Clair de Plume

Blog littéraire

Archive pour la catégorie ‘Littérature étrangère’

Au bon endroit au mauvais moment

Publié par chouxdebruxelles le 14 mai 2012

Imaginez que vous soyez en train de boire tranquillement une bière après le boulot dans un bar. Que le client, assis à côté de vous, vous prenne pour quelqu’un d’autre, et vous remette une enveloppe en vous disant ”dix mille maintenant et le reste quand elle sera éliminée”.  Puis qu’il quitte le bar en vous laissant la photo de la femme à tuer, avec son adresse. C’est ce qui arrive à Tim, le héros du dernier roman de Dean Koontz. Mais Tim est un type bien. Et quand le tueur arrive dans le bar quelques instants plus tard, Tim lui remet à son tour l’argent en lui affirmant qu’il a changé d’avis. Sauf que bien sûr, le commanditaire et le tueur vont se rendre compte rapidement du quiproquo. Tim va donc tenter de retrouver la jeune femme de la photo. Et de sauver leur peau, nous lançant pour cela dans une folle course poursuite.  Cette fois encore, Dean Koontz, auteur de près de 50 romans,  semble prendre beaucoup de plaisir à plonger un homme ordinaire dans une situation extraordinaire… sans aucun respect pour nos nerfs ni nos heures de sommeil!

Christelle 

“Un type bien”, de Dean Koontz, éditions JC Lattès, 415 pages, 20,90 €

Cote: 4/5

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Entre douleur et obsession

Publié par chouxdebruxelles le 5 avril 2012

Une romancière rare, à découvrir absolument“, nous confie Douglas Kennedy sur la couverture. Et il n’a pas tort tant le dernier roman de Louise Doughty est prenant. Il raconte comment la vie de Laura bascule le jour où sa fille de 9 ans, Betty,  est renversée par une voiture et tuée sur le coup. Séparée du père de Betty, David, qui a refait sa vie, Laura est seule pour faire face à ce coup du sort.  Une pensée l’obsède: la vengeance.  Car le conducteur a été identifié. Mais devrait échapper à la prison. Aussi Laura est bien décidée à trouver ce à quoi cet homme tient le plus. Et le lui arracher. Une histoire tragique et obsessionnelle. Un roman captivant qu’on a du mal à poser avant la toute  fin.

Christelle

“Je trouverai ce que tu aimes”, de Louise Doughty, éditions Belfond, 394 pages, 20,50 €

Cote: 4/5

http://louisedoughty.com/

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Cet Autre qui sommeille en vous…

Publié par chouxdebruxelles le 5 avril 2012

Après les deux briques de  ”Dôme” l’an dernier, Stephen King sort cette année un recueil de quatre nouvelles qui ont en commun cet “Autre”  qui sommeille en chacun de nous.  Ce double démoniaque s’empare tantôt d’un fermier qui tente de convaincre son jeune fils de l’aider à assassiner sa mère pour l’empêcher de vendre leur propriété à un éleveur de porcs, tantôt d’une auteure de polar rendue à moitié folle après un viol et qui décide de se faire justice elle-même… Il y a cet homme aussi, atteint d’un cancer, qui achète une “extension”  à  un inconnu: en échange d’un peu de vie, il vend un ami d’enfance dont il a toujours été jaloux, pour souffrir à  sa place.  Et puis enfin, il y a cette femme qui découvre par hasard qu’elle vit depuis plus de vingt ans aux côtés  d’un tueur en série. Mais que va-t-il se passer maintenant que son mari sait qu’elle sait? Notre préférée dans tout cela? Cette drôle d’histoire d’extension sans doute même s’il est difficile  de choisir tant chaque nouvelle a son petit détail flippant. Mais on n’en attend pas moins du maître incontesté de l’horreur, n’est-ce pas?

Christelle

“Nuit noire, étoiles mortes”, de Stephen King, éditions Albin Michel, 496 pages, 23,20 €

Cote: 3/5

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Sous les deux lunes d’«1Q84»

Publié par clairdeplume le 17 mars 2012

Le Japon est à l’honneur tout le week-end au Salon du livre de Paris. L’occasion -ci ce n’est déjà fait!- de se laisser transporter sous les deux lunes de “1Q84″, le monde parallèle imaginé  par le plus en vogue écrivain japonais du moment, Haruki Murakami, pour la suite des aventures d’Aomamé et de Tengo. Envoûtement garanti!

Il y a l’année 1984 telle qu’on la tous vécue. Et puis il y a l’énigmatique 1Q84, subtilement différente, avec ses deux lunes dans le ciel et ses Little People, et dans laquelle nous propulse l’écrivain japonais Haruki Murakami.

Dans ce très attendu «Livre 3» sorti début mars chez Belfond, Aomamé, tueuse professionnelle en fuite, et Tengo, génie des math apprenti écrivain, continuent de se croiser… Et de se manquer de peu. Jusqu’aux toutes dernières pages, suspense oblige !

À leur voix s’ajoute celle d’Ushikawa, personnage trapu à la tête cabossée, engagé par la secte des Précurseurs -dont Aomamé a assassiné le leader- pour les retrouver. Et tandis que le redoutable détective se lance à leur poursuite, on découvre petit à petit leur passé et les connexions qui existent entre les deux héros.

