Clair de Plume

Blog littéraire

Archive pour la catégorie ‘Littérature francophone’

Entre roman-feuilleton et série TV

Publié par chouxdebruxelles le 16 mai 2012

Comme pas mal de séries télé, ce roman-feuilleton a de quoi vous rendre complètement accro! Les personnages et leurs mystères sont du genre à vous poursuivre même une fois le livre refermé. Et a raison d’une dose par mois tout au plus, vos nerfs vont être soumis à rude épreuve! Henri Lœvenbruck nous a donné sa recette.

Comment avez-vous mis au point ce sérum?

«(rires) Avec un peu de cocaïne, un peu de… Non! On est parti avec Fabrice Mazza, mon coauteur, de la constatation que le contexte économique fait que des romans à 20 €, cela devient très cher pour beaucoup de gens, surtout les lecteurs jeunes qui n’ont souvent pas les moyens de s’offrir des produits culturels qui dépassent les 10 €. Donc on avait envie de faire ce roman moins cher, plus accessible. Et pour cela, de s’inspirer des sources de la littérature populaire, le roman feuilleton, et revenir à une habitude de publication périodique. Donc c’est une sorte de pont pour nous entre le passé, avec le roman feuilleton, et la série télé du 21e siècle qui joue exactement sur les mêmes registres, c’est-à-dire un rendez-vous récurrent avec les personnages qu’on voit évoluer et des fins d’épisode qui se terminent de façon haletante et qui laissent le personnage dans une situation inextricable où l’on a absolument envie de connaitre la suite.»

Et vous n’avez pas honte de jouer ainsi avec les nerfs de vos lecteurs ?

«Si ! »

Quelle est la posologie? Les doses à prendre?

«En moyenne, un épisode par mois. Avec une trêve estivale. Il y en a eu un fin mars, un fin avril. Il y en aura un en juin. Il n’y en aura pas en juillet août. Les trois suivants paraîtront en septembre, octobre, novembre. Et la saison sera finie.»

Combien de saisons sont prévues?

«Il y en aura trois. L’histoire pour nous est déjà bouclée. On est des grands fans de séries TV, mais ce qu’on n’aime pas dans les séries TV, c’est quand les auteurs ne savent pas au début de la série où ils vont, qu’à la fin on sent qu’ils vont avoir du mal à refermer toutes les portes qu’ils ont ouvertes. Donc nous avons vraiment attendu d’avoir fini l’histoire, que toutes les questions qu’on pose dès les premiers tomes aient trouvé leurs réponses.»

Donc vous connaissez déjà la fin?

«Absolument ! Il n’y a pas d’autres solutions d’ailleurs. Il y a des mystères dans les premiers tomes qui ne peuvent pas avoir d’autre explication que ce vous verrez à la fin.»

Et Draken, finalement, c’est un bon ou un méchant ?

«Alors cela, je ne vais pas vous le dire!»

J’aurai essayé ! C’est une série très interactive, avec tous les QR codes en bonus dans chaque chapitre.

«J’avais envie de composer de la musique pour un livre, mais il n’y avait pas encore de solution idéale pour le faire. Insérer un CD dans le roman posait de grosses problématiques aux éditeurs parce qu’en France, le CD n’est pas soumis à la même TVA que les livres, on n’a pas le droit de dire que le CD est gratuit à l’intérieur. Donc cela fait des années que je repousse cette idée de pouvoir proposer des musiques pour mes lecteurs. Et puis avec Fabrice, on a trouvé la solution grâce aux technologies modernes! Soit les lecteurs ont un smartphone et ils flashent le code pour écouter la musique au bon moment. Soit les gens peuvent télécharger  les morceaux gratuitement sur le site et les lancer sur leur iPod  au moment opportun.»

Comment sont nés vos personnages ?

«C’est un long processus. Cela fait cinq ans qu’on travaille dessus avec Fabrice. Au tout début, on voyait ‘Sérum’ comme une série de petits épisodes de sept minutes sur internet. Et puis petit à petit, cela a pris un peu d’ampleur. On s’est rendu compte que l’on n’aurait jamais les moyens de le faire correctement en Web-série nous-même. Donc on a eu l’envie d’en faire des romans. Les personnages sont nés comme cela. Les premiers évidemment, ce sont Draken et Emily, le psychiatre et la victime. Après, c’est vraiment compliqué de vous dire comment. Mais toute l’élaboration du projet s’est vraiment faite à deux.»

Vous avez un personnage préféré?

«J’ai un petit faible pour Ben Mitchell moi. Et puis Lola. Mais en général on aime tous ses personnages!»

Et ce n’est pas trop compliqué d’écrire à quatre mains?

«Non. Mais Fabrice et moi nous connaissons depuis très longtemps. On est des amis d’enfance. On était ensemble au lycée. Donc on se connait très bien, on a déjà écrit des choses ensemble mais qui était plutôt de l’ordre du scénario, du court-métrage. Et ensuite, on a une méthode de travail qui est vraiment à l’américaine et assez efficace, c’est-à-dire qu’on fait la conception de chaque épisode ensemble, tous les deux autour d’une table. On construit l’épisode, on fait un synopsis très détaillé d’une trentaine de pages. Et ensuite, moi je fais un premier jet de la rédaction de l’épisode, que je donne à Fabrice, et lui fait le deuxième jet en repassant derrière. Cela évite qu’il y ait des problèmes d’homogénéité, comme tout est écrit d’un seul trait. Certains auteurs qui écrivent à quatre mains choisissent d’écrire chacun un chapitre. Nous, on ne voulait pas de cela car on voulait que la série soit vraiment homogène.»

Avez-vous déjà été hypnotisé?

«Non. Mais j’ai assisté à séance. Je ne suis pas sûr d’être le patient idéal pour cela. Il faut quand même une vraie volonté de la part du patient. Ce n’est pas intrusif, l’hypnose. Je suis tellement observateur et analytique que je ne suis pas sûr d’être un patient idéal. Je crois que je préférerais apprendre l’autohypnose : peut-être que cela marcherait.»

Pourquoi avoir choisi New York comme cadre?

«Ah. Je ne peux pas trop vous en dire. Le nœud de l’intrigue ne pouvait pas se passer ailleurs qu’aux Etats-Unis…»

Cela pourrait devenir une série télé?

«Oui. On est en cours de négociation. Il y a donc de fortes chances…»

Vous vous êtes bien amusés à écrire l’épisode avec Mario?

«Oui! On s’est bien amusés avec la musique de Mario aussi!»

Un petit teaser du prochain épisode pour terminer?

«Tout ce que je peux vous dire sur l’épisode 3, c’est que c’est celui dans lequel se passe le principal événement de la première saison…»

 Christelle

En quelques lignes

Copains depuis le lycée,  Henri Lœvenbruck & Fabrice Mazza nous ont concocté une série hypnotique qui nous propulse à New York où une jeune-femme, Emily Scott, est devenue amnésique après avoir reçu une balle dans le cerveau. Le psychiatre Arthur Draken, qui a mis au point avec le neurophysiologiste Ben Mitchell un sérum facilitant l’induction hypnotique, va tenter de l’aider à retrouver son passé. Ou pas? Pendant ce temps-là, Lola  Gallagher, détective au NYPD, mène l’enquête. Viennent compléter cette galerie de personnages, Phillip Detroit, génie de l’informatique du NYPD un rien hacker, Chris Coleman, le frère de Lola qui a lui aussi ses petits secrets, ainsi qu’Adam, le fils de 11 ans de Lola. Sans oublier  John Singer et sa femme, les fondateurs secrets d’Exodus2016, ni le mystérieux homme au chapeau. A noter aussi que la lecture est agrémentée de QR codes nous permettant d’écouter une musique composée par Henri Lœvenbruck pour accompagner chaque chapitre. Prochaine injection: le 27 juin.

“Sérum – saison 1 – épisode 1 & 2″, de Henri Lœvenbruck & Fabrice Mazza, éditions J’ai Lu, environ 220 pages par épisode, 6 €

Cote: 5/5

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Un «thriller hitchcockien» pour Guillaume Musso

Publié par chouxdebruxelles le 9 mai 2012

© Marianne Rosenstiehl

S’il n’abandonne pas complètement sa touche comédie romantique qui fait du bien et qui plaît à ses lecteurs, Guillaume Musso embarque cette fois ses héros dans un thriller hitchcockien. Son dernier roman, «7 ans après», imbrique ainsi une enquête policière à une histoire de couple déchiré.

Au fil des ans, vos romans ressemblent de plus en plus à des thrillers et de moins en moins à des comédies romantiques. C’est voulu?

«Non. Cela s’est fait presque naturellement. Là, j’avais très envie de parler du couple, de l’éducation des enfants, du divorce. L’idée, c’était de parler de ces thèmes à travers une enquête policière un petit peu élaborée. Depuis longtemps, j’avais envie d’écrire ce que j’appelle un ‘thriller hitchcockien’, c’est-à-dire partir d’un couple ordinaire à qui il arrive quelque chose d’extraordinaire. On a ce couple, Nikki et Sebastian, qui, sept ans après leur divorce, sont encore remplis de haine. Leurs blessures sont encore vives. Ils sont obligés de se reparler pour faire face à la disparition de leur fils, Jeremy. Une disparition qu’ils prennent d’abord pour une simple fugue d’adolescent et qui se révèle être quelque chose de beaucoup plus dangereux et davantage compliqué.»

