Viktor Lazlo dans la peau d’une schizophrène

 Viktor Lazlo se met dans la peau d’une schizophrène. Non pas pour les besoins d’un prochain rôle à la télé ou au théâtre, mais pour nous conter l’histoire de son héroïne de papier, Ida. Car si on la connaissait chanteuse et comédienne, Viktor Lazlo est désormais aussi auteure… et plutôt douée en plus!  Pour son premier roman, elle a enfermé une femme dans  un hôpital psychiatrique et déroule avec elle le fil de son histoire afin de tenter de comprendre comment elle en est arrivée là.

 
 

© Annsophie Lombrail

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée vous lancer dans l’écriture?
«Ce n’est pas une envie, c’est un besoin que j’ai depuis que je sais écrire!»

Qui vous a inspiré la femme de votre roman?
«Cette femme ressemble à toutes les femmes dans leur part la plus obscure. Et cet homme, Adrien, ressemble à ce que tous les hommes pourraient être. L’histoire, c’est ce qui se passerait vraiment si les gens n’étaient pas plus respectueux, plus sensibles, plus attentifs, moins peureux. Et si tout cela arrivait, l’histoire pourrait tourner très mal, comme dans mon livre.»

Cette femme, Ida,  a aussi des points communs avec vous?
«Forcément. J’ai mis dans ce personnage mes frayeurs d’enfant, d’adolescente et d’adulte. Elle a donc cela de commun avec moi. Mais contrairement à moi, elle n’a pas résorbé ses frayeurs en grandissant. Elle n’a jamais rencontré personne pour lui dire ‘everything gonna be ok’. Elle s’est plantée. Chaque rencontre a fait partie du mécanisme de sa déconstruction.»

C’est compliqué de se mettre dans la peau d’une schizophrène?
«Non, ce n’est pas très difficile. J’ai trouvé cela très intéressant. Si on est vraiment honnête avec soi, il n’y a pas un moment dans l’existence d’un être humain où, face au miroir, on ne s’est pas posé la question de savoir ce qu’il y avait derrière. Ce n’est donc pas difficile de faire marche arrière et de retrouver ce moment où on s’est retrouvé face au miroir et qu’on s’est demandé ce qu’il y avait là, pourquoi c’était comme cela.»

Et vous, jusqu’où seriez-vous prête à aller pour l’amour d’un homme?
«Moi, j’ai compris que l’amour des autres était une chose, et l’amour de soi quelque chose de bien plus fondamental. Cela ne veut pas dire que je suis, comme disent les Américains, ‘a selfish bitch’! Mais j’ai compris que de toute façon, pour être aimée, il valait mieux s’aimer d’abord. Le regard que l’on porte sur vous est directement lié au regard que vous portez sur vous-même.»

Vous avez d’autres livres en tête?
«J’ai deux livres en chantier. J’écris tout le temps. Je n’ai jamais arrêté d’écrire.»

Toujours dans le même style?
«Ce qui m’intéresse, de manière récurrente, c’est la part obscure de l’être humain: ce qu’il cache, ce qu’il sait de lui et voudrait que l’on ignore, les destins un petit peu chaotiques. Les histoires de princesses ne m’intéressent pas. Ce qui m’intéresse, ce sont les histoires de princesses qui se cassent la gueule! Parce que c’est dans l’échec qu’on reconnaît la valeur de l’homme plus que dans sa réussite.»

«Ce qui m’intéresse, ce sont les histoires de princesses qui se cassent la gueule!»

Vous avez des projets en tant que chanteuse ou comédienne?
«Oui, l’envie est toujours là d’être sur scène pour la chanson. J’ai une petite idée derrière la tête de créer un nouveau spectacle que j’amènerai à Bruxelles. Pour la comédie, non. La comédie n’a jamais été à mon initiative. On est venu me chercher. Et pour l’instant, on ne vient pas me chercher!»

Avant de vous lancer dans l’écriture vous étiez déjà connue. C’est plutôt un atout ou un handicap?
«Ce sont les deux. C’est un atout parce que pour certains médias, il y aura un a priori favorable parce que certaines personnes vous aiment et sont intéressées par ce que vous faites, peu importe ce que vous faites. Et pour certains médias plus sectaires, plus snobs, cela va être impensable: une chanteuse, cela chante, point. La première fois que j’ai fait du théâtre, les théâtreux m’ont méprisée. L’écriture est un cénacle encore plus clos. Si mon livre avait été reçu uniquement comme le premier texte d’un écrivain, il n’aurait pas eu à souffrir d’a priori.»

Christelle

En quelques lignes
Connue pour ses chansons («Pleurer des rivières» et «Canoë Rose» ) et son rôle dans «Navarro», Viktor Lazlo s’essaie désormais à l’écriture. Son premier roman, «La femme qui pleure», raconte l’histoire d’une femme schizophrène qui, enfermée entre les quatre murs d’un hôpital psychiatrique, attend son procès tout en essayant de comprendre comment elle a atterri là. Le style d’écriture est vif et concis. Et si les propos sont parfois décousus, c’est sans aucun doute pour mieux coller à son héroïne névrosée, tiraillée entre son fils et son amant, et qui tente désespérément de sortir du brouillard… 

«La femme qui pleure» de Viktor Lazlo, éditions Albin Michel, 154 pages, 14 €

Cote: 3/5

Viktor Lazlo sera à la Foire du livre de Bruxelles le vendredi 5 mars

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