Âgés de 29 ans, Aomamé et Tengo ont fréquenté la même école primaire. Et un jour, les deux enfants se sont tenus par la main…

Mais si ce toujours aussi envoûtant troisième tome nous en révèle enfin un peu plus sur Aomamé et Tengo, il nous faudra encore attendre pour comprendre qui sont vraiment les Little people de Murakami et comment fonctionne cette fameuse “Chrysalide de l’air”, titre de l’ouvrage co-écrit dans les livres précédents par Tengo et Fukaéri, la fille du leader des Précurseurs, et qui n’a assurément pas fini de livrer ses secrets…

D’ici là,  si la lecture de ces chefs d’œuvre vous donne envie de vous plonger dans d’autres livres de l’auteur, sachez qu’une nouvelle édition des «Chroniques de l’oiseau à ressort» est parue la semaine dernière. Il y est question d’un homme dont la vie bascule soudain dans un tourbillon d’aventures saugrenues le jour où son chat disparaît, suivi de près par sa femme. Deux sœurs un peu sorcières, une mère maquerelle et son fils muet, un ancien militaire fasciné par les puis et un homme politique aux pouvoirs occultes se présentent à sa porte, chacun porteurs d’une nouvelle énigme.  Tout cela pendant que l’oiseau à ressort remonte patiemment la pendule du monde. Un roman sur l’amour et la solitude, parsemé de touches d’humour délirant. Dans la plus pure tradition murakamienne lui aussi.

Christelle

«1Q84 – Livre 3 – Octobre-janvier», d’Haruki Murakami, éditions Belfond, 544 pages, 23,50 €

Cote: 5/5


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Un inédit de Kawabata

Publié par clairdeplume le 13 mars 2012

Les romans inachevés abandonnent généralement le lecteur, frustré, sur sa faim. Ici pourtant, cette fin décidée par la mort abrupte de Kawabata, qui s’est suicidé en 1972 avant d’avoir pu mettre un point final à son manuscrit, ajoute comme une touche de poésie à l’ouvrage. L’histoire est celle d’Ineko Kizaki, une jeune femme atteinte d’un mal étrange, une forme de cécité partielle qui l’empêche de voir certaines parties de son corps ou celui de son amant, Hisano. Le récit commence alors que la mère de la jeune fille et Hisano quittent l’hôpital psychiatrique, où ils viennent de faire enfermer Ineko. Autour d’eux, un champ de pissenlits en fleurs. Un paysage rythmé par le son de la cloche de l’asile  que les patients font tinter….  Et la drôle de conversation de l’amant et la mère. Premier écrivain japonais à obtenir le Prix Nobel de littérature en 1968, l’auteur du “Pays de neige” et du “Grondement de la montagne” nous offre ici encore un récit tout en pudeur, autour des thèmes qui l’obsèdent, le désir et la mort. Triste et poétique à la fois.

Christelle

“Les pissenlits”, de Yasunari Kawabata, éditions Albin Michel, 250 pages, 18 €

Cote: 3/5

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Meurtres, drogues & rock’n’roll

Publié par clairdeplume le 13 mars 2012

Bonne nouvelle pour les fans de Myron Bolitar: Harlan Conben a une fois de plus mis son personnage fétiche dans de sales draps, pour notre plus grand plaisir! L’agent des stars est cette fois appelé à la rescousse par la joueuse de tennis Suzze Trevantino. Enceinte, la championne découvre sur sa page Facebook un message affirmant que l’enfant qu’elle porte n’est pas de son mari, Lex Rider, musicien du célèbre groupe de rock Horse Power. Depuis, ce dernier a mis les voiles. Et Suzze charge Myron de le retrouver. Mais en se lançant à la poursuite de Lex, Myron se retrouve confronté à son propre passé. Que fait Kitty, la femme junkie de son frère Brad avec qui il est brouillé depuis des années, à New York, avec leur fils Mickey, dont Myron ignorait l’existence? Et où est Brad? Meurtres, drogues & rock’n’roll: tous les ingrédients sont réunis une fois de plus pour un trépidant moment de suspense «sous haute tension». Quant à la fin du livre, elle laisse présager de nouvelles aventures pour bientôt avec le neveu de Myron… On dit tant mieux!

Christelle

«Sous haute tension», d’Harlan Coben, éditions Belfond, 396 pages, 22,50 €

Cote: 5/5

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Meg Cabot, reine de la chick lit pour ados

Publié par clairdeplume le 8 mars 2012

Quelle adolescente en quête du Prince Charmant ne connaît pas le nom de Meg Cabot? Traduite dans 37 pays, sa série «Journal d’une princesse» a même été adaptée sur grand écran. Mais parmi la cinquantaine de livres qu’elle a déjà publiés figurent aussi les séries «Missing», à l’origine du feuilleton, «Miss la Gaffe», «The Mediator», et plus récemment «Abandon» et «Les carnets d’Allie». La reine de la chick lit pour ados revient sur les ingrédients de son succès.

Où trouvez-vous l’inspiration pour vos livres?

«L’inspiration peut venir de tellement d’endroits différents! La plupart de mes idées viennent de choses qui me sont arrivées dans la vie de tous les jours. Par exemple, pour la série ‘Insatiable’, l’idée m’est venue quand j’ai trouvé devant ma porte un adorable chiot. Quand j’ai retrouvé son propriétaire, il était si horrible que j’ai pensé qu’il pouvait être un vampire. Le chiot est devenu Jack Bauer, le chien chasseur de vampire dans ‘Insatiable’! Ou encore, j’ai eu l’idée de la série ‘Abandon’ parce qu’à l’époque où j’étais moi-même une jeune lectrice, je suis tombée amoureuse du mythe de Perséphone. Il y a quelque chose de très attirant dans le fait qu’un gars tombe désespérément amoureux d’une jeune fille au point d’être prêt à la kidnapper et permettre à la terre d’être détruite plutôt que de la laisser tomber. Assise en classe, je rêvais que cela m’arrive!»