Comment vous est venue la profession de votre héros? Luthier, ce n’est pas courant…

«Il y a trois ans, j’ai eu la chance de visiter l’atelier de Jean-Pierre Rampal, l’un des grands luthiers parisiens. C’est là notamment où a été tourné le film ‘Un cœur en hiver’ de Claude Sautet avec Daniel Auteuil et Emmanuelle Béart. J’avais été fasciné par cet endroit qui est à la fois un endroit très calme et un endroit très artisanal. En discutant avec les luthiers, ils m’avaient dit qu’ils répétaient les gestes qui existaient déjà quatre siècles auparavant. C’est l’une des seules professions où le savoir-faire technique et absolu a été atteint quatre siècles plus tôt. Et je trouvais que ce calme, ce côté artisanal, ce côté méticuleux, répondait parfaitement au caractère de Sebastian. Quant à Nikki, je vais souvent à New York, et il y a là-bas quantité de jeunes femmes que l’on voit comme cela débarquer, soit de leur province, soit de leur pays d’origine, avec ce rêve américain en tête de devenir actrice ou mannequin, de chanter dans des comédies musicales, et qui souvent se heurtent à une réalité qui est moins glamour qu’au cinéma.»

Il y a une part d’autobiographie dans vos personnages?

«Il y a toujours une part d’autobiographie plus ou moins forte, mais on la retrouve aussi bien dans certains travers de Sebastian –une certaine rigidité parfois-, dans le caractère de Nikki –dans ce qu’elle peut avoir de drôle et pétillant- et même dans le caractère de la jeune flic, Constance, une jeune Parisienne un peu solitaire.»

Mais qui vous ressemble le plus, Nikki ou Sebastian?

«Pour être honnête, je suis un peu plus Sebastian. Mais je ne suis pas aussi extrémiste que lui, notamment sur ce qu’il fait au moment où il divorce, par rapport à ses enfants, où il a la cruauté de priver sa femme de l’éducation de sa fille. Cela, c’est un comportement qui est pathologique et qui ne me ressemble pas. Par contre, ce qui me ressemblerait, c’est l’inquiétude qu’il a par rapport à sa fille. Mais peut-être pas au point de me lancer dans la tentative de flicage qu’il met en place.»

Vous aimeriez avoir un fils comme Jeremy?

«Oui, quand même, parce qu’il est assez bluffant. Il est assez pudique par rapport à son père. Je pense que c’est un garçon qui a bon cœur. Donc, oui, j’ai bien aimé ce personnage. On le voit assez peu dans le livre. On voit sa chambre, on le voit à travers les bandes de sa séance de psy. Mais je l’ai trouvé assez attachant et assez bienveillant par rapport à ses parents. Il analyse assez justement le désarroi dans lequel ils sont plongés.»

Enfant, vous ressembliez plus auquel des jumeaux?

«À Camille, parce que j’étais bon élève, j’étais beaucoup dans le désir de ne pas vouloir décevoir les attentes de mes parents. Je pense que j’étais assez mature pour mon âge. Je lisais déjà beaucoup. Donc oui, plutôt Camille.»

Votre héros ne croit pas aux coups de foudre, mais plutôt aux instants rares. Vous en avez connu des instants rares?

«Oui. J’ai dans la tête toute une bande de moments heureux, un peu comme des films en super 8, que je suis capable de me projeter et qui, selon les jours, sont capables de me remplir de joie ou -si je suis dans une période de nostalgie, ou si la personne avec laquelle j’ai vécu cela n’est plus là- me remplir de peine. J’ai une bande de données cérébrales de moments rares à la fois heureux et malheureux.»

Vous emmenez vos lecteurs en balade, entre New York, Paris et la jungle amazonienne. Vous avez voyagé dans tous ces endroits?

«New York et Paris oui, bien sûr. La jungle amazonienne non, parce que je voulais la décrire telle que je l’imaginais à travers les yeux de Sebastian, qui en plus est souffrant au moment où il est dans la jungle. Donc j’avais cette envie de partir d’un Brooklyn, d’un New York qu’ils reconnaissent à peu près, de les plonger dans un Paris qui n’est pas le Paris touristique mais un Paris un peu plus rude, plus difficile, surtout qu’ils ne connaissent pas la langue, qu’ils doivent se rendre dans des quartiers un petit peu chauds pour enquêter et pour culminer avec ce qui a de plus difficile pour eux, être paumés au milieu de la jungle amazonienne, à l’autre bout du monde. »

Vous avez parfois peur pour vos personnages ou bien vous savez toujours ce qui va leur arriver?

«J’ai souvent peur, oui. Par exemple là, j’ai eu peur pour Constance, la jeune flic, à tel point que j’ai laissé son histoire en pointillés. On ne sait pas ce qu’elle va devenir. Je voulais lui laisser du temps. On va la retrouver dans un autre livre parce que j’ai déjà reçu des centaines de demandes de lecteurs. Mais j’aime bien aussi me laisser guider par les personnages. Je suis assez curieux de voir où ils peuvent m’amener. Et le moment le plus jouissif, c’est quand les personnages se mettent à avoir envie de faire des choses auxquelles on ne les prédestinait pas forcément!»

Il y a d’autres personnages que l’on va retrouver?

«Constance, c’est certain. Nikki et Sebastian, quant à eux, sont soumis à telle rude épreuve dans ce roman que j’ai envie de les laisser un petit peu tranquilles. Donc probablement pas, pas parce que je ne les aime pas, mais au contraire, je les aime tellement que j’ai envie qu’ils vivent bien!»

Pourquoi ce titre, «7 ans après»?

«Parce qu’il s’est trouvé que c’était sept ans après leur divorce que le couple était obligé de refaire équipe pour sauver leur enfant. Pendant un moment, le roman s’est appelé ‘Papa, maman’. Mais cela sonnait trop comme une comédie familiale. À un moment aussi, il s’appelait ‘Quatre jours en octobre’. Mais cela n’évoquait pas grand-chose. Alors que ‘Sept ans après’, je trouvais que c’était exactement le roman. Et quand j’en ai parlé à une amie, la première chose qu’elle m’a dit c’est que c’était marrant parce que c’était en plus un clin d’œil à ‘Et après’, mon premier livre.»

Votre dernier roman est en tête du top 20, «L’appel de l’ange» est troisième. Cela vous fait quoi d’être le romancier français le plus lu ?

«Cela me fait très plaisir. Et cela me fait d’autant plus plaisir que ce succès, je le dois essentiellement au bouche-à-oreille, au fait que les gens se soient conseillé mes romans au fur et à mesure des années, que je refuse de faire trop de médias, je ne mets jamais ma vie personnelle en scène, et que donc si les lecteurs me font confiances d’année en année, c’est parce qu’ils savent que je travaille avec humilité, pour essayer d’écrire une histoire qui les surprenne, qui les fassent voyager, qui leur offre une part de distraction, quelques heures d’ailleurs, dans un monde qui n’est pas toujours facile.»

Ce livre pourrait être adapté au cinéma?

«J’ai déjà eu deux propositions, mais qui ne m’ont pas plus emballé que cela. Donc pour l’instant, il n’y a pas de projet. Ce que je ne veux pas faire, c’est vendre mes droits à un producteur juste pour le plaisir de les vendre. Ce que je veux, c’est qu’on vienne avec une envie, un projet artistique déjà abouti. Sinon, je ne vois pas l’intérêt. C’est clair que cette histoire ferait sans doute un film intéressant. Maintenant, il faut trouver les vrais partenaires qui non seulement auraient envie de faire cela, mais qui en plus ont envie de le faire tel que moi j’imagine qu’on puisse le faire.»

Votre projet de scénario est toujours en cours?

«J’en ai plusieurs sur le feu. Je les ai un petit peu mis entre parenthèses pour écrire mes romans. Cela reste une envie. L’embêtant, c’est que très souvent, quand je commence un scénario, je me dis finalement pourquoi ne pas en faire un roman. Parce que quand vous écrivez un roman, vous êtes complètement libre, au contraire du scénario où vous n’allez être qu’un petit maillon d’une chaîne plus vaste. Mais qui sait…»

Christelle

En quelques lignes

Depuis leur divorce, Nikki et Sebastian vivent chacun dans leur coin de New York, élevant séparément l’un de leurs jumeaux. Nikki, artiste bohème plutôt cool, se charge de l’éducation de Jeremy. Sebastian, luthier à la vie bien rangée, de celle de Camille. Et tandis que Nikki pardonne facilement à Jeremy ses écarts de conduite, Sebastian, lui, élève sa fille avec rigueur, allant jusqu’à espionner sa vie privée. Jusqu’au jour où Jeremy disparaît mystérieusement. Pour retrouver leur fils, Nikki et Sebastian n’ont pas d’autre choix que de collaborer. Certes, on devine d’avance une partie du dénouement. Mais Musso y ajoute sa touche personnelle et parvient une fois encore à nous faire passer un agréable moment en compagnie de ses héros. Alors on ne va certainement pas bouder notre plaisir!

«7 ans après », de Guillaume Musso, éditions XO, 386 pages, 21,90 €

Cote : 3/5    

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Attention, série addictive !

