Une nouvelle enquête pour Bogaert & Bacall

aarcamonde 3On pousse une nouvelle fois  avec beaucoup de plaisir la porte de l’Arcamonde, la boutique de l’antiquaire Frans Bogaert pour le troisième tome de ses aventures. Au centre de cette nouvelle enquête, un drôle de pendentif, apparemment sans valeur, mais qui réapparaît de façon inexplicable chaque fois que sa propriétaire cherche à s’en débarrasser. Frans Bogaert et son énigmatique assistante Lauren Bacall y voient la relique d’un macabre rituel toscan, qui laisserait présager qu’un crime inavoué a été commis. Mais ce tome trois est aussi l’occasion d’entretenir le mystère qui plane autour de Lauren. Avec même un petit clin d’oeil au commissaire Van In, Brugeois célèbre tout comme Bogaert! Sans oublier, comme à chaque fois, l’énigme dans l’énigme, ce petit bonus pour les lecteurs attentifs qui permettra au plus futé qui parviendra à percer le secret de l’Arcane Maxime avant Frans Bogaert de remporter un petit quelque chose. A trouver cette fois : un nombre, mais dans la langue qui convient…

Christelle

« Le coeur-de-gloire – Troisième enquête de l’antiquaire » par Hervé Picart (Le Castor Astral), 224 pages, 13 €

 Cote: 4/5

Rencontré à l’occasion de la sortie du premier volume de l’Arcamonde, l’auteur, Hervé Picart, nous avait livré quelques infos croustillantes sur ses personnages…

L’enquêteur  est antiquaire, ce qui n’est pas commun…

«J’avais envie d’écrire des romans policiers mais je voulais sortir de la routine avec analyse ADN, empreinte digitale, etc. Donc je me suis demandé pourquoi ne pas remplacer le cadavre par autre chose. J’ai pensé qu’en chinant, on rencontre souvent des objets un peu mystérieux. Parfois même le brocanteur ne sait pas de quoi il s’agit et nous invente une belle histoire. Et je me suis dit qu’une histoire sur un objet, cela pouvait être intéressant. Du coup, puisqu’on en était à essayer de percer le mystère d’un objet, l’enquêteur ne pouvait plus être un policier. Et qui est mieux à même qu’un antiquaire d’essayer de découvrir le secret d’un objet?»

Cet antiquaire est un vrai gentleman. Quelqu’un vous a inspiré le personnage?

«J’ai connu des gens comme cela. Mais pas dans le monde de la littérature du tout. Des gens qui avaient autour de la quarantaine et qui avaient des manières du temps passé. C’était les musiciens du groupe allemand Kraftwerk. Ce sont eux qui ont inventé la musique techno bien avant que personne n’y songe. C’était des gentlemen, avec des manières excises. Je me suis dit que si un jour, j’avais besoin d’un personnage avec un peu de classe, il ressemblerait à ces gens-là. Comme eux, Bogaert s’adresse systématiquement dans la langue de la personne qu’il reçoit. Et comme eux, il a les cheveux lissés en arrière.»

Son assistante, Lauren, n’est pas banale non plus!

«Elle est née en fait du nom Bogaert. J’avais choisi le nom de l’antiquaire en référence à un peintre flamand puisqu’il me fallait trouver un nom bien brugeois. Puis je me suis dit qu’un roman policier sans assistant, cela n’allait pas. Il me fallait quelqu’un, et je me suis dit puisque c’est un Bogaert, prenons Bacall. Et de là est venue l’idée que ce soit un clone parfait de Lauren Bacall, c’est-à-dire quelqu’un qui a l’apparence totale de Lauren Bacall, mais pour dissimuler quelque chose.» 

On va donc en apprendre plus sur elle?

«Beaucoup plus. Puisqu’il y a deux points d’interrogations qui persistent à la fin: qui est Lauren, et où est passée la femme de Bogaert? C’est cela l’intrigue transversale. Et cela va donner quand même une atmosphère assez lourde, assez sombre et même carrément inquiétante! » 

Donc vous connaissez déjà la fin du feuilleton?

«Oui, absolument. Il ne faut pas s’embarquer dans une série si l’on n’en connaît pas la fin. C’est un peu le principe de l’accordéon. Quand on a les deux bouts, on peut tirer autant qu’on veut. Donc je sais comment cela finit. J’ai même déjà les dernières scènes.»

Vous êtes Français. Pourtant votre histoire se passe à Bruges. Pourquoi?

«Français à peine, parce qu’en fait, je suis un quart belge par mon grand-père et trois quarts ch’timi. Je suis donc très enraciné au nord. Et parmi toutes les villes que j’aime beaucoup, il y a Bruges, une ville magnifique. C’est une ville où l’on peut se déplacer partout en marchant, où il y a de l’eau à la place des rues. En plus, c’est une sorte de vaste magasin d’antiquités. C’était donc l’écrin idéal pour y placer l’Arcamonde. D’ailleurs c’est une ville pleine de ressources. On verra dans les autres livres que plein d’endroits vont être exploités.»

À la fin du livre, vous invitez le lecteur à partir à la découverte de l’Arcane Maxime…

«Pour ceux qui n’en auraient pas eu assez avec l’énigme résolue par Bogaert, ils peuvent s’amuser à en résoudre une autre. Cela s’adresse plutôt à ceux qui aiment les casse-tête, les puzzles… C’est une énigme en cinq parties et dans chaque volume, on découvre une partie de cette énigme dont Bogaert donnera la clé dans le 6ème livre. La réponse est quelque part dans le livre. Si le lecteur a une idée et pense avoir trouvé, il va sur le site arcamonde.hautetfort.com. Il tape ce qu’il pense être la réponse et si c’est cela, il gagnera un petit quelque chose. Pour l’instant personne n’a encore trouvé.» 

http://arcamonde.hautetfort.com/

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