À quel âge avez-vous commencé à écrire?

«J’ai écrit mon premier livre à l’âge de 7 ans. Cela s’appelait ‘Benny the Puppy’ (Benny le chiot). Je n’ai pourtant jamais pensé qu’en grandissant, je deviendrais un auteur, parce que je n’étais pas brillante à l’école. J’écrivais juste des histoires parce
que j’aimais cela. Je n’ai jamais essayé d’être publiée avant d’avoir 26 ans. Et même à ce moment-là, mes manuscrits ont été refusés durant quatre ans de plus! Mais de toute façon, on n’est pas des billets de 100 $… Tout le monde ne va pas vous aimer! Donc qui se soucie de ce que pensent les autres? Si vous aimez faire quelque chose, continuez à le faire tant que vous y prenez du plaisir!»

Combien de livres avez-vous déjà écrits?

«Si vous incluez ceux qui n’ont pas été publiés et demeurent cachés sous mon lit, probablement 500.»

Quel est votre premier livre à avoir été publié?

«’Where Roses Grow Wild’ (pas traduit en français), publié sous le nom de Patricia Cabot. Cela m’a pris trois ans pour envoyer des lettres tous les jours afin de trouver un agent, et une année à mon agent pour me trouver un éditeur. J’ai toujours un sac de lettres de refus sous mon lit!»

Pourquoi utilisez-vous des pseudos comme Patricia
Cabot et Jenny Carroll?

«Quand j’ai commencé à écrire professionnellement, j’étais publiée par trois éditeurs différents, et donc j’ai pris deux pseudos (Jenny and Patricia). Certains éditeurs ont une clause de non-compétition dans leurs contrats qui veut que l’on ne puisse pas écrire de livre pour d’autres éditeurs tant que l’on écrit pour eux. Vous pouvez vous en sortir en publiant sournoisement sous un autre nom si vous avez désespérément besoin d’argent. Désormais, tous mes livres sont écrits sous le même nom, mon vrai nom, Meg
Cabot.»

Comment est née Mia Thermopolis, l’héroïne du «Journal d’une princesse»?

«L’idée m’est venue quand ma mère a commencé à sortir avec un de mes anciens profs. Cela m’a tout d’abord bouleversée, même si j’étais heureuse pour elle. J’ai donc écrit l’histoire d’une adolescente dont la mère commençait à sortir avec le prof de sa fille. L’histoire n’avait pas vraiment d’action, donc j’y ai enchevêtré le fait que la fille se rende compte que son père est le prince d’un petit pays d’Europe, elle est son unique héritier, et elle doit apprendre à être une princesse. C’est ainsi que Mia est née! J’ai rencontré beaucoup de refus chez les éditeurs et cela a pris du temps avant d’être publié, mais finalement, cela a décollé!»

Et vous en avez vraiment fini avec les histoires de princesse?

«Il se pourrait que j’écrive à nouveau à propos de Michael et Mia un jour. Je dois admettre que voir le mariage royal entre le Prince William et Kate Middleton m’a poussée à m’interroger sur ce à quoi le mariage de Mia ressemblerait… En attendant, les lecteurs peuvent toujours rester en contact avec Mia sur son blog, http://www.miathermopolis.com.»

Et de nouveaux films sont prévus?

«Je ne pense pas. Tous les producteurs sont passés à d’autres projets. Mais il y a eu des rumeurs sur les possibilités de créer une comédie musicale à Broadway. Cela serait fun, non?»

Vous écrivez des histoires fantastiques tout comme de la chick lit. Vous n’avez pas de préférence?

«J’aime toutes les sortes d’histoires et suis incapable d’en choisir une préférée. Quand j’étais jeune, les romances m’ont empêché de devenir incroyablement déprimée à cause du stress de l’école et du quotidien. Maintenant que je suis devenue écrivain, je ne peux juste pas m’imaginer écrire (ou lire) un livre qui n’a pas au moins un élément romantique. Les romances et suspenses romantiques m’ont aidée à m’échapper lorsque ma vie était pire que jamais. Et puis je me suis promis que si jamais je devenais un auteur professionnel, j’écrirais des livres qui donnent aux lecteurs comme moi une évasion ludique de quelque chose d’affreux qu’ils pourraient traverser. C’est ce que j’essaie de faire!»

Christelle

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Fusillade dans un lycée

Publié par clairdeplume le 23 février 2012

Qu’est-ce qui peut bien pousser un ado à ouvrir le feu et tuer ses condisciples à l’intérieur de son école? La question semble avoir taraudé Jennifer Brown au point de lui inspirer ce premier roman, tout simplement bouleversant. On y emboîte le pas de Valérie, de retour à son lycée cinq mois après que son petit ami, Nick, ait ouvert le feu un matin dans la cafétéria, tuant une dizaine d’élèves et blessant gravement Valérie avant de se suicider. Des élèves frimeurs, cruels même, dont Valérie & Nick étaient souvent les souffre-douleur. Et qui figuraient tous sur une “hate list”, une “liste de la haine” établie par Valérie et Nick pour se défouler. Aujourd’hui, Valérie ne sait que penser. A-t-elle vraiment tenté d’arrêter Nick pour sauver cette fille qui la détestait?  Ces autres élèves qui se moquaient d’eux n’ont-ils pas, eux aussi, leur part de responsabilité? Pourquoi ce qui n’était qu’un jeu a à ce point dégénéré? Et est-elle coupable, elle aussi? Car comment ne pas douter quand vos propres parents vous considèrent comme un monstre?  Le livre est prenant, captivant, fascinant, bouleversant. L’auteure y traite avec une grande délicatesse et beaucoup de justesse ce fait de société, la haine, des deux côtés.