Publié par chouxdebruxelles le 8 mai 2012

Comme pas mal de séries télé, ce roman-feuilleton a de quoi vous rendre complètement accro! Les personnages et leurs mystères sont du genre à vous poursuivre même une fois le livre refermé. Et a raison d’une dose par mois tout au plus, vos nerfs vont être soumis à rude épreuve! Vous voilà prévenus! Copains depuis les bancs d’école,  Henri Lœvenbruck & Fabrice Mazza nous ont en effet concocté une série hypnotique qui nous propulse à New York où une jeune-femme, Emily Scott, est devenue amnésique après avoir reçu une balle dans le cerveau. Le psychiatre Arthur Draken, qui a mis au point avec le neurophysiologiste Ben Mitchell un sérum facilitant l’induction hypnotique, va tenter de l’aider à retrouver son passé. Ou pas? Pendant ce temps-là, Lola  Gallagher, détective au NYPD, mène l’enquête. Viennent compléter cette galerie de personnages, Phillip Detroit, génie de l’informatique du NYPD au tendance hacker, Chris Coleman, le frère de Lola qui a lui aussi ses petits secrets, ainsi qu’Adam, le fils de 11 ans de Lola. Sans oublier  John Singer et sa femme, les fondateurs secrets d’Exodus2016, ni le mystérieux homme au chapeau. A noter aussi que la lecture est agrémentée de QR codes nous permettant d’écouter une musique composée par Henri Lœvenbruck pour accompagner chaque chapitre. Prochaine injection: le 27 juin.

Christelle

“Sérum – saison 1 – épisode 1 & 2″, de Henri Lœvenbruck & Fabrice Mazza, éditions J’ai Lu, environ 220 pages par épisode, 6 €

Cote: 5/5

http://www.serum-online.com/

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Cocktail réussi pour François Weyergans

Publié par chouxdebruxelles le 7 mai 2012

Une bonne dose de passion amoureuse, un zeste de suspense, de l’humour aussi: le dernier roman de François Weyergans est un cocktail parfaitement dosé. Il nous a confié sa recette!

Vous aimez le cocktail Royal Romance? L’avez-vous déjà goûté?
«Je l’ai goûté après avoir écrit le livre. J’ai trouvé le nom dans le livre ancien qui remonte aux années 1930, ‘L’art du cocktail’, où il y avait plein de cocktails. Ce titre Royal Romance m’a plu. Cela fait un petit peu fleur bleue, un petit peu Arlequin. Et en même temps, le livre finissant de façon on ne peut plus tragique, cela faisait un contraste avec le titre du récit. C’est pour cela que j’ai choisi ce titre-là. Et depuis, en effet, on m’a fait boire du Royal Romance. Cela a l’air assez compliqué à réussir, parce que selon les barmen qui me l’ont fait, cela n’avait pas le même goût. Il faut avoir du bon gin, ou du Grand Marnier ou du Cointreau, et surtout du vrai jus de fruit de la passion, 100% jus, avec la pulpe. Le jus dilué fout tout en l’air.»

Votre héros, Daniel Flamm, a beaucoup de vous?
«Non, moyennement. C’est un personnage qui est fait en partie de choses que je connais, en partie de choses que j’ai observées. L’idée, quand on construit un personnage, c’est de le doter de certains caractères, d’une certaine culture, d’un métier, d’occupations diverses, d’amours diverses. On prend un peu des choses que l’on connaît soi et des choses qu’on a observé. On n’est pas sans avoir des amis, avoir entendu raconter des histoires. C’est un cocktail là aussi. On met tout cela dans un shaker, on secoue bien fort et puis le personnage sort.»

Mais son côté séducteur, il le tient de vous?
«Non, c’est aussi une des caractéristiques que je voulais. Les hommes séducteurs –je mets cela au masculin, mais il y a des femmes séductrices aussi- font partie d’une certaine littérature que j’aime bien, depuis le 18e siècle. Un modèle secret pourrait être Valmont dans ‘Les liaisons dangereuses’ par exemple. Cela permet d’avoir une vie un peu plus mouvementée. C’est plus agréable pour un romancier d’avoir un personnage séducteur qu’un personnage renfermé.»

Son côté dépressif, rassurez-nous, il ne l’a pas hérité de vous?
«La dépression, comme je le fais dire à mon héroïne, il en faut un peu quand même parce que sinon, les gens affichent une bonne humeur de mauvais alois qui est un peu agaçant à la longue. Donc il en faut un peu, pas trop. Il y a des vertus aussi dans l’inquiétude, un petit peu d’angoisse. Je crois que tout être humain, normalement constitué, en tout cas dans notre civilisation occidentale, vit avec de l’angoisse.»

Vous vous y connaissez bien en bouilloire?
«Oui. Les bouilloires électriques, cela m’a servi dans le livre à aborder de façon un peu cachée le grand thème des cadeaux. Elle veut lui offrir un stylo. C’est un peu banal. On imagine, puisqu’il est écrivain, qu’il en possède déjà une cinquantaine. Donc lui répond qu’il préfère une bouilloire électrique. L’idée du cadeau, c’est quand même aussi de faire que l’on va penser à la personne qui a donné le cadeau. Donc il vaut mieux faire des cadeaux qui durent. Et une bouilloire, il va s’en servir tous les jours. Après, elle ne lui offre pas, mais cela a démarré de telle sorte que maintenant, le souvenir de cette femme est attaché à la bouilloire électrique. En plus, on imagine qu’il l’a gardée après la fin du livre.»

Votre héros a des problèmes pour terminer ses romans. Vous n’avez pas de problème d’inspiration, vous?
«L’inspiration, il n’y a pas de problème. On a toujours beaucoup d’idées. Le problème, c’est que c’est compliqué de manipuler la prose française. C’est une prose qui demande à être très simple, et c’est difficile. Il y a toutes sortes de sonorités qu’il faut éviter pour avoir des phrases qui soient fluides. Cela demande beaucoup de travail.»

L’idée de ce roman vous est venue comment?
«L’idée, c’était la fin. Je voulais raconter une fin tragique. Je me suis demandé du coup jusqu’où j’allais retourner en arrière pour que ce soit émouvant à la fin. Pour que ce soit émouvant, il faut que l’on soit un peu attaché aux personnages, qu’on les connaisse mieux, etc. C’est donc une histoire d’amour qui ne fonctionne pas très bien. Je voulais un amour qui ne soit pas trop du grand lyrisme, qui ne soit pas fusionnel. Très vite, je me suis dit que cela se peut très bien que ce soit des gens qui soient éloignés l’un de l’autre. Tout se gâte à partir du moment où la fille vient s’installer à Paris. Lui ne s’attend pas à cela. Ils étaient tous les deux assez contents de s’aimer de loin. Du coup, la règle du jeu n’est plus respectée. Et alors là, cela commence à aller mal parce qu’un sentiment plus fort essaie de s’instaurer.»

Vous vous y prenez comment pour écrire?
«Il me faut une grande table. J’y pose des notes, des papiers, des dictionnaires, des stylos. Et j’aime bien travailler le soir ou la nuit parce que c’est plus calme. Personne ne va vous déranger. Il n’y pas de tentations. Si cela ne marche pas trop bien, parce que l’on n’écrit pas à tire-larigot, si c’est l’après-midi, on sort, on voit un film ou des amis. À trois heures du matin, il n’y a rien d’autre à faire que de rester concentré. Mais vous n’écrivez pas tout le temps. Écrire, c’est beaucoup penser aussi.»

Le jeu de l’embardée, vous y jouez?
«Je l’ai inventé parce que je voulais qu’ils jouent à quelque chose. Je n’allais pas les faire jouer aux cartes ou au scrabble. C’est un jeu de conversation. Il suffit de surenchérir l’un sur l’autre. Celui qui gagne est celui qui cloue le bec, qui surprend l’autre. Cela m’a amusé d’inventer cela. Mais je n’y ai pas joué encore.»

Et Justine existe? Elle a un modèle?
«Elle est faite de deux ou trois femmes que j’ai observées, dont j’ai entendu parler. Je la trouve assez contemporaine. C’est quelqu’un que je n’aurais pas pu décrire il y a 15 ou 20 ans. Elle aurait été moins désinvolte, moins délurée. Parce qu’elle a sa vie, toujours un petit copain qui traîne. C’est une fille jeune, qui a du succès. Elle est comédienne. On lui confie quand même le rôle principal d’une pièce de Racine. Quelques années après, on la retrouve vendeuse. C’est une fille douce aussi. Un peu comme la vie, on va dire!»

Sous votre nom maintenant, sur la première page, on peut lire «de l’Académie française».
«Oui. Je suis membre de l’Académie française, donc l’usage est de le signaler. Je ne l’ai pas mis sur la couverture, parce que la couverture était jolie comme cela. Cela aurait fait un petit gribouillis là en dessous. L’Académie française, c’est l’une des plus vieilles institutions culturelles du monde. L’intérêt de l’Académie, c’est tout ce travail sur le dictionnaire, sur les mots. Les mots font partie de mon métier et cela m’intéressait.»

Vous y avez fait une entrée remarquée.
«Oui, c’est vrai.»

J’ai lu que votre fauteuil était maudit, cela ne vous fait pas peur?
«Non, c’est une connerie cela, ce n’est pas vrai. Il n’est pas du tout maudit. C’est quelqu’un qui a voulu se faire un peu mousser sur le dos de ce fauteuil pour vendre un petit roman. Ce fauteuil n’a rien de maudit. Il a été occupé en bon père de famille par Maurice Rheims pendant trente ans. Il y a juste eu un type qui l’occupait il y a très longtemps qui s’est suicidé. Mais des suicides, il y en a plein les journaux, cela n’a rien à voir avec un numéro de fauteuil.»

