez peur des ascenseurs?
«Je suis terriblement claustrophobe. Quand j’ai écrit ‘Comme une tombe’, j’ai demandé à un directeur de funérarium de m’enfermer pendant 30 minutes dans un cercueil avec le couvercle fermé. Je suis presque devenu fou. L’une de mes plus grandes peurs est d’être enfermé dans un ascenseur. J’imagine que j’écris mieux sur les choses qui me terrifient réellement!»

Vous avez déjà commencé le prochain livre? Vous savez déjà ce qui va s’y passer?
«J’ai commencé le 7e de la série. Je connais toujours l’intrigue de base, les vingt premiers pourcents en détail et la fin, ce qui me donne une sorte de ‘feuille de route’. Mais j’aime quand j’ai commencé à écrire et que quelque chose fait soudainement irruption dans ma tête. C’est cette spontanéité que j’aime. »

Vous êtes un écrivain, mais aussi un producteur. Vous pourriez adapter vos livres à l’écran?
«La série des Roy Grace va être développée pour une série télévisée. J’ai essayé à plusieurs reprises d’adapter mes propres livres, mais c’est très compliqué. Mes livres contiennent environ 140.000 mots. Or, un scénario de 90 minutes en compte seulement 20.000.»

Christelle

L’histoire…

Le commissaire Roy Grace, qui a déjà séduit plus de trois millions de lecteurs dans le monde, est de retour, plus tourmenté que jamais. Un squelette a été retrouvé dans un chantier, et il craint cette fois encore qu’il s’agisse de Sandy, son ex-compagne disparue mystérieusement neuf ans plus tôt. Parallèlement, on emboîte les pas de cette jeune femme traquée, qui se retrouve prise au piège dans l’ascensceur de son immeuble. Prisonnière de la cabine durant plus de 24h, elle reçoit cet SMS inquiétant: «Je sais où tu es». Et puis il y a aussi l’histoire de cet homme, criblé de dettes, qui profite du chaos causé par les avions percutant les tours du World Trade Center alors qu’il se trouve sur les lieux pour disparaître et se réinventer une autre vie ailleurs. Trois enquêtes qui à première vue n’ont rien en commun. Mais à première vue seulement! Comme dans ses précédents thrillers («Comme une tombe», «Mort… ou presque» ou encore «La mort leur va si bien»), Peter James nous embarque dans un suspense haletant. Les intrigues se croisent et s’entrelacent. Sans oublier les nouveaux rebondissements de livres en livres autour de la disparition de la femme du commissaire Grace. Mais saura-t-on enfin ce qui est arrivé à Sandy? Réponse dans le livre…

Christelle

«Tu ne m’oublieras jamais» de Peter James, éditions Fleuve Noir,

Cote: 5/5

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