Christelle

“Hate list”, de Jennifer Brown, éditions Albin Michel, collection Wiz, 448 pages, 15 €

Cote: 5/5

www.jenniferbrownya.com/hatelist.htm

 

 

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Flippant !

Publié par clairdeplume le 18 février 2012

A quoi peuvent bien ressembler les voisins de la Britannique Jenn Ashworth pour lui avoir inspiré un premier roman aussi flippant? La narratrice, Annie, vient d’emménager dans une nouvelle maison d’un quartier résidentiel. Elle tombe son le charme de son voisin, Neil et va jusqu’à se persuader qu’il l’aime en secret, lui aussi. Le fait qu’il vive avec la séduisante Lucy ne semble pas l’arrêter. Alors qu’elle, elle est plutôt du genre… énorme. Annie se met à espionner ses voisins. Verser des excréments dans leur boîte aux lettres. Fouiller leurs poubelles. Ou encore voler les robes de sa rivale bien plus mince qui sèchent au soleil… Et alors qu’Annie n’arrête pas de pourrir la vie de ses voisins, on découvre petit à petit son passé… tout bonnement écœurant! Ancienne bibliothécaire, l’auteure maîtrise en tout cas l’art du suspense et du rebondissement. Sans manquer d’humour pour autant! On attend la traduction de son second roman.

Christelle

“La voisine”, de Jenn Ashworth, éditions Presse de la Cité, 480 pages, 16,99 €

Cote: 4/5

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Le style Cervera !

Publié par clairdeplume le 4 janvier 2012

Poète, journaliste et romancier, Alphons Cervera est l’auteur de 25 livres, dont une quinzaine de romans publiés depuis 1984. Pourtant, ce n’est que tout récemment que les lecteurs francophones ont pu découvrir la traduction de deux de ses livres, «Maquis», paru en 2010, et «Ces vies-là», publié fin 2011. L’occasion pour lui de revenir sur son travail d’écriture autour, notamment, de la guerre civile espagnole et du franquisme.

L’autobiographie, c’est un genre à la mode…
«Il semblerait qu’en Espagne, c’est un genre qui serait en pointe de devenir à la mode, oui. Ce que je crois, c’est que le genre que l’on pourrait appeler plutôt le genre de la filiation entre parents et enfants est un genre qui a toujours eu beaucoup d’importance en littérature, depuis la littérature classique. Ce qui explique peut-être qu’il se publie actuellement encore davantage de cette littérature de la filiation, c’est probablement parce que les générations elles-mêmes sont en train de changer. Les générations sont aussi affectées par la remise en cause un petit peu systématique de tous les pouvoirs et parmi ces pouvoirs, le pouvoir des parents, du père, de la mère sur les enfants. Cela explique aussi qu’une part importante de cette littérature de la filiation produite actuellement donne un point de vue qui est celui du conflit, non pas pour régler des comptes avec le père ou la mère, mais plutôt pour enquêter sur tout ce qui, dans le cadre de cette relation entre générations, nous a échappé, ce que l’on ne comprend pas.»

Ce livre est un peu un pansement?
«Ce roman raconte l’histoire de la mort de ma mère, mais je ne l’ai pas écrit pour qu’il me serve de thérapie face à la disparition, la douleur, le manque. Le défi était plutôt d’ordre littéraire, de savoir si je serais capable de mettre en mot, de structurer cette histoire pour en faire une histoire littéraire. C’était la thérapie non pas du Cervera en tant que personne, mais du Cervera en tant qu’écrivain.»

Le thème de la guerre civile revient dans beaucoup de vos livres, dont vos deux romans traduits en français.
«C’est une question qui me préoccupe en effet, non seulement la guerre civile de 1936-1939 mais aussi la période franquiste. Et cela me préoccupe au double titre d’écrivain et de citoyen. En tant que citoyen, je suis d’avis que la guerre civile est une guerre qui s’est prolongée pendant bien des années, bien longtemps, y compris à l’heure actuelle, où l’on en trouve toujours dans la société des traces. Par exemple, aujourd’hui, il y a un débat sur ce qu’on va faire du monument où sont enterrés les restes de Franco. Mais c’est aussi une préoccupation que j’ai en tant qu’écrivain. Je crois qu’un des rôles de l’écrivain est de parler de la vie. Et la guerre civile continue d’avoir un rôle important dans la vie des gens de mon pays. Pour moi, écrire sur la mémoire, c’est écrire sur la vie. Pas mal de gens pensent qu’écrire sur la mémoire, c’est écrire sur le passé, les morts. Moi, je pense au contraire que c’est écrire sur la vie, le présent. Comme le disait Faulkner, parler du passé, c’est parler du présent.»

Et votre propre mort, elle vous préoccupe?
«On est tous préoccupé à un certain degré par la question de la mort puisqu’on ignore tous la date à laquelle celle-ci va survenir. Mais ce n’est pas un thème qui me préoccupe plus spécifiquement qu’autre chose. Penser à la mort, cela te paralyse. »

Traduire Cervera, un vrai challenge!

Alfons Cervera a trouvé en Georges Tyras le parfait traducteur pour rendre en français son langage ciselé et parfois acerbe.