Votre prochain roman est déjà commencé?
«Oui. Je l’avais commencé en même temps que je finissais celui-là. C’est assez compliqué d’en parler. Il sera un petit peu genre policier. Un petit peu, pas trop. Pour cela, il faut avoir une intrigue assez solide. Mais dans celui-ci aussi, sans trop en dire, il y a un faux coupable…»

Christelle 

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Eric-Emmanuel Schmitt dans les pas de Confucius

Publié par chouxdebruxelles le 25 avril 2012

Madame Ming, dame pipi d’un grand hôtel chinois, est intarissable sur ses dix enfants. Ting-Ting, son aînée, Ho, Da-Xia (qui voulait tuer Madame Mao), Kun, Kong, Li Mei, Wang, Ru, Zhou et Shuang dont on découvre le parcours au fur et à mesure qu’elle se confie au narrateur, un homme d’affaires européen. Mais ce dernier a un peu de mal à la prendre au sérieux, dans un pays où la politique de l’enfant unique est appliquée à la lettre. Et comme lui, le lecteur s’interroge. Madame Ming fabule-t-elle? Aurait-elle sombré dans une folie douce? Ou bien a-t-elle réussi à contourner la loi? Jusqu’à finir par douter: et si cette progéniture n’était finalement pas si imaginaire que cela? Quoi qu’il en soit, ce petit conte éclairé par la sagesse immémoriale de Confucius nous fait découvrir une facette de la Chine, sixième étape du cycle de l’invisible dont Eric-Emmanuel Schmitt avait entamé l’exploration avec “Milarepa” (1997) et poursuivi avec “Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran” (2001), “Oscar et la Dame Rose” (2002), “L’enfant de Noé” (2004) et “Le sumo qui ne pouvait pas grossir” (2009). Un cycle de l’invisible dans lequel le romancier nous fait à chaque fois découvrir une nouvelle sagesse, une autre spiritualité (bouddhisme, islam, christianisme, judaïsme, zen…), qu’il soit question d’une naissance, d’un amour, une maladie ou de la mort, rien qui n’ait a priori une “signification évidente”… (cd)

Les dix enfants que Madame Ming n’a jamais eus”, d’Eric-Emmanuel Schmitt, éditions Albin Michel, 114 pages, 12 €

Cote: 4/5

www.eric-emmanuel-schmitt.com

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«Loin des mosquées, mais près des êtres humains réels»

Publié par chouxdebruxelles le 11 avril 2012

Le dernier roman d’Armel Job se passe peut-être loin des mosquées, mais est, cette fois encore, proche des gens. Comme toujours, cet auteur bien de chez nous pose son regard sans préjugés sur un fait de société. Il est question cette fois de mariage arrangé et de crimes d’honneur. Avec bien sûr des personnages hauts en couleurs, entre un croque-mort célibataire et une jeune femme turque calculatrice…

Vous abordez dans votre dernier roman le thème des mariages arrangés.
«Je n’avais pas du tout l’intention de faire un livre sur un sujet exotique. Je pense que tous, même dans les petites
villes comme où j’habite, nous croisons chaque jour des personnes de communautés immigrées. Et je savais par des témoignages que dans ces communautés, ce genre de mariages se pratique. Je ne dis pas que tous les mariages sont arrangés, mais des enquêtes sociologiques montrent que cette façon de se marier, même pour la deuxième génération d’immigrés, reste tout à fait courante.»

Il est aussi question de crimes d’honneur.
«Oui. Quand j’ai commencé à écrire le livre, je ne pensais pas du tout traiter des crimes d’honneur. Je pensais écrire un livre sur des gens à côté desquels nous vivons sans peut-être vraiment nous soucier d’eux, des personnes avec lesquelles on peut avoir une bonne relation mais qui sont d’une autre culture que la nôtre. Je pensais que pour illustrer mon roman, un mariage serait intéressant. Cela m’intriguait de savoir comment aujourd’hui une jeune femme peut accepter un mariage arrangé, comment un jeune homme peut se dire qu’il ne va pas vivre à l’occidentale, qu’il va respecter la tradition. Mais mariage arrangé ne signifie pas mariage forcé. Pour l’action romanesque, je trouvais intéressant que la jeune femme refuse. À partir du moment où l’on entre dans une situation de conflit, il est vrai que les choses peuvent déboucher sur des situations tout à fait dramatiques comme les affaires d’honneur. C’est ce qui arrive dans mon roman. J’avais une documentation assez importante sur ce genre de crimes d’honneur en Allemagne. Je ne sais pas si nous pouvons constater ce phénomène en Belgique, bien que nous avons récemment eu une affaire de ce genre, mais qui ne concernait pas une communauté turque.»

Ce ne doit pas être facile de vous glisser dans la peau de vos personnages, entre un croque-mort et une femme turque…
«Oui, mais c’est justement ce qui fait tout l’intérêt du travail du romancier! Le rôle du romancier, c’est essayer de présenter ce que vivent les personnages. Cela demande beaucoup de méditation, de recueillement. Quand je commence un roman, je n’ai qu’une vue absolument superficielle de mes personnages, de leurs actions. Je les imagine, j’avoue, souvent de façon très caricaturale. Et très rapidement évidemment, en réfléchissant à la manière dont les personnages (qui sont des êtres humains comme vous et moi!) peuvent agir dans les situations dans lesquelles on les met, on s’aperçoit qu’on est souvent victimes d’idées tout faites, d’a priori. Chaque voyage dans des cultures qui ne sont pas directement la mienne me fait découvrir comment on reste finalement tous les mêmes êtres humains avec les mêmes désirs, les mêmes aspirations au bonheur.»

On découvre en effet dans votre livre que les clichés qu’on se fait parfois de la femme musulmane ne sont pas tout à fait vrais.
«Je pense qu’on est tous victimes des clichés. D’une culture à l’autre, on a une vision caricaturale de la culture de l’autre. C’est certainement l’occasion, à travers le roman, d’essayer de décaper ces visions tout à fait superficielles. Un roman, c’est toujours essayer de voir le dessous des cartes, c’est lever le voile des apparences.»

Pourquoi ce titre, «Loin des mosquées»?
«Parce que je pense que spontanément, nous imaginons que tout ce que les communautés immigrées de religions musulmanes font relève toujours de pratiques religieuses. Or, ce n’est pas du tout le cas. Il est bien évident que la religion islamique ne recommande en aucune manière les mariages arrangés et a fortiori bien sûr les affaires d’honneur ne sont nullement le résultat de croyances islamiques. L’islam condamne avec la plus grande vigueur les crimes d’honneur. L’islam ne se mêle en rien des mariages. Ce sont des illusions que nous nous faisons. Donc mon roman se passe loin des mosquées, mais près des êtres humains réels.»

Vous connaissiez la fin de l’histoire avant de commencer à l’écrire?
«Non, pas du tout. Lorsque j’ai embarqué dans le corbillard de René avec un cercueil à l’arrière, je ne savais pas très bien qui était dedans. À dessein, je me suis dit qu’il ne fallait pas que je dise elle ou lui mais plutôt le passager ou la personne. Je peux même vous dire que j’avais une tout autre idée au départ. Ce n’est qu’à la fin que j’ai compris qui était dans le cercueil!»

Christelle

En quelques lignes

Hébergé chez un oncle à Cologne où il achève ses brillantes études, Evren, un garçon timide et insipide, tombe amoureux de Derya, sa belle et sensuelle cousine. De retour chez lui, en Belgique, il fait part à ses parents de son intention d’épouser sa cousine. Mais lorsqu’une délégation familiale se rend en Allemagne pour demander officiellement la main de la jeune fille, celle-ci refuse. Qu’à cela ne tienne. Pour laver l’honneur de son fils, la mère d’Evren lui arrange un mariage avec une autre cousine, l’énigmatique Yasemin qui, bien qu’il s’agisse d’un mariage arrangé, est décidée à séduire pour de bon son cousin. Mais les choses ne peuvent bien sûr pas être aussi simples! La situation dérape. Et Derya débarque un beau jour en Belgique, chez son cousin… L’histoire est racontée tantôt par Evren, tantôt par Derya, Yasemin ou encore René, un croque-mort qu’Armel Job a invité dans l’histoire! Quand à la fin, elle est à la fois drôle et ironique. Un livre qui se lit d’une traite.

«Loin des mosquées», d’Armel Job, éditions Robert Laffont, 276 pages, 21,70 €

Cote: 4/5

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De la chick litt pour mère d’ados

Publié par chouxdebruxelles le 27 mars 2012

 Ne vous laissez pas abuser par le titre: il n’y a point de Kate Middelton dans ce livre! Il est vrai cependant que le destin de l’héroïne tient plus de la parfaite looseuse que du conte de fées! Âgée de 43 ans,  Capucine Guillon, née Poute, est rédactrice de questions pour jeux télévisés et mère célibataire de trois ados d’appartement nés de trois père différents. Ajouter à cela un  irrésistible attrait pour tout ce qu’il faut éviter et un manque cruel de discernement qui la mettent dans des situations  pathétiques. Sans oublier que son ex-mari entend se remarier et voudrait bien dès lors qu’elle cesse d’utiliser son nom de famille, condamnant Capucine à reprendre son nom de jeune fille. Or redevenir une Poute, pour Capucine, il n’en est absolument pas question! La voilà donc en quête d’un nouveau M. Guillon. Reste à savoir pour lequel elle d’entre eux elle craquera: le kiné, le ministre coureur de jupon ou l’hériter des biscuits breton du même nom? Une histoire désopilante et rafraîchissante. De la chick litt pour mère d’ados mal dégrossis !

