Le maître de nos nuits blanches a encore frappé

HCTrès grand, la boule à zéro, Harlan Coben est à peine moins effrayant en vrai que ne le sont ses thrillers. «Sans un mot» n’échappe pas à la règle et s’interroge jusqu’à quel point on connaît vraiment ses enfants. Après «Ne le dis à personne», «Promets-moi» et «Dans les bois» pour n’en citer que quelques-uns de ses thrillers, le «Maître de nos nuits blanches» empiète une fois de plus sur notre temps de sommeil et nous maintient en haleine d’un bout à l’autre. Rebondissements, fausses pistes et personnages attachants. Tout y est pour un bon moment de frissons. Impressionnant.

Comment vous est venue l’idée de ce livre?coben

«L’idée m’est venue alors que je dînais avec des amis. Ils ont avoué qu’ils avaient mis des logiciels espions sur l’ordinateur de leur fils de 16 ans parce qu’il avait des problèmes à l’école et qu’ils s’inquiétaient pour lui. Ma première réaction a été ‘oh mon dieu, c’est horrible. Et le respect de la vie privée?’ Mais en y pensant, je me suis rendu compte que ce n’était pas aussi simple. Dans le livre j’ai décidé d’avoir des parents, Mike et Tya, qui luttaient pour savoir ce qu’ils devaient faire. Et puis il y a ce message qui apparaît sur l’ordinateur de leur fils Adam en disant «Boucle-là et tu risques rien». Puis il disparaît et quelqu’un est assassiné. Tout s’est donc enchaîné à partir d’une petite conversation avec des amis.»

Et en général, où dénichez-vous vos idées?

«Cela peut être n’importe où. En général, je me base sur la vraie vie, sur mon existence, et je me demande ‘ce qui se serait passé si…’. Puis je le tords dans tous les sens.»

Vous avez quatre enfants, vous leur faites confiance?

«Oui, je leur fais confiance. Mais vous pouvez leur faire confiance et aussi les surveiller. Je n’ai pas de spyware sur mon propre ordinateur. Mais je laisse entendre à mes enfants qu’un jour, je pourrais en mettre un, comme cela, ils ne savent jamais… Tout le monde devrait savoir que rien n’est privé sur un ordinateur. Ce n’est pas parce que vous ne regardez pas que d’autres ne le font pas. Quand j’étais jeune, si je confiais un secret à un ami, il pouvait le répéter à quelqu’un d’autre. Aujourd’hui, on prend le risque qu’il forwarde l’e-mail. Ne mettez jamais une photo de vous soûl sur Facebook à moins que vous ne souhaitiez que tout le monde la voie à vie. Il n’y a rien de privé sur internet.»

Le personnage de Nash est différent des meurtriers en général.

«Je n’aime pas trop décrire des sales types. Nash est un très sale type. Mais je voulais qu’il ait l’air réel, l’air de quelqu’un qui pourrait vraiment exister. Il a sa propre et intéressante philosophie sur la vie. Mais en général, je n’aime pas les personnages tout noirs ou tout blancs. Je les aime gris.»

L’enquêteuse Loren Muse va-t-elle devenir un personnage récurrent dans vos livres?

«Elle est déjà apparue dans quatre livres. Mais elle ne sera pas dans le prochain. C’est amusant comme parfois, vous avez un personnage dont l’histoire n’est pas encore terminée à la fin du livre. Et dans le livre d’après vous les retrouvez. Le chef de Muse, Cope, était un des personnages principaux de ‘Dans les Bois’ et a un petit rôle dans celui-ci. Dans ma tête, je n’en ai pas encore fini avec lui. Donc je ne sais pas ce qu’il en sera pour Muse.»

Comment ces personnages naissent-ils dans votre esprit?

«Je pourrais vous donner une réponse longue et compliquée, mais parfois, les personnages sont juste là. Je ne sais pas grand-chose d’eux quand je commence, mais en écrivant ils se révèlent. C’est comme les icebergs. Il y a la partie qu’on voit et la partie immergée. Je ne suis pas de ces auteurs qui écrivent 50 pages de biographies sur leurs personnages avant de commencer. »

Et votre prochain livre? Vous pouvez nous en dire un peu plus?

«On y retrouve Myron Bolitar de ‘Temps mort’. Je quitte aussi New York et le New Jersey pour la première fois. L’histoire se passe à Paris pour un tiers du livre et à Londres pour un autre tiers. Ce sera aussi drôle pour les Européens de voir Myron dans leur environnement.»

Vous avez un modèle? Des confrères que vous admirez?

«J’en aime beaucoup. Mais aucun qui m’ait vraiment influencé. Je suis ami avec plusieurs d’entre eux. J’habite à deux miles de chez Mary Higgins Clark qui est une amie de la famille. Je suis ami aussi avec Michael Connelly, mais je pourrais vous en citer beaucoup.»

Vous n’écrivez pas beaucoup de scènes romantiques dans vos livres.

«De romance oui, pas de sexe. Cela m’embarrasse! Je préfère laisser la place à l’imagination. Il n’y a pas beaucoup de violence non plus. Nash tue des gens, mais on ne le voit pas vraiment non plus. On le suspecte, mais je préfère laisser travailler l’imagination du lecteur.»

 Vous faites peur à votre famille parfois?

«Non, pour eux, je suis juste un père. Mes enfants savent ce que je fais pour vivre. Mais ma vie est très ennuyeuse. Je me lève, j’emmène mes enfants à l’école, puis j’écris, souvent dans un café. À la maison il y a trop de distractions. Je ne suis pas différent des autres personnes. C’est pour cela que je dois inventer des histoires.»

Christelle

«Sans un mot», d’Harlan Coben, éditions Belfond noir, 416 pages, 21,50 €

Cote : 5/5

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  1. Pingback: Myron Bolitar à la rescousse « Clair de Plume

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