Les deux romans d’Alfons Cervera traduits en français sont publiés par deux maisons d’éditions différentes.
Georges Tyras: «La première maison d’éditions, qui a publié ‘Maquis’, va continuer à publier cette partie importante de l’œuvre d’Alfons qui est constituée par ce qu’on appelle assez communément des romans de la mémoire. Des romans de la mémoire collective, qui sont destinés à récupérer cette mémoire historique des vaincus de la guerre civile, la mémoire républicaine. Ce roman-ci s’inscrit de façon un petit peu différente, parce que c’est une mémoire qui est plutôt individuelle, même si elle se greffe sur une mémoire collective. Donc c’était bien qu’il y ait un partage des tâches entre les deux éditeurs qui sont finalement assez différents.»

Mais c’est le même traducteur!
«Oui! Je tiens beaucoup à être le traducteur d’Alfons. J’ai beaucoup travaillé sur ses textes avant de le traduire et c’est un univers littéraire dans lequel je me sens bien personnellement. Je suis vraiment au cœur de phénomènes d’écriture qui me parlent directement.»

Ce n’est pas trop difficile à traduire un auteur qui utilise peu de ponctuation, avec un côté poète…
«Pour être franc, c’est très difficile à traduire du Cervera! C’est beaucoup de travail parce que sa prose est effectivement complexe. Elle est très riche sur le plan lexical et très inventive sur le plan syntaxique. Et comme vous le dites, il y a des tournures qui relèvent parfois plus d’une écriture poétique que prosaïque. Il faut tenir plein de petits bouts de la pelote en même temps. Donc oui, il y a une certaine difficulté à traduire Alfons mais c’est cela qui fait son charme!»

Christelle 

En quelques lignes
Dans un style bien à lui, entre prose et poésie, Alfons Cervera revient dans «Ces vies-là» sur la mort de sa mère et le mystérieux passé de son père. Mais de cette mémoire familiale, ce monument de la littérature espagnole exhume une mémoire plus collective, celle de son pays, de la Guerre civile espagnole et du Franquisme. Alternant passé et présent, le texte est écrit presque d’une traite. C’est que poète aussi à ses heures, l’auteur ne semble pas grand fan de ponctuation! Reste que la forme est originale et malgré les (trop) nombreuses répétitions qui semblent vouloir mettre en évidence les interrogations de Cervera, on se laisse facilement entraîner par le récit. Un auteur à découvrir donc…

«Ces vies-là», d’Alfons Cervera, éditions La contre allée, 218 pages, 18,50 €

Cote : 3/5

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Un tueur au rouge à lèvres pour le Women’s Murder Club

Publié par clairdeplume le 8 décembre 2011

Pour leur neuvième enquête, les quatre copines du Women’s Murder club vont se retrouver confrontées à un mystérieux tueur qui s’en prend aux jeunes mamans et à leur bébé, et signe ses meurtres de trois lettres énigmatiques écrites au rouge à lèvres sur les lieux du crime. Pendant ce temps-là, les femmes les plus riches de la ville sont dépouillées de leurs bijoux par un drôle de cambrioleur, surnommé Hello Kitty par la presse. Parmi les victimes,  Casey, l’épouse du célèbre acteur Marcus Dowling, tuée de deux balles de révolver, contrairement pourtant aux habitudes d’Hello Kitty. La bonne ville de San Francisco est en émoi. Le sergent Lindsay Boxer se voit confier l’enquête, aidée par son coéquipier, le beau Richard, ainsi que ses trois indéfectibles amies, Cindy la journaliste, Yuki la procureur et Claire, la médecin légiste. James Patterson, qui a vendu plus de 180 millions de livres depuis la publication de son premier roman en 1976, nous offre comme à son habitude un bon moment de suspense et de divertissement. Si seulement il pouvait arrêter l’emploi du passé simple un peu vieillot!

Christelle

“Le 9e jugement”, de James Patterson et Maxine Paetro, éditions JC Lattès, 316 pages, 20 €

Cote: 3/5

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Le roi de la cyberarnaque !

Publié par clairdeplume le 16 novembre 2011

Qui n’a pas déjà reçu un de ces pourriels envoyés d’Afrique et vous appelant à l’aide, vous, pigeon d’Occidental, pour récupérer de grosses sommes d’argent dont l’expéditeur promet de vous faire profiter au passage? Kingsley, le héros du roman, s’est découvert un véritable don pour la cyberarnaque! Il est vrai que depuis la mort de son père, ce jeune Nigérian doit subvenir aux besoins de sa famille. Or, malgré son diplôme universitaire, il ne parvient pas à décrocher d’emploi. Sans compter que sa petite amie vient de le larguer pour épouser un mec même pas beau, mais très riche. Alors il décide de rentrer dans la combine mise en place par son oncle Boniface, qui porte bien son surnom de “Cash Daddy”… Et c’est ainsi qu’il devient un “419″ comme on dit là-bas pour désigner ces gens dont le métier consiste à envoyer des e-mails d’appel à l’aide dans le but d’extorquer des fonds à des étrangers trop crédules. Un job très lucratif. Qui permet de s’offrir belles voitures, beaux costumes, belles chaussures et jolies filles. Mais qui ne plaît pas à la mère de Kingsley… Le premier roman d’Adaobi Tricia Nwaubani, née au Nigéria, est drôlissime et parfois même émouvant. C’est sûr, à l’avenir, on verra ces e-mails d’un autre œil!