Christelle

“Tout le monde n’a pas le destin de Kate Middelton”, de Fred Ballard, éditions Pygmalion, 306 pages, 16,90 €

Cote: 3/5

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Rembobiner sa vie

Publié par clairdeplume le 6 mars 2012

Imaginez que vous soyez mort(e) et… deveniez votre propre ange gardien. C’est ce qui est arrivé à Margot, l’héroïne du premier roman de Carolyn Jess Cooke. A sa mort, dont elle ne parvient pas à se remémorer la cause, elle se retrouve en effet réincarnée en ange. Désormais, elle s’appelle Ruth et est chargée de veiller sur elle-même, ou plutôt sur la petite Margot, qui revit la vie qu’elle vient de quitter. Mais le champ d’action des anges est limité. Et si elle peut émettre ses suggestions au subconscient de Margot, Ruth devra aussi apprendre à respecter le libre-arbitre de son nouveau moi. La voilà donc forcée de revivre son passé, avec les mauvais traitements de l’orphelinat, ses erreurs de jeunesse, ses coups durs et ses mauvais choix en amour… Dur dur pour Ruth, qui aimerait en profiter pour comprendre pourquoi son fils s’est retrouvé en prison accusé de meurtre et tenter de lui venir en aide. Premier ouvrage de la nouvelle collection de littérature féminine lancée par les éditions Lattès, ce livre un brin mystique nous pousse à nous interroger: “et nous, que changerions nous à notre vie?” De la chick-litt pour mère de famille!

Christelle

“Journal d’un ange gardien”, de Carolyn Jess Cooke, éditions JC Lattès, 378 pages, 13 €

Cote: 3/5

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Nadine Monfils, adorablement fêlée

Publié par clairdeplume le 5 mars 2012

Comme tous les ans, Nadine Monfils était à la Foire du livre de Bruxelles pour rencontrer ses lecteurs et leur signer une belle dédicace agrémentée d’un petit dessin surréaliste. Cette année, ce sont les allumettes rouges que cette auteure belge adorablement fêlée a enchaînées. Etincelles assurées!

Vous croyez aux contes de fées?
«Les contes de fées ont vraiment nourri mon enfance. Ce que j’aimais surtout, c’était les contes avec des vraies sorcières. Pas les contes édulcorés d’aujourd’hui. Parce que j’ai toujours aimé avoir des frissons. »

Vos contes préférés?
«‘Barbe bleue’ est l’un de mes contes préférés. Et ‘La petite fille aux allumettes’ bien sûr. Je pense que ce sont surtout les illustrations qui ont fait que j’ai aimé ces contes-là. Ces images me faisaient vraiment entrer dans l’univers des contes de fées. Et aujourd’hui encore, quand je vais aux puces, je recherche ces livres-là, avec les images de mon enfance. Et quand je revois ces images-là, c’est comme la madeleine de Proust: j’ai cinq ans, quoi!»

On retrouve des éléments du conte d’Andersen chez votre Petite Fêlée.
«Oui. Dans mon histoire, la fille trouve sa grand-mère morte comme dans le conte de fées. Et la grand-mère a une boîte d’allumettes à la main. La fille, qui s’appelle Nake, garde cette boîte comme un souvenir. Et la première fois qu’elle allume une allumette, elle a la vision d’un crime. Et le lendemain, elle le lit dans les journaux.»

On retrouve aussi la grand-mère folle dingue des «Vacances d’un serial killer».
«Exactement. C’est mémé Cornemuse, qui est une cougar, n’a aucune morale et tue les gens comme elle ferait du tricot. C’est ma sorcière à moi!»

C’est vérifié la technique pour lire l’avenir dans les lignes du tricot?
«Je fais cela tout le temps! (rires) Quand tu rates une maille, cela veut dire qu’il va t’arriver une misère.»

Cette fois, on quitte la Côte belge pour Pandore, votre ville surréaliste!
«Oui! Pour moi, c’est la ville de Magritte, dans laquelle il aurait pu vivre et dans laquelle j’aurais pu le croiser. C’est une ville qui est quand même très belge dans mon esprit, mais qui reste imaginaire et qui me permet de délirer selon mes fantaisies.»

L’inspecteur Lynch de la police de Pandore a toutefois pris sa retraite?
«Oui, il va peut-être revenir un jour. Mais j’aime bien les renouvellements aussi, comme dans la vie. Il faut du sang neuf de temps en temps.»

Lui aussi, il a une collection bien particulière…
«Oui, mais il ne faut pas le dire! J’aime bien laisser planer le suspense sur ce qu’il collectionne. Mais c’est vrai qu’il collectionne des choses bizarres!»

Son adjoint, Michou, est lui aussi folklorique!
«En effet! Il est travelo la nuit pour arrondir ses fins de mois. Cela m’amusait assez. Du coup, il glane plein de renseignements.»

Vous dédicacez par ailleurs le livre à Michou.
«Oui, le vrai Michou habite Montmartre comme moi, je le croise souvent. On est très copains. Il est adorable. C’est un vrai personnage.»

Vous êtes fan d’Annie Cordy?
«Oui. J’adore Annie. Elle est aussi fêlée que moi.»

Et de Jean-Claude Van Damme?
«J’aime bien aussi ce personnage. Il me fait beaucoup rire. Je trouve qu’il a un côté très surréaliste. J’ai une vraie tendresse pour lui. J’ai découvert une autre facette de lui dans le film ‘JCVD’ de Mabrouk El Mechri. Je trouve que Van Damme y a montré un sens de la dérision vraiment unique. On y voit que c’est aussi un bon acteur et pas seulement le mec dont on rigole parce qu’il a des phrases surréalistes. Qui sont drôles d’ailleurs! Mais il est autre chose aussi. À mon avis, il doit être hypersensible. Je l’aime bien ce mec-là. J’aimerais bien le rencontrer un jour.»

L’adaptation de ‘Nickel blues’ en est où?
«Cela avance bien. J’ai trouvé de très bons producteurs belges. On avance bien. J’ai un très bon casting. Ce sera filmé en Belgique, à la mer du Nord. Avec probablement une musique d’Arno. Je n’en dis pas plus parce que je suis superstitieuse. Mais puisqu’on parle de Nickel Blues, il est par ailleurs sorti en poche chez Mijade. Et ‘Les vacances d’un Serial Killer’ sort lui aussi en poche cette semaine chez Pocket.»

En quelques lignes

«La Petite fêlée aux allumettes», c’est Nake. À chaque fois qu’elle craque une allumette, elle a des visions affreuses de petites filles assassinées, dans des mises en scène sorties tout droit des contes du «Petit Chaperon Rouge», de «Blanche Neige» ou du «Petit Poucet». Évidemment, tout cela se passe à Pandore, la ville surréaliste imaginée par l’auteure de «Monsieur Émile», «Tequila frappée» et du non moins déjanté «Coco givrée». Pour mener l’enquête? L’inspecteur Cooper et ses curieuses manies. Et son collègue Michou, flic le jour et travelo la nuit. Sans oublier mémé Cornemuse, découverte l’an dernier dans «Vacances d’un serial killer», fan d’Annie Cordy et amoureuse de JCVD. Décidément, impossible de garder son sérieux avec Nadine Monfils qui vous déride les zygomatiques comme personne! Et c’est tant mieux!

“La Petite Fêlée aux allumettes”, de Nadine Mondils, éditions Belfond, 264 pages, 19 €
Cote: 4/5

www.nadinemonfils.com

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Un bébé, deux familles… trois possibilités !

Publié par clairdeplume le 29 février 2012

Le précédent polar de Michel Bussi, ”Nymphéas noirs”, paru en janvier 2011, avait reçu quatre prix. Et son petit dernier est lui aussi très prometteur! L’enquête se déroule autour d’un nourisson, seul rescapé d’un crash d’avion. Or, deux bébés figuraient parmi les passagers.  Lyse-Rose et Emilie. La première est la petite dernière d’une riche famille. La seconde est née dans une famille qui galère pour joindre les deux bouts. Les deux familles sont bien sûr convaincues qu’il s’agit de leur enfant. Et vont s’affronter pour le récupérer, à une époque où les tests ADN ne se pratiquaient pas encore… Dix-huit ans plus tard, le détective privé engagé pour découvrir le fin mot de l’affaire prétend avoir découvert la vérité. Et livre à Lylie (contraction de  Lyse-Rose et Emilie) un cahier contenant tous les détails de son enquête. Un cahier offrant au lecteur une  multitude de pistes… De quoi titiller l’imagination du lecteur et lui garantir un bon moment de suspense.

