Le beat parfait

Un Afro-Américain accro au banc solaire erre dans le Berlin Ouest d’avant réunification. Le bien-être que procurent les rayons du soleil lorsqu’ils réchauffent les visages et les corps lui manque cruellement. Un sacré bonhomme, ce DJ Darky qui a quitté les USA pour peaufiner son beat parfait, sa Joconde sonique comme il l’appelle. Son oeuvre a besoin d’une dernière touche de génie qu’un seul homme est en mesure de lui apporter: Charles Stone, un jazzman d’avant-garde, alias le Schwa. Mais personne ne sait où se terre l’artiste. Etonnante coïncidence, Darky reçoit par voie postale, en provenance de Berlin, la bande-son épatante d’une vidéo porno qui met en scène un homme et une poule. Le DJ est intimement convaincu que cette composition est l’oeuvre du Schwa. Sur les traces de son maître spirituel et artistique, il se fait embaucher en qualité de caviste pour juke-box au “Slumberland”, un bar berlinois que fréquentent de jeunes (et moins jeunes) Allemandes en quête d’exotisme pour une aventure d’une nuit. Paul Beatty, auteur de cinq romans, dont le petit dernier “Slumberland”est le premier à être traduit en français, se penche ici sur la “négritude”, la grandeur et la décadence de l’homme noir, sur l’amour et le sexe, sur la mutation du Berlin en voie de réunification, le tout se fondant sur un background musical des plus pointus. “Slumberland” est indéniablement une des découvertes intéressantes de cette rentrée littéraire.

Anne-Sophie

“Slumberland”, de Paul Beatty, éditions Seuil, 327 pages, 21 euros

Cote: 4/5

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