Christelle

“Je ne viens pas à vous par hasard”, de  Adaobi Tricia Nwaubani, éditions Presses de la Cité, 394 pages, 21,50 €

Cote: 4/5

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Mystique Paolo Coelho

Publié par clairdeplume le 8 novembre 2011

“Aleph”. Le titre du dernier roman de Paolo Coelho rappelle indéniablement le receuil de son compatriote Jorge Luis Borges. Et de fait: ici aussi on nage en pleine métaphysique. L’histoire, aux relents autobiographiques, débute en 2006, alors que Paolo Coelho traverse une importante crise existentielle. Son maître spirituel lui conseille de sortir de son isolement. Aussi l’auteur de “L’alchimiste” et de “Brida” accepte toutes les demandes de ses éditeurs étrangers. Et se retrouve à voyager à bord du Transsibérien à travers l’Asie. C’est ainsi qu’il tombe sur Hilal, une Turque de 21 ans, persuadée que sa mission consite à sauver son auteur préféré. Il faut dire que Paolo Coelho et la jeune femme se sont déjà rencontrés… mais dans une vie antérieure. Ou l’écrivain n’avait pas forcément le beau rôle. Ensemble, ils vont rouvrir les portes de l’Aleph, ce point de convergence entre l’espace et le temps. Et qui sait, peut-être découvrir la réponse qui bouleversera leur existence. Certes, le dernier livre de l’auteur brésilien n’est pas à lire par les esprits trop cartésiens. Mais ceux qui n’ont rien contre une petite dose de mysticisme apprécieront sans aucun doute le voyage.

Christelle

“Aleph”, de Paolo Coelho, éditions Flammarion, 312 pages, 19 €

Cote: 3/5

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Madame Butterfly: la suite !

Publié par clairdeplume le 17 octobre 2011

Après la Madame Butterfly de Puccini, voici celle de Lee Langley. Pas satisfaite de la fin tragique de l’opéra, l’écrivain nous fait découvrir sa suite de l’histoire! Rencontre en français avec cette auteure née en Inde de parents écossais et membre de la Royal Society of Literature.

C’est le Madame Butterfly de Puccini qui a inspiré votre roman?
«Oui. L’idée m’est venue un soir après le spectacle. On voit Madame Butterfly saignant à mort sur le plancher et le petit garçon qui est emporté aux Etats-Unis par un père qu’il n’a vu qu’une seule fois et une dame qu’il ne connait pas mais qui semble maintenant être sa mère. Je me suis demandée ce qui allait ensuite se passer pour Pinkerton et les autres. Je voulais leur créer un destin, voir où l’histoire les emmène. Mais ces personnages étant devenus tellement vivants pour moi que je voulais les placer dans un monde qui est réel, pas le passé lointain. C’est pourquoi, je les ai placés au XXe siècle parce que c’est tellement intéressant les correspondances entre le Japon et les Etats-Unis à cette époque.»

Comment avez-vous découvert l’œuvre de Puccini?
«Il y a longtemps! J’aime beaucoup l’opéra. A vrai dire, ce n’est pas mon opéra favori, je préfère Mozart. Mais j’ai toujours trouvé l’histoire de cette petite fille –car elle avait 15 ans- très émouvante. La musique est très romantique, mais l’histoire est très dure. C’est ce qui m’a intéressé.»

La fin ne vous plaisait pas, vous avez donc voulu la changer?
«C’est ça! Cela arrive de temps en temps que les écrivains veulent jouer aux dieux et créer un nouveau destin! Quelque fois, cela nous donne l’occasion d’avoir un peu de pitié, de leur donner une seconde chance, un peu de rédemption si c’est possible.»

La Kate de Puccini devient Nancy chez vous.
«Oui. C’est le seul nom que j’ai changé, parce que dans l’opéra de Puccini, elle n’existe presque pas. Elle est juste là pour emporter le petit. Mais moi, je trouvais qu’elle devait avoir un rôle important car le rôle de belle-mère est très difficile. J’ai moi-même été une belle-mère et je sais que l’on peut avoir une relation très compliquée et très tendre. Cela a bouleversé sa vie. Peu à peu, elle est devenue mère d’une autre façon. C’est pour cela que j’ai changé le nom parce qu’elle devient un tout autre personnage.»

Auquel de ces personnages vous identifiez-vous?
«C’est difficile à dire. Mais je connais la situation de Joey. C’est un peu cela je pense qui m’a intéressé au commencement. Il est emporté de son pays, sa culture. Il se trouve perdu pour un temps. Moi je suis née aux Indes. Durant mon enfance, j’ai été emmenée en Angleterre parce que ma famille est d’origine écossaise. Il faisait froid, gris, tout était petit. Des choses que je trouvais étranges. C’est pour cela que je pouvais m’identifier à Joey.»

Vous connaissez bien le Japon et le japonais?
«J’y suis allée deux fois. J’ai visité beaucoup d’endroits, rencontré des personnes. Et pour un temps, ma fille s’est mariée avec une Japonaise. Elle est charmante et on est restée amie.»

Vous avez fait beaucoup de recherches?
«Oui, énormément, parce que bien que j’invente les éléments, j’aime que l’histoire soit exacte. Je n’ai pas lu de romans pour ne pas être influencée, mais des livres d’histoires, de politique. Et j’ai parlé avec des Japonais.»

Les camps pour les nippons-américains ont vraiment existé?
«Oui, je ne le savais pas. Mais après Pearl Harbor, une espèce de paranoïa s’est abattue sur l’Amérique, un peu comme après le 11 Septembre. Toutes les personnes de la Côté ouest, avec ne fut-ce qu’une goutte de sang japonais, ont été mise dans des camps entourés de barbelés. Ils ont perdu leur maison, leur façon de vivre. C’était terrible. J’ai trouvé cela très dur.»

Il est question aussi de la condition des femmes.
«Oui. A cette époque, au Japon et aussi aux Etats-Unis, les femmes n’avaient pas beaucoup de droits. La femme devait être une bonne épouse, une bonne mère. Elle n’existait pas pour elle-même. Cela m’intéressait beaucoup. Peu à peu, Cho-Cho a appris comment on pouvait avoir un peu de force dans la vie. En Amérique, avec la guerre, les hommes partaient au front et les femmes ont pu se libérer. Cela m’intéressait aussi.