Christelle

“Un avion sans elle”, de Michel Bussi, éditions Presses de la Cité, 532 pages, 22 €

Cote: 4/5

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Jolie histoire

Publié par clairdeplume le 18 février 2012

Il y a toujours des livres qui nous parlent plus que d’autres, des héros auxquels on s’identifie davantage. Mais de là à retrouver tout un pan de sa propre vie dans le roman d’un auteur qu’on ne connait même pas! C’est pourtant ce qui est arrivé à Maryline, une “jolie libraire dans la lumière”. Imaginez donc son étonnement lorsque, assise derrière son comptoir, plongée dans la lecture d’un ouvrage qu’elle vient de recevoir, elle y découvre relaté un épisode douloureux de son passé.  Qui est cet énigmatique auteur? Est-ce possible qu’il puisse s’agir d’une coïncidence alors que les personnages ont gardé jusqu’à leur vrai prénom? Maryline n’y croit pas.  Les chapitres s’alternent. On découvre tantôt le présent de la libraire, tantôt les chapitres du livre qu’elle est en train de lire. Ou plutôt de dévorer. D’ailleurs, on se rend compte rapidement qu’on fait pareil qu’elle! C’est que pour une fois qu’on a une jolie petite histoire qui fait du bien au moral entre les mains, on aurait tort de s’en priver!

Christelle

“Jolie libraire dans la lumière”, de Frank Andriat, éditions Desclée De Brouwer, 146 pages, 15 €

Cote: 5/5

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L’amour mufle !

Publié par clairdeplume le 18 février 2012

Mufle, comme l’extrémité du museau de certains mammifères. Mais surtout comme goujat(e) ou malotru(e). Et comme les personnages du dernier roman d’Éric Neuhoff.

Le titre «Mufle» s’adresse auquel de vos personnages en fin de compte? Elle ou lui?
«Au lecteur! (rires) Parce que le lecteur est un peu mufle de mettre son nez dans ce linge sale! En réalité, c’est surtout parce que le mot me plaisait. J’aime bien sa sonorité. Et puis, c’est un mot un peu démodé, qu’on n’emploie plus beaucoup, et qui me semblait être à la fois marrant et évocateur.»

Pourquoi cette photo sur la couverture?
«Elle faisait partie d’une brochette que l’éditeur m’avait proposée. Je la trouvais bien mais, comme l’éditeur d’ailleurs, je me suis un peu trompé: les chiens ont une truffe et pas un mufle! (rires) Il y a eu une petite confusion. Malgré tout, je trouve que la photo tombait bien, avec ce chien qui écrase la tête d’un autre, ce qui est un peu le thème du livre.»

Ce roman a un petit air d’autobiographie, non?
«J’espère que non. Ce roman m’a demandé trente ans de recherches, de repérages quand même! C’est ce que j’ai appris en trente ans!»

Vous avez beaucoup de points en commun avec le narrateur ?
«L’âge. Et les deux mariages. »

D’autres personnages de votre livre sont inspirés de personnes de votre vie?
«Il y a un mixe d’un tas de filles que j’ai connues. Quant à l’ami, c’est un mélange de tous les amis que j’ai, un condensé, un ami idéal. Au départ, je voulais que l’homme et la femme ne soient pas très identifiés, qu’ils soient seulement ‘il’ et ‘elle’. Mais c’était trop compliqué, pour des raisons techniques, d’utiliser seulement des pronoms. Quand ils rencontraient des gens, on ne savait plus qui était qui! Alors j’ai donné un prénom à l’héroïne. On ne connaît pas non plus leur métier. Je voulais que ce soit un homme et une femme. Point!»

Le narrateur dit tantôt «je», tantôt «il».
«Oui. Parce qu’il y a des moments où il ne se reconnaît plus, alors je me suis dit que ce serait plus rythmé s’il se mettait à parler de lui à la troisième personne dans ces cas-là.»

On voit dans ce livre que les hommes peuvent eux aussi souffrir en amour!
«C’est marrant, tout le monde me dit cela comme si c’était une découverte! Bien sûr que les hommes aussi peuvent souffrir. Les hommes, les femmes, les enfants. C’est la parité dans ce domaine, je crois!»

Votre personnage dit que l’amour est «totalitaire». «Quand j’aime, je suis comme Hitler. Pas de prisonniers. La route est jonchée de cadavres», dit le narrateur.
“Oui, parce qu’il faut être entier quand on aime. Sinon, on n’est pas amoureux. Il ne faut pas faire de compromis. Il faut y aller à fond. C’est pour cela que par moments, le ton est peut-être un peu brutal et violent! Ce n’est pas de l’excès, c’est de la tristesse, de la colère.”

Vos ex ont lu votre livre?
«Je ne sais pas. Si elles le lisent, elles se vantent. Mais ce qui est curieux avec les livres, c’est qu’il y a des gens qui s’y reconnaissent et ce ne sont jamais les bons! En plus, un personnage n’est jamais une seule personne. On prend un détail vestimentaire chez quelqu’un, une manie chez quelqu’un d’autre… Même si on voulait prendre un seul modèle, on n’y arrive pas parce que dès qu’on se met à écrire, on enjolive, on ment un petit peu sur les bords…»

Vous travaillez déjà sur votre prochain roman?
«Oui. Un roman que j’ai commencé il y a longtemps qui devrait être un gros roman celui-là! Mais je dis toujours cela quand je commence! L’histoire se déroule sur une vingtaine d’années en vacances sur la Costa Brava…»

Christelle 

En quelques lignes
Il y a lui, la cinquantaine, deux fois divorcé, de grands enfants. Et il y a elle, Charlotte, la femme qui partage sa vie. Et le trompe sans vergogne. Pourtant, lui décide de rester. Cocu, blessé, il en devient mauvais. Du «je», le narrateur passe au «il» pour disséquer leur histoire. Et nous montrer que les hommes aussi peuvent souffrir en amour. Divorcé deux fois lui aussi, l’auteur, plein d’humour, lave dans ce livre son linge sale. Et ce mufle de lecteur prend beaucoup de plaisir à regarder !

«Mufle », d’Éric Neuhoff, éditions Albin Michel, 118 pages, 11,90 €

Cote : 4/5

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Journée historique, destins tragiques

Publié par clairdeplume le 2 février 2012


© Stéphane Gizard

Philippe Besson aime décidément toujours autant maltraiter ses personnages! Son dernier roman croise le destin de deux êtres fracassés dans une Amérique qui retient son souffle.

Les personnages n’ont jamais fini de souffrir avec vous!

«Oui! On peut dire effectivement que je leur réserve un destin… tragique.»

L’histoire se déroule le 4 novembre 2008, un jour historique pour les États-Unis qui pourtant laisse Laura & Samuel indifférents.

«Oui. Ils se tiennent à l’écart de cette effervescence, de cette fièvre qui s’est emparée de l’Amérique ce jour-là puisque le livre commence alors que s’ouvrent les bureaux de vote. Il y a à ce moment-là, dans cette Amérique malade, qui doute d’elle-même et se pose la question de son propre déclin, un désir d’espoir et d’optimisme incarné par Barack Obama qui sera d’ailleurs élu le soir même. Mais effectivement, Laura et Samuel, les deux personnages de ce livre, eux, se tiennent à l’écart de cette rumeur, de ce mouvement, parce qu’ils sont enkystés dans leur propre désarroi.»

Le titre du livre viendrait donc d’une citation de Cesare Pavese que vous écrivez en exergue, «Une bonne raison de se tuer ne manque jamais à personne».

«Oui, j’avais été très marqué par cette phrase que Cesare Pavese a écrit en 1938. Il se suicidera douze ans plus tard, dans une chambre d’hôtel à Turin, en avalant des somnifères, ce qui donne évidemment un éclairage tragique à cette phrase. Cela m’a laissé perplexe: tout le monde pourrait à un moment ou un autre être traversé par la tentation du suicide et avoir un motif de se donner la mort? Je me suis donc interrogé, moi n’ait justement jamais été traversé par l’idée du suicide. Et je me suis dit qu’il y avait là, pour le romancier, un terreau intéressant. Pourquoi une vie bascule? Pourquoi, à un moment, quelqu’un cède à un désarroi trop grand, à une fatigue trop lourde?»

Des raisons de vous suicider, vous n’en avez donc pas?

«Non, j’avoue que je suis un homme heureux, moi! Tout va bien! Je suis plutôt équilibré malgré les apparences. J’ai la chance d’avoir une existence plutôt harmonieuse, de ne pas avoir été traversé par cette tentation-là. Après, on a tous des moments d’abattement, de chagrin, de doutes, d’inquiétudes. Et effectivement, dans ces moments-là, on peut se poser des questions radicales. Mais moi, ce n’est jamais allé jusque-là!»

Vous saviez dès le départ si vos personnages allaient s’en sortir ou pas?

«Je connaissais exactement la fin de l’histoire. Quand j’écris un livre, je connais le début, la trajectoire, et le point d’arrivée. Connaître le point d’arrivée m’aide à accomplir le chemin. Même s’il arrive des surprises dans l’écriture du livre, des bifurcations, des événements qui adviennent que je n’avais pas envisagé, des personnages qui apparaissent qui n’existaient pas au départ, mais fondamentalement, je vais là où j’avais décidé d’aller. C’est nécessaire pour instiller la tension. Car le livre repose sur deux questions. Va-t-elle se tuer ou non? Quand et comment Laura et Samuel vont-ils se rencontrer? L’autre mécanisme sur lequel j’ai fondé le livre, c’est l’empathie. J’avais envie que le lecteur se sente en sympathie avec les personnages, qu’ils se disent qu’au fond ils leur ressemblent ou qu’ils ont pu les rencontrer.»

Vous vous mettez également en scène dans ce livre, non? L’écrivain français qui écrit dans le café, c’est vous?

«Oui! C’est vraiment moi. C’est la première fois en douze livres que je m’autorise une mise en abîme! Cette une apparition très hitchcockienne: je ne fais que passer dans le décor! Mais j’ai tenu à le faire pour plusieurs raisons. D’abord parce que j’ai vraiment écrit le livre dans le café où Laura travaille, le Joey’s cafe, qui existe vraiment. C’est vraiment un café avec des banquettes en moleskine, un tableau vert avec le menu écrit à la craie, les muffins et les cookies sur le grand comptoir… J’y suis venu chaque jour écrire le livre. Je regardais les gens autour de moi et je racontais leur histoire. Et puis, je fais dire à un moment à cet écrivain français, qui cite Prévert, qu’il ne peint pas les choses, mais qu’il peint au-delà des choses, que pour lui un nageur est déjà un noyé. C’est cela qui m’intéresse. Parce que Laura est en train de se noyer et personne ne le voit. Cela pose la question de notre vigilance ou plutôt notre défaut de vigilance. Cela pose la question de savoir s’il y a des mots, des gestes qui sauvent? Peut-on faire que quelqu’un animé d’une telle détermination puisse ne pas passer à l’acte?»

Vous avez vraiment dit à la serveuse que vous alliez écrire son histoire?

«Oui. Je l’ai dit un jour à une serveuse de ce café-là. Elle ne s’appelle pas Laura en l’occurrence mais Susan. Et Jake, lui, s’appelle Drew. Elle m’avait demandé ce que je faisais. Puis m’avait dit que je ne pourrais pas écrire de livre sur elle parce qu’elle était une femme sans histoire. Et je lui ai répondu que c’est sur les femmes sans histoire que l’on écrit les plus belles histoires.»

Certains autres personnages sont réels?

«Tom et Susie, le jeune couple du café, existent vraiment. Et leur histoire est vraie.»

La théorie des lignes, elle est de vous?

«Oui, elle est de moi. Visiblement elle rencontre un vrai succès!»

Quote:

“La vie est une histoire qui finit mal. De temps en temps, les livres ressemblent à la vie.”

L’histoire se passe à Los Angeles. Pourtant, vous ne semblez pas fan des happy end à la hollywoodienne.

«La vie est une histoire qui finit mal, d’une manière générale. De temps en temps, les livres ressemblent à la vie. Et puis Los Angeles, ce n’est pas seulement Hollywood. C’est effectivement Sunset boulevard, les palmiers, le glamour. Mais L.A., c’est aussi une ville qui court du désert à l’Océan, une ville où l’on peut éprouver une vraie forme de solitude. Je voulais aussi montrer l’envers du décor. Ce n’est pas qu’un endroit où tout se termine bien et où les gens sourient avec des dents blanches. C’est aussi des destins fracassés et des êtres au bord du précipice. »

Vous avez d’autres projets?

«Je suis en train d’écrire un nouveau roman dont je ne vous parlerai pas (rires). L’autre projet, c’est repartir à Los Angeles très bientôt parce que c’est mon deuxième chez moi, j’y vis quatre à cinq mois de l’année depuis déjà de nombreuses années. Donc je pense qu’en mai je repartirai là-bas, finir le livre que j’ai commencé.»

 Christelle

 

En quelques lignes

4 novembre 2008, une journée historique pour les Américains qui verront Barack Obama devenir le premier président noir des États-Unis. Pourtant, Laura Parker, 45 ans, serveuse divorcée, et Samuel Jones, 40 ans, artiste, divorcé lui aussi, s’en moquent. Ce matin-là, Laura, elle, se réveille en se disant que ce soir, elle se tuera. Quant à Samuel, il se lève tout en sachant que dans la journée, il enterrera son fils de 17 ans qui vient de mettre fin à ses jours. Laura et Samuel ne se connaissent pas. Pourtant, on le devine, leur destin va finir par se croiser. Cela suffira-t-il à éviter l’inévitable? Connaissant Philippe Besson, qui semble toujours prendre autant de plaisir à faire souffrir ses personnages, rien n’est moins sûr! Car l’histoire a beau se dérouler à Los Angeles, ce n’est pas pour autant qu’il nous sert un “happy end” à la hollywoodienne! Il nous livre ici au contraire un roman empreint de tristesse et… beau malgré tout. En cas de déprime toutefois, s’abstenir!

“Une bonne raison de se tuer”, de Philippe Besson, éditions Julliard, 322 pages, 21,70 €

Cote: 4/5

 

 

 

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Journée historique, journée tragique

Publié par clairdeplume le 24 janvier 2012

4 novembre 2008, une journée historique pour les Américains qui verront Barack Obama devenir le premier président noir des Etats-Unis. Pourtant, Laura Parker, 45 ans, serveuse divorcée, et Samuel Jones, 40 ans, artiste, divorcé lui aussi, s’en moquent. Ce matin-là, Laura, elle, se réveille en se disant que ce soir, elle se tuera. Quant à Samuel, il se lève tout en sachant que dans la journée, il enterrera son fils de 17 ans qui vient de mettre fin à ses jours. Laura et Samuel ne se connaissent pas. Pourtant, on le devine, leur destin va finir par se croiser. Cela suffira-t-il à éviter l’inévitable? Connaissant Philippe Besson, qui semble toujours prendre autant de plaisir à faire souffrir ses personnages, rien n’est moins sûr! Car l’histoire a beau se dérouler à Los Angeles, ce n’est pas pour autant qu’il nous sert un “happy end” à l’hollywoodienne! Il nous livre ici au contraire un roman empreint de tristesse et… beau malgré tout. En cas de déprime toutefois, s’abstenir!

Christelle

“Une bonne raison de se tuer”, de Philippe Besson, éditions Julliard, 322 pages, 21,70 €

Cote: 4/5

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Du Tijl Ulenspigel à la sauce Frank Andriat

Publié par clairdeplume le 9 janvier 2012


Clin d’œil au légendaire Tijl Ulenspiegel imaginé par Charles De Coster, «L’arbre à frites» du Belge Frank Andriat nous entraîne dans une bien drôle d’épopée, entre Schaerbeek en Belgique et Scarabé, son pendant en Afrique, sur les traces de Nele et de sa lignée.

D’où vous est venue l’idée du livre?
«L’idée est partie de la phrase, notée en exergue, de Gabriel Garcia Marquez dans ‘Cent ans de solitude’, où il parle d’envoyer un personnage terminer ses études à Bruxelles. Je me suis demandé ce que cette fille pourrait bien aller faire à Bruxelles. Puis j’ai déliré à partir de là! La première idée était qu’elle vienne d’Amérique du Sud, mais par rapport à la Belgique, d’un point de vue purement logique, je l’ai finalement fait venir du Congo.»

Le livre fait aussi référence à Tijl Ulenspiegel.
«Tijl Ulenspiegel, c’est des vieux souvenirs d’enfance. C’était un des livres phare de mon grand-père, qui était dans sa bibliothèque et dont il me parlait souvent. Et puis, à l’époque, c’était le texte à partir duquel on apprenait le néerlandais au cours. C’est donc un personnage qui est revenu plusieurs fois dans ma vie de lecteur. L’idée était d’amener l’histoire à l’Afrique et puis de la faire revenir à Bruxelles sous forme africaine.»

Lequel des personnages de Tijl Ulenspiegel préférez-vous?
«J’ai beaucoup de sympathie pour le héros, Tijl. C’est lui qui représente cet esprit de liberté, cet esprit de joie aussi qu’il a dans ce livre et que je voulais donner au mien aussi à travers des personnages quand même assez loufoques à certains moments!»

Ce livre rend aussi hommage à Schaerbeek.
«Oui. Marquez parlait de Bruxelles. Et moi, ce que je connais bien à Bruxelles, c’est Schaerbeek. Donc automatiquement, j’y ai placé un de mes personnages et je l’ai fait évoluer à partir de là parce Schaerbeek, c’est la commune de toute ma vie.»

L’héroïne, Nele, est un peu votre Candide découvrant la Belgique?
«En quelque sorte, oui . Mais de façon quand même assez différente!»

Vous ne croyez plus en l’avenir de la Belgique? Lorsque le bicentenaire de la Belgique est fêté dans le livre, on y découvre en effet un ministre des affaires étrangères de la république des Flandres et un représentant du royaume unifié de Bruxelles et de Wallonie.
«Actuellement, quand on voit tous les efforts monumentaux faits par Elio Di Rupo et les autres pour tenir les morceaux ensemble, on y croit encore. Mais d’ici à 2030, il y a encore une bonne vingtaine d’années! Et à long terme, quand on entend certains discours flamands et qu’on voit les votes en Flandre, il y a quand même de quoi s’inquiéter.»

Vous avez d’autres projets?
«Un nouveau roman devrait sortir en février aux éditions Desclée de Brouwer. Il s’intitulera ‘Jolie libraire dans la lumière’ et racontera l’histoire d’une libraire qui découvre une partie de sa vie racontée dans un roman d’un auteur qui lui est complètement inconnu.»