Et pourquoi ce titre?
«En anglais, le titre était ‘L’ombre de Butterfly’, mais selon mon éditeur, Madame Butterfly ne dit pas grand-chose aux Français. Il y a l’expression une ombre chinoise en français, et mon éditeur a pensé en faire une ombre japonaise, qui donne je trouve une nuance intéressante.»

Christelle

EN QUELQUES LIGNES
Dans «Madame Butterfly», l’opéra de Puccini, Cho-Cho (qui signifie papillon en japonais), une jeune orpheline de 15 ans, tombe amoureuse de Pinkerton, un marin américain de passage à Nagasaki. Lui l’«épouse» pour se divertir et lui fait un enfant avant de reprendre la mer, promettant de revenir. Les années passent. Cho-Cho l’attend. Et Pinkerton finalement revient… accompagné de sa fiancée. Déshonorée, Cho-Cho leur abandonne son enfant avant de se donner la mort. Une fin qui ne plaît pas à Lee Langley qui décide de d’écrire une suite à l’histoire. Dans sa version, Cho-Cho survit. Son petit garçon, Joey, blond comme son père, grandit aux Etats-Unis. Surviennent ensuite La Grande dépression et Pearl Harbor. Avec Lee Langley, on emboite donc les pas de Cho-Cho, de Pinkerton, sa fiancée, et de Joey, pour vivre la suite de leurs aventures, de part et d’autre du Pacifique, dans une époque tourmentée. Un récit captivant!

«Une ombre japonaise», de Lee Langley, éditions Fleuve Noir, 400 pages, 19,90 €

Cote : 4/5


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Une histoire d’amour tragique à la Douglas Kennedy

Publié par clairdeplume le 13 octobre 2011

© Andersen Solo

«Cet instant-là», c’est celui qui va bouleverser toute une vie. C’est l’instant où le destin bascule. Et peut-être aussi le roman le plus personnel de Douglas Kennedy, qui nous embarque dans une histoire d’amour tragique mais non moins captivante!
Le héros est un écrivain, qui a publié un premier récit de voyage sur l’Egypte, divorcé… Cela rappelle quelqu’un d’autre, ça, non?

«Voilà! Mais ce n’est pas un roman autobiographique. Je n’ai jamais vécu à Berlin durant les années 80. Il n’y avait pas non plus de Petra dans ma vie. Mais il y en avait d’autres! En même temps, c’est un roman très personnel. J’ai décidé d’utiliser des choses de mon enfance, de ma vie intime. Mais quels sont les aspects personnels et les autres: ça, c’est un secret! (rires) Donc il y a certaines vérités, mais traitées avec de la distance.»

Comment vous est venue l’idée de ce roman?

«C’était au début de mon divorce, après 25 ans de mariage. J’ai commencé à réfléchir à beaucoup de choses. Surtout à l’amour! Et puis aussi, j’ai visité Berlin durant les années 80. J’ai traversé Checkpoint Charlie. Depuis 2006, j’ai un pied-à-terre à Berlin. J’avais toujours dans la tête d’écrire un roman qui se déroulerait à Berlin durant la guerre froide.»

Le Berlin que vous décrivez, ce sont des endroits que vous connaissez bien?

«J’ai un copain qui était artiste à Kreuzberg, mais pas comme Alastair! J’ai connu Kreuzberg grâce à lui. J’ai bien connu aussi le Berlin très rock’n'roll, drogué, mais aussi très culturel. Et également le Berlin de l’Est que je décris. Tout est très documenté aussi. Toutes les choses au sujet de l’Allemagne de l’Est, la Stasi, les avortements, la radiation. Tout cela, malheureusement, a existé.»

Vous avez fait beaucoup de recherches?

«Pas beaucoup. Je suis comme une éponge. J’absorbe. J’ai lu deux ou trois livres sur la RDA et la Stasi. J’ai parlé avec des gens qui ont vécu en Allemagne de l’Est. Mais après j’essaie de tout oublier en quelque sorte. Trop de recherches tuent le roman je trouve.»

Le personnage de Petra est totalement inventé?

«A 100%!»

Vous montrez une fois encore qu’un seul instant peut changer le destin. C’est un de vos thèmes de prédilection.

«Le destin peut changer tout le temps, en un instant. C’est le truc! On peut traverser la rue et se faire renverser. Cela, c’est extrême. Je suis complètement athée. Pour moi, le destin arrive par hasard, mais il y a toujours des choix. La décision de commencer une histoire avec quelqu’un, de terminer une histoire avec quelqu’un ou de rester dans un mariage raté: tout est un choix. Le choix, c’est le destin. Mais le truc très intéressant dans la vie, c’est que tout est aussi question d’interprétation. Il n’y a pas de vérité. Il y a certaines vérités. L’aube, l’est. Le crépuscule, l’ouest. La marée basse. En dehors de cela, quelle est la vérité? Il n’y en a pas.»

Le titre fait référence auquel de ces «instants-là»?

«Comme vous le voulez! C’est un titre absolument ouvert. Je n’ai pas un point de vue très manichéen. Freud a dit qu’un aspect d’équilibre c’est d’avoir des pensées ambiguës. Il avait raison!»

Vous croyez au coup de foudre?

«Oh oui! J’ai eu des coups de foudre. Mais c’est mieux s’il y a une réciprocité!»

Cela ne vous empêche pas d’écrire des histoires d’amour tragiques! Déjà dans d’autres de vos romans.

«Oui. Peut-être à l’avenir que j’écrirai un roman avec un happy end! Dans tous mes romans, il y a des aspects tragiques, mais en même temps, de l’amertume et la possibilité de continuer aussi. Plusieurs lectrices m’ont dit que mes romans leur avaient donné de la force après une tragédie. Comme mon narrateur le dit à la fin, la seule solution c’est de continuer à avancer.»

Un autre thème qui revient est celui de la fuite. Vous-même, vous avez des pied-à-terre dans plusieurs villes. Vous fuyez?

«Non! Je bouge, mais je ne fuis pas! Peut-être que certaines de mes ex vous diraient que j’ai fui, mais ce n’est pas juste!»

L’adaptation de la «Femme du Ve» sort le 16 novembre. Vous l’avez vu?

«Oui. Le film est très différent du roman mais très intéressant. Le truc avec le film, c’est comme le casino. De temps en temps on gagne. J’ai adoré le film de ‘L’homme qui voulait vivre sa vie’. Si ce film marche, tant mieux. S’il ne marche pas, j’ai mon roman! Mais ce film-ci est une vision très vivante, très intéressante!»

Christelle

www.douglas-kennedy.com

EN QUELQUES LIGNES
Jeune écrivain américain, Thomas Nesbitt s’installe dans le Berlin ouest d’avant la chute du Mur pour écrire un récit de voyage. Pour arrondir ses fins de mois, il travaille à la radio de propagande américaine. C’est là qu’il fait la connaissance de Petra Dussmann, une jeune allemande passée tout récemment à l’Ouest. Entre eux, c’est le coup de foudre. Pourtant, leur histoire va virer au drame. Et une fois de plus, Douglas Kennedy nous prouve qu’un seul instant suffit à changer un destin. Mais que s’est-il réellement passé alors au point de séparer les deux amants? On le découvre 25 ans plus tard, alors que Thomas reçoit chez lui, quelques jours après la demande de divorce de sa femme, un paquet posté d’Allemagne par un certain Johannes Dussmann et qui va le forcer à se confronter à son passé. Des personnages bouleversants et une histoire d’amour aussi tragique que passionnée sur fond de guerre froide et d’espionnage qui nous transportent dans le Berlin des années 80, encore coupé en deux par le Mur.

«Cet instant-là», de Douglas Kennedy, éditions Belfond, 506 pages, 22,50 €

Cote: 4/5

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Le deuxième roman d’Harlan Coben paru en français

Publié par clairdeplume le 29 septembre 2011

Sorti il y a vingt ans aux States, le deuxième roman d’un jeune Harlan Coben prometteur vient de paraître en français. Il y est déjà question de star de basket, même si son héros fétiche, Myron Bolitar, ne fera lui son apparition que plus tard dans ses livres. Pour le reste, tous les ingrédients provoquant stress et insomnies sont déjà présents également. Au cœur de l’intrigue, une mystérieuse clinique new-yorkaise qui aurait mis au point un traitement miracle contre le sida et un violent tueur de gays. Sara Lowell, une jeune journaliste très en vue, mène l’enquête. Mais elle a intérêt à faire vite car son mari, une star de la NBA, vient d’être diagnostiqué séropositif à la suite d’une transfusion sanguine et doit être interné à son tour dans cette clinique. Déjà diabolique à ses débuts, celui que l’on surnomme aujourd’hui le «Maître de nos nuits blanches» semble en plus avoir un don de prémonition puisque quelques semaines à peine après la parution de son thriller, en 1991, Magic Jonhson annoncait publiquement sa séropositivité.

Christelle

«Remède mortel», d’Harlan Coben, 434 pages, 20 €

cote: 4/5

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La fin du monde selon Douglas Coupland

Publié par clairdeplume le 8 septembre 2011

Le pitch était plutôt tentant: cinq individus sans liens apparents se retrouvent réunis dans le bar d’un aéroport lorsque survient un cataclysme mondial provoqué par l’explosion du cours du pétrole.  Il y a Rick, ex-alcoolo  et barman de l’aéroport. Karen, une mère célibataire venue retrouver Warren, un homme rencontré sur internet. Luke, un pasteur qui a pris la fuite avec l’argent de sa congrégation. La belle Rachel, mi-femme, mi-robot à cause du syndrome autistique qui la rend incapable de vrais contacts humains, mais ne l’empêche pas d’être bien décidée à tomber enceinte. Et enfin, cette  voix off mystérieuse connue sous le nom de Joueur_1.  Pourtant, si l’originalité est certes au rendez-vous, la futilité ambiante force à s’accrocher et à persévérer pour entrer dans le dernier roman du Canadien Douglas Coupland, à qui l’on doit “Generation X” et plus récemment, “JPod”, tous deux salués par la critique.  Les chapitres du roman s’articulent en heures. Cinq longues heures que l’on sent passer. Seules quelques belles phrases bien assénées de l’auteur qui s’interrogent sur notre époque nous poussent à continuer. Mais comme elles se retrouvent dans le lexique en fin d’ouvrage, on n’en vient à se demander s’il ne vaut pas mieux s’en contenter. Intitulé “La légende de l’avenir”, il donne la définition de termes comme “amnésie karaokale”, “déchéance attirante”, “déségotisation”, “Ikéatite”  ou encore “syndrome du jeu de mot”. Et ça, on l’admet, ce sont de vraies petites perles!

Christelle

“Joueur_1″, de Douglas Coupland, éditions Au diable vauvert, 294 pages, 20 €

Cote: 1/5

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