Et votre sauce frites préférée?
«Cela dépend des moments à vrai dire. Mais la sauce barbecue n’est pas mal. Pickles aussi. Et je goûterais bien celle que j’ai inventée dans le bouquin, la Centenele. Elle a l’air délicieux de la façon dont je la décris (‘légèrement piquante comme l’histoire de la Belgique et un rien sucrée comme celle de Scarabé’(NDLR)) et pourtant je ne sais absolument pas ce qu’il y a dedans!»

Christelle 

En quelques lignes
Le dernier roman du Belge Frank Andriat revisite la légende de Tijl Ulenspiegel de Charles De Coster. Tijl, le narrateur, nous conte l’histoire de sa grand-mère, Nele, centenaire. Un récit épique et peuplé de personnages hors du commun comme ce Goetghebeur, vieux colonial tyrannique ou encore le terrifiant Cobra. Avec en prime un hommage à Schaerbeek, qui trouve en Scarabé son pendant en Afrique. Quant au titre du livre, l’arbre à frites, il vient du nom de la plus grande baraque à frites de Scarabé. On notera aussi sur la couverture, la photo originale d’un baobab, photographiée selon la technique du painting light par le photographe Olivier Faÿ.

«L’arbre à frites», de Frank Andriat, éditions La Renaissance du Livre, 300 pages, 20 €

Cote : 3/5

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Charles d’Huart, un auteur belge à découvrir

Publié par clairdeplume le 6 janvier 2012

A 62 ans, le Belge Charles d’Huart publie son premier roman. «C’est vrai que je pourrais sans doute être mis dans le Guinness book en tant qu’auteur de premier roman le plus âgé», plaisante-il. L’histoire démarre lorsque le narrateur et son père découvrent que l’oncle Carl, disparu depuis la Seconde guerre mondiale, n’était en réalité pas mort, mais avait refait sa vie au Canada…

C’est votre premier roman. Comment en êtes-vous venu à l’écriture?

«Un peu par hasard! J’ai toujours aimé écrire, dans le domaine de la poésie notamment, mais pour moi. J’ai aussi écrit deux ou trois pièces de théâtre dans le cadre d’activités caritatives. Et puis, je me suis demandé si je serais capable d’écrire un roman avec un début, un milieu, une fin. Moi-même, j’adore lire et c’est arrivé un peu comme un défi. Je me suis pris au jeu et c’est passionnant!»

Et comment est née l’idée de ce livre?

«J’avais envie d’écrire un histoire qui parle de honte et de rédemption, de créer une situation où il y avait une déchéance et une réparation. Je me demandais comment cela allait se passer.  J’avais un ou deux personnages en tête qui m’intéressaient. Puis des personnages que je pensais secondaires ont pris assez bien de place dans l’histoire. Je me suis rendu compte aussi que pour évoquer des moments extrêmes de la vie de quelqu’un, où il doit choisir rapidement entre être honteux ou héroïque, la guerre était évidemment un substrat important. Donc j’ai placé le récit en partie durant la guerre 40-45. C’est ainsi que cette histoire a pris petit à petit son envol.»

Et vos personnages sont nés comment ?

«C’est très drôle! Avant, quand j’entendais des écrivains parler de leurs personnages comme si c’était des personnages vivants, cela me faisait toujours beaucoup rigoler, parce qu’on sait tous qu’ils sortent de leur tête. Or au fond, c’est vrai! On se rend compte en écrivant que ces personnages qui sortent pourtant du cerveau nébuleux de l’auteur ont une part de vie propre. J’avais au début établi une hiérarchie, avec des personnages principaux et secondaires.  Et tout à coup, cette hiérarchie a changé.»

Même si vos personnages ont une vie propre, il y en a un auquel vous vous identifiez plus?

«Je crois qu’il y a un peu de moi dans chacun. Mais c’est de la pure fiction, il n’y a rien d’autobiographique.»

Vous connaissiez la fin de l’histoire avant de commencer à écrire?

«Non, j’en savais plus du milieu de l’histoire que de la fin et du début. J’avais en tête le schéma de comment la fin se présenterait, mais les scènes, je ne les connaissais pas. Je ne voulais pas tant faire un livre avec un mystère comme un roman policier, même s’il y a des rebondissements inattendus. Ce qui m’intéressait, c’était de m’attaquer à l’aspect psychologique des personnages, les réactions de ces personnages, avec leur fragilité, leurs peurs et leurs certitudes. C’est avec cela que je voulais habiller mes personnages. »

Les remèdes à base de pigeon fonctionnent vraiment ?

«(rires) Non, c’est sorti de mon cerveau. Mais mon épouse s’intéresse beaucoup à tous les aspects trans-générationnels, etc. où interviennent des zones de connaissances qui ne sont pas aussi pragmatiques que celles avec lesquelles on vit d’habitude. Je me suis donc un peu intéressé à cela et je me suis rendu compte qu’en effet, les Amérindiens et les hommes-médecine ont gardé une relation au cosmos assez particulière, qui est ancestrale. Cela me paraissait intéressant pour le personnage de Sarah. »

Vous aimeriez disparaître comme l’Oncle Carl et refaire votre vie ailleurs ?

«Disparaître? Non, je trouve que nous vivons dans un endroit tout à fait privilégié et qu’on aurait tort de bouder son plaisir. Malgré que tout n’est pas rose. Il ne faut pas non plus idéaliser tout, mais globalement, c’est l’univers total qui est comme cela, donc cela ne servirait pas à grand-chose. Je peux trouver ici tout ce qui peut m’interpeller dans la vie pour me faire avancer, ou reculer d’ailleurs.»

Etre publié en Belgique, c’est facile ?

«Mon expérience est extrêmement limitée. Mais je pense que comme partout c’est compliqué. A la fois vis-à-vis de soi-même parce que quand on commence, on s’offre en pâture aux gens. On sait parfaitement que tout le monde ne va pas aimer ce que l’on fait, ce serait impossible. Et vis-à-vis de l’extérieur aussi, parce qu’il y a tellement de manuscrits qui arrivent chez les éditeurs tant belges que français, que pour être choisi, il faut je crois que le récit arrive à un moment qui correspond à une respiration du temps pour que cela marche.  Il y a certainement de très grands talents qui n’ont pas cette chance. Moi, j’ai la chance d’avoir fait lire mon manuscrit à ma libraire qui l’a aimé et donné à l’éditeur Roger Tavernier à qui cela a plu.»

Christelle

En quelques lignes

L’oncle Carl, c’est ce sujet tabou que l’on n’ose à peine évoquer dans la famille Saint-Roch. D’ailleurs, dans cette famille, c’est bien simple, on ne se parle plus beaucoup. Le fils, Grégoire de Saint-Roch  travaille dur dans son cabinet d’architectes à Paris et évite de mettre les pieds dans le manoir familial où vit toujours le père, Maurice. Et puis un jour, le fils apprend la nouvelle de la mort de cet oncle Carl que tous croyaient disparu pendant la Seconde guerre mondiale et qui avait en réalité refait sa vie au Canada. Les surprises continuent avec la lecture du testament de cet oncle Carl qui, depuis sa tombe, fait un retour fracassant dans leur vie. Au travers des fêlures  de ses différents personnages, l’auteur titre les ficelles d’un drame humain qui remonte aux pages les plus sombres de l’Occupation. Et nous livre un premier roman fort réussi aux personnages attachants et à l’intrigue bien ficelée.  On notera aussi que le livre est publié chez Zellige, une maison d’édition dont le but est de faire connaître la littérature francophone non française en France et dans les pays francophones.

«L’Oncle Carl», de Charles d’Huart, éditions Zellige, 176 pages, 18 €

Cote : 4/5

http://www.zellige.eu/

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Un complot terroriste très réaliste

Publié par clairdeplume le 24 décembre 2011

Dur dur avec ce livre de ne pas tricher en zieutant sur les dernières pages pour se rassurer, histoire de voir comment tout cela va se terminer. Car l’intrigue est menée tambour battant et le complot terroriste mis en place des plus réalistes! Tout commence le 9 septembre 2012 aux Etats-Unis, lorsque un homme ordinaire reçoit une enveloppe anonyme, sort de chez lui, et se met à marcher. A peine s’est-il arrêté sur le quai du métro qu’il explose tel une bombe humaine. Très vite, d’autres marcheurs se mettent en route et les explosions se multiplient. Sam Pollack, du NYPD, qui a assisté à la première explosion, est chargé d’épauler dans cette enquête Liz McGeary, à la tête du Department of Homeland Security, l’agence fédérale américaine chargée de la sécurité intérieure. Très vite, ils doivent admettre que le pays est confronté à une nouvelle attaque terroriste d’une envergure inouïe. Mais qui se cache derrière ce complot non revendiqué? Des extrémistes musulmans? Israël? L’Iran? Bien vite, les rues du pays se retrouvent envahies de  ”Death Walkers”, des marcheurs de la mort comme sont désormais surnommés ces innocents transformés en bombe humaine à cause d’un pacemaker trafiqué qu’on leur a implanté par le passé. Parmi eux, Grace Pollack, la fille de Sam. Mais aussi des personnalités très en vue du pays… Sam et Liz parviendront-ils à sauver les Etats-Unis? Et comment tout cela va-t-il finir? La réponse au bout des près de 700 pages de cette brique captivante!

Christelle

“Non stop – Personne ne doit les arrêter”, de Frédéric Mars, éditions Hachette, collection Blackmoon, 658 pages, 18 €

Cote: